Tsukuyumi : Chute de Lune, le nouveau jeu de stratégie asymétrique de Don’t Panic Games

A Journal du Japon, on vous présente de plus en plus de jeux de société en lien avec le Japon. Récemment, on vous présentait Igiari et 4 de ses jeux de société venus tout droit du Japon. Aujourd’hui, nous vous présentons un jeu de Don’t Panic Games que vous devez bien connaître maintenant après nos tests de Maiko, Kodama, 7 Ronin et Yozu ainsi que Naruto et Cowboy Bebop pour des soirées animées entre amis et en famille ! D’ailleurs, dans cet interview avec Don’t Panic Games, avec Cédric Littardi, le PDG de cette maison d’édition axée Pop Culture, et, Sébastien Rost, le directeur éditorial, nous avions pu parler des coulisses et comment sont conçus leurs jeux.

Dans Tsukuyumi Full Moon Down, il sera question du kami lunaire Tsukuyumi et de cybersamouraïs notamment. Le jeu conçu par Felix Mertikat, localisé en France et en français par Don’t Panic Games, n’est pas un jeu facile à mettre entre toutes les mains mais… A partir de quelques parties, lorsque les joueurs ont bien assimilé les mécaniques du jeu et les forces et faiblesses des différentes factions du jeu, on prend plaisir à reconquérir le plateau tel un Risk mais sans les dés ! Découvrons donc ce nouveau jeu totalement asymétrique de conquête de zones où le hasard n’a pas sa place !

©Tsukuyumi – Full Moon Down / Felix Mertikat 2020

 

Immersion dans le Japon mythologique

En grand fan de la mythologie japonaise, Tsukuyumi n’est pas un nom qui passe inaperçu. Dans notre dossier sur le Kojiki, la Chronique des Faits Anciens, nous étions revenus sur le mythe de la fondation du Japon et de ses îles par le couple démiurge Izanagi et Izanami. Après la naissance de plusieurs dieux et déesses, un des kami du feu, Hi no Kagutsuchi, brûla malheureusement son auguste mère. Izanami mourut et elle réside depuis lors au Pays de Yomi, le monde de l’impur. Izanagi n’arriva pas à faire le deuil de sa défunte sœur et épouse et décida de venir la chercher dans le Royaume des Enfers. Celui qui ne devait pas la regarder avant leur retour à la surface brisa l’obscurité avec une torche qu’il fabriqua. Il découvrit alors l’affreux spectacle : le corps en décomposition de sa bien-aimée ! Folle furieuse, elle lança à sa poursuite une horde de guerriers. Izanagi réussit à s’en sortir en bloquant derrière lui la sortie avec un immense rocher que même 1 000 hommes auraient du mal à soulever.

Sorti sale du monde impur, Izanagi décida de se purifier. Des ablutions d’Izanagi quatorze kamis supérieurs sont nés dont les trois plus importants sont les derniers, nés lorsqu’il se lava le visage. De son œil gauche naquit Amaterasu, déesse du Soleil. De son œil droit naquit Tsukuyomi, dieu de la Lune. De son nez naquit Susanoo, dieu des tempêtes. Izanagi retira son collier de joyaux pour le donner à Amaterasu et il lui dit : « Que Ton Altesse règne sur la Plaine des Hauts Cieux ». Ensuite, il dit à Tsukuyomi : « Que Ton Altesse règne sur le Domaine de la Nuit ». Puis, il dit à Susanoo : «  Que Ton Altesse règne sur la Plaine des Océans ».

La vidéo qui suit résume en bande dessinée la naissance de Amaterasu et de ses frères Tsukuyomi et Susanoo qui en feront voir de toutes les couleurs à leur sœur.

Et dans Tsukuyumi : Chute de Lune, avant que l’astre lunaire ne s’écrase sur la Terre, le créateur du jeu, Felix Mertikat a intégré le meurtre de la déesse de la Nourriture. Ne pouvant se rendre à l’invitation de Uke Mochi, Amaterasu assigna le rôle d’ambassadeur à son frère Tsukuyumi. Au cours du repas, le dieu lunaire n’apprécia pas l’origine des plats. En fait, la nourriture sortait de tous les orifices de la maîtresse des lieux : de sa bouche, de son nez et même de son anus ! Le frère de la déesse du Soleil la tua. Très fâchée depuis ce jour, Amaterasu ne voulut plus le revoir et le bannit de son domaine. Ainsi s’expliquerait l’alternance du jour et de la nuit : Amaterasu et Tsukuyomi se partagent depuis des parties du Ciel et s’évitent.

