C’est le printemps ! Partons à la découverte des plantes japonaises …

Journal du Japon vous emmène régulièrement en promenade à travers les jardins japonais. Pour ce printemps, redécouvrez-les avec un très beau livre et développez vos connaissances en botanique grâce à un livre sur les cerisiers du Japon et à un recueil des planches des plus grands botanistes japonais !

Les jardins japonais sont mondialement connus. Leur esthétique est l’objet de nombreux ouvrages. Mais il est aussi important de connaître les plantes de ce pays, et des livres en français existent aussi sur ce sujet. Venez les découvrir avec nous …

Le jardin japonais : un livre pour s’émerveiller

Il existe de nombreux ouvrages sur les jardins japonais, mais celui-ci est un véritable trésor, tant par son contenu que par sa forme.

Le Jardin Japonais de Sophie Walker - CouvertureL’épaisse couverture vert pin, avec en doré patiné Le jardin japonais et plus bas en plus petit le nom de l’auteure paysagiste Sophie Walker, est découpée en son milieu : un rond (comme ces fenêtres japonaises qui offrent une vue savamment maîtrisée sur le jardin) laisse entrer du rose, un rose qui évoque les fleurs de cerisier. Puis en ouvrant le livre, le lecteur prolonge sa plongée dans les couleurs : du vert mousse sur lequel est posée une citation sur l’éveil, puis du vert qui devient gris, et enfin du rose sur lequel s’étale le sommaire aux chapitres inspirants (Introduction : la nature du jardin ; La beauté, la terreur et la puissance ; La voie, le corps et l’esprit ; Compréhension élargie ; La dualité et le reflet ; Caché, suggéré et imaginé ; Défi zen : le jardin impénétrable ; Le temps, l’espace et le jardin sec ; La mort, le thé et le jardin ; Espace intérieur : le tsubo-niwa ; La poésie des plantes). Il y a également sur cette double page rose un index des Essais rédigés par des artistes et architectes de renom (Lee Ufan, Tan Twan Eng, Tatsuo Miyajima, Marcus du Sautoy, John Pawson, Anish Kapoor et Tadao Andô).

L’auteure retrace l’évolution du jardin japonais au fil des siècles, le rôle du jardin dans la culture, dans l’art. Elle témoigne également de sa propre relation aux jardins qu’elle a pu visiter :

« Cet ouvrage est un témoignage de mon propre processus de découverte, fondé sur le sentiment et la pensée, qui a eu un important impact sur ma façon de créer des jardins.  Au fil de ces pages, je m’efforce de faire ce que les grands maîtres de la calligraphie japonaise appellent « suivre le pinceau ». La compréhension que j’ai acquise est impossible à démontrer, mais pour évoquer mon expérience, je citerai ce poème zen traditionnel traduit par la Vénérable Myokyo-ni :

La montagne est la montagne,
Le chemin est le même que jadis ;
En vérité, ce qui a changé, c’est mon propre cœur. »

Elle évoque l’articulation de l’art du jardin avec le shintoïsme (la nature n’est ni conquise, ni miniaturisée dans le jardin, mais encadrée), et avec le bouddhisme zen (le jardin est un mode d’entraînement spirituel, comme la poésie, la calligraphie ou les arts martiaux). Le propos est illustré par de nombreux jardins de sanctuaires et de temples (grande photo et texte informatif concis mais éclairant).

Le lecteur pénètre dans le jardin par le chemin. Son importance est cruciale : Il fait cheminer le visiteur physiquement, mais aussi spirituellement. Un autre élément fondamental est le shakkei, à savoir « l’emprunt » d’éléments situés au-delà des frontières du jardin afin d’élargir la perception vers de nouveaux horizons. Il y a également l’eau et le reflet qu’elle crée, symbole de l’être du non-être. De nombreux éléments du jardin imitent la nature terrestre (montagne, cascade), mais parfois également un univers cosmique beaucoup plus lointain.

Le défi zen du jardin impénétrable est fascinant. Il a recours aux murs, au x lignes de visibilité précises, aux jeux d’échelle. Il oblige à le pénétrer non pas avec les pieds, mais avec l’imagination. Le jardin sec quant à lui permet « plusieurs lectures de son contenu, de son échelle et de son sens en suggérant des réflexions intéressantes sur l’espace, la mémoire et le temps ».

Le lecteur pourra également apprécier les précieux jardins de thé ou les jardins-cours tsubo-niwa, véritables « capsules d’émerveillement ».

Tentoku-in, le temple de la campanuleLes jardins japonais savent également mettre en avant la « poésie des plantes », comme ce jardin et cette fenêtre du Tentoku-in, le temple de la campanule dans lequel la forme en cloche de la fenêtre copie celle de ces fleurs délicates (voir la photographie).

Les textes mêlant expérience personnelle et informations précieuses sont judicieusement associés à des photographies sublimes qui mettent en image ce qui vient d’être lu. Les notions exposées prennent sens à la vue de ces jardins enchanteurs.

Un voyage immobile qui apaise l’esprit et comble l’âme !

Plus d’informations sur le site de l’éditeur.

