Le goût du Japon : découvrir le Japon à travers des extraits littéraires

Le Japon est un pays fascinant, parfois étrange, mais dont beaucoup d’écrivains sont tombés amoureux et en ont parlé avec passion. Les éditions Mercure de France permettent au lecteur de découvrir le goût du Japon grâce à quatre merveilleux petits livres en format poche, une collection à emporter partout !

 

Une collection qui donne envie !

« Le goût de » est une collection passionnante qui permet de découvrir des pays, des villes et bien d’autres choses encore. Le Japon est très présent dans sa collection grâce à quatre titres : Le goût de Tokyo, Le goût de Kyoto, Le goût des haïkus et enfin le petit dernier Le goût du Japon. Le principe est toujours le même : des extraits littéraires d’écrivains du pays mais également extérieurs au pays, qui clament leur amour pour ce territoire qui les fascine.

tokyoDans Le goût de Tokyo, Michaël Ferrier fait découvrir différentes facettes de la capitale au lecteur.

Une cartographie en huit tableaux permet d’aborder différents visages : capitale de la mode pour Philippe Pons, monde marchant pour Philippe Pelletier, un coin du vieux Japon pour Pierre Loti, une ville pachydermique, pléthorique et magique pour Maryse Condé.

Les revers de la ville viennent ensuite déposer un peu de noirceur sur ce portrait : crime, déchets, sans-abri et autres côtés sombres de cette ville tentaculaire.

Tokyo se fait enfin ville-poème dans la dernière partie du livre : la liberté de Tokyo pour Claude Lévi-Strauss, un goût d’éternité pour Chris Marker, une ville pour marcher, voir et écrire pour Roland Barthes.

Un portrait original et un tour d’horizon fascinant !

 

kyotoLa plongée dans Le goût de Kyoto est, elle, organisée par Allen S. Weiss. Tout ce que le voyageur aime dans cette ville est là : y admirer les saisons avec Dame Murasaki Shikibu, avec Sei Shônagon, y sentir la pluie avec Augustin Berque, la lune, les pruniers ou les cerisiers avec Yasunari Kawabata dans son célèbre Kyôto :

Ses doubles fleurs pourpres étaient d’une extrême beauté. C’était un arbre célèbre. Les branches retombaient à la manière de celles du saule pleureur, puis se déployaient largement. Lorsqu’ils furent sous l’arbre, une brise imperceptible dispersa des pétales aux pieds de Chieko, sur ses épaules.
Déjà, à l’ombre de l’arbre, des fleurs étaient tombées, éparses sur le sol. D’autres dérivaient à la surface de l’étang. Mais quelques-unes seulement, sept ou huit peut-être …
Bien que les branches pendantes fussent soutenues par des tuteurs en bambou, leur fine extrémité fleurie semblait effleurer l’eau de l’étang.

Kyoto rime avec jardin dans la deuxième partie : jardin spirituel, cascade sèche, monde suspendu pour Paul Claudel, marche sur l’eau pour Chantal Thomas.

Et enfin Kyoto ville de culture : cuisine zen de Dôgen, pavillon de thé, bol de miso de Tanizaki, poterie avec Kawabata, théâtre avec Maurice Pinguet.

L’essence du Japon !

 haikuLes amateurs de poésie ne sont pas en reste avec Le goût des haïku. Franck Médioni a choisi pour ce recueil une sélection des plus beaux haïku de grands auteurs japonais, mais également d’autres poètes étrangers qui se sont essayés au haïku. Cette balade poétique permet ainsi de croiser les incontournables Bashô, Issa ou Buson, mais également d’autres poètes moins connus (Fukyo Matoa, Satomura Shôba, Ueshima Onitsura), et des écrivains tels que Jack Kerouac, Allen Ginsberg, Louis Calaferte ou Zéno Bianu entre autres.

Les poèmes sont répartis dans quatre chapitres : saisons, vie humaine, éros (des haïku érotiques), nature. Pour capter un instant, une sensation, une émotion et en faire du beau …

Le parfum des pruniers
monté là-haut
le halo de la lune
(Buson)

 

Une déclaration d’amour au Japon

goutjaponAnne-Marie Cousin a sélectionné les textes qui constituent ce livre et rédigé une introduction, véritable déclaration d’amour à ce pays où elle aime venir et revenir.

