Nioh 2, un jeu exigeant : n’est pas samouraï qui veut !

Après un premier opus sorti en 2017, Nioh, le Dark souls-like de Team Ninja, connu pour ses séries Dead or Alive et Ninja Gaiden, est de retour ! Avec toujours le Japon médiéval pour décor, la même mécanique de jeu basée sur le rythme des attaques, des esquives et des parades, Nioh 2 revient avec quelques nouveautés dont un mode de création de personnage très complet et des armes et compétences toujours plus nombreuses pour un action-RPG toujours plus violent et intense !

Notre avis sur ce jeu exigeant pas forcément tout public : n’est pas samouraï qui veut… On vous explique pourquoi ci-dessous !

Un mélange d’histoire médiévale et de folklore japonais

Tokichiro

Votre mission : être le garde du corps du marchand Tokichiro

Nioh 2 est le préquel en quelque sorte de Nioh premier du nom. Exit William Adams, premier anglais à avoir visité l’archipel japonais aux alentours de l’année 1600. Cette fois-ci l’action se déroule toujours au Japon, mais en l’an 1555, durant l’ère Sengoku, époque dite des « provinces en guerre ». Le marchand Tokichiro cherche un garde du corps pour le protéger dans sa quête des puissantes Pierres d’Esprit (Amrita), très chères et très demandées en ces temps de conflits. Vous voilà embarqué dans une aventure qui vous mènera à travers tout le pays ravagé par la guerre civile. Que cela soit des samouraïs ou des monstres maléfiques, la route sera semée d’embûches et d’ennemis…

On pourra reprocher au titre son scénario relativement peu inspiré pour une période si riche en protagonistes, batailles et rebondissements qu’est la période Sengoku ! Au lancement du jeu, une carte s’affiche et le joueur doit faire le choix de sa première mission. Une cinématique se lance et il reprend le contrôle de son personnage. On comprend alors qu’il faudra tailler son chemin jusqu’au boss de fin… La carte est un environnement ouvert, mais la progression est scénarisée, donc pas d’inquiétude : aucune chance de se perdre tant les possibilités sont restreintes. Le reste du level design s’avère tout aussi faiblard : des barrières barrent des portes, obligeant ainsi le joueur à faire tout un détour dans un village infesté d’ennemis par exemple. L’impression d’emprunter des « couloirs » s’estompe un peu avec l’ajout de la verticalité par le biais d’échelles pour escalader des toits (entre autres). Une fois le contournement effectué, des points d’étapes (checkpoint) sont débloqués pour éviter de refaire tout le chemin. Une petite prière au sanctuaire permettra ainsi d’utiliser l’Amrita (l’expérience en quelque sorte) récoltée au combat pour monter de niveau ou obtenir une bénédiction des petits yōkai mignons et verts, les Kodama, qui se cachent dans les niveaux et qu’il faut ramener à leur sanctuaire.

Présentation de la première mission principale

Présentation de la première mission principale : la narration n’est pas un point fort dans Nioh 2

Une chose que l’on peut lui reconnaître, Nioh 2 n’est pas avare en drop d’items. En tuant des ennemis, pléthore d’objets et d’armes tomberont à vos pieds. Une générosité que les hardcore gamers trouveront un peu superflue… En tout cas, c’est le moment de recycler les items inutiles en les donnant en offrandes aux Kodama en contrepartie d’objets (flèches sacrées, coupes ochako…). Le bestiaire quant à lui est assez complet : que ce soit des ennemis humains ou d’affreux monstres, chacun a des attaques et des comportements que le joueur devra mémoriser pour éviter à tout moment la mort qui le guette à chaque instant. Un peu à la manière d’un Resident Evil, les créateurs du jeu essayent de surprendre le joueur en faisant apparaître des ennemis qui tombent des toits lorsque l’on explore des maisons à la recherche de coffres ou bien en faisant sortir des monstres d’un buisson. C’est assez téléphoné et qui plus est, à chaque fois, les ennemis apparaissent aux mêmes endroits, réduisant à néant la surprise !

