PrixMangaCaen : les collèges et lycées eux aussi ont un avis !

Avec plus de 25 ans de présence en France et un essor retrouvé depuis 2014, le manga est désormais un media connu et reconnu en France : les nombreux prix qu’on lui décerne ou qui lui sont dédiés en sont une preuve parmi d’autres. Ces prix sont aussi des coups de projecteurs dans leurs univers respectifs : Prix de la meilleure traduction, Prix des Libraires, Prix décernée par la presse, Prix de telle ou telle région… Et parfois ce sont aussi les lecteurs eux-mêmes qui sont directement au cœur du jeu, comme pour le PrixMangaCaen Collège et Lycée.

Journal du Japon est donc allé voir de plus près ce dernier, décerné comme son nom l’indique par de nombreux collégiens et lycéens du Calvados. Rencontre avec Laurine et Hugo, deux jeunes lycéens lecteurs qui sont bien plus que de simples consommateurs, et l’une des responsables du Prix, Déborah DUBOST-SAKHI.

Prix Manga Caen 2018-2019

Le Prix Manga Caen : comment ça marche ?

Bonjour Déborah DUBOST-SAKHI…

Commençons par une question simple : le PrixMangaCaen, c’est quoi ?

Deborah DUBOST-SAKHI : Il y a deux prix, le Prix Manga Caen Collège et le PrixMangaCaen Lycée qui s’adressent, comme leur nom l’indique, à des établissements des environs de Caen, car il a été créé, en 2012, par des professeurs documentalistes du BEC Caen Nord (un Bassin d’éducation qui va jusqu’à Ouistreham et Dives-sur-Mer).

Puis il a été ouvert depuis quelques années au bassin Caen Sud, ce qui fait que nous avons des établissements jusqu’à Bretteville sur Laize qui participent au Prix.

bassin_education_Caen

Ce qui représente combien d’établissement au total ?

Nous devons être à 16 lycées et 14 collèges, dont quatre nouveaux qui nous ont rejoint cette année.

Quel est son but ?

Il a été créé pour faire lire aux élèves autre chose que les best-sellers comme Fairy Tail, One Piece… Qu’ils puissent découvrir autre chose que ça. C’est d’ailleurs pour cela que l’on présente uniquement des nouveautés de l’année scolaire précédente (d’une Japan Expo à une autre en général).

PrixMangaCaen : sélection Collège 2018-2019

Prix Manga Caen : sélection Lycée 2018-2019

Prix Manga Caen : sélection Lycée 2018-2019

Comment fonctionne-t-il, concrètement ?

Le gérant de la librairie BD r’Art à Caen, Grégoire Trouvé, réalise une première présélection de 30 titres pour le collège et autant pour le lycée. Il nous confie cette sélection fin juin – début juillet et pendant les vacances nous sommes quelques collègues professeurs et documentalistes de lycée et de collège qui lisent tout ou partie de la sélection.

Fin septembre nous réalisons alors deux comités de présélection, une en collège et une en lycée, avec les collègues qui ont lu ces titres mais aussi les partenaires c’est à dire le libraire, les bibliothécaires de Hérouville Saint Clair et de Caen. Nous débattons sur ces titres puis nous élisons 20 mangas pour le collège et 20 pour le lycée.

Est-ce qu’il y a des critères sur ce premier vote ou c’est juste un débat entre ceux qui aiment et ceux qui n’aiment pas ?

Alors en effet, on commence par regarder le scénario et son originalité, le graphisme ensuite, mais forcément l’attachement d’un juré à un titre peut jouer. Certains vont passer ce premier tour parce que, justement, un des jurés l’a fortement défendu, mais parfois ce n’est pas nécessaire et que le titre fait l’unanimité.

hanada-garnement-1-ki-oonA titre d’exemple, Hanada le garnement a réussi a passé le premier tour alors que tout le monde ne l’avait pas forcément apprécié. Je l’ai défendu car j’ai adoré ce titre mais il y aussi le fait que nous savions qu’il était déjà apprécié des élèves et ça a été pris en compte dans le fait de le faire passer au second tour.

Vous gardez en tête que c’est un Prix décerné par des élèves…

Complètement, le Prix n’est pas pour nous mais pour eux, donc on garde toujours en tête que nous adressons une sélection aux élèves pour qu’ils choisissent un titre qu’ils aiment. C’est d’ailleurs aussi pour ça que nous faisons attention à proposer des mangas en accord avec une certaine déontologie, nous n’allons pas proposer des titres ultra-violents ou avec des propos choquants.