Le résultat est un livre compact mais très complet, instructif et qui permet une découverte du Japon mais aussi de sa littérature. Les extraits sont bien choisis et se suffisent à eux-même, ni trop courts, ni trop longs. La diversité des auteurs, de leurs pays d’origine, des époques est impressionnante, mais on sent toujours chez eux la même curiosité et le même amour pour ce pays.

Chaque extrait est précédé d’une introduction sur l’auteur et son oeuvre. Et il est suivi d’une conclusion claire et synthétique sur la notion ou le thème abordé.

Le découpage du livre est original.

Une première partie intitulée Approches du Japon aborde le premier contact des écrivains avec ce pays, que ce soit « en vrai » pour Lafcadio Hearn qui nous livre son émerveillement du premier jour, que ce soit par le biais d’estampes contemplées longuement pendant l’enfance pour Claude Levi-Strauss, ou par le biais de la littérature pour Philippe Forest ou Virginia Woolf totalement envoûtée par le Dit du Genji. C’est également une approche par les catastrophes naturelles qui, de tout temps, ont frappé ce pays. Ainsi Michaël Ferrier se souvient du tsunami, Kamo No Chômei d’un typhon meurtrier. C’est aussi le tremblement de terre qui hante le Dit des Heiké, ou le Fuji si cher à Osamu Dazai.

La deuxième partie, intitulée Vivre au Japon, brosse différents aspects de la vie quotidienne japonaise. Natsume Soseki est ivre de vapeur au bain, Lafcadio Hearn est surpris par sa femme japonaise qui s’excuse d’être la première à s’endormir, Jean-François Sabouret apprécie le respect des espaces publics et le fait que les écoliers japonais nettoient eux-même leur école. Il est aussi question de l’art d’emballer un cadeau, de pachinko, de politesse, de manières à table, sans oublier l’art culinaire (L’esthétique de la cuisine japonaise consiste à créer un jardin japonais miniature sur la table) ou l’art des voyages en train déjà décrit par Rudyard Kipling.

La dernière partie met en avant les étrangetés japonaises. Junichiro Tanizaki y parle tatouage, Alan Mac Farlane invoque les kami. Il y est également question de tir à l’arc et de kendo, de flèche et d’éventail.

Mais que serait le Japon sans les fleurs de cerisier. Le lecteur s’émerveillera en lisant le superbe texte de Philippe Forest sur la chute des pétales mêlés aux flocons de neige, une image fugace et unique !

Mais cette année-là, tous les cerisiers avaient soudainement fleuri un peu plus tôt que d’ordinaire. Alors, un vent froid s’était mis à souffler sur la ville. La neige était tombée tout à coup et, partout dans les jardins, le blanc des flocons s’était ajouté à celui des fleurs. Cela faisait sur le sol une mince et fondante couche de blanc où, sous la semelle, les cristaux se mêlaient aux pétales. Depuis plusieurs dizaines d’années, le phénomène ne s’était pas produit. Pendant les quelques heures qu’a duré ce mirage météorologique, on ne parlait que du caractère exceptionnel de la fête. Une grande foule s’était répandue dans les parcs pour jouir du moment. La neige unissait son symbole à la fleur pour dire deux fois à quel point le monde où nous vivons est éphémère et ce qu’il y a de splendeur dans l’évanouissement même des choses que nous aimons.

Ce chapitre évoque également la Voie du thé, le saké.

Une célébration des petites choses que l’on aime à chaque saison, comme l’écrit si bien Sei Shonagon (jouissance de l’éphémère). Les lucioles éclairent les profils des femmes chez Dame Murasaki Shikibu et les bruits de la pluie font l’objet de multiples onomatopées : zâ-zâ pour la pluie en rafales lors des typhons, shito-shito lorsqu’elle tombe finement, para-para lorsqu’elle crépite sur les toits. N’est-ce pas merveilleux ?

Un concentré de Japon pour les curieux, les amoureux, les nostalgiques de ce pays envoûtant !

Plus d’informations sur le site de l’éditeur.

 

Que vous soyez Tokyo, Kyoto, haïku ou tout simplement que vous aimiez le Japon ou découvrir des oeuvres et des écrivains, cette collection vous promet découverte et émerveillement !

 

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