Simulcast : le point sur l’offre

Arrivé pour la première fois en 2009 avec Fullmetal Alchemist Brotherhood et son éditeur Dybex, le simulcast a depuis pris de l’ampleur. À l’automne 2013, une grande majorité des nouvelles séries animées étaient diffusées en France quelques heures ou jours après le Japon. Le simulcast est aujourd’hui la réponse des éditeurs au fansub et aux nouveaux modes de consommation de la japanimation.
Dans ce domaine, les choses ont nettement évolué en 2013, et Journal du Japon vous propose donc de faire le point sur la situation actuelle de ce marché, avec une présentation de chacun de ses acteurs.

Dybex

Comme évoqué plus haut, Dybex est l’éditeur à qui l’on doit l’arrivée du simulcast sur notre territoire. C’est lors du printemps 2009 que l’entreprise créée en 1996 a inauguré ce nouveau mode de diffusion avec Fullmetal Alchemist Brotherhood. Pour diffuser la série en simultané avec le Japon, Dybex avait utilisé la célèbre plate-forme vidéo Dailymotion pour diffuser la série gratuitement.
Néanmoins, même s’il a lancé le simulcast chez nous, il est loin d’être resté le pilier du système depuis l’entrée en scène de la concurrence. En effet, depuis 2009, l’éditeur n’a diffusé que 13 titres dont 6 en 2012. Et l’année dernière seules deux courtes séries nous ont été proposées dont une qui est encore inachevée alors qu’elle est terminée depuis plusieurs mois dans son pays d’origine.

En outre le retard n’est pas seulement quantitatif, il est également technique. En effet, Dybex ne possède toujours pas sa propre plate-forme de diffusion dédiée au simulcast. Comme en 2009, c’est toujours Dailymotion qui est utilisé. Autre bémol : l’absence de diffusion en haute qualité (full HD 1080p). À l’heure où tous les éditeurs proposent désormais cette résolution, Dybex reste limité à du « simple » HD 720p.

Mais tout n’est pas noir pour autant puisque les séries diffusées sont entièrement gratuites et le restent indéfiniment sauf exception (comme Fullmetal Alchemist Brotherhood).
Après avoir été l’initiateur du mouvement, Dybex est donc à l’heure actuelle le plus à la traîne, avec son faible nombre de diffusions, son rythme inconstant et son retard technique. Reste la gratuité, le seul point indéniablement positif de l’éditeur. Quant à son avenir dans le domaine, il reste flou…

Wakanim

Si Dybex est l’éditeur ayant lancé le simulcast en France, Wakanim est celui à qui l’on doit l’accélération des choses dans ce domaine.

Lors de ses premiers mois d’existence, l’entreprise diffusait d’anciennes séries en streaming, en partenariat avec d’autres éditeurs. C’est à l’automne 2010 que Wakanim se lance dans le simulcast avec Que sa volonté soit faite. En 2011, la société propose une ou deux séries par saison, toujours en streaming. À l’automne 2011, le téléchargement avec ou sans DRM est inauguré avec le titre Shakugan no Shana III. En 2012, deux séries sont diffusées chaque saison, puis trois sur la fin de l’année. L’accélération se fait en 2013 avec pas moins de six diffusions simultanées pendant l’été ! On peut noter également que Wakanim a été présent sur les plus gros événements de l’année 2013 comme L’Attaque des Titans et Kill la Kill.

Du coté du système de diffusion, Wakanim est le seul éditeur à proposer autre chose que du streaming. Notons tout d’abord la gratuité temporaire. En effet, dès sa mise en ligne, un épisode reste gratuitement accessible en 480p et 720p en streaming et en téléchargement avec DRM (via Adobe Media Player) durant 30 jours.

Une fois ce délai passé, il faut utiliser ce qu’on appelle des « streams » (des jetons virtuels). Le prix n’est pas le même selon le nombre de streams que vous achetez. Cela va donc de 1,15€ à 0,72€. Avec un stream, vous obtenez la possibilité de voir un épisode en streaming 1080p. Avec deux streams, vous obtenez le droit de télécharger l’épisode au format mp4, là aussi en 1080p. Bien que ce système soit intéressant, il n’existe pas d’autre alternative si vous n’avez pas pu bénéficier de la diffusion gratuite. En effet, il n’existe pas d’offre d’abonnement à l’image de ses concurrents.

L’année 2014 devrait permettre à Wakanim de continuer sur sa lancée tout en réservant quelques surprises : l’éditeur nous promet une « grande » année 2014 et un changement majeur pour la Japan Expo. Certaines de ces évolutions sont déjà connues puisque l’entreprise souhaite se lancer dans la production d’émissions dédiées à la culture japonaise. Autre fait marquant de ce début d’année, certaines séries diffusées en simulcast sur le site de l’éditeur (dont les droits TV appartiennent à Anime Limited, son partenaire pour certaines sorties DVD/Bluray) débarquent en parallèle sur la chaîne Mangas. Affaire à suivre…

Anime Digital Network

Officiellement Anime Digital Network est l’avant-dernier diffuseur arrivé sur le marché. Mais en revenant sur sa genèse, il convient de préciser qu’il est né de la fusion de deux plates-formes qui proposaient déjà du simulcast : KZ Play et Genzai. C’est l’éditeur Kazé qui a créé KZ Play en 2009 et proposait chaque saison quelques titres en simulcast. Genzai était lui une entité du groupe Citel Video (auquel appartient Kana Home Video) arrivée sur le marché lors de l’été 2012. Mais contrairement à KZ Play, fort de son activité sur le marché du DVD/Blu-Ray, Genzai arrivait les mains presque vides, avec un faible catalogue. Néanmoins les séries disponibles étaient parmi les plus populaires (Naruto Shippuden, Fairy Tail ou Hunter x Hunter). Le diffuseur utilisait d’ailleurs à l’époque la plate-forme technique de l’américain Crunchyroll. Et c’est lors du printemps 2013 que Genzai ajouta quelques séries supplémentaires grâce à Crunchyroll qui en possédait une partie.