Une fois cette sélection faite, c’est là justement que les élèves entrent dans le jeu…

Voilà. Une semaine après la tenue du comité, les élèves sont réunis dans une des deux bibliothèques de Caen ou Hérouville Saint Clair, en alternance un an sur deux. Il y a alors deux élèves de chaque établissement, qui viennent représenter leur collège ou leur lycée et qui deviennent les jurés.

Lors de la présentation en bibliothèque, nous présentons nous-même 3,4 titres chacun aux élèves, avec en fond un diaporama avec la couverture et quelques planches. Les élèves ont ainsi une première idée du titre puis à la fin des présentations, on les laisse feuilleter les titres et échanger autour d’un goûter pendant une vingtaine de minutes.

Mais beaucoup des élèves connaissent déjà plusieurs des titres proposés parce que certains sont très experts en matière de manga, plus que nous parfois ! (Rires)

Puis on finit par les votes, chaque binôme de chaque établissement devant voter pour un seul titre. On compte les votes et les 10 mangas les plus populaires intègrent la sélection finale du collège ou du lycée.

Vote 2 Prix Manga Caen Lycée

PrixMangaCaen Lycée : le vote des élèves qui établit la sélection 2019

Enfin ces sélections sont rendues publiques et on laisse le temps aux différents établissements et leurs élèves de découvrir ces titres.

Ce qui nous emmène quelques mois plus tard, pour un vote final…

En effet, en mars, nous réunissons à nouveaux les élèves, deux par établissement et si possible d’autres que ceux qui ont voté pour la sélection. On cherche cette fois-ci des élèves qui ont envie de débattre.

Autant ils ne font qu’un choix lors de la mise en place de la sélection, autant sur ce vote final, nous nous effaçons complètement et nous laissons les élèves débattre entre eux. Le libraire se contente d’animer le débat mais ce sont les élèves qui parlent. Et nous sommes toujours agréablement surpris de la grande qualité de ces débats, d’ailleurs.

Grégoire Trouvé, le libraire du Prix

Grégoire Trouvé, le libraire partenaire du PrixMangaCaen

Ce débat conduit alors à un top 3, c’est ça ?

Oui. Mais pas seulement, car nous avons fait une modification il y a deux ans. En fait jusqu’alors, les deux jurés venaient défendre le titre choisi par le club manga de leur établissement. Une partie du débat était donc joué d’avance puisque ces votes avaient déjà été faits en amont… Nous avons donc rajouté un Prix du jury.

Sur place, chaque juré peut voter pour le titre qu’il préfère, que ce soit celui que son établissement préfère ou pas, qu’il le connaît et l’apprécie ou qu’il ait été convaincu par les débats.

Et le résultat de ces votes est ensuite annoncé ici, sur votre site dédié, c’est bien ça ?

En effet, il y a 3 ans nous l’avons mis en place. On peut y retrouver les prix de ces 4-5 dernières années, les sélections, des photos de jury, des coupures de presse et des travaux d’élèves.

Il y a d’ailleurs, chaque année, un concours d’affiche où des élèves de chaque établissement peuvent proposer leurs affiches et le gagnant voit son affiche utilisée pour l’édition de l’année suivante comme affiche officielle. Les collégiens et les lycéens s’affrontent sur ce concours et cela fait deux ans de suite que ce sont des collégiennes qui l’emportent !

 Affiche 2019  Affiche 2018 

Une sélection désormais connue et reconnue…

Club Manga Caen : Deborah Sahki, en pleine lecture !

Deborah DUBOST-SAKHI, en pleine lecture !

Déborah, comment êtes-vous arrivée sur ce PrixMangaCaen ?

Je suis arrivée il y a 4-5 ans dans le BEC et je suis devenue référente du Prix lorsque ma collègue précédente, Irène Boulay, a déménagé. Personne ne se battait vraiment pour reprendre le Prix à l’époque, mais je me suis lancée.

Cela a été l’occasion pour vous de découvrir les mangas justement ?

Complètement, ça a été une grande première pour moi ! (Rires)

Le Prix permet des découvertes aux adultes aussi !

C’est aussi une des forces du Prix d’ailleurs. Le fait que la sélection provienne d’un vote d’adultes puis d’élèves fait que la sélection finale des 10 titres lui permet d’être très prescripteur, et c’est aussi l’un de ses buts, de conseil vers les collègues documentalistes y compris ceux qui ne font pas partie du Prix Manga Caen.