Cerisiers du Japon : pour connaître la diversité des cerisiers dont la floraison est un événement au Japon

Cerisiers du Japon - éditions UlmerVoici un livre pour les amoureux des cerisiers japonais. Il permet de les découvrir grâce à de nombreuses photographies, mais également de choisir celui qui sera le roi du jardin, car c’est un véritable guide des espèces qui est fourni : période de floraison, type de fleur, forme et hauteur de l’arbre.

Le livre s’ouvre sur un rappel : le cerisier du Japon est bien plus d’un simple arbre décoratif. Il est symbole de la puissance de l’empereur, marque religieuse, signe de distinction aristocratique. Il est également un élément fort du Japonisme : présent lors des Expositions Universelles parisiennes, au Musée Guimet, dans le jardin Albert Kahn. Il fut également un objet d’échange entre le Japon et les Etats-Unis.

De belles pages expliquent ensuite l’histoire du cerisier au Japon. De la légende de la princesse et de la fleur de cerisier aux pruniers qui inspirèrent longtemps les poètes jusqu’au Hanami (littéralement regarder les fleurs) auquel s’adonnent les japonais au printemps (et dont on retrouve des traces dès la période Nara de 710 à 784). Cette fleur de sakura, symbole de l’éphémère, de l’impermanence, peut s’admirer en de nombreux lieux. Le livre offre d’ailleurs un petit guide des plus beaux spots pour vivre Hanami à Kyoto (avec de superbes photos à l’appui).

Le livre devient ensuite plus pratique avec des explications sur la culture des cerisiers du Japon : sol, exposition, résistance, maladies, taille.

Puis un catalogue permet de choisir son cerisier. Il y a la catégorie des cerisiers à fleurs sauvages (pruniers cerise, cerisiers à grappe dont les baies noires nourrissent les oiseaux, cerisiers à fleurs campanulées (fleurs en forme de clochettes), cerisiers de printemps (dont les magnifiques cerisiers pleureurs dont les photographies sont un régale pour les yeux !). Dans la catégorie des cerisiers de jardin (hybrides), les fleurs sont simples, semi-doubles ou doubles dans de superbes dégradés de rose. Un zoom est fait sur les cerisiers de Matsumae, qui viennent d’Hokkaidô et supportent les frimas. Et enfin le catalogue se termine sur les autres Prunus ornementaux. Pour chaque arbre présenté, la fiche descriptive est très complète : informations sur son origine, son histoire, et informations pratiques sur sa hauteur, la couleur de son feuillage, la période de floraison et une description de la fleur, du bouton à la fleur ouverte.

Une grosse dose de pétales roses à savourer sans modération !

Plus d’informations sur le site de l’éditeur.

Flora Japonica : à la découverte de la botanique japonaise

Flora Japonica - éditions UlmerVoici un livre passionnant qui ravira aussi bien les amateurs de botanique que ceux de dessins et de peintures. Cet ouvrage original et inédit propose en effet de découvrir la flore japonaise à travers les planches de botanistes de ce pays.

Le livre s’ouvre sur le fameux Pin miraculé qui avait survécu au tsunami de 2011 à Rikuzentakata. Une peinture magnifique et émouvante quand on sait que de nombreux pins furent détruits, et que ce pin lui-même fut déclaré mort en mai 2012.

La flore japonaise est riche et ancienne. L’absence d’échange avec le reste du monde pendant des siècles et le caractère montagneux du pays ont permis une relativement bonne préservation des espèces nombreuses et endémiques.

L’ouvrage présente une centaine de plantes sauvages typiquement japonaises, à la beauté exceptionnelle.

Dans un premier temps, c’est l’histoire de la botanique au Japon qui est expliquée, ainsi que les échanges avec l’Occident (botanistes occidentaux venant au Japon, plantes japonaises partant pour l’Occident). On retiendra le Honzô Zufu, encyclopédie des plantes commencée en 1828, riche de 96 volumes, à l’iconographie colorée.

Chaque plante a ensuite sa double page : une pleine page pour la peinture, fine, riche en détails, du système racinaire aux fleurs délicates, et une page de description. Le lecteur trouvera le nom latin, un texte relatif à sa description, faisant la part belle à l’histoire de sa découverte. Un autre paragraphe donne les éléments de botanique (taille de la plante, forme et couleur des fleurs et des feuilles, graines etc.). L’habitat de la plante et sa répartition dans le pays permettent de savoir où la trouver à l’état naturel. Le nom de l’artiste botanique figure en haut de chaque page, et une biographie en est donnée. Un autre point passionnant est la mise en avant du nom de la plante en japonais, car il est souvent très imagé (et très bien expliqué dans le texte). Ainsi une campanule s’appelle Hotaru-bukuro, littéralement Sac à lucioles, et un lycoris sanguinea se nomme Kitsune no kamisori, à savoir Rasoir du renard ! Un univers poétique s’ouvre alors sous les yeux émerveillés du lecteur.

Un ouvrage magnifique pour un voyage au pays des plantes !

Pus d’informations sur le site de l’éditeur.

 

Le printemps peut désormais arriver et les cerisiers fleurir, vous voilà prêt à être émerveillés !

 

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