Ainsi, on apprend sur la page dédiée à l’histoire du jeu, que Tsukuyumi était le maître de la nuit et un puissant dieu. Ce kami trahit un jour les siens en tuant la déesse de la Nourriture d’une flèche de lumière avec son arc en os de dragon. En guise de punition, il fut banni dans le ciel de nuit éternelle, très loin de sa sœur, la déesse solaire Amaterasu. Rongé par la solitude, Tsukuyumi perdit son énergie vitale. L’accrétion de pierres et de poussières, autour du kami endormi et à la dérive dans l’espace, donna ainsi naissance à l’astre lunaire. Quand les humains, créés par les kami, virent Tsukuyumi pétrifié dans le ciel, ils prirent conscience de leur pouvoir. Ils se détournèrent de leurs anciens dieux et l’âge de l’humanité commença sur Terre. Le ciel restait inaccessible aux humains pendant plusieurs millénaires et la Lune resta ainsi un symbole de haine de l’ancien règne des kami.

 

La chute de la Lune et le réveil du dragon blanc Tsukuyumi

Le développement technologique ouvra enfin la voie des cieux. En 2078, les descendants des chasseurs de kami se lancèrent à l’attaque de Tsukuyumi depuis la station lunaire japonaise « Doragon » (Dragon). Mais la lance, qui devait pénétrer le cœur du dragon pour le tuer, se coinça dans son flanc. Seulement blessé, la mission fut un échec et seul un astronaute survécut. Tsukuyumi fut réveillé et déterminé à se libérer de sa prison de roche. Doucement mais sûrement, il se rapprocha de la Terre afin de provoquer une collision entre les deux astres. Devant le phénomène, la curiosité laissa place très vite à la peur. Impossible d’empêcher l’impact pour les humains. Ce qui se produit habituellement sur des milliers d’années se passa en quelques instants. D’énormes masses de terre et d’eau se soulevèrent et se déplacèrent. Sous les craquements et grondements de la terre, le visage de la planète changea complètement. La Lune s’arrêta dans le sol marécageux du Pacifique, créant un énorme sillon dans sa course folle.

©Tsukuyumi – Full Moon Down / Felix Mertikat 2020

Le monde tel qu’il était disparut ce fameux jour où la Lune s’écrasa sur Terre, libérant ce qui était caché en son cœur : le dragon blanc Tsukuyumi, un dieu très puissant jusqu’à ce que ses frères et sœurs ne le condamnent à la nuit éternelle il y a des milliers d’années. De retour sur Terre après ce long exil, avide de vengeance, il plongea le monde dans le chaos : les continents s’effondrèrent, la faune et la flore disparurent de la surface de la planète et l’humanité fut quasiment exterminée. Une énorme faille traverse, désormais, l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord, jusqu’à l’océan Pacifique, qui n’est plus qu’une petite mare depuis l’élévation des terres.

©Tsukuyumi – Full Moon Down / Felix Mertikat 2020

Depuis la berge marécageuse de l’ancien océan, Tsukuyumi commande son armée d’Oni, de terrifiants guerriers prêts à tout pour rétablir le règne de leur maître. Ils pourchassèrent les derniers survivants de l’ancien monde et de nouvelles créatures apparurent lors du cataclysme provoqué par le retour de Tsukuyumi : mutants, robots humanoïdes et dragons sortis des volcans de lave en fusion. Les derniers survivants humains tentent, alors, de se rassembler pour défendre leur planète. Certains sont équipés de combinaisons de combat modernes, d’autres combattent aux côtés de créatures sauvages. Une guerre sans pitié s’engage pour la suprématie sur le nouveau monde.