Ils vont l’utiliser pour acheter des titres pour eux. Le libraire de Bd r’Art nous explique que chaque année de nombreuses personnes, des documentalistes, des responsables de bibliothèque, viennent en disant “On veut la sélection du Prix Manga”. Ils savent qu’ils n’auront pas de souci avec ces titres et qu’ils vont plaire à leurs lecteurs.

De plus, le rectorat lui aussi s’intéresse au Prix ?

Françoise Guitard de la DAAC (Délégation académique à l’action culturelle ) m’en a parlé une première fois il y a 3 ans, et voulait que nous venions lui présenter le prix.

A cette époque nous n’étions pas forcément sur la même longueur d’onde car nous voulions que le titre reste assez libre là où elle souhaitait en faire quelque chose de pédagogique, ce que nous savions impossible à mettre en place. Nous voulions que le Prix reste lié aux clubs mangas des établissements.

Mais, désormais, avec le PEAC, le Parcours Éducatif Artistique et Culturel, qui existe aussi bien en collège qu’en lycée, c’est chose possible, car le Prix peut parfaitement s’y intégrer.

Avec Julie Jouanne, ma collègue référente pour le collège, nous avons été missionnées par le rectorat pour nous nous occuper du Prix et voir comment l’intégrer dans le PEAC et relayer les informations autour du Prix sur le site du rectorat.

Le fait de travailler avec le rectorat va nous permettre de développer le prix et d’organiser une rencontre avec un auteur ou un éditeur, financée par le rectorat. Nous sommes en train d’y travailler et de réfléchir à nous organiser pour réunir tous les établissements et les partenaires en un seul lieu et à une même date… C’est assez compliqué mais on va y arriver ! (Rires)

Pour finir, une question non pas à l’organisatrice mais à la lectrice de manga : quels étaient tes coups de coeur sur l’édition 2018 ?

Sur la présélection il y avait Hanada que j’aimais beaucoup, j’ai aussi beaucoup apprécié Ken’en, l’humour, les dessins, l’histoire…  Last Pretenders aussi, dont j’aime bien l’humour.

Après cette année la sélection est assez variée, je dois bien avouer que je trouve tous les titres assez sympathiques ! (Rires)

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On se fera notre avis nous-même en allant les lire alors ! Merci Deborah !

Après cette présentation du Prix, nous sommes allés à la rencontre de deux jurés, élèves du Lycée Jeanne d’Arc, pour en savoir plus sur leur participation et leur gout en matière de manga !

Laurine, une lectrice éclectique

Journal du Japon : Bonjour Laurine… Tu es en classe de seconde et tu viens donc de rejoindre le Club Japon. Ma première question : qu’est-ce qui t’a donné envie de rejoindre ce type de Club ?

Laurine :  J’ai découvert lors de la classe de 6e l’univers de mangas et des animes et, peu à peu je me suis intéressé à culture japonaise. Ainsi, lorsque j’ai du faire un choix pour mon lycée, je penchais au départ pour le Lycée Charles de Gaulle car il possédait un enseignement de japonais. Mais j’étais sur liste d’attente et mon second choix s’est orienté vers le Lycée Jeanne d’Arc et l’une des raisons était la présence d’un Club Japon, devenu Club Japon cette année.

Lorsque j’ai vu que l’établissement participait au PrixMangaCaen, j’ai tout de suite voulu savoir comment cela s’organisait et c’est ainsi que je suis arrivé dans le Club et en tant que juré sur le Prix.

Club Manga Caen

On débat dans la bonne humeur au Club Japon de Jeanne d’Arc, à Caen !

A l’époque de la 6e te souviens-tu de ta première découverte de manga ?

Cela s’est fait avec Naruto. Ce qui m’avait plu dans Naruto à l’époque c’est que je pouvais d’une certaine façon m’identifier à la situation sociale du personnage principal malgré le monde totalement différent du nôtre.

Plus généralement, tu lis quel style de manga ?

Je serai plus sur du seinen mais avec des titres très variés : ça peut aussi bien être une romance type shôjo en plus adulte que Tokyo Ghoul !

Si tu devais nous donner tes 5 mangas préférés…

C’est assez compliqué… Les Mémoires de Vanitas, Vampire Knight, Tokyo Ghoul évidemment, Blue Exorcist et en dernier… Ce serait PsychoPass !

Si on en vient au Prix Manga lui même, quel rôle as-tu joué dans cette édition 2018 ?

Avec Hugo nous devions voter pour un titre parmi la sélection. Ensuite sur mon rôle, je pense que le fait que je sois une fille a pu amener un avis différent. J’ai réussi à la convaincre de s’intéresser aux shôjos de la sélection par exemple, tout comme à d’autres titres de la sélection qui paraissait moins importants ou intéressant à ses yeux.