Puis la fusion de Genzai avec KZ Play est annoncée et Anime Digital Network fait sont entrée en octobre 2013.

Maintenant que les bases sont posées, il est temps de détailler l’offre proposée par A.D.N. Deux abonnements sont disponibles : un de base à 6,99€ par mois et un autre dit premium à 9,99€ par mois. Le premier permet d’avoir accès à toutes les séries du diffuseur, en cours comme terminées. Le second permet lui de visionner en plus les OAV (Original Anime Video) et les films. Dans les deux cas, on dispose en streaming de plus de 100 séries en 480p, 720p ou 1080p. Cet automne, 12 séries étaient diffusées « en direct » du Japon, neuf d’entre elles ayant débuté au mois d’octobre. Le système semble donc proche de la perfection, mais une ombre demeure : cette notion toute relative de « direct ». Afin de privilégier ses partenaires TV, J-One et Mangas, l’éditeur nous propose ses épisodes 15 jours après leur diffusion japonaise. Difficile de parler de direct avec ce délai.

Anime Digital Network s’inscrit dans la lignée de ce qui nous a été proposé précédemment par les deux services fusionnés, avec une dizaine de diffusions simultanées. On peut néanmoins se demander quel a été l’impact du J+15 sur le nombre d’abonnés et si le catalogue a séduit. Le diffuseur nous annonçait il y a quelques semaines avoir atteint les 4000 bénéficiaires de l’offre d’essai, mais combien se sont au final abonnés ? L’avenir de Anime Digital Network est donc encore en suspend. L’éditeur semble néanmoins prêt à faire des efforts comme le prouve la récente annonce de deux titres pour cet hiver diffusées en J+1. Là encore, l’affaire est à suivre…

Crunchyroll

Même avant le début de son activité française, le nom Crunchyroll ne vous était peut-être pas inconnu. En effet, Crunchyroll n’est autre que le leader mondial du simulcast. Fondé en 2006 en Amérique du Nord, le diffuseur s’est petit à petit fait une place dans le cœur des fans américains. L’éditeur est ensuite arrivé dans d’autres pays, dont notre voisin l’Espagne. Dès 2012, Crunchyroll sert de plate-forme technique à Genzai, comme nous l’avons vu plus haut. Mais la fusion de Genzai et KZ Play met fin au partenariat entre les deux entreprises. Intéressé par le marché français, Crunchyroll se lance alors lui-même dans l’hexagone en octobre. Et l’éditeur n’est pas arrivé les mains vides puisque ce sont 14 séries qui ont été diffusées en direct du Japon pendant l’automne.

Que vaut donc l’offre de ce géant mondial ? Diffusant ses titres en streaming, Crunchyroll dispose d’un seul et unique abonnement. Pour 4,99€ par mois, vous avez accès à l’intégralité du catalogue dans quatre résolutions (360p, 480p, 720p et 1080p). Sans débourser un seul centime de plus, vous pouvez également accéder aux séries disponibles chez Crunchyroll dans les autres pays. En plus de visionner vos épisodes sur votre ordinateur, une fois abonné, il est aussi possible de les regarder sur diverses plates-formes (Playstation 3, I-Phone ou encore Android pour ne citer qu’eux).

A l’heure actuelle, le catalogue reste cependant limité. En effet, l’éditeur n’a ajouté que quelques anciennes séries, principalement la première saison d’une suite qu’il diffuse en simulcast. Mais à l’instar du catalogue américain, il devrait se remplir rapidement. Certains pourront regretter le fait que tous les titres diffusés en simulcast en Amérique ne soient pas disponibles chez nous. Cela est toutefois assez logique puisque Crunchyroll a le monopole du simulcast dans son pays d’origine et qu’il y est également possible d’avoir plusieurs diffuseurs pour une même série.

Crunchyroll dispose également d’une offre gratuite. Une semaine après sa mise en ligne, un épisode devient visible gratuitement, et ce pour une durée illimitée. Bien entendu il y a certaines restrictions, comme le fait de limiter la résolution au très faible 360p, ainsi que la présence de publicité. Mais l’offre a le mérite d’exister.

L’éditeur est arrivé tardivement sur la saison automnale, ce qui fait que les titres diffusés étaient plus confidentiels. Mais qu’en sera-t-il durant les prochains mois ? Peut-on espérer une offre similaire à la version américaine du site ? Mais surtout, Crunchyroll parviendra-t-il à s’imposer dans le cœur des fans comme il l’a fait dans les autres pays ? Les réponses devraient commencer à se profiler d’ici quelques mois. En attendant, son futur en France semble prometteur.

Vous l’aurez compris, depuis quelques mois de plus en plus de séries sont diffusées en direct du Japon, et on constate une multiplication des offres, assez complémentaires et globalement bon marché. Il ne vous reste plus qu’à vous diriger vers la plate-forme qui vous convient le mieux, par son fonctionnement, son catalogue ou ses titres diffusés en simulcast. Quant à savoir si le simulcast va s’imposer à la place des habitudes illégales, c’est une autre histoire !

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