Avec une seule règle : « Chacun pour soi, mais tous contre Tsukuyumi ! »

©Tsukuyumi – Full Moon Down / Felix Mertikat 2020

 

Présentation du jeu

« Totale asymétrie, zéro hasard ! »

Dans Tsukuyumi – Chute de Lune, qui se joue de 2 à 4 joueurs, chacun prend le contrôle de l’une des 4 factions de base. Ce nombre peut être augmenté jusqu’à 6 grâce aux extensions permettant d’incarner de nouvelles factions avec leurs règles et pouvoirs spécifiques. Il s’agit d’un jeu asymétrique et chacun se bat pour la domination du monde sous la menace du dieu lunaire Tsukuyumi. L’objectif : devenir l’espèce dominante du nouveau monde suite au cataclysme. Ainsi, chacun devra produire des unités pour conquérir des territoires tout en remplissant des missions rapportant des points de victoire (PV). Le vainqueur est le joueur qui a gagné le plus de PV à la fin de la partie qui se joue en 4 manches. Mais attention, les autres adversaires ne seront pas le seul obstacle à votre hégémonie : le dragon blanc tentera de vous anéantir ! A tour de rôle, chaque joueur prend le contrôle de la faction des Oni rabattant ainsi les cartes et chamboulant le plateau de jeu et les combats !

Factions incarnables par les joueurs

Factions incarnables par les joueurs avec en haut, celles de base : Cybersamouraïs ; Nuée noire ; Seigneurs sangliers et Nomades. En bas, celles disponibles sous forme d’extensions : Kampfgruppe 03 ; Rejetons ardents ; Seigneurs de la mer perdue et Enfants du lion. ©Tsukuyumi – Full Moon Down / Felix Mertikat 2020

Pour commencer, nous vous conseillons de faire au moins quelques parties avec le jeu de base sans utiliser les extensions, afin de maîtriser plus facilement les mécaniques du jeu mais aussi les différentes forces et faiblesses des différentes factions pour élaborer une stratégie. Voici donc les principales caractéristiques des 4 premières factions disponibles dans le jeu de base :

  • Les Cybersamurai : dirigés par l’Intelligence Artificielle Amaterasu, créée par les humains pour les sauver mais qui s’est finalement retournée contre eux, les guide. Leur force : les nouvelles technologies capables de déjouer leurs adversaires ! A coups de lasers orbitaux, les cybersamouraïs sauront repousser n’importe quel adversaire et conquérir la planète !
  • La Nuée Noire : Le joueur pourra envahir le plateau avec une horde d’insectes résistants à la radioactivité ! Certes, les unités sont fragiles… Mais il serait dangereux de sous-estimer leur nombre qui fait leur force ! Si les insectes perdent une bataille, ils ne seront jamais loin et reviendront rapidement. En effet, à leur mort, ils laissent des œufs sur place : un nouvel essaim pourra ainsi prendre sa revanche !
  • Les Seigneurs Sangliers : descendants mutants de sangliers sauvages, en véritables architectes, ils transformeront le plateau pour leurs besoins. Lorsqu’ils élisent domicile dans une zone, ils les transforment en forteresse impénétrables en créant des tranchées ! Pour défendre leur territoire, les tunnels qu’ils creusent sont un atout non négligeable. Et ce n’est pas tout : leurs unités sont costauds !
  • Les Nomades : derniers humains sur Terre, ce sont les pros de la guérilla mobile et rapide ! Menés par le lieutenant Dan, les nomades frappent vite et fort : ce sont de véritables bourrins ! Pour sécuriser les zones conquises, le sergent Matos pose des mines bien pratiques. Les unités étant faibles en défense, le joueur devra se reposer sur le bon placement des engins explosifs pour éliminer les envahisseurs.

En plus du livret présentant les règles du jeu, on apprécie le codex avec des comics qui permettent de découvrir plus en détail l’histoire des 4 factions de base. D’ailleurs, les dizaines de pages donnent clairement envie de de se procurer l’artbook pour plonger davantage dans l’art de Tsukuyumi et l’univers fantastique et délirant de Felix Mertikat !

Un plateau de jeu évolutif et de conquête de zones !

