J-music : Le bilan de l’année 2020

Comment faire le bilan J-music d’une année aussi chaotique ? Concerts annulés, tournées reportées… Les artistes n’ont cependant pas manqué d’imagination pour continuer à exister. Les labels se sont enfin décidés à diffuser des concerts en ligne. Les mois passent et la pandémie reste, si bien que les concerts sans public deviennent payants sur certaines plateformes, mais ça ne remplace pas les revenus d’un vrai concert et du merch vendu au même moment. Il faut savoir que la plus grosse partie des revenus des artistes se collecte lors des tournées avec la vente de billets et du merchandising justement. Le label major Avex cherche à vendre son siège Tokyoïte… C’est vous dire que ça ne va pas bien.
Des albums sont tout de même sortis cette année il nous a semblé évident de vous en parler en cette fin d’année 2020. 

Pochette du 8e single digital de ALI

LOST IN PARADISE de ALI feat AKLO

Pour mon bilan J-music 2020, j’avoue n’avoir pas écouté énormément de musique japonaise cette année et je plaide coupable !
Néanmoins j’ai tenté de suivre les dernières sorties côté singles du groupe ALI (découvert avec l’anime Beastars et auquel j’ai vite accroché niveau affinité musicale). Le dernier en date remonte à octobre. Je l’attendais en version complète car il s’agit de la musique utilisée pour l’ending de l’anime Jujutsu Kaisen, sorti il y a peu.
J’ai reconnu immédiatement la patte du groupe. Il nous offre ainsi avec LOST IN PARADISE leur 8e single digital en collaboration avec le rappeur AKLO. Comme d’habitude la musique fait le job, il arrive à mixer différents genres de musique au sein d’une seule et unique chanson et c’est hyper prenant. Si vous avez vu le clip, vous avez le groove qui s’empare de vous, si vous regardez le clip réel du single, vous voyez tout de suite l’atmosphère instaurée par ALI et franchement, je suis fan. Mention spéciale à ce petit solo de saxophone comme ils savent si bien faire, on est transporté dans un univers et c’est ça que j’aime avec eux, on voyage !  (Charlène)

Pochette du single SPICE par le groupe SCANDAL

SPICE de SCANDAL

Je dois dire que j’ai été agréablement surprise l’autre jour de tomber sur une musique en provenance directe du groupe SCANDAL sur Spotify. C’était en musique aléatoire après avoir écouté un ou deux artistes japonais, et le dernier single du groupe a sauté dans mes oreilles. Sorti en juillet, il se nomme SPICE et à la base, il s’agirait d’une commande. En réalité, le groupe y travaillerait depuis une bonne année, car la chanson sert à illustrer un court-métrage nommé XSPICE réalisé par XFLAG. Lors d’une interview trouvée du groupe sur internet, elles expliquent qu’il s’agit d’un titre pour parler de ses différences, de ses faiblesses et du fait qu’on peut en tirer le meilleur parti possible. Je ne sais pas vous, mais moi la musique me donne une certaine énergie qui fait du bien. Et si vous regardez le fameux court-métrage, muet, juste illustré par la musique, eh bien, ça fait clairement mouche.
Un groupe qui ne cesse de se renouveler pour moi. (Charlène)

Ceremony de King Gnu

King Gnu a fait le buzz en 2019 avec son titre Hakujitsu dont le clip dépasse les 300 millions de vues sur Youtube. Le groupe transforme l’essai avec son premier album major CEREMONY sorti en janvier 2020. Il se classe dans le top 10 des meilleures ventes de l’année, tenant tête aux boy’s band et autres idoles pop.
Ils ont tué le game dès le mois de janvier offrant un album condensant toute l’essence même du groupe. Des titres mélodieux, toujours rock, parfois mélancoliques, voire déchirants, mais toujours imaginatifs avec ce duo vocal qui fait désormais partie intrinsèque de leur personnalité musicale. Leurs orchestrations sont soignées, elle ont le pouvoir incroyable de faire vibrer notre corde sensible.
Leurs titres tournent en boucle à la télé japonaise comme Teenager Forever pour une pub Sony ou Doron, générique du film Stolen Identity 2. Les sponsors semblent s’arracher leurs titres, une pub pour les snacks BOURBON, une autre pub pour Honda, mais aussi pour la compagnie ANA, et c’est sans compter le drama Enzaibengoshi et le jeu Romancing SaGa Re;univerSe. Oui, on les entend partout, on les veut partout et en plus c’est de la bonne came.
Petit groupe deviendra grand s’il n’explose pas en vol à cause de la pression. Il faudra compter sur King Gnu ces prochaines années. J’attends avec impatience la suite de leur carrière. L’album solo de Daiki Tsuneta en 2021 avec son millenium parade m’intéresse tout autant car dans un style différent.
Longue vie aux Rois des charts japonais ! (Tatiana)

