Devil May Cry 5 : hell or heaven ?

Le tueur de démons le plus classe du monde est de retour pour une nouvelle boucherie. Après avoir tenté un reboot de la série tout sauf nécessaire, Capcom nous propose enfin la suite des aventures du « vrai » Dante, 11 ans après le quatrième opus. Journal du Japon a pu tester Devil May Cry 5 et vous propose son analyse, ainsi qu’un petit coup d’œil sur le passé de la saga.

 

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L’histoire de Devil May Cry peut paraître chaotique à suivre chronologiquement. En effet, le premier jeu met en scène un Dante qui a déjà un certain passé, tandis que le troisième conte sa jeunesse, et le second a toujours eu des airs de fin de parcours pour le chasseur de démons. Lorsque la promo de Devil May Cry 5 a démarrée, et que le jeu a montré ses rapports assez forts avec le 4, Matt Walker, producteur de la série, est intervenu sur Twitter pour clarifier la nouvelle timeline de la série. La suite temporelle de la saga est donc : DMC 3, DMC 1, l’anime (oui, il est canon à la saga, des personnages de la série sont d’ailleurs anecdotiquement présents dans DMC 5), DMC 2, DMC 4 et enfin le 5. Maintenant que ce point est éclairci, attardons-nous un instant sur les précédents jeux pour pouvoir mieux appréhender le nouveau venu.

 

Le premier épisode, sorti en 2001, a fidélisé toute une communauté de joueurs en posant les bases de la licence : un héros classe et désinvolte et une ambiance gothique sur fond de hard rock. Les riffs de guitare électrique ont bien sûr une place prépondérante, mais la part belle est faite aux orgues et autres chants religieux. Si le soft a des airs de Resident Evil dans le placement de sa caméra et son atmosphère, c’est tout à fait normal, les deux jeux ont été créés par Hideki KAMIYA.

Très rapidement, en 2003, un deuxième numéro sort. Bien que reprenant le personnage phare aux cheveux platine, ce dernier disposait d’un environnement moins fun, mais surtout d’un Dante quasi muet (un comble pour lui !) qui avait déçu les fans. Aucun ennemi n’est réellement charismatique, le soft se laisse vite oublier.

Ni une ni deux, l’éditeur répare ses erreurs et sort 3 ans plus tard un troisième volet qui fera date dans la saga. Toujours sur PS2, (mais sur la fin de la console, et donc bien mieux optimisé) Devil May Cry 3 nous narre la genèse de Dante. Plus jeune, plus survolté que jamais, mais surtout avec un gameplay ultra énergique. Désormais les armes de mêlée sont bien plus nombreuses (5 au lieu de 2 dans le précédent jeu) et l’on peut s’en équiper de deux à la fois pour pouvoir switcher en plein combat et varier les combos. Même constat du côté des armes à feu, ce qui rend le jeu extrêmement flexible. À cela, il faudra ajouter les Styles. Au nombre de 4, Swordmaster, Gunslinger, Trickster et Royal Guard (+ deux secrets) vous permettront d’avoir une fonction spécifique à la touche Rond. Le changement de Style se fait avant le début d’une mission ou via une statue du temps parfois présente sur le chemin. La recette est parfaite et le jeu connaitra une version augmentée, preuve en est de son succès.

2008 : changement de plateforme et nouveau chapitre. Devil May Cry 4 reprend la trame chronologique et apporte un peu de sang neuf sur PS3. En effet, Dante adopte désormais le rôle de vieux loubard (ce qui lui va tout aussi bien) et la jeunesse est confiée à Nero, nouveau personnage qui permet d’équilibrer le casting. Les Styles sont également de la partie, et vous pouvez en changer à tout moment avec les flèches directionnelles, sans passer par une statue du temps.

 

À trois c’est meilleur

On ne va pas se le cacher : lorsque l’on lance le disque d’un DMC, on veut surtout contrôler Dante, et ce 5e opus va nous demander d’être patient. Il faudra effectivement attendre la mission 10 pour tâter du descendant de Sparda, mais l’équipe de développement a fait du bon travail et on ne s’ennuie pas un instant jusqu’à ce moment-là. Nous alternerons entre Nero et V durant les 9 premières missions et ces deux personnages ne sont pas en reste.