Le plateau de jeu est composé de dizaines de tuiles, pièces hexagonales que les joueurs placent à tour de rôle en début de partie. Pour les parties à 2, en plus des zones de la Lune (7 hexagones), 10 tuiles Zone sont ajoutées. Pour 3 joueurs, 21 tuiles Zone. Si les 4 factions de base sont utilisées, les joueurs doivent en placer 28 en tout. Cela peut donc prendre pas mal de place : il faut donc prévoir une table assez grande pour installer correctement les 4 joueurs. Il existe 3 types de zones : fond de l’océan, terrain fertile et montagne plus difficile à conquérir. Les zones peuvent avoir des caractéristiques comme Tsukuyumi qui permet aux Oni d’apparaître sur ou à côté de la zone. Toutes les unités présentes sur une zone radioactive à la fin de la manche sont détruites. Bon à savoir : la faction Nuée Noire ainsi que les Oni sont immunisés contre la radioactivité ! Les Zones de la Lune appartiennent à Tsukuyumi et aux Oni au début de la partie.

Si la conquête des zones est un point important pour remporter la partie, il existe d’autres moyens pour gagner des points de victoire (PV). Les missions et objectifs de faction permettent ainsi de pimenter le jeu et d’augmenter les possibilités déjà très nombreuses !

Points de victoire immédiats Points de victoire en fin de partie
Conquête de zones Si un joueur contrôle le centre de la Lune à la fin d’une manche, il gagne 1 PV. Chaque zone contrôlée par un joueur à la fin de la partie lui fait gagner 1 PV. Un Terrain fertile (zone avec les coins verts) vaut 2 PV !
Mission Accomplir une mission rapporte 1 PV. Le joueur place alors un de ses marqueurs Territoire sur la carte Mission.
Objectif spécifique de faction
Remplir les conditions de l’objectif spécifique de sa faction rapporte 2 PV.
Classement à l’initiative
Le joueur en 1ère position sur le plateau Initiative gagne 2 PV et celui en 2ème position 1 PV.

Mise en place et organisation des tours

Plateau Initiative

Plateau Initiative ©Tsukuyumi – Full Moon Down / Felix Mertikat 2020

A chaque faction a été attribué un numéro d’initiative. La faction dont le nombre est le plus petit est celle qui commencer le tour. Ainsi dans le jeu de base, l’ordre est : Cybersamurai, puis Nuée Noire, Nomades et enfin, Seigneurs Sangliers. Pour suivre cet ordre, qui est amené à changer grâce à des Événements notamment, un plateau Initiative est mis à disposition. Chaque joueur y place donc son marqueur Initiative.

Une partie est composée en 4 manches. Chaque manche comprend 3 étapes : le choix de la carte Action ; la réalisation des actions (4 phases) ; le décompte provisoire des scores.

Au début du jeu, chaque joueur reçoit 6 cartes Action. Chacun choisit la carte parmi les 6 qu’il jouera pour la manche. Tout le monde révèle sa carte jouée et la pose face visible devant eux. Ces cartes sont importantes car ce sont elles qui déterminent les actions que le joueur pourra effectuer (piocher et jour des cartes Événements, produire des unités, déplacer des unités et lancer un combat). Les cartes restantes sont remises face cachée à son voisin de gauche. Elles ne seront pas utilisées pour ce tour mais serviront pour le choix des cartes Action au début de la manche suivante. Ainsi, les joueurs connaissent, plus ou moins, les actions que pourraient effectuer leurs adversaires. Cela apporte une dimension stratégique loin d’être anecdotique !

Différentes phases d'une manche

Différentes phases d’une manche ©Tsukuyumi – Full Moon Down / Felix Mertikat 2020

L’ordre pour effectuer les actions est indiqué par le plateau d’Initiative. Il y a 4 phases : blanche, puis bleue, verte et enfin, rouge. Chaque joueur joue à tour de rôle la phase blanche puis dès que le dernier joueur a joué, le premier joueur commence la phase suivante (bleue, puis verte et enfin, rouge). Les actions d’une même phase peuvent être jouées dans n’importe quel ordre : lors de la phase rouge les actions Déplacement doivent être faites avant les actions Combat.

Place à l’action : piocher, produire , combattre et conquérir !