MAZE de chelmico

J’avais vu passer le nom de chelmico sans avoir eu l’occasion d’écouter leur musique. J’ai craqué -comme beaucoup- sur leur titre Easy breezy, le générique de début de l’anime Keep Your Hands Off Eizouken!. Rachel et Mamiko composent ce duo féminin dont les sons oscillent entre Hip-hop et Electropop. Elles se sont rencontrées en 2014 dans un Macdo grâce à un ami commun, sont toutes deux fans de Rip Slyme et le courant passe tout de suite. Elles avancent doucement dans le milieu musical jusqu’en 2018 où elles signent en major sur le label unBORDE appartenant à Warner Music Japan.
MAZE est leur galette de 13 titres, tous aussi exaltants les uns que les autres. Leur musique est éblouissante, mélange de rap et de pop, parfois joyeux (Easy breezy), parfois mélancolique (Milk), elle donne souvent envie de se trémousser (Energy, Disco -un de mes titres préférés-).
Le duo a d’ailleurs pu cette année réaliser un duo avec m-flo, run aways, preuve qu’elles comptent dans le game. Deux jeunes femmes à suivre de près, leur musique étant accessible même si vous n’avez pas la vibe Hip hop. (Tatiana)

Stray Sheep de Yonezu Kenshi

2020 marque la sortie d’un nouvel album de Yonezu Kenshi. J’ai découvert cet artiste par hasard dans les recommandations Deezer et Spotify il y a un an, avant de réaliser qu’il était hyper connu au Japon et qu’il faisait des musiques d’anime et de films. Stray Sheep est un album super entraînant avec des styles variés d’un morceau à l’autre. C’est ce que j’aime chez un artiste, qu’il ne s’enferme pas dans un seul style tout en faisant en sorte qu’on le reconnaisse dans chaque titre. Gros coup de cœur pour Uma to Shika dont j’adore la mélodie. On retrouve également un duo avec le chanteur de RADWIMPS sur le morceau PLACEBO. Une musique bien dynamique et qui donne envie de danser. C’est aussi dans cet album qu’on peut écouter Spirits of the Sea (Umi no Yuurei en japonais), originalement écrite pour les film Les Enfants de la Mer. Et impossible de parler de Yonezu Kenshi sans évoquer son titre-phare Lemon, apparaissant en 8e position dans l’album, dont le rythme m’emporte toujours autant sans me lasser.
Au final il faudrait que je décrive chaque titre un à un tant ils apportent tous quelque chose de spécial à l’ambiance de l’album. J’apprécie beaucoup Flamingo, Paprika et Kanden. Bref, une belle découverte de cet été qui vaut la peine d’être écouté en boucle pour bien s’imprégner de l’univers de l’artiste. (Marine)

Heard That There’s Good Pasta de Aimyon

Tout comme Yonezu, j’ai découvert Aimyon totalement par hasard via les pubs Spotify. Ça avait l’air stylé donc j’ai écouté, et elle est mon nouveau coup de cœur féminin en J-Music. C’est un peu ma YUI moderne. Aimyon propose toujours des titres hyper dynamiques et rythmés, et alterne savamment entre morceaux qui donnent envie de danser et ballades touchantes. Son nouvel album Heard that there’s good pasta (j’adore ses titres à rallonge complètement décalés) n’échappe pas à la règle et on retrouve bien l’univers multicolore de l’artiste. Mon coup de cœur va à Harunohi que j’ai écouté un nombre incalculable de fois. Je la trouve belle, douce et reposante. Mais tous les titres de l’album valent vraiment la peine d’être écoutés, notamment Remember the days we’re talking rubbish in the twilight (plus long tu meurs), Marshmallow et The Smell of a Midsummer Night dont j’adore le rythme dansant.
Si vous êtes plutôt amateurs de ballades, je pense que Her Blue Sky saura vous séduire. Quand j’ai un coup de mou et que j’ai besoin de me redonner un coup de pep’s, j’écoute Aimyon à fond dans mon appart’, et cet album est, je pense, mon favori d’elle, même si j’ai quand même bien poncé Momentary Sixth Sense qui m’a accompagnée tout l’été.
A écouter sans modération donc. (Marine)