Nero DMC5La nouveauté dans le gameplay de Nero est son Devil Breaker, ou plutôt ses Devil Breakers. Après la perte de son bras droit démoniaque, Nico la mécanicienne de génie fabrique à Nero des prothèses lui permettant de pouvoir à nouveau utiliser un grappin pour agripper les ennemis, mais bien plus encore, car chaque Devil Breaker a une spécificité. Gerbera provoque par exemple une onde de choc servant de bouclier, Tomboy sert à booster les dégâts faits avec les autres armes et Ragtime arrête le temps dans une zone limitée. La version deluxe du jeu débloque aussi quelques inédits, comme le Mega Buster, l‘arme de Megaman ! Plusieurs d’entre eux se lancent carrément sur les monstres pour provoquer des dégâts en continu, comme le Punch Line, véritable fulguropoing, ou encore le Pasta Breaker, un arsenal de fourchettes et spatules avec bruitage de four à micro-onde en prime (parce que c’est aussi ça l’esprit Devil May Cry). Tous ces bras mécaniques seront détruits si un ennemi vous touche pendant que vous l’utilisez, mais vous pouvez également sciemment les détruire en déployant leur puissance latente en restant appuyé sur la touche Rond, et ajouter encore une nouvelle fonctionnalité. Si l’idée de détruire vous-même vos armes peut paraitre effrayante, sachez que vous en trouverez régulièrement jonchées sur le sol et qu’elles s’achètent à bas coût dans la boutique de Nico. Le seul point noir au tableau est qu’il est impossible de switcher entre ses Devil Breaker, seul le Pasta Breaker ou une destruction permettent de passer au suivant. Connaitre chaque Devil Breaker, et utiliser toutes leurs fonctions, demandera de l’entrainement et étoffe considérablement le gameplay de Nero.

Comme lors de la première apparition de Nero dans le 4, nous pouvons, à chaque coup d’épée, appuyer sur L2 pour mettre un coup de turbo « Exceed » et charger son épée pour le prochain coup, modifiant ainsi ses combos. Une chose de plus à gérer pour le personnage censé être le plus facile à prendre en main, et une gymnastique des doigts qui se met en place doucement entre les attaques de mêlée, à distance (chargées ou non), l’Exceed, le grappin, et les multiples possibilités des Devils Breaker. 

 

Devil May Cry 5 V et Griffon

Dernier né de la série, V est un personnage très ambigu, tant par son histoire que par son contrôle. Le jeune homme tatoué ne se bat pas directement, mais fait appel à ses 3 démons qui feront office d’attaque au corps à corps, à distance et de Devil Trigger (transformation limitée inhérente à DMC). Les déplacements par contre seront exclusifs à V, il s’agit donc de le mettre à l’abri des coups, tout en exécutant les combos de ses partenaires. Cependant, si vous souhaitez faire un double saut pour esquiver une attaque, V devra rappeler son oiseau Griffon qui ne pourra donc plus faire d’attaque à distance, idem pour les glissades qui nécessitent l’aide de la panthère Shadow. C’est un système complètement différent des autres personnages, où le joueur doit dissocier les commandes sur plusieurs individus et qui dépaysera les habitués de la saga.

C’est lorsque l’on arrive à Dante que l’on voit l’étendue du travail effectué. Toutes les améliorations pensées dans DMC3 et DMC4 sont là EN PLUS des gameplay de Nero et V ! Après avoir testé les multiples Devil Breaker, et appris à jongler entre les démons de V, il faudra aussi dompter la palette de coups très riche de Dante. Les styles sont toujours en place, ainsi que la roue des armes de mêlée qui affiche désormais 4 slots en combat, idem pour les armes à distance, ce qui permet encore plus de diversité pour les combos. Ajoutez à cela une jauge de Devil Trigger où Dante varie chacun de ses coups avec chaque arme et une seconde jauge de Devil Trigger Sin, avec encore d’autres mouvements et techniques. La quantité d’informations à assimiler pour gérer tout ces aspects du gameplay de Dante est énorme pour un néophyte de la saga, mais ce n’est pas un souci puisque le cœur du jeu se situe dans le scoring et la maîtrise la plus parfaite possible du personnage.

Nico DMC5

Capcom à fait de gros efforts sur les détails des visages.

S’il est bien-sûr essentiel d’avoir des personnages jouables étoffés, le reste du staff de DMC5 n’est pas en reste. Votre principale interlocutrice non combattante durant le jeu sera Nico, votre logisticienne. Loin d’être une bimbo de service cachée sous des faux airs de garagiste (coucou Cindy), Nico a un vrai bagou et une forte personnalité. Outre toutes les séquences où elle interviendra, c’est aussi dans les archives que l’on savourera sa personnalité, les descriptifs des ennemis, des armes ou des personnages étant en effet rédigés par ses soins. Qui dit Nico, dit fourgon. Ce véritable bulldozer lui permettra de venir vous rejoindre n’importe où lorsque vous l’appellerez (littéralement !) ce qui donnera lieu à des scènes complètement barrées. Parmi ces petits moments hors du temps, il y aura bien-sûr la « rencontre » avec Dr Faust, qui vous laissera certainement échapper un éclat de rire. L’humour de Devil May Cry ne dessert jamais le jeu en faisant retomber la tension, car le soft joue toujours sur cet équilibre entre baston et fun.

 

Let’s Rock Baby !

Autant le dire tout de suite, Devil May Cry 5 est un très bon jeu. C’est une suite directe au 4, et même si 11 années ont passées, nous avons vraiment l’impression de reprendre le jeu là où nous l’avions laissé. L’humour et les héros qui ne prennent pas les ennemis au sérieux sont intacts.

