Liz & l’Oiseau Bleu : La musique au service de l’histoire

Prévu pour le 17 avril au cinéma, le film d’animation Liz et l’Oiseau Bleu nous emmène dans l’univers coloré et musical de la série Sound! Euphonium pour nous présenter les personnages de Nozomi Kasaki et Mizore Yoroizuka. Prenant la forme d’un Slice of Life, (Ndlr : film ou animé sur une tranche de vie), le film va suivre l’évolution de leur relation durant leur dernière année de lycée. Tout comme la série, le film est produit par le studio Kyoto Animation et réalisé par Naoko YAMADA ; particulièrement connue chez nous pour avoir réalisé la série K-ON et plus récemment l’adaptation ciné du manga A Silent Voice. Il est à noter que le film reste une œuvre à part entière et qu’il n’est pas nécessaire d’avoir vu la série pour l’apprécier.

Synopsis :
Une émouvante et délicate histoire d’amitié entre deux lycéennes, NOZOMI et MIZORE, toutes deux musiciennes, aussi proches que différentes… NOZOMI est une jeune femme extravertie et très populaire auprès de ses camarades de classe, doublée d’une talentueuse flûtiste. MIZORE, plus discrète et timide, joue du hautbois. MIZORE se sent très proche et dépendante de NOZOMI, qu’elle affectionne et admire. Elle craint que la fin de leur dernière année de lycée soit aussi la fin de leur histoire entre rivalité musicale et admiration. Les 2 amies se préparent à jouer en duo pour la compétition musicale du lycée Kita Uji. Quand leur orchestre commence à travailler sur les musiques de Liz und ein Blauer Vogel (Liz et l’Oiseau Bleu), NOZOMI et MIZORE croient voir dans cette œuvre bucolique le reflet de leur histoire d’adolescentes. La réalité rejoindra-t-elle le conte ?

Liz & l’oiseau bleu : le conte original ©Eurozoom

Une réalisation maîtrisée

lycée NOZOMI et MIZORE

Nozomi et Mizore ©Eurozoom

Dès le début, le film pose une atmosphère très douce et contemplative. La scène d’exposition ne comporte quasiment aucun dialogue, toutes les émotions passent par les jeux de regards, les attitudes, et bien sûr l’ambiance sonore. Grâce au travail du compositeur Kensuke USHIO, qui avait déjà œuvré au côté de la réalisatrice sur A Silent Voice, une attention particulière a été portée à l’intégration des sons du réel dans la musique du film. Comme le souligne Eurozoom, le distributeur du film en France, dans son dossier presse, « Du bruit des pas sur le trottoir transformé en percussions, au son ambiant de la classe qui se fond dans l’univers musical du film », on a l’impression d’y être. Ils se sont d’ailleurs tous les deux rendus dans une véritable école de musique afin de capturer le plus possible de sons et s’imprégner de l’atmosphère du lieu. Par ailleurs, chose rare dans le processus de production, l’élaboration de la Bande Originale s’est faite parallèlement au développement du film et non en fin de chaîne de postproduction, comme c’est parfois le cas. La complicité entre USHIO et YAMADA permet de donner une cohérence à l’ensemble de l’œuvre de sorte que la bande-son vient parfaitement « épouser le mouvement du film qui explore la relation entre Nozomi et Mizore : on comprend qu’elles sont ensemble dans leur solitude, qu’il n’y a personne autour pour les comprendre et les soutenir. »

Mizore © Eurozoom

Outre la musique, la réalisatrice a mis un point d’honneur à élaborer une palette d’émotions variées afin de ne pas créer des personnages aux visages à l’expression binaires « heureux/triste ». En effet, les relations humaines sont plus complexes que cela et certaines choses se dispensent de mots et il faut alors parvenir à interpréter ce que signifie un « haussement de la commissure des lèvres» ou le «plissement des yeux de Nozomi ». Un travail important a également été apporté aux couleurs. Même s’il en ressort une ambiance douce-amère, loin de rester uniquement dans des tons froids, le style très coloré donne à l’ensemble un caractère raffiné.

Une seconde lecture révélée par la musique

Pour en revenir à l’intrigue, le film se construit à travers un parallèle entre l’histoire de nos deux protagonistes et la libre interprétation d’une pièce de théâtre écrite par Maurice MAETERLINCK au début du 20e siècle qui raconte l’amitié entre Liz et un oiseau qui se transforme en jeune fille.

C’est le déséquilibre de la relation que vient questionner le film. Comme l’oiseau vient délivrer Liz de sa solitude, Nozomi débarque un jour dans le monde de Mizore et lui devient indispensable. Ainsi même lorsqu’une de ses cadettes va essayer de se lier d’amitié avec elle, Mizore restera fermée à toute autre personne que Nozomi. Car comme dans le conte, où l’oiseau bleu s’envole à la fin, Mizore redoute la fin de la compétition de musique qui signera également « l’envol » de son amie…

Nozomi © Eurozoom

Tout le propos du film va porter sur la résolution de ce déséquilibre. Plutôt que de se sentir abandonnée, Mizore doit parvenir à s’émanciper de Nozomi et suivre la voie qui lui convient. Véritable moment charnière de la vie adolescente, le film explore cette transition entre le lycée et l’université. Toujours teinté de mélancolie mais aussi de nostalgie, il aime à nous rappeler ces moments parfois difficiles mais nécessaires que doivent expérimenter des amis qui empruntent des chemins différents. C’est à travers l’ultime répétition du morceau « Liz et l’oiseau bleu », spécialement composé pour l’occasion par Akito MATSUDA, que les filles parviendront enfin à se comprendre et transmettre leurs sentiments à travers leurs instruments de musique.

 

D’aucuns diront que l’intrigue aurait pu tenir en moitié moins de temps et que le film souffre de longueurs. A mon sens, les 1h30 standards sont nécessaires afin de correctement développer les personnages et nous communiquer les émotions voulues par la réalisatrice. N’étant moi-même pas vraiment adepte des films lents et contemplatifs, j’ai pourtant apprécié le moment passé devant ce film. En définitive, je pense que les fans de A Silent Voice ou plus généralement des animes musicaux ne seront pas déçus !

Retrouvez les entretiens avec la réalisatrice et le compositeur dans le dossier presse réalisé par Eurozoom.

 

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