 

Une personnalisation très poussée

Contrairement au Nioh original, le joueur peut, au début de la partie, choisir le sexe de son personnage mais aussi le personnaliser d’une façon assez poussée : taille, voix, couleurs de peaux, sourcils, yeux, cicatrices, cheveux… Toute une palette de paramètres qui donne un rendu unique, conforme aux goûts de chacun, pour une meilleure immersion dans le jeu. Après la création de son avatar, la partie commence avec un petit didacticiel : dans une salle à l’ambiance mystique, pleine de statues de bouddha et de bougies allumées, le joueur est invité à choisir ses deux armes principales. Et du choix, il y en a ! Plutôt katana, double katana, lance, hache, kusarigana, odachi, tonfa, hachettes ou glaive ? A ces 9 armes de corps à corps, 3 armes à distance apparaissent plus tard dans l’histoire : arc, fusil et canon portatif complètent donc les armes à la disposition du joueur. Chacun pourra ainsi les tester et choisir sa spécialité. Votre serviteur vous conseille, en arme rapide, le double katana ou katana et la hache pour un style de jeu plus brutal.

Ce premier choix est décisif car à chaque arme est attribuée une des 8 caractéristiques qui sont : constitution, cœur, courage, endurance, force, compétence, dextérité et magie. Et il faut pas mal d’Amrita (l’XP) pour augmenter ces caractéristiques ! Il est donc essentiel de spécialiser son personnage et de ne pas s’éparpiller en renforçant des caractéristiques associées à des armes que l’on n’utilise pas. Renforcer la constitution et l’endurance valent pour tous les cas de figures car elles augmentent les points de vie et le poids que l’on peut porter. Si le personnage est surchargé (il est important de rester dans le vert), les mouvements sont ralentis. Or, la vitesse d’attaque ou de déplacement est un élément clé du jeu. En utilisant les armes, on gagne des points à utiliser dans l’arbre des compétences. De nouveaux enchaînements peuvent ainsi être débloqués.

Mikami, l'esprit-gardien loup

Mikami, l’esprit-gardien loup : le mode Brutal bien pratique pour les débutants !

Après avoir choisi ses deux armes de prédilection, qui ne sont pas des choix définitifs (on garde la possibilité d’équiper les autres armes), se présente au joueur un nouveau choix : l’esprit gardien, un ajout dans Nioh 2 ! C’est une mécanique assez importante du jeu et il convient de ne pas se tromper en choisissant parmi les 3 yôkai disponibles : le loup (Brutal), le requin (Fantôme) ou l’oiseau (Féroce). Cela pourra rappeler le choix de début dans les Pokémon où il faut choisir l’élément (Eau, Feu ou Plante) de son premier monstre de poche. Ici, l’oiseau Ame-no-Mitori apporte un bonus en vitesse et des résistances au feu ; le loup Makami se chargera des attaques au corps-à-corps dévastatrices et d’une bonne défense grâce aux armures lourdes (à choisir pour un build tank) ; et enfin le requin Kagewani pour les attaques à distance et la magie. A noter que le mode Brutal est conseillé pour les novices.

Notre personnage étant un hybride, mi-humain mi-yôkai, en plus de pouvoir se transformer en yôkai lorsque la barre d’Anima (barre violette) est au maximum, l’une des mécaniques de combat est le contre explosif. Il arrive que les adversaires (petits comme boss) lancent des attaques avec une aura rouge qui, si elles vous touchent infligent de gros dégâts voire la mort ! Requérant un petit temps de chargement, le joueur peut tout bonnement essayer de reculer assez loin de la zone ou mieux, avec le bon timing, en appuyant sur les touches R2 + Rond, contrer l’attaque et infliger de lourds dégâts au Ki du yôkai. En effet, en plus de la vie, il y a le Ki adverse à surveiller. Avant de pouvoir étourdir un yôkai, il faut faire descendre la barre violette de son Ki. À mesure que l’on fait baisser le Ki, on diminue la défense de l’adversaire. La méthode la plus efficace reste les attaques lors de mutations yôkai ou bien les contres explosifs. Une fois le Ki à zéro, un coup et l’ennemi vacille et se retrouve étourdi : le bon moment pour enchaîner les coups afin qu’il tombe au sol et pouvoir lui asséner un coup destructeur (attaque grappin).

Libérez le démon en vous !

Libérez le démon en vous !

