Sailor Moon Eternal : l’Arc des Rêves en 2 films disponibles sur Netflix !

Il aura fallu attendre pas moins de 5 longues années pour enfin découvrir l’Arc des Rêves de Sailor Moon dans la nouvelle adaptation animée, Sailor Moon Crystal, initiée en 2014. La saison 3, diffusée en 2016, introduisait les Sailor Outers le temps d’une mystérieuse intrigue autour de leurs identités et de leurs motivations et se terminait sur un final grandiose autour de Sailor Saturne. C’est un an plus tard, en 2017, que la Toei Animation annonce l’adaptation de la 4ème saison de Sailor Moon Crystal sous la forme inédite du long-métrage, découpé en 2 parties : Sailor Moon Eternal.

Après un premier report de leur sortie, initialement prévue en septembre 2020, les films ont finalement investis les salles obscures japonaises en janvier et février 2021. Et pour cette grande occasion, c’est Netflix qui nous permet de découvrir les films sur la plateforme de streaming depuis le 3 juin 2021. L’occasion pour Journal du Japon de revenir rapidement sur Sailor Moon Crystal et ses films événements.

Sailor Moon Crystal : un reboot inespéré !

©TOEI Animation / Studio DEEN / Netflix

Pour les 20 ans de Sailor Moon en 2012, la Toei Animation fait une grande annonce : une nouvelle adaptation du titre, nommée Sailor Moon Crystal, va voir le jour en 2014 (prévue  initialement plus tôt mais reportée à 2 reprises) ! Un rêve qui se réalise pour toute une génération. Les nostalgiques qui n’ont jamais pu oublier l’un des titres phares de leur enfance vont pouvoir redécouvrir l’œuvre dans un tout nouveau format car, en effet, la promesse de ce reboot est de mieux retranscrire l’univers du manga, bien plus sombre que ce que l’on pourrait croire. Aux oubliettes les hors-sujets, Sailor Moon Crystal veut reprendre fidèlement les aventures de nos guerrières préférées en passant d’une quarantaine d’épisodes à à peine plus d’une dizaine par saison.

Une belle promesse qui en ravira plus d’un, mais qui essuiera de nombreuses critiques lors de la diffusion des premiers visuels. Le design des personnages de la première saison de Sailor Moon Crystal (14 épisodes), que l’on doit à Yukie SAKO, divise le public : les personnages aux mentons extrêmement fins et aux yeux et jambes démesurément grands se rapprochent bien plus de ceux de l’œuvre originale que de la première adaptation animée. Ils collent aux traits si caractéristiques du dessin de Naoko TAKEUCHI qui fait le charme du manga, mais ce n’est pas au goût de tout le monde en ce qui concerne l’animation. À cela se couple une animation 3D particulièrement désagréable utilisée pour les scènes cultes des transformation des guerrières, qui au passage se voient dénudées de la bande-son originale, culte elle aussi. Le résultat a donc du mal à passer, comme vous pouvez en jugez par vous-même avec cet avant/après :

Ces changements, jugés à tord ou à raison de mauvais goût, divisent et génèrent beaucoup de craintes chez certains quant à la qualité de cette nouvelle adaptation. Pourtant, la retranscription bien plus fidèle que la première adaptation trouve rapidement son public et pas moins d’un an plus tard une saison 2 (12 épisodes) est produite. Les critiques n’ont pas été prises en compte tout de suite, et on observe une première évolution du chara-design très timide seulement à partir de la saison 3 (13 épisodes) grâce à Akira TAKAHASHI, le nouveau chara-designer attaché à cette suite. Le résultat est bien plus proche de la première adaptation animée avec, en prime, le plaisir de retrouver les scènes cultes des transformation sans la 3D. Parti pris qui sera confirmé 5 ans plus tard avec le film Sailor Moon Eternal.

