[Test] Judgment : Sherlock Holmes à la sauce Yakuza !

Après avoir testé Yakuza Kiwami 2 et avant la sortie de Yakuza 7 baptisé « Shin Yakuza » qui devrait être l’épisode du renouveau de la saga avec son nouveau héros Ichiban Kasuga, le Ryu Ga Gotoku Studio a créé une nouvelle saga, Judgment (Judge Eyes au Japon). Toujours  centré autour des yakuzas c’est cette fois dans l’univers de la justice  que le joueur prend place, avec un héros avocat devenu détective privé qui se retrouve dans une grosse affaire de meurtres où politique, laboratoire pharmaceutique et mafia sont liés !

Journal du Japon a testé ce cocktail détonnant et donne son avis sur cette nouvelle saga prometteuse !

Aux manettes d’une série policière japonaise !

Shinpei Okubo tueur en série ? (Judgment)

Shinpei Okubo tueur en série ? ©SEGA

Fils d’un avocat assassiné, Takayuki YAGAMI a été élevé dans les rues de Kamurocho par un patriarche yakuza de la famille Matsugane, qui a tout fait pour qu’il suive les traces de son père. Après avoir été recruté par le cabinet d’avocats Genda, il accepte une affaire de premier ordre : prouver que Shinpei OKUBO, un homme suspecté de meurtre, est innocent. Contre toute attente (NDLR : dans le système judiciaire pénal au Japon, 99,9% des accusés sont jugés coupables), l’avocat permet à son client d’être acquitté et devient un héros, mais sa victoire est de courte durée. Quelques mois plus tard seulement, Shinpei assassine brutalement sa petite amie, la poignardant à mort à l’aide d’un couteau de cuisine avant de mettre le feu à leur appartement. Takayuki devient ainsi l’avocat qui a remis un meurtrier en liberté…

Trois ans plus tard, Takayuki a abandonné sa carrière d’avocat pour ouvrir une petite agence de détectives privés dans le quartier chaud de Kamurocho. Avec l’aide de Kaito MASAHARU, un ancien yakuza qui travaille désormais pour lui en tant qu’enquêteur, il va devoir enquêter dans Kamurocho sur une affaire de tueur en série qui assassine des yakuza et dont la sordide signature est l’énucléation des yeux des victimes. Cette mystérieuse affaire semble avoir un lien avec son passé d’avocat et plus particulièrement avec l’affaire Okubo. Cette enquête va le confronter à ce passé qu’il souhaite oublier et lui permettre de découvrir la vérité.

Premières cinématiques de Judgment

 L’un des gros points forts du jeu est son histoire originale découpée en 13 chapitres (ou plutôt 13 épisodes) où les cinématiques sont nombreuses et ressemblent à une série policière japonaise, 99.9 Criminal Lawyer ou bien Legal High pour ne citer qu’elles. Loin d’être passif lors de ces scènes, le joueur est embarqué dans une véritable série interactive où il choisit ce que le héros doit dire ou quelle preuve récoltée plus tôt il faut révéler… Autre point positif, le jeu a droit à une version française (sous-titres) et l’on peut choisir entre le japonais ou l’anglais pour les voix : le Ryu Ga Gotoku Studio aurait pu se contenter d’un simple sous-titrage en anglais comme il a pu le faire avec épisodes de la saga Yakuza.  L’affaire principale est assez longue, à en juger par les 25 heures de jeu nécessaires pour révéler la vérité et dénouer les différents nœuds du mystère des nombreux meurtres à Kamurocho. Riche en rebondissements, l’histoire tient en haleine le joueur, pressé de découvrir qui est la taupe ou de connaître toute la vérité cachée autour du médicament qui pourrait sauver des millions de vie. Moins classique (même s’il y a des clichés), le scénario est plus riche que Yakuza où l’histoire tourne exclusivement autour du milieu de la mafia nipponne : dans Judgment, politique, mafia et laboratoire de recherche médicale se retrouvent impliqués. Comme pour son aîné Yakuza, les différents personnages sont joués par des acteurs et le casting est composé de stars au Japon, avec Takuya KIMURA, ancien membre du boys-band à succès SMAP dans le rôle du héros Takuya KAGAMI, ou bien Kenichi TAKITO (Kazuya AYABE). Ne parlons pas de l’affaire de cocaïne qui a poussé SEGA à remplacer le comédien Pierre TAKI qui jouait le rôle du yakuza Kyôhei HAMURA.

Du Dragon de Dojima au détective privé : entre déjà-vu et innovation !

Kamurocho

Kamurocho, quartier emblématique de la saga Yakuza qui devient la scène de crime et le terrain d’enquête de Takuya Kimura, détective privé de Judgment. Il faut chercher la nouveauté dans le gameplay. ©SEGA

Si certains pourraient crier à la copie de prime abord, le Ryu Ga Gotoku Studio a été plutôt habile en créant cette nouvelle saga en se reposant sur les qualités de Yakuza. Il est vrai que l’on pourrait reprocher au studio d’avoir jouer les fainéants en localisant, encore et toujours, l’action du jeu dans le quartier de Kamurocho, réplique semi-ouverte du quartier tokyoïte de Kabukicho à Shinjuku. Ceux qui n’ont jamais joué à leurs précédents jeux auront toutefois le même plaisir à découvrir les néons multicolores, les nombreux konbini et restaurants, la vie animée et les rues bondées de passants… Une véritable carte postale ! D’ailleurs, Judgment pourrait donner envie de jouer à Yakuza. Pour les fans de la première heure, le terrain de jeu aura donc un goût de déjà-vu mais outre l’aspect du lieu, le jeu se démarque de son grand-frère grâce à un gameplay original qui s’appuie sur l’histoire et son héros, qui n’est pas un yakuza cette fois-ci mais un détective privé, offrant ainsi une richesse d’actions en plus des simples combats.

