Elles nous racontent leur Japon #2 : Laetitia Hébert

« Kokeshi, l’art des poupées japonaise » par Laetitia Hébert aux éditions Le Prunier Sully – Crédits : Sophie Lavaur

 

Laetitia est la créatrice de Folkeshi.com, un site de vente de poupées kokeshi en direct du Japon. Elle vit en famille aux alentours de Clermont Ferrand, dans une maison contemporaine à l’esthétique nippone. Entourée d’une horde de kokeshi. Des petites, des grandes, des géantes aussi, en solo nichées dans un recoin ou en bande, sagement rangées dans une vitrine. Elle me raconte son aventure au Japon, sa passion pour ces poupées de bois, pour la musique et pour les livres. Une rencontre coup de cœur… Pour preuve, je suis repartie avec deux sublimes poupées en bois dans le sac.

Sophie Lavaur : Bonjour Laetitia, et merci pour ton temps…qu’as-tu envie de nous dire sur toi ?

Laetitia Hébert : Je m’appelle Laetitia, j’ai vécu cinq ans au Japon. Quand j’ai débarqué en 2012, je n’y connaissais rien, mais rien de mieux que l’immersion pour découvrir ce pays. Très vite, je m’y suis sentie bien. Après quelques épisodes entrepreneuriaux, j’ai travaillé dans un lycée japonais et puis il y a eu l’aventure Folkeshi, que j’ai continué à mon retour en France. Aujourd’hui, je fais de mon mieux pour devenir la référence francophone sur les poupées kokeshi.

Pourquoi le Japon ?

C’est venu tout seul, une opportunité de carrière pour mon mari. Une vie d’expatriée, j’avais  l’impression de ne pas le mériter. J’ai adoré.

D’où vient ta passion pour les kokeshi ?

Il s’est passé du temps entre la première fois et la passion.

J’ai acheté ma première kokeshi quelques semaines après notre installation, dans un magasin, je la trouvais belle. Des mois plus tard, j’ai reçu une publicité sur le complexe d’artisanat Usaburo dans le Gunma. Une plongée dans l’univers des poupées en bois. Un coup de cœur. On y trouve des artisans au travail, un musée, une boutique. Une référence, j’y ai amené ma famille et mes amis, j’y suis allée je ne sais combien de fois.

La troisième touche fut la bonne, lors de courses de Noël à la Skytree de Tokyo. Une boutique, uniquement des produits fabriqués dans le Tohoku, au nord du pays. J’ai acheté quelques kokeshi bien sûr, et le livre en anglais de Manami Okazaki Kokeshi, from Tohoku With Love. Des portraits d’artisans, des interviews, des photos. J’ai découvert la complexité de ce travail du bois, l’importance de la transmission, j’ai eu envie de creuser. Au retour de vacances, c’était évident, j’allais chiner des kokeshi et ouvrir une boutique en ligne. Quelques semaines plus tard, je proposais 20 poupées à la vente, 8 sont parties dans la nuit. L’aventure était lancée.

Une des nombreuses kokeshi disponibles sur Folkeshi.com – Crédits : Sophie Lavaur

Peux-tu nous raconter la genèse du livre ?

Curieusement, écrire un livre n’était pas mon obsession. Pourtant je vis avec les livres depuis toute petite, j’ai même fait des études pour travailler dans le monde de l’édition. L’écriture, je sais faire, plus jeune je publiais régulièrement des chroniques littéraires sur le web.

A mon retour en France, j’ai évoqué la possibilité d’un livre en français sur les kokeshi, cela n’existait pas. J’avais une idée précise du contenu, car j’ai beaucoup d’ouvrages sur le sujet en japonais et en anglais. Je voulais parler des artisans, de leurs histoires, aussi des différentes sortes de poupées, avec des textes faciles et de belles photos. Et le temps est passé…

C’est une cliente, Alice Monard, qui m’a poussée à rédiger un projet et à le soumettre à des éditeurs. Bingo, été 2018, je signais avec Le Prunier-Sully.

Je suis contente du résultat, un livre simple mais complet, à un prix abordable, pour que l’information soit accessible au plus grand nombre.

Un secret à partager sur le livre ?

Les photos des kokeshi en extérieur ont été prises dans mon jardin. Pour la photo de couverture, les poupées sont posées sur l’escalier devant ma maison. La marche est maintenant toute cassée, enfin ce n’est pas la faute de ces dames. Il y a un côté wabi-sabi que j’aime bien.

Et puis je l’avoue, j’ai photographié de long en large le musée de Usaburo, surtout la chronologie des kokeshi traditionnelles, une mine d’informations.

Qu’as-tu appris durant cette aventure littéraire ?

Je peux être très très organisée. J’ai utilisé l’application Trello, pour coordonner mes recherches et les moments d’écriture. C’est pratique, en un coup d’oeil, on visualise le reste à faire. Les temps de relecture sont très longs, c’est bien de le savoir.

Ton livre ou auteur préféré sur le Japon ?

Sans hésiter, Les années douces de Hiromi KAWASAKI. J’admire sa capacité à décrire en profondeur le moindre changement de perception ou d’émotion de ses personnages.

Les années douces

Et maintenant ?

Folkeshi a fait ses preuves, mon objectif maintenant est de faire grandir l’activité. Plus d’artisans, plus de modèles, et plus de clients. Beaucoup de questions à clarifier, mais les idées sont là.

Le livre a été une étape clé, d’ailleurs je continue les conférences et dédicaces en librairies.

Je prévois de retourner au Japon, peut être l’année prochaine, dans la préfecture de Aomori, tout au nord de Honshu. Prendre le temps de découvrir cette région que je ne connais pas, et rencontrer de nouveaux fabricants, pour plus si affinités.

Merci Laetitia, bon vent pour tes projets.

Découvrez le livre de Laetitia Hébert, Kokeshi, l’art des poupées japonaises sur le site des éditions Le Prunier Sully.

« Kokeshi, l’art des poupées japonaise » par Laetitia Hébert aux éditions Le Prunier Sully – Crédits : Sophie Lavaur

 

Retrouvez aussi d’autres portraits d’auteures dans notre rubrique  Elles nous racontent leur Japon

* kokeshi : poupée traditionnelle japonaise en bois

* wabi-sabi : la beauté des choses imparfaites, la quintessence de l’esthétique japonaise

 

 

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