L’évolution du chara-design au cours des saisons

Cette retranscription qui différencie tant Sailor Moon Crystal face à l’adaptation des années 90 permet aux spectateurs de suivre les aventures des guerrières du Silver Millenium, le royaume d’où viennent nos héroïnes, dans un format bien plus court où les actions s’enchaînent sur la trame principale. On suit ainsi dans la première saison la formation du groupe principal, avec Sailor Mercure, Sailor Mars, Sailor Jupiter et Sailor Venus, ainsi que les révélations qui entourent Sailor Moon et Endymion, le tout accompagné par les menaces du Dark Kingdom qui souhaite s’emparer du Cristal d’argent. La seconde saison intègre Chibiusa, une petite fille au caractère bien trempé qui dit venir du futur. On y rencontre une nouvelle guerrière, Sailor Pluton, ainsi que le nouvel ennemi : la secte Black Moon. Finie en 2016, la 3ème saison de Sailor Moon Crystal se terminait sur l’Arc de l’Infini mettant en scène la quasi-totalité des Sailor. On y découvrait alors les Sailor Outers : Sailor Uranus, Sailor Neptune et Sailor Saturne. Originalement nommée saison Sailor Moon S, cette saison tourne autour de ces mystérieuses nouvelles sailors dont on peine à savoir si elles sont des alliées, ou des ennemies. Pourtant, un adversaire de taille les menace toutes : les Death Busters.

Très rapidement après la fin de la saison 3, la 4ème saison, correspondant à l’Arc des Rêves, est annoncée ainsi que son format ; mais il aura fallut attendre de longues années pour la voir arriver. Ce 3 juin 2021, c’est chose faite : Sailor Moon Eternal est disponible sur Netflix ! Une véritable bonne nouvelle pour tous les fans qui n’auront pas à attendre une version physique pour enfin les découvrir. Mais une question reste en suspend : l’attente en valait-elle le coup ?

Sailor Moon Eternal sur Netflix : l’Arc des Rêves

Pour tous ceux qui ont grandi aux côtés de la première adaptation animée de Sailor Moon, l’Arc des Rêves est sans doute l’un des plus forts et frais souvenirs d’enfance. La raison en est toute simple : c’est malheureusement la dernière saison qui fut doublée et diffusée chez nous à l’époque, privant ainsi de nombreux enfants de la fin du titre avec la saison 5, Sailor Stars, qui n’a vue le jour en France qu’en 2015 lorsque Kazé en a réalisé un coffret intégral.

La saison 4, Sailor Moon Super S, revient donc dans cette nouvelle adaptation sous le nom de Sailor Moon Eternal et dans un format inédit : un long-métrage en deux parties. C’est ici la reine Nehellenia qui menace nos héroïnes, mais c’est cette fois-ci un mystérieux Crystal d’Or qui est recherché pour contrôler le monde. Pour réaliser son plan machiavélique, elle s’entoure des Amazones Quartet qui mettent les sailors en grande difficulté. Elles forment ensemble le Dead Moon Circus.

Pretty Guardian Sailor Moon Eternal : Le film

©TOEI Animation / Studio DEEN / Netflix

Dans la première partie, le film se concentre sur la mise en place de ces nouveaux ennemis que sont les Amazones Quartet. Ces jeunes filles ont le pouvoir de lire dans le cœur des humains et de déceler leurs faiblesses. C’est ainsi que l’une après l’autre, Mercure, Mars, Jupiter et Vénus vont être confrontées à leurs cauchemars. On retrouve donc dans cette première partie une approche bien plus personnelle autour des guerrières qui accompagnent Sailor Moon, chose que l’on avait quelque peu perdu dans les précédents épisodes. En effet, si Sailor Moon Crystal a su conquérir le cœur de certains fans de la première heure et se construire son public, le principal reproche que l’on peut lui faire est le manque de développement des personnages « secondaires » (entendez par-là hors Usagi, Mamoru et Chibiusa). Chose que la première adaptation animée avait bien plus approfondie au cours de ses quelques 200 épisodes grâce à ses épisodes fillers, apportant une originalité et un surplus d’informations à l’œuvre originale. La première partie de Sailor Moon Eternal vient donc rééquilibrer le développement du casting principal, pour le plaisir de tous ceux qui ont pu s’identifier, ou s’identifient encore, à un ou plusieurs personnages en particulier. En fond, un fil rouge nous emmène tout doucement vers la suite du film en nous introduisant le mystérieux Hélios qui semble bien proche de Chibiusa.

Dans la seconde partie, le film s’ouvre sur les Sailor Outers qui n’étaient pas encore apparues jusqu’ici, pour une raison que nous laisserons ici en suspens. Après avoir découvert le quotidien qu’elles se sont créé depuis la fin de la saison 3 de Sailor Moon Crystal, les choses s’enchaînent très vite. Les combats prennent place, les révélations apparaissent et l’on découvre enfin qui est l’ennemi et ce qu’il cherche à accomplir. Toutes les guerrières sont réunies pour le grand combat final !

