Silence ça tourne : Kyoto le berceau du cinéma nippon

Le cinéma a permis au fil des années de faire découvrir les traditions du Japon. À Kyoto, de nombreux sites ont servi pour des tournages de films, parfois très connus dans le monde. Cette ville est notamment le berceau du cinéma au Japon. Si vous êtes fan du grand écran ce road trip va vous permettre d’assouvir votre passion dans l’ancienne capitale. Moteuuuuuur… Action !

 

Comment est né le cinéma au Japon?

L’histoire du cinéma à Kyoto remonte aux frères Lumières. Au 19e siècle, leurs productions furent projetées sur un écran dans l’ancienne capitale, une première au Japon. Le premier court métrage que les Japonais ont visionné est donc français !

C’est en 1908 que le « papa » du cinéma japonais, Shôzô MAKINO tourne son premier film Honnoji Kassen dont le lieu de tournage se trouve au temple Shinnyodo, à Kyoto. Sur place le visiteur trouve un monument commémoratif rappelant que ce lieu est le berceau du cinéma japonais.

Le monument en forme de caméra, rappelle aux visiteurs que le cinéma est né à cet endroit. Crédits: fdtimes

Le monument en forme de caméra, rappelle aux visiteurs que le cinéma est né à cet endroit. Crédits: fdtimes

Plus tard, en 1910 le premier studio de cinéma ouvre dans la ville : le studio du château de Nijo. C’est la compagnie Yokota, créée par Einosuke YOKOTA, qui exploite le site. Shozo MAKINO, le réalisateur qui monte en flèche auprès du public, collabore avec elle. Les conditions ne sont évidement pas les mêmes qu’aujourd’hui, le système d’éclairage naturel n’existant pas encore, les films se tournent à la lumière du soleil.
Rapidement le studio devient trop petit, il est fermé un an après sa création. En 1912 le Hokkedo studio prend la relève. Ce dernier est situé près du temple Junyoji. De nombreux films sortent alors, crée en grande partie par MAKINO qui emploi régulièrement le même acteur : Matsunosuke ONOE. L’acteur devient célèbre et rend le cinéma célèbre auprès du peuple japonais. Plus de 1000 films sont à son actif, mais ce travail acharné a eu raison de sa santé et il meurt à l’âge de 52 ans en 1926. On retiendra notamment unrôle qui a donné son nom à un célèbre ninja,  que les fans de Naruto reconnaîtront : Jiraiya dans Goketsu Jiraiya (Jiraya le ninja en VF) film muet de 1921 : 

 

Le cinéma devient alors une véritable industrie en 1918. On déplace encore le studio qui prend le nome de Nikkatsu Taishogun. Au fil des années d’autres grandes stars vont émerger comme Tsumasaburô BANDÔ, Ryûnosuke TSUKIGATA ou encore Chiezô KATAOKA, tous dirigés par MAKINO. Pour le réalisateur l’histoire passe avant la qualité de l’image et l’action. Cette vision a fait de lui un des meilleurs scénaristes de l’histoire du cinéma japonais. Il meurt en 1929 à l’âge de 50 ans.

 

Kyoto, un Hollywood japonais ?

En 1926 naît Toei Studio Kyoto, construit par l’acteur Tsumasaburo BANDO. Ce studio immense permet de créer de faux décors et de développer les effets spéciaux. Au sein de ses murs, le Japon a connu un véritable âge d’or du cinéma dans les années 50.
Aujourd’hui le studio existe encore et même si le nombre de production a baissé, il continue toujours d’accueillir des tournages. Il n’est pas possible de visiter l’endroit mais, bonne nouvelle pour les touristes, il existe un parc d’attraction à côté des studios : le Toei Kyoto Studio Park. On y trouve des représentations de ninjas, des projections de film en 4D et autres dernières technologies. Le décor représente une ville ancienne à l’époque de la période Edo.

Des spectacles sont organisés au sein du parc, dont certains sur les arts martiaux. Crédits: Japan-guide

Des spectacles sont organisés au sein du parc, dont certains sur les arts martiaux. Crédits: Japan-guide

Depuis, que ce soit dans les années 50 ou plus récemment, on trouve de nombreuses réalisations tournées à Kyoto qui ont obtenu un prix à l’international, car le 7e art nippon a maintenant ses adeptes partout dans le monde (et à la rédac’ de JDJ !). On peut citer les fameux Rashomon (Akira KUROSAWA, 1950), Les Contes de la lune vague après la pluie (Kenji MIZOGUCHI, 1953), Combat sans code d’honneur (Kinji FUKASAKU, 1973), dont voici les trailers, ressorti des archives :

La ville de Kyoto a su conserver ses vieux quartiers, ses monuments et sa nature. De nombreux films de samouraï ont logiquement été tournés dans ces lieux afin de plonger le spectateur dans un décor naturellement propice aux films historiques. Kenji MIZOGUCHI que nous citions précédemment, est un réalisateur expert du genre. Il a fait connaître ce style de film dans le monde entier, inspirant au passage certain artiste comme le réalisateur français Godard.