Le fait d’avoir pu mixer nos avis a pu donner quelque chose de meilleur.

Sur la pré-sélection des 20 titres comment avez-vous fait votre choix ?

dark_grimoire_7914J’en avais déjà lu certains auparavant comme Dark Grimoire, Moriarty par exemple mais j’ai pu en découvrir pas mal et approfondir mes connaissances sur leur scénario, les personnages, etc.

De pouvoir les feuilleter ça nous a permis de mieux apprécier le graphisme et de nous rendre compte aussi que certains n’étaient pas dans le sens de lecture japonais, ça nous a pas mal surpris d’ailleurs, on a failli les lire à l’envers ! (Rires) Cela dit ça a finalement été un critère de sélection pour notre choix, on a trouvé le sens de lecture français plus gênant qu’autre chose au final.

Est-ce que tu as un favori dans la sélection des 10 ?

Ça c’est dur car je suis partagée entre Moriarty et Dark Grimoire, avec une petite préférence pour Moriarty. Mais il ne faut non plus oublier le shôjo de cette sélection et, dans un style plus doux que Moriarty ou Dark Grimoire, j’ai aussi apprécié Ken’en.

Ce qui me plaît dans Moriarty c’est que pour une fois on s’intéresse à l’ennemi de Sherlock et non à Sherlock lui-même. Dark Grimoire c’est le monde de la magie légèrement revisité avec ses personnages comiques (mais qui peuvent être aussi touchants dans certaines situations). J’avoue que le shōjo c’était pour ses dessins que je trouvais doux voire même poétique à certains moments. Et enfin Ken’en, ce sont les personnages et leur relation plus ou moins conflictuelle et amicale qui m’a plu.

Et si tu avais pu rajouter un titre qui n’était pas dans la préselection des 20 ?

J’ai été étonné de ne pas retrouver les Mémoires de Vanitas dans la sélection car il a tout de même eu un succès important.

Pour finir, comme tu étais l’un des jurés : qu’est-ce qui fait selon toi un bon manga ?

Je dirais le dessin mais c’est assez subjectif, car certains styles de dessin plaisent à certains mais pas à d’autres. Par exemple j’aime beaucoup Tokyo Ghoul mais pas pour son graphisme, je suis assez peu fan du chara-design… Mais l’histoire est tellement prenante que l’on s’immerge complètement dedans. A l’inverse celui qui me plait le plus en dessin serait un manga comme Pandora Hearts, ou encore le style visuel de Black Butler.

Est-ce que tu as d’autres critères que le graphisme du coup ?

Oui, mais cela dépend des genres. Par exemple pour les shôjos je préfère qu’ils soient un minimum originaux, car lire tout le temps des histoires d’amour qui se ressemble pour la plupart est fatiguant à la fin.

En ce qui concerne les seinens mon critère principal est que je dois pouvoir supporter les éléments gores s’il y en a. Pour les shônens c’est encore différent ; même si certains se ressemblent au niveau de l’histoire, du moment que les personnages et leur caractère me plaisent je suis la série jusqu’au bout ! (Rires)

Un bon perso, ça y fait beaucoup en effet. Merci Laurine !

Hugo : du nekkutsu et du français !

Journal du Japon : Bonjour Hugo… Tu es en classe de première et tu as donc rejoint le Club Japon depuis l’an dernier. Ma première question : qu’est-ce qui t’a donné envie de rejoindre ce type de Club ?

Hugo ADAM : En fait l’an dernier j’étais assez réticent au départ mais j’avais vraiment envie de partager cette magnifique passion. (Rires)

Je voulais découvrir de nouveaux manga et en faire découvrir aux autres également.

Dragon Ball 1Justement, depuis combien de temps es-tu lecteur de manga et te souviens-tu de ta première découverte en la matière ?

J’en lis depuis deux ans, mais avant je regardais beaucoup d’anime. Le premier manga que j’ai lu c’était… Dragon Ball je crois bien, je ne sais plus quel tome. C’était les mangas d’avant, la bonne époque ! (Rires)

Je ne te contredirai pas là dessus ! (Rires)

Plus généralement, tu lis quel style de manga ?

J’aime beaucoup les shônens et les seinens, notamment les shônen nekketsu. Tout le monde n’aime pas, ça fait un peu débat, mais j’apprécie bien ce type de titre.