HELP EVER HURT NEVER de Fujii Kaze

2020 a vu éclore un bon petit paquet de jeunes artistes et groupes portés par le développement massif des services de streaming sur le marché musical japonais (mieux vaut tard que jamais !). Parmi eux le jeune Fujii Kaze, qui, du haut de ses 23 ans à peine peut se vanter d’une culture musicale déjà très étoffée qui se ressent clairement dans la maturité de son style et la richesse de ses compos et arrangements.
Après avoir percé sur Youtube et vu ses premiers titres mis en avant par Spotify, ce chanteur, auteur-compositeur multi-instrumentiste, a livré cette année son premier album baptisé HELP EVER HURT NEVER. Le disque évoque immédiatement ceux de Ken Hirai, en particulier la collection Ken’s Bar où l’artiste revisite ses chansons dans un registre piano-bar. Dans la même veine, avec une colonne vertébrale aux accents RnB et des arrangements jazzy, Kaze Fujii promène sa voix (certes notablement plus basse que celle de Ken Hirai) sur des titres à la composition pleine de finesse et à l’orchestration savante, qui laissent la part belle à ses qualités d’interprète indéniables.
Parmi les titres les plus remarquables on signalera le low tempo sensuel et progressif Yasashisa, le premier single Nan Nan très caractéristique du style de l’artiste, ou encore l’excellent Shinu no ga ii wa, une chanson d’amour moderne aux paroles bien senties (« Je veux que tu sois la dernière chose que je verrai / Plutôt mourir que te dire au revoir / Je te préfère à mes trois repas par jour »). Nul doute qu’avec sa belle gueule ténébreuse et son univers éclectique, Kaze Fujii en a encore pas mal sous le pied.
En témoigne d’ailleurs l’excellent single Hedemo ne~ yo sorti récemment, dans un registre plus hip-hop qui lui va vraiment très, très bien ! (Kevin)

Bedroom Joule de [Alexandros]

On ne présente plus [Alexandros], qui est avec ONE OK ROCK et RADWIMPS l’un des « jeunes » groupes de rock les mieux installés sur la scène musicale nippone. La situation sanitaire a, comme pour beaucoup d’autres artistes, obligé le quatuor à se réinventer. De cette réflexion a émergé ce concept album fort sympathique baptisé Bedroom Joule. Chacun des membres du groupe a contribué à la revisite de plusieurs titres phares d’ [Alexandros] directement depuis chez lui, accouchant d’un album de self cover aux accents plus lounge, avec une présence plus marquée des sonorités électroniques. La voix de Yoohei Kawakami s’adapte elle aussi à cette atmosphère intimiste en se faisant plus feutrée, enregistrée très près du micro pour un rendu parfois à la limite de l’ASMR. Mention spéciale à Thunder, dont la reprise est aussi réussie que méconnaissable, et au très joli titre inédit rooftop, ballade acoustique suave qu’on illustrerait bien d’un clip sur fond de déambulation nocturne sous la pluie.
A l’origine sans prétention, ce disque qu’on aurait pu croire anecdotique propose un vrai travail d’orfèvre qui donne envie d’entendre [Alexandros] s’éloigner plus souvent de sa zone de confort ! (Kevin)

