[Interview] Kimura U : la vie en rose!

Kimura U - Photo Lōlu ©journaldujapon.com - Tous droits réservés
 

Pour clore notre dossier consacré au Tokyo Crazy Kawaii, nous avons choisi de vous présenter l’icône mode de cette première édition : Kimura U, l’ambassadrice du Kawaii.
Si le mot kawaii est utilisé à tort et à travers par tous les amoureux du Japon, l’ambassadrice officielle n’a rien d’une poupée écervelée, bien au contraire. Journal du Japon a eu l’occasion de s’entretenir avec une artiste surprenante, aux multiples facettes et à l’agenda bien chargé, qui parcourt la terre entière depuis plusieurs années pour défendre la mode japonaise et le Kawaii sous toutes ses formes.

Bienvenue dans la vie de Kimura U, une vie en rose !

Bonjour Kimura U ! Vous allez bien ?

Toute sourire… Bonjour, oui je vais bien merci !

Pour commencer, pourriez-vous nous parler de votre parcours ? Comment en êtes-vous arrivée jusqu’à aujourd’hui, ambassadrice du Kawaii ?

A la base, j’étais chanteuse dans un groupe de punk qui n’était pas vraiment connu. C’était un petit groupe, on se produisait dans des live houses. Pour économiser nos fonds, je faisais moi-même les accessoires avec cette marque, KOKOkim. La NHK avait alors fait un reportage sur moi, le ministère des affaires étrangères a ainsi remarqué mes créations, et c’est comme ça qu’on m’a proposé de devenir ambassadrice de la mode Harajuku Kawaii.

Kimura U

Comment ont-ils présenté les choses pour vous convaincre ?

Le ministère est passé par la NHK pour pouvoir me rencontrer. Nous avons eu une entrevue au cours de laquelle j’ai présenté mes créations et leur ai montré mon désir de promouvoir cette mode dans le monde entier. Ils m’ont alors répondu « nous allons donc réaliser ton rêve ! ».

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Le punk a quand même une image un peu violente, pas du tout kawaii ! Est-ce que la transition s’est faite facilement ?

Au Japon, l’image du punk est assez différente des origines, des Sex Pistols, etc. Il y a un côté très « pop » et il y a beaucoup de groupes avec des filles qui s’habillent à la mode Harajuku, donc je n’ai pas vraiment changé de style par rapport à cette période.

Comment se passe votre travail d’ambassadrice ? Comment choisissez-vous les pays où vous vous rendez ?

Cela dépend, mes missions sont toutes des cas particuliers, mais par exemple parmi les grosses missions que j’ai eu, j’ai dû me rendre en Italie avec le premier ministre de l’époque, monsieur Taro Aso.

Et de tout les pays que vous avez visité, est-ce qu’il y en a un que vous préférez ?

C’est vraiment Paris et la France, ça faisait quatre ans que je voulais revenir !

Puisque vous avez beaucoup voyagé, auriez-vous une anecdote marrante à nous raconter ?

Avant mes missions en tant qu’ambassadrice, je n’étais jamais allée à l’étranger. Quand je suis allée à Paris il y a quatre ans, c’était la première fois que je venais en France. Un jour, j’étais entrain de manger, et un monsieur avec des fleurs est venu me voir en me disant « c’est pour toi ! ». Moi, je me suis dit qu’il voulait sûrement me féliciter pour avoir été élue ambassadrice, donc j’ai dit « ah, thank you ! » … sauf qu’il a ensuite tendu sa main en me disant « argent ! ». J’étais vraiment étonnée car au Japon, ça ne se fait pas du tout !

Puisqu’on parle de manger, avez-vous un plat favori ?

Oui, j’ai goûté à la quiche quand je suis arrivée ici et j’aime beaucoup ! Mais sinon mon met favori est le macaron, particulièrement ceux de Ladurée.

Malgré vos activités d’ambassadrice, vous avez continué le chant avec quelques collaborations, notamment pour une publicité de glaces. Est-ce que vous auriez envie d’y revenir un jour, en fondant un autre groupe par exemple ?

Oui effectivement j’aimerais beaucoup revenir à la chanson ! C’est vrai qu’en ce moment je suis plus concentrée sur la mode, ma marque KOKOkim et les personnages que je crée, mais j’aimerais avoir un projet où tous ces médias seraient regroupés, comme par exemple un anime avec mes personnages où je pourrais chanter le générique et faire les voix des personnages.

Quelles sont vos inspirations pour créer vos vêtements ?

Le concept de ma marque KOKOkim est le « moehara », un mélange de la mode moe et de la mode Harajuku. Je puise mon inspiration dans les animes, tout ce qui est mignon. L’influence des animes est très forte dans mon travail car j’ai toujours adoré ça, mais ce n’est pas du simple cosplay, plutôt des vêtements qui peuvent aussi se porter au quotidien.

Avec quelle matière aimez-vous bien travailler ?

