Japan Anima(tor)’s Exhibition : retour sur les épisodes précédents (25 à 28)

Après une longue pause, Journal du Japon reprend son récapitulatif de la Nihon Animator Mihonichi et s’attaque à cette troisième et dernière saison. D’abord annoncé sous un format de 30 animations, le projet aura connu quelques extras et en dénombre finalement 35. Les 24 premiers épisodes qui composent les saisons 1 et 2 ne sont  à présent plus disponibles à la lecture sur le site officiel, mais les organisateurs les remettent en visionnage lors de certains événements (pour une convention, ou pour fêter les un an du projet par exemple).

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Il faut savoir que ce projet à d’abord pour but d’offrir de la visibilité à l’animation japonaise en laissant une totale liberté pour les projets soumis, mais qu’il n’a pas pour objectif de se rentabiliser. Une boutique en ligne a d’ailleurs vu le jour, et vend des goodies allant de l’OST au T-shirt en passant par le cahier de coloriage pour financer l’opération.

Même si cela n’est avoué nulle part, il y a fort à parier que l’on pourra retrouver les épisodes de la JAE lors d’une sortie physique (à l’image de Genius Party de Studio 4°C). Ceci expliquerait la fermeture des vidéos au public, alors que l’objectif initial est d’être une vitrine de l’animation disponible au plus grand nombre. Vous pouvez d’ailleurs lire une interview sur le sujet dans le dernier numéro de nos confrères de Coyote Mag.

Pour l’heure, nous verrons donc cette fois-ci un héros complètement marteau, un hommage à l’humour nippon, un point sur le studio Colorido et du roulage de patin. Quel programme !

#25 Hammer Head
25 Hammer Head

Résumé : Je vous prie, s’il vous plaît, frapper-le, écraser-le, et tuer-le…

La réalisation, l’histoire originale et le script sont d’Otaro MAIJO (The Dragon Dentist) et le character design est signé conjointement par Nahoyuki ONDA (au même poste sur les films Berserk) et Mahiro MAEDA (character designer sur Le Comte de Monte-Cristo)

Hammer Head dispose d’une réelle force, de celle qui vous prend aux tripes, et sait parfaitement jouer avec vos émotions. Si l’on devait résumer le court-métrage en quelques lignes, nous pourrions presque croire à une série B comique : Après s’être fait aplatir la tête par un serial killer, le père de la narratrice, désormais héros de la ville connu sous le nom d’Hammer Head, repousse vilains et envahisseurs menaçant la paix.

Il n’en est heureusement absolument rien ! Otaro MAIJO a choisi de nous présenter la faculté de régénération du héros sous un angle très sombre, forçant une jeune lycéenne à voir son papounet éternellement réduit en charpie et endurer mille souffrances pour le bien du peuple, et ramassant sa carcasse fumante, mais toujours en vie…

Otaro MAIJO a également réalisé The Dragon Dentist, et comme pour ce dernier nous sommes en présence de projets dont les univers pourraient presque être exploités en long-métrage.

Cependant, après avoir contacté la Nihon Animator Mihonichi, ceux-ci nous ont précisé que rien n’était prévu quant à un développement des courts métrages présentés, mais qu’ils pensaient toujours à de nouveaux défis.

 

#26 Comedy Skit 1989
26 Comedy Skit 1989

Résumé : un tueur à gages se rend à un rendez-vous donné par son frère jumeau. À la fois semblable et différent, ce dernier à une importante annonce à lui faire.

Le réalisateur Kazuto NAKAZAWA a travaillé sur Samurai Champloo en tant que character designer (ainsi qu’à plusieurs autres postes) et fût animateur clé sur Steamboy, Roujin Z ou encore Kid’s Story.

Le court est un hommage aux sketchs comiques de l’ère Showa (1926 – 1989) appelés Manzai. Ce principe comique repose sur un duo de personnages : le tsukkomi qui endosse le rôle sérieux et rationnel, et le boke, qui par opposition sera désordonné et excessif. Les blagues que créera ce tandem seront principalement des quiproquos et jeux de mots, il y a donc une nuance à faire avec les clowns blancs et augustes qui agissent plus par gestuelles que verbalement. A noter que l’autre grand courant comique japonais est le Rakugo qui a connu une émergence à l’époque Edo (1603 – 1868) et met en scène une seule personne.