 

Tourisme & cinéma 

Depuis de grosses productions ont été tournées dans la ville, par des réalisateurs venant du monde entier. Voici une liste des lieux de tournages des films les plus connus.

Mémoire d’une Geisha – Rob Marshall

Chiyo est une jeune japonaise aux yeux couleurs océan qui est vendue par ses parents à une maison de geisha, un fait très courant avant la Seconde Guerre Mondiale. Renommée Sayuri, elle va grandir dans ce milieu exigeant comme qualité de servante, puis en devenant elle-même une des plus célèbres geisha, avec une beauté incomparable et une intelligence exceptionnelle.

Une des plus belles scènes de ce film a été tourné à Kyoto au Fushimi Inrari, une allée de Tori rouge. Sayuri, encore petite, court jusqu’au temple à travers cette allée pour y faire un vœux, déterminant pour son avenir. Aujourd’hui vous pouvez vous promener à travers ce site exceptionnel, en évitant tout de même les heures les plus touristiques ( 10h-16h), car il est également très connu et très prisé.

Le dernier Samouraï – Edward Swick

Le capitaine Nathan Algren arrive au Japon en 1876 avec une mission : conseiller l’armée de l’empereur sur les tactiques militaires afin d’éradiquer les samouraï, qui ne sont plus désirables dans un pays qui se modernise. Lors d’une confrontation avec cette communauté guerrière le capitaine est blessé et se retrouve à devoir vivre avec eux. L’occidental va alors découvrir un mode de vie où l’honneur est le maître mot, mais surtout, un peuple extrêmement attachant.

Une scène se déroule devant le temple Chion-In. Tom Cruise qui joue Nathan Algren se bat avec les techniques apprises chez les samouraï contre des partisans de l’empereur. C’est une scène de nuit, mais le visiteur reconnaît bien l’enchevêtrement de marche qui caractérise le temple Chion-In.

Lost in Translation – Sophia Coppola

La solitude de Bob Harris est immense face à une ville aussi dense et animée que Tokyo. L’acteur est au Japon pour tourner un spot publicitaire uniquement pour de l’argent, il a laissé derrière lui sa famille pour quelque temps. Charlotte est délaissée par son mari qui préfère la photographie à sa femme. Elle cherche un peu de compagnie. Bob et Charlotte vont alors se rencontrer.

Le temple Hein Jingu a accueilli Scarlett Johanson qui joue Charlotte dans le film. Cette séquence montre la jeune femme qui déambule seule dans le jardin de ce temple. La musique et l’atmosphère apporte à ce film une des scènes les plus artistiques.

Wasabi – Gérard Krawczyk

Hubert Florentini un policier, se voit imposer un congé suite à un mauvais pas. Il n’a jamais réussi à oublier son premier amour de jeunesse, une japonaise : Miko Kobayashi. Cette dernière est morte dans des circonstances mystérieuses et lui a légué un héritage qui s’avère être une véritable énigme. Hubert doit alors se rendre au Japon.

Une des scènes de ce film comique se déroule au célèbre temple du Kiyomizudera. Les deux personnages trouvent un indice important concernant l’affaire de la mort de Miko.

Quill – Yoichi Sai

Quill est un jeune chien qui est choisi pour devenir un chien guide. Le film relate son apprentissage et surtout sa rencontre difficile avec son futur maître qui au premier abord ne veut pas de lui. Finalement un véritable amour va naître entre les deux protagonistes.

Le tournage s’est entièrement déroulé dans la ville Kyoto. On découvre les rues de l’ancienne capitale, moderne, mais aussi les vieux quartiers.

Kenshin Kyoto InfernoKeishi Ohtomo

Une nouvelle mission attend Kenshni, un ancien assassin qui ne combat plus qu’avec une lame inversée qui permet de blesser les ennemis sans les tuer. L’affaire se déroule cette fois à Kyoto. Cette dernière est menacée d’incendie par un groupe de malfaisant.

La ville entière a servi de lieu de tournage, mais les quartions de Gion et de Pontocho plus particulièrement, ainsi que le quartier du Kiyomizu-dera. Pour en savoir plus sur ce film et sur la trilogie à ne pas rater qui va avec, n’hésitez pas à lire notre dossier d’ailleurs !

 

Enfin sachez, pour les amateurs de cinéma qui prévoient d’aller à Kyoto, que le train randen est le train touristique de la ville de Kyoto qui s’arrête à tous les lieux qui ont façonnés l’histoire du cinéma. Un très bon compromis pour les cinéphiles ou les curieux !

Voilà, vous pouvez à présent effectuer votre pèlerinage cinématographique à Kyoto, une ville plus que jamais impressionnante sur le plan culturel !

Japan in Motion : Et vous, quel Japon préférez-vous ?

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