 

Des combats nerveux où le joueur n’a pas le droit à l’erreur !

Si le scénario est un point faible du jeu, les combats et leur dynamique sont clairement les points forts de Nioh 2 ! Si au début le joueur accumule les morts (plus ou moins bêtes) en assimilant les bases du jeu, au fur et à mesure qu’il augmente les caractéristiques de son personnage, il s’aguerrit… ou passe à un autre jeu ! Pour ceux qui ne sont pas habitués à des jeux assez difficiles ou exigeants, clairement, il y a de grandes chances que le jeu s’avère plus un calvaire qu’un divertissement… Pour rendre le jeu moins frustrant, plusieurs mises à jour ont déjà eu lieu pour mieux équilibrer la difficulté. On pourrait se dire que c’est tout à l’honneur de Team Ninja que de reconnaître son erreur d’équilibrage et d’y remédier. Une solution sûrement plus adaptée aux différents profils de joueur aurait été de créer différents niveaux de difficulté. Ainsi, les joueurs débutants auraient pu apprendre les bases plus en douceur sans avoir à « obliger » les créateurs à rendre plus facile le jeu, ce qui peut déranger les profils plus expérimentés à la recherche de défi.

Voici donc un petit guide de survie pour passer le cap des premières heures de jeu sans s’arracher (trop) les cheveux !

La gestion du Ki

Nioh n’est pas de ces jeux où il faut appuyer frénétiquement sur toutes les touches pour gagner. Chaque coup porté fait baisser la barre de Ki alors, pour ne pas se retrouver sans ressources au moment de la riposte, il convient de bien réfléchir à son usage. Le Ki est primordial car il ne sert pas qu’à l’attaque, il sert aussi pour bloquer et esquiver les assauts des vos ennemies. A court de cette précieuse énergie et votre adversaire ne fera qu’une bouchée de vous ! La régénération du Ki est assez lente mais il existe un moyen d’en récupérer : les impulsions de Ki. Après chaque attaque, une lueur bleue entoure le personnage. En appuyant au bon moment sur la touche R1, cela crée une impulsion de Ki qui restaure l’endurance de manière assez importante. Plus de Ki équivaut à plus d’attaque, de contre ou d’esquive : l’impulsion est donc l’élément clé à maîtriser !

Gestion du Ki et impulsion de Ki

Gestion du Ki et impulsion de Ki

La bonne posture au bon moment

Vous l’avez vu plus haut, le joueur a toute une panoplie d’armes et cela n’est pas tout : il existe également 3 postures de combat ! En appuyant sur R1 + l’une de ces touches Triangle, Carré ou X, on adopte l’une des 3 postures qui sont basse, moyenne et haute. En tenant l’arme vers le bas, cela permet d’effectuer des attaques plus rapides et très utiles face à des ennemis rampants. La position moyenne est assez polyvalente et donc celle que l’on utilise dans la plupart des combats. La posture haute permet d’infliger des attaques dévastatrices, très utiles pour réduire fortement l’endurance de vos adversaires. En contrepartie, les attaques sont plus lentes et consomment beaucoup plus de Ki ! À noter qu’il est possible de changer de posture à tout moment, même en plein combat pour s’adapter aux ennemis et à toutes les situations.

Les postures haute, moyenne et basse

Les postures haute, moyenne et basse

L’utilisation des capacités yôkai

Nous avons déjà parlé du contre explosif (R2 + Rond) qui active brièvement la forme yôkai et qui inflige de gros dégâts à l’adversaire. Sans la maîtrise de ce contre, il sera impossible d’aller très loin dans l’aventure. Il convient donc de bien s’entraîner pour le placer facilement. D’autres capacités yôkai sont déblocables en trouvant des noyaux d’âmes durant les missions. Une fois accordés à un sanctuaire, les noyaux récupérés permettent d’utiliser certaines des meilleures capacités du yôkai terrassé. Le premier que l’on trouve s’obtient auprès d’un Enki, énorme singe. On gagne ainsi la capacité de bondir pour envoyer une lance sur les ennemis. En plus du contre explosif bien pratique, on gagne ainsi deux capacités supplémentaires avec R2 + Triangle ou Carré. Attention : ces attaques consomment de l’Anima, jauge violette sous le Ki. Pour récupérer de l’Anima, il faut battre des ennemis ou absorber d’autres noyaux d’âmes. Comme le Ki, l’Anima est une énergie précieuse qu’il convient d’économiser et d’utiliser au bon moment. Une fois la jauge complète, la mutation yôkai est très utile pour abattre les boss.