Pour en savoir plus sur cet art, rendez-vous sur notre interview de Kentaro KOBAYASHI ou penchez-vous sur les mangas Kid I Luck de Yuko OSADA chez Ki-oon ou Les rois du rire de Masanori MORITA chez Tonkam.

 

#27 Bubu and Bubulina
27 Bubu and Bubulina

Résumé : Alors qu’elles se baladent tranquillement, les soeurs Bubu et Bubulina vont croiser la route d’une jeune fille aux jambes étrangement longues. Alors que ses chaussures rouges ont tapé dans l’œil de Bubulina, elle leur adresse la parole et leur dit « Avec ces chaussures, vous pouvez danser parfaitement bien. Voulez-vous essayer ? »

Takashi NAKAMURA (Robot Carnival, Akira, Harmagedon) vient poser avec Bubu and Bubulina une pierre supplémentaire à l’édifice qu’est Colorido.

Car si le CV du studio indépendant est principalement composé de collaborations avec d’autres studios sur des œuvres telles que l’Attaque des Titans Junior High-school, The Asterisk War ou Gate (tous trois en simulcast sur Wakanim), ses quelques productions personnelles n’en demeurent pas moins remarquables.

Nous pourrions d’abord citer le court métrage proposé au concours jeunes talents de Fuji TV Fumiko’s Confession :

Ou plus récemment la pub pour le jeu mobile Puzzle & Dragons :

Face à l’appauvrissement de l’animation japonaise dû aux productions trop commerciales, le studio Colorido tient à contribuer au développement de la culture japanime dont le Japon est si fier. Leur court-métrage Poulette’s Chair a d’ailleurs donné naissance au jingle de la case horaire noitaminA, fer de lance de l’animation japonaise de qualité.

Pour suivre le studio, n’hésitez pas à aller faire un tour sur leur site et leur page Facebook.

 

#28 Endless Night
28 Endless Night

Résumé : un enfant rêvant de devenir patineur artistique, comme son idole, s’entraine sans relâche pour atteindre son objectif.

Un clip musical réalisé par  Sayo YAMAMOTO, également réalisatrice de Lupin III : Une femme nommée Fujiko Mine, sur une chorégraphie de Kenji MIYAMOTO, patineur artistique professionnel plusieurs fois médaillé, aujourd’hui entraîneur et chorégraphe.

Les gens ayant suivi attentivement Space Dandy auront peut-être une impression de déjà-vu. Effectivement, Atsushi KAMIJO, qui signe ici le character design, a conçu le personnage de Johnny du mémorable épisode 20 de Space Dandy. Le traitement de l’image, à grand renfort d’effets de trame et de plans monocouleurs, y est également le même. Atsushi KAMIJO n’est cependant pas character designer de formation et à principalement publié des mangas dont Next Stop, paru en France chez Glénat.
La chanson Endless Night, issue de l’album In the suit, est interprétée par Mikako KOMATSU. Elle exerce le métier de seiyuu en travaillant  notamment sur les animes Ajin (Izumi Shimomura), Aldnoah.Zero (Inko Amifumi), Blue Spring Ride (Shuuko Murao), K (Neko) et Nisekoi (Seishiro Tsugumi) et participe également au milieu de l’animesong et chantant les inserts song et ending de K et Nisekoi.

 

Nous vous donnons rendez-vous prochainement pour un nouveau récap’ qui continuera de décortiquer la Nihon Animator Mihonichi.
En attendant, vous pouvez en apprendre plus sur l’animation japonaise dans notre dossier dédié, et vous pencher d’avantage sur les œuvres et artistes présentés ici grâce aux liens parsemés tout au long de l’article.

Toutes les images sont © nihon animator mihonichi LLP.

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1 réponse

  1. 31 juillet 2016

    […] Courts-métrages 25 à 28 : Hammer Head,  Comedy Skit 1989, Bubu an Bubulina et Endless Night. […]

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