eyes de milet

Nous vous en parlions dans notre bilan de l’année dernière, et ça s’est confirmé sans surprise : la jeune milet a effectivement réalisé une sacrée percée sur le marché musical japonais en 2020. Il faut dire qu’elle a démultiplié les sorties à un rythme effréné. Son premier album eyes sorti cette année aurait pu se limiter à une collection de singles, mais il est finalement l’un des CDs les plus remplis qu’on ait vu depuis longtemps. Parmi ses 18 titres, on retrouve outre les succès de l’an dernier deux nouvelles productions de Toru (le guitariste de ONE OK ROCK) dont la jolie ballade acoustique The Love We’ve Made. Mais aussi un hymne pop-rock avec Grab the air produit par Kamikaze Boy (MAN WITH A MISSION), et même une chanson aux faux airs de Katy Perry (Without Your Love).
L’artiste démontre ainsi un éclectisme indéniable, dont la cohérence est assurée par cette voix très identifiable qui constitue à la fois une signature artistique et, peut-être, sa plus grosse faiblesse : pareille marque de fabrique risque tout de même d’être un peu lassante à la longue.
L’avenir devrait nous dire assez vite ce qu’il en est puisque la chanteuse n’a semble-t-il pas prévu de ralentir le rythme; en attendant, eyes est sans conteste l’un des meilleurs disques de l’année, ne passez pas à côté ! (Kevin)

THE FIRST TAKE

Il ne s’agit ici pas d’un album mais d’une excellente initiative sous la forme d’une émission diffusée sur Youtube baptisée THE FIRST TAKE. Le concept ? Un micro, un studio blanc, une seule prise. Des conditions optimales qui permettent aux artistes invités de nous délivrer à chaque fois une ou deux chansons enregistrées avec un rendu pur, totalement focalisé sur l’artistique et souvent émouvant voire bluffant sur le plan vocal. La programmation est étonnamment variée, allant des jeunes découvertes de cette année (YOASOBI, Yuta Orisaka, le groupe de rock Kami wa saikoro furanai…) à des artistes bien établis (TK from Ling Toshite Shigure, KANA-BOON, HIRAIDAI, DefTech qui offre un remake jouissif de MY WAY, et même YUI qui reprend son tube Tôkyô pour la première fois depuis 8 ans), en passant par les gros succès du moment (milet, LiSA, Official Hige Dandism…). On ne peut que vous conseiller de vous abonner à cette chaîne qui, sans aucun doute, aura encore de très belles choses à nous proposer en 2021 ! (Kevin)

V de MY FIRST STORY

Deux ans après la sortie de leurs albums S.S.S et The Premium Symphony, le groupe MY FIRST STORY est revenu cet été avec un album de 13 chansons intitulé V.
Dans celui-ci, on retrouve le single Mukoku, où la voix puissante d’Hiro, le chanteur, transmet parfaitement les sentiments. La partie instrumentale est également top avec un très bon solo de Teru à la guitare. Et plus récemment, une chanson entraînante au clip plutôt sombre intitulée Underground, sortie le 11 août dernier, veille de la parution de l’album (pour les anglophones vous pouvez activer les sous-titres lors du visionnage des clips).
Dans cet opus, le groupe a collaboré avec JESSE de The BONEZ / RIZE sur le titre Underdog qui a également eu droit à une vidéo et 1 000 000 times est également disponible, bien que la version avec Chelly du groupe EGOIST ne soit disponible que sur le single.
Globalement, l’album est très bien construit et les chansons s’enchaînent parfaitement. Il y a des chansons plus lentes comme Hyena ou Ai no kotoba, puissantes comme Underdog ou encore dansantes comme Akashi. J’apprécie la diversité de cet opus, le fait que tous les membres soient mis en avant et les solos de Teru qui sont toujours aussi classes !
Le groupe est actuellement en tournée au Japon avec le « V » TOUR 2020, pour défendre leur album. (Alloïse)

 

2020 est catastrophique pour les maisons de disques, les tourneurs, les salles de concerts et bien tendu les artistes… Ces derniers cherchent de nouvelles façons de communiquer avec leur public avec de plus en plus d’événements sur Youtube, le Japon s’ouvrant enfin du même coup à leur public international. Miyavi a fait des lives stream avec sa famille, Arashi a raconté des histoires pour les enfants…
Bref, la musique résiste. Vivement 2021 !

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1 réponse

  1. Pignot dit :

    Bon article. Le monde du spectacle (concert, film, théâtre restauration etc) paye un lourd tribut à cette pandémie. Reste à souhaiter qu’elle se relèvera plus forte et qu’on pourra enfin hurler, chanter, danser, vibrer avec nos artistes .

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