Combat contre un Enki, yôkai simiesque

Combat contre un Enki, yôkai simiesque

Esprit, es-tu là ?

En sa baladant, le joueur peut trouver des tombes sur son chemin. Les tombes rouges sont des défis où l’on peut gagner de jolis butins. Attention, ces revenants ne sont pas des proies faciles ! Mais le jeu en vaut la chandelle… Moins risqué, grâce aux tombes bleues, on peut recevoir l’aide d’un samouraï (PNJ) qui combat à nos côtés en utilisant des coupes Ochoko. Ces coupes peuvent être récupérées en battant les esprits des tombes sanglantes ou bien au bazar des Kodama en faisant quelques offrandes. L’IA n’est pas très au point et l’aide apportée est assez anecdotique…

Utiliser l’environnement à son avantage

Se jeter sans réfléchir dans la mêlée est le meilleur moyen de mourir très rapidement. Les ennemis assez robustes et redoutables demandent donc d’être affrontés en 1 contre 1. Sans prendre trop de risque, il y a l’arc ou les armes à distance pour éliminer les petits adversaires. Une flèche en pleine tête et l’on fait rapidement le ménage, surtout pour nettoyer les toits. Attention, les flèches sont en nombre limité donc pas la peine de mitrailler l’ennemi… Pour se frayer un chemin jusqu’au boss, il faut aussi maîtriser l’environnement. Par exemple, on peut attirer un ennemi pour l’amener à un pont et ensuite le faire tomber à l’eau, synonyme de mort automatique : bien pratique pour des ennemis assez tenaces. Cela marche aussi lorsque l’on pousse son adversaire dans le vide, du haut d’une falaise ou d’un toit par exemple ! Des ennemis tombent des toits, et pourquoi pas vous ? Surprendre un ennemi en attaquant par les airs, c’est tuer facilement voire faire de gros dégâts avant de le terminer à la lame ! Notre samouraï sait éliminer les adversaires de façon furtive aussi.

Utilisation de l'arc

Utilisation de l’arc


Dans ce deuxième opus de Nioh, il y a du bon et du beaucoup moins bon… La plus grosse déception est l’histoire : quel dommage, tant la période historique des provinces en guerre (Sengoku) aurait pu donner un récit plus profond et mieux amené ! Ici, on se contente d’une cinématique au début pour introduire la naissance du héros (ou de l’héroïne) et à la personnalisation, puis on enchaîne les missions (principales et secondaires) sans trop savoir pourquoi on arrive dans tel lieu plutôt qu’un autre… Chaque personnage sera unique (pas que le physique) tant les caractéristiques et les capacités sont nombreuses ! Cette personnalisation couplée à des affrontements haletants et une mécanique de combat bien huilé avec la barre de Ki pour les attaques, les contres et les esquives sont clairement les points forts de Nioh 2 qui pourront faire (un peu) oublier la faible scénarisation du jeu.

En bon Souls-like, n’est donc, comme nous le disions, pas samouraï qui veut ! Malgré quelques rééquilibrages avec des mises à jour, la difficulté reste assez élevée et devrait faire tourner les méninges de pas mal de joueurs à la recherche de défi. Pour arriver au bout du jeu, il faudra avant toute chose maîtriser les bases mais aussi être patient : des dizaines d’heures de jeu seront nécessaires !

En définitive, un second opus exigeant qui se montre décevant sur la narration : en espérant qu’un troisième Nioh puisse voir le jour pour gommer ce défaut !

David Maingot

Responsable Culture à JDJ et passionné de la culture et de l'histoire du Japon, je rédige des articles en lien avec ces thèmes principalement.

1 réponse

  1. 14 juillet 2020

    […] of Tsushima est assez fréquemment comparé à d’autres jeux comme Sekiro ou Nioh qui se déroulent eux aussi pendant le Moyen-Âge au Japon, mais plus tard, à l’époque de […]

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