La qualité graphique du jeu est extraordinaire. C’est le moteur RE Engine qui est utilisé, le même que Resident Evil 7, dont le rendu en matière d’effet de lumière est très poussé. Les animations ne sont pas en restes : le motion capture (les mouvements corporels) tout comme la performance capture (captation des expression faciales) sont pleins de petits détails toujours plaisant à découvrir. Les cinématiques sont bien sûr l’occasion d’en prendre plein les mirettes, mais les images en temps réel ont un niveau de définition rarement égalé. À ce propos, un mode photo est disponible dans le menu du jeu. Son fonctionnement est simple : à n’importe quel moment de la partie, en appuyant simplement sur pause, vous pouvez sélectionner le mode photo, ce qui aura pour effet de pouvoir placer la caméra où bon vous semble, zoomer, et prendre votre screenshot. Si cela permettra aux joueurs d’immortaliser leurs plus belles poses, c’est aussi un tour de force de la part de Capcom, qui prouve à tous que, à part en de très rare cas, notre personnage aura toujours une dégaine photogénique, ne sera pas sujet à des bugs de collision, et que les lumières seront superbes.

Concernant la trame scénaristique, celle-ci peut sembler un peu confuse, car beaucoup d’ellipses sont effectuées. Cependant, ces allers-retours temporels permettent au jeu de jongler entre les personnages, pour nous montrer un même instant de plusieurs points de vue différents. Le scénario de DMC5 en lui-même ne risque pas de remporter un oscar, mais ce n’est pas tellement pour cela que l’on y joue, c’est pour le coté décalé de Devil May Cry que l’on prend plaisir à parcourir les missions, et cela se ressent par exemple dans le fait que l’on puisse finir le jeu dès le prologue ! Le vrai problème du jeu tient en ses temps de chargement. Dès que vous voudrez lancer une simple mission il faudra s’armer de patience devant cet écran d’attente qui revient un peu trop souvent…

Devil May Cry 4 proposait dans sa Special Edition d’incarner Vergil, Lady et Trish en plus de Nero et Dante. Connaissant l’ère vidéoludique dans laquelle nous sommes, et l’habitude des éditeurs à faire des DLC pour relancer l’intérêt d’un jeu, il semble raisonnable de penser que le casting de Devil May Cry puisse s’agrandir. À l’heure où nous publions ces lignes, le jeu a d’ailleurs déjà connu une mise à jour gratuite, rajoutant le mode Bloody Palace.

ÉDIT du 10/11/2020 : Nous ne faisions pas si bien dire lors de la publication de cet article. À l’occasion de la sortie des consoles de nouvelle génération, Devil May Cry 5 Special Edition est désormais disponible sur Playstation® 5 et Xbox Series X|S. Pour les possesseurs de la version PS4 et Xbox One, un DLC de 4.99€ sera proposé le 15 décembre avec tous les ajouts. Parmi ceux-ci nous pouvons compter sur de nouveaux modes de jeu tels que le Mode Chevalier Sombre Légendaire et le Mode Turbo. Chacun offre un nouveau challenge à ceux qui cherchent à éprouver leurs compétences. Les fans avides d’un défi supplémentaire peuvent faire face à un nombre accru d’ennemis dans le périlleux mode Chevalier Sombre Légendaire, un nouveau niveau de difficulté qui promet de tenir en haleine même les chasseurs de démons les plus chevronnés. Les accros à l’adrénaline pure peuvent de leur côté opter pour le mode Turbo (20% plus rapide), afin d’aiguiser leurs réflexes.
Enfin, à la demande des fans, Vergil fait un retour magistral en tant que personnage jouable dans les rues de Red Grave City ainsi que dans le mode Palais Sanglant où il pourra brandir plus fièrement et habilement que jamais sa lame emblématique Yamato. 

Si vous êtes un fan de la franchise vous allez certainement prendre votre pied en jouant à Devil May Cry 5. Si vous découvrez la saga avec ce cinquième volet, le prise en main risque d’être un peu rude au début, tant il y a de choses à maitriser avec les trois protagonistes. Le néophyte se retrouvera également face à plusieurs incompréhensions face au lore du jeu, mais qu’il se rassure : cela a toujours été le cas dans la série. Notons quand-même que DMC5 répond à certaines questions laissées en suspend, mais ne se cache pas de continuer à laisser planer des zones d’ombres sur certains personnages. De quoi envisager de nouvelles aventures. Avant de vous lancer tête la première dans les rues de Red Grave City vous pouvez aller voir le making of du jeu, qui vous donnera un avant goût de l’ardeur de l’équipe technique.

Olivier Benoit

Présent sur Journal du Japon depuis 2013, je suis un trentenaire depuis longtemps passionné par l'animation traditionnelle, les mangas et les J-RPG. J'écris dans ces différentes catégories, entretiens également la rubrique hentai, et gère le pôle gastronomie. J'essaie de faire découvrir au plus grand nombre les choses qui me passionnent. @oly_taka

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