Pour lever le voile sur le mystère des cadavres énucléés, le joueur rencontre tout au long du jeu des scènes d’action et de réflexion comme : la recherche de preuves à la Criminal Case, la filature de suspect qui requiert de la prudence pour ne pas se faire remarquer et des courses poursuites où il y a des QTE pour éviter des obstacles (objets et personnes sur la route) ou des armes lancées par la cible. Si les premières filatures s’avèrent trop faciles au début, elles demandent ensuite de rester concentré pour ne pas se faire griller ou perdre de vue la cible, qui entre par la suite dans des boutiques, emprunte de petites ruelles ou se met à sprinter tout à coup. D’ailleurs, à ce propos, nous vous conseillons de garder un œil sur vos compétences de filature, que nous vous conseillons d’améliorer. Takuya sait aussi crocheter des serrures et utiliser des déguisements pour infiltrer des lieux. Sans en dire trop, notre détective privé n’est pas forcément le plus doué en infiltration, loin de l’agent Sam Fisher dans la saga Splinter Cell ! Mais cela ajoutera du piment dans la quête principale…

Comme son aîné, les combats sont aussi de la partie dans Judgment. Contrairement à Kiryu, le style de Takayuki est moins bourrin mais tout aussi efficace. Formé au kung fu, il maîtrise 2 types de frappes qu’il peut alterner à tout moment, selon les situations : techniques du Tigre, puissantes contre un seul ennemi à la fois, ou bien le style de la Grue pour frapper de multiples cibles, bien pratique lorsque l’on est encerclé d’ennemis. On retrouve aussi les Heat Actions, des finish destructeurs. Pas trop de surprise de ce côté du gameplay donc, hormis les nouvelles techniques de combat. Grâce aux points d’expérience gagnés lors des missions et des combats, on peut débloquer de nouvelles attaques et capacités spéciales mais aussi augmenter ses caractéristiques (santé, attaque, vitesse des combos…), une évolution très utile lors des combats contre les boss ou les chefs du gang Keihin, qui terrorisent les habitants et les commerçants de Kamurocho.

Moins d’arcade et plus d’interactions avec les PNJ

Menu Options

Menu Options ©SEGA

Dans la saga Yakuza, on est habitué à avoir une multitude de jeux dans le jeu. Ce premier épisode de Judgment garde des jeux d’arcade mais en moins grand nombre. Gênant ? Pas vraiment en fait ! Les jeux d’arcade sont plus amusants dans la vie réelle… Que cela soit dans Yakuza ou Judgment, ce sont plutôt les quêtes principales et secondaires qui vont vous intéresser. On peut néanmoins citer l’arrivée d’un nouveau jeu de l’oie en réalité virtuelle où l’on enchaîne des mini-jeux ou des combats… Mais rien de très fun ! A noter aussi l’ajout du drone qui sert bien lors de l’histoire et qui permet aussi au joueur de faire des courses façon La Menace Fantôme de Star Wars avec Anakin Skywalker dans son module. Enfin, certains pourront regretter la disparition des bars à hôtesses…

En rendez-vous amoureux

En rendez-vous amoureux ©SEGA

Si le titre a perdu en mini-jeux, une partie « Sims » a été ajoutée. Dans le menu Options matérialisé par un téléphone portable, il y a la partie Messages qui permet d’envoyer des SMS aux personnes qui sont devenus des amis voire des petites amies. On peut leur donner rendez-vous à différents endroits pour discuter et prendre des selfies par exemple. Être apprécié permet de recevoir des points d’expérience et des objets. Clairement, ce n’est pas la partie du jeu la plus intéressante : à la fin du jeu, on est vite submergé par le flot de messages ! Faire le mort en ces moments est une technique comme une autre pour continuer les quêtes et ne pas se détourner de sa quête de la vérité…


Le Ryu Ga Gotoku Studio a bien travaillé pour proposer au joueur une nouvelle saga dans la droite lignée des épisodes de Yakuza. Les fans ne seront pas dépaysés en retrouvant le quartier de Kamurocho. Le système de combat avec le changement de mode d’attaque (Tigre ou Grue pour Judgment) et la gestion de la barre EX sont aussi de nouveau de la partie et sont intéressants pour rendre les combats plus impressionnants. Takayuki peut apprendre de nombreuses techniques et acrobaties ! Si l’on peut toujours se battre en utilisant des objets de l’environnement, on regrettera les nombreuses armes disponibles dans Yakuza. Les moyens ont été mis pour produire une enquête riche en rebondissements construite comme une série policière japonaise : 3 ans de travail et cela se voit ! Pour que tous puissent y jouer, les non-anglophones apprécieront les sous-titres français. Restera au joueur de choisir entre les voix japonaises ou anglaises. La recherche de preuves et les filatures amènent un vent de fraîcheur appréciable. Niveau graphisme, pas de révolution en vue : on connaît et retrouve les performances du Dragon Engine.

Au final, le positif domine et voici donc une nouvelle saga policière qui commence bien : à quand une suite ?

David Maingot

Je m'appelle David et j'ai 28 ans. J'habite à Angers (49) et je suis comptable de formation et e-commerçant dans le bento et les accessoires de cuisine. Passionné de culture et d'histoire du Japon, je rédige des articles en lien avec ces thèmes :)

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