J’utilise beaucoup le satin. Au niveau des couleurs, mon choix se porte surtout sur les pastels, des couleurs plutôt douces, féminines.

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Un modèle comme celui que vous portez aujourd’hui représente combien d’heures de travail ?

Pour la robe, j’ai fait le design mais ensuite la fabrication s’est faite en usine. Par contre, j’ai créé moi-même mon serre-tête, ça m’a pris trois heures.

Et pourquoi le rose ?

Ah, c’est une couleur que j’ai toujours aimé ! Il y a deux ans, j’ai vraiment commencé à m’habiller tout en rose, à avoir les cheveux teints aussi.
Non seulement au Japon, mais dans tous les pays du monde, dans toutes les tranches d’âge, le rose est la couleur qui symbolise le plus le kawaii. C’est aussi parce que moi aussi, j’avais envie qu’on me dise que je suis kawaii !

Puisque nous parlons de « kawaii », que représente pour vous ce concept ?

C’est vrai que le « kawaii » a énormément de sens, ça peut vouloir dire « mignon », mais pour moi c’est plus quelque chose qui va serrer le cœur.

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Tous les amateurs des loisirs japonais en France connaissent la mode « kawaii » depuis un certain nombre d’années maintenant, mais est-ce une mouvance qui évolue vite ? Est-ce que le kawaii d’aujourd’hui ressemble à celui d’il y a dix ans ? 

C’est vrai que la mode évolue très rapidement au Japon, on dit d’ailleurs que la mode Harajuku change tous les trois mois. Mais personnellement, entre la dernière fois que je suis venue et aujourd’hui, je ne constate pas vraiment de changements radicaux. Il y avait peut-être à l’époque plus de cosplay, et là le vocaloid a pris beaucoup plus d’ampleur, mais j’ai l’impression que l’intérêt des français suit les évolutions japonaises.

Tous les amateurs des loisirs japonais en France connaissent la mode « kawaii » depuis un certain nombre d’années maintenant, mais est-ce une mouvance qui évolue vite ? Est-ce que le kawaii d’aujourd’hui ressemble à celui d’il y a dix ans ?

C’est vrai que la mode évolue très rapidement au Japon, on dit d’ailleurs que la mode Harajuku change tous les trois mois. Mais personnellement, entre la dernière fois que je suis venue et aujourd’hui, je ne constate pas vraiment de changements radicaux. Il y avait peut-être à l’époque plus de cosplay, et là le vocaloid a pris beaucoup plus d’ampleur, mais j’ai l’impression que l’intérêt des français suit les évolutions japonaises.

Vous avez participé à un concours de lolita aujourd’hui, vous avez même désigné la gagnante. Qu’est-ce que vous retenez de ce défilé ?

Au Japon la mode lolita est assez … j’allais dire rigide, mais disons plutôt très codifiée, avec des règles assez strictes, que tout le monde respecte. Quand je suis allée aux États-Unis j’ai été frappée par le fait qu’ils l’adaptent de façon très libre. Par exemple, ils ne mettent pas forcément de chemise sous leur robe alors qu’au Japon on essaye toujours de montrer le moins possible de peau. Ça m’avait marqué.
En revanche, en France, les modèles sont très fidèles au style japonais. Elles ont vraiment bien observé, bien analysé nos codes de lolitas, notre façon de faire et les ont parfaitement retranscrit.

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Qu’est-ce qui reste le plus difficile dans votre métier, pour vous en tout cas ?

Mon vrai problème c’est que je veux faire tout moi-même et donc tout contrôler : autant le design des vêtements que les montrer donc être modèle. Donc je me retrouve souvent à être modèle la journée et rentrer tard le soir pour me mettre à dessiner mes créations, parfois toute la nuit et retourner après une nuit blanche pour faire à nouveau le modèle.
C’est difficile de jongler avec tout ça, entre se montrer en public, travailler chez soi et avoir une vie personnelle.

Mais quand on est ambassadrice du kawaii on ne doit pas montrer sa fatigue et être toujours rayonnante ! Quel est votre truc pour garder le sourire ?

(Rires) En fait j’adore les humoristes japonais. Donc dès que je travaille chez moi je mets la radio, je les écoute et je me mets à rire !

Bonne continuation avec le sourire alors, et merci !

Vous pouvez suivre Kimura sur son « Twitter »:https://twitter.com/kimura_u ou sur « son blog »:http://ameblo.jp/kimura-u/ !
Remerciements à Kimura U pour son temps et sa bonne humeur ainsi qu’à notre interprête et le staff du TCKP !

Paul OZOUF

Rédacteur en chef de Journal du Japon depuis fin 2012 et fondateur de Paoru.fr, je m'intéresse au Japon depuis toujours et en plus de deux décennies je suis très loin d'en avoir fait le tour, bien au contraire. Avec la passion pour ce pays, sa culture mais aussi pour l'exercice journalistique en bandoulière, je continue mon chemin... Qui est aussi une aventure humaine avec la plus chouette des équipes !

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