Si tu devais nous donner tes 5 mangas préférés…

Je dirais en en 5 : FireForce, en 4 : Ken’en, en 3 : Made In Abyss, en 2 : Moi, quand je me réincarne en Slime, et enfin en 1 : Radiant.

Si on en vient au Prix Manga lui même, quel rôle as-tu joué dans cette édition 2018 ?

Avec Laurine je devais voter, aux côtés de nombreux autres élèves d’autres établissements, sur une sélection de vingt mangas, pour qu’il n’en reste plus que dix.

Sur la sélection quels sont ceux que tu voulais défendre justement ?

made-in-abyss-1-ototoWhispering, car c’est une histoire qui sort des classiques. Et puis je voulais aussi défendre un manga français, même si la qualité reste le critère déterminant : 4LIFE. Et enfin Made in Abyss qui était vraiment sur le haut du podium.

Ce qui me plais dans Made In Abyss, c’est le fait que, plus l’histoire avance, plus l’univers est sombre et un peu glauque (couleurs plus sombres, enfants montrés comme morts contrairement au début assez mignon, etc…). Mais, en même temps, il y a le fait que le style Chibi contraste totalement avec ce côté plus adulte, ce qui rend l’histoire originale mais également très jolie avec toutes ces nuances de gris… même si c’est un peu perturbant au début.

Et quel a été la découverte la plus marquante que t’as permis de faire ce Prix Manga ?

C’est difficile mais je dirai Ken’en. Le fait que cela parle du folklore japonais est très intéressant, de plus la relation entre Hayate et Mashira qui est très formelle au début, se transforme peu à peu en amitié forte, ce qui est certes commun dans les mangas mais néanmoins cool, et enfin l’amitié Chien et Homme ( même si ce n’est pas tout à fait un Homme) est assez peu exploitée dans l’univers des mangas, ce qui le démarque des autres.

Et si tu avais pu rajouter un titre qui n’était pas dans la pré-selection des 20 ?

No Game No Life, l’adaptation du light novel, qui est très sympathique. Je le conseillerais car d’une part, cela traite de l’e-sport qui est un sujet sur lequel je m’identifie et que j’apprécie particulièrement étant ancien joueur semi-pro d’Overwatch. Certes le jeu vidéo est un sujet bien trop exploité dans l’univers des mangas à cause, notamment des SAO Like mais ce qui démarque No Game No Life c’est le fait que la triche soit un enjeu majeur pour sauver le monde dans lequel les 2 personnages atterrissent. En effet, si les 2 personnages principaux sont des joueurs professionnels dans la vraie vie, dans ce nouveau monde ils sont des tricheurs professionnels même si une des règle de ce monde dit que c’est interdit si on se fait prendre.

Tu parlais de Radiant et là tu souhaitais mettre en avant un manga français, 4LIFE. Ces derniers n’ont pas toujours été bien vus, taxés de sous-mangas…

D’imitations…

Exactement. Quel est ton point de vue justement sur le manga français ?

Je trouve ça assez fantastique ce que font les auteurs de manga français. Ce n’est justement pas ou plus de l’imitation, ils sortent des sentiers battus tout en veillant à respecter des codes… C’est vraiment sympathique de voir ces deux cultures qui s’entrechoquent !

Par contre je les préfère en sens de lecture japonais, je trouve ça beaucoup mieux.

Pour finir, comme tu étais l’un des jurés : qu’est-ce qui fait selon toi un bon manga ?

Je dirais tout d’abord que c’est une histoire cohérente, puis un univers qui est original et un héros auquel on peut s’identifier.

Si les 3 sont réussis, c’est vrai qu’on a logiquement un chouette titre. Merci Hugo !

Retrouvez le PrixMangaCaen via son site officiel et rendez-vous en mars sur nos réseaux sociaux pour l’annonce des gagnants. D’ici là, n’hésitez à commenter la sélection collège ou lycée ou nous parler de votre club manga de votre école !

Club Manga Caen

Lili, sa mascotte, qui veille sur la sélection 2019 !

 

Remerciement à Madame BUBOST-SAKHI et aux élèves du club manga du Lycée Jeanne d’Arc pour leur temps.

Paul OZOUF

Rédacteur en chef de Journal du Japon depuis fin 2012 et fondateur de Paoru.fr, je m'intéresse au Japon depuis toujours et en plus de deux décennies je suis très loin d'en avoir fait le tour, bien au contraire. Avec la passion pour ce pays, sa culture mais aussi pour l'exercice journalistique en bandoulière, je continue mon chemin... Qui est aussi une aventure humaine avec la plus chouette des équipes !

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