Le film Sailor Moon Eternal : on valide ?

Découpé en 2 parties, Sailor Moon Eternal, disponible sur Netflix depuis le 3 juin 2021, a longtemps été attendu par les fans. Après 5 ans d’attente, le film ne profitera pas de l’indulgence de la part des téléspectateurs : on veut en prendre pleins les yeux ! C’est cette fois-ci Kazuko TADANO que l’on retrouve au chara-design, nous offrant un résultat définitivement bien plus proche de l’animation des années 90 que les précédents épisodes de Sailor Moon Crystal. Ce dessin plus rond est d’autant plus plaisant grâce à la qualité de l’animation qui nous fait bien ressentir qu’elle a été pensée pour le cinéma. Les transformations et les attaques des guerrières sont splendides, et les décors sont à la fois immersifs dans le quotidien japonais, et travaillés dans les scènes plus fantastiques. Un reproche peut tout de même être fait pour la musique, parfois molle ou en décalage avec la scène. Les scènes de transformation notamment, malgré leurs graphismes aujourd’hui irréprochables, souffrent d’un manque de profondeur dû à l’absence d’un thème musical marquant, tel qu’ont pu l’être ceux de la première adaptation animée.

Mais en dehors de tout l’aspect artistique, c’est également au niveau scénaristique que le film est attendu : quelle positionnement va t-il prendre ? Rester dans la même lignée que les Sailor Moon Crystal, plus sombres et rapides, ou se rapprocher des épisodes des années 90, plus édulcorés et comiques ? On pourrait facilement dire que Sailor Moon Eternal a essayé tant bien que mal de se positionner entre les deux : le rythme est soutenu, avec bien peu de temps morts, mais les dialogues d’une grande candeur viennent donner un aspect plus enfantin au film, qui tourne autour des sentiments de nos héroïnes, encore bien jeunes, en plein questionnement sur leur avenir et leurs désirs. Pour autant, l’épique est bel et bien de la partie, notamment lors du combat final, et celui-ci s’inscrit parfaitement dans la lignée de Sailor Moon. Cependant, on sent assez facilement que le film aurait pu être découpé en plusieurs épisodes de 20 minutes, pour rentrer dans le format plus classique de la série, ce qui peut nous laisser assez perplexe face au choix du format du double film. Mais ces reproches anecdotiques n’entachent en rien le plaisir que l’on peut éprouver en redécouvrant l’Arc des Rêves avec Sailor Moon Eternal, qui vient donner un tout autre visage à cette partie de l’histoire de Sailor Moon, bien loin de ce que l’on a pu connaître avec la première adaptation animée.

Notons qu’il est tout de même important de se mettre à niveau avant de se lancer dans Sailor Moon Eternal, car rien ne viendra vous ré-introduire l’univers. Le film est une suite directe, et non une histoire à part entière. Vous pouvez retrouver les épisodes des 2 premières saisons de Sailor Moon Crystal en Blu-ray/DVD chez Kaze. Pour les plus nostalgiques ou ceux qui apprécient particulièrement l’humour employé dans la première adaptation animée, c’est également du côté de Kaze que vous trouverez votre bonheur avec des coffrets intégrales des différentes saisons et des coffrets en plusieurs parties.

 

Sailor Moon Eternal est une réussite graphique qui, comme la série Sailor Moon Crystal dans laquelle il s’inscrit, ne satisfera pas forcément tout le monde mais a le mérite de redonner un coup d’éclat à la série, de faire revivre ce titre incontournable de l’animation japonaise et de permettre à nombre d’entre nous de découvrir et redécouvrir encore et encore l’univers de Sailor Moon. En attendant l’ultime saison de la saga, dont nous ne doutons pas de sa future adaptation, vous pouvez retrouver les aventures originales des guerrières du royaume de la lune dans une édition collector, elle aussi nommée Sailor Moon Eternal, chez Pika Edition.

Rokusan

Roxane, 26 ans, passionnée depuis l'enfance par le Japon, j'aime voyager sur l'archipel et en apprendre toujours plus sur sa culture. @_rokusan

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