Il y a en tout 20 cartes Événement qui forment une pioche face cachée. Au début de la partie, deux premières cartes sont placées face visible à côté de la pioche. Au cours du jeu, les joueurs peuvent décider de prendre une ou plusieurs cartes Événement visibles ou bien en piocher. Ces cartes peuvent être jouées directement ou gardées en stock pour un prochain tour en la combinant avec d’autres pour des effets encore plus redoutables ! En effet, elles peuvent modifier les caractéristiques des terrains, bouger les tuiles, donner 1 point de production et d’autres événements pour renverser le jeu…

En plus des cartes Événements, les joueurs reçoivent des cartes Événements propres à leur faction. Ces cartes Faction sont mélangées en début de partie et une pioche face cachées est placée à côté de son plateau Faction. Lors d’une action Piocher/Jouer un Événement, le joueur peut choisir de piocher et/ou jouer un événement de sa faction à la place d’un événement commun. Chaque événement de faction ne peut être utilisé qu’une seule fois par partie et est toujours favorable à sa faction.

Concernant la production de nouvelles unités ou d’amélioration de celles-ci, toutes n’ont pas les mêmes coûts en points de production. Le plateau Faction recto-verso comporte toutes les règles propres à chaque faction : les caractéristiques (points de conquête et de santé et dégâts) des unités, le coût en points de production et leurs capacités (certaines unités sont volantes et peuvent ainsi ignorer les Barrages, obstacles qu’il faut contourner pour passer la zone). En général, les joueurs ont plusieurs points de production à dépenser : les points inutilisés sont perdus à la fin de l’action. Les puissantes unités ne peuvent donc pas être produites sur plusieurs actions ou phases par exemple. Parfois, on est déçu des pions des jeux de société… Pas dans Tsukuyumi, quand on manipule les figurines, les détails et le travail sautent aux yeux ! On a droit à de jolies figurines de qualité premium : pas loin de 96 que l’on prend plaisir à déplacer et manipuler !

Les règles de déplacement sont basiques. Le joueur peut déplacer les unités qu’il veut : cela peut être une, plusieurs ou toutes. Il y a une grande liberté. A côté du logo Déplacement, le chiffre indique le nombre de zones que l’unité peut se déplacer. Par exemple, s’il y a un 2, le joueur peut déplacer ses unités de 0, 1 ou 2 zones. Les unités peuvent se déplacer individuellement. Avec les règles d’engagement, il convient de bien regrouper ses unités pour défendre les zones sous son contrôle et conquérir de nouveaux territoires. Contrairement à d’autres jeux, dans Tsukuyumi, si des unités adverses sont présentes sur une même zone, un combat ne s’engage pas forcément. Si les unités ont encore des points de déplacement, elles peuvent quitter la zone déjà occupée. Les ennemis peuvent empêcher la traversée de la zone. Selon la taille des unités, une force est attribuée. Les petites unités ont 1 de force (figurine au socle triangulaire) contre 2 pour les unités moyennes (socle circulaire) 2 et 4 pour les grandes unités (socle rectangulaire). Pour pouvoir traverser, les unités doivent être au moins aussi fortes que celles de chaque faction sur la zone indépendamment. Cette force n’est pas à confondre avec la valeur d’attaque des unités. La force sert juste à déterminer si les troupes peuvent passer ou se faire bloquer.

C’est l’heure du duel !

Exemple de conquête

Exemple de conquête ©Tsukuyumi – Full Moon Down / Felix Mertikat 2020

Après avoir déplacé ses unités, c’est le moment d’attaquer ! L’attaquant joue une carte Combat pour lancer une attaque sur des unités adverses dans une zone. Ces cartes sont spécifiques à chaque faction. Le ou les défenseurs choisiront une des ripostes proposées par la carte Combat de l’attaquant. Les défenseurs n’utilisent pas leurs propres cartes Combat. Ces cartes peuvent être réutilisées plusieurs fois dans la même manche sauf la carte d’attaque avec la mention « une fois par manche ». Précision : les combats servent à éliminer les unités des adversaires mais ne permettent pas de gagner des points de victoire. Même si la zone est nettoyée, seules les actions de conquête permettent de placer son marqueur Territoire sur la zone !

Exemple de combat "Annihilation"

Exemple de combat « Annihilation » ©Tsukuyumi – Full Moon Down / Felix Mertikat 2020

Avant d’expliquer le déroulement des combats et des conquêtes, chaque unité a 3 statistiques différentes : les points de conquête (noir/triangle) ; les points de santé (rouge/cœur) et les points de dégâts (noir/flèche). Comme l’indique son nom, les points de conquête indiquent la capacité d’une unité à conquérir ou défendre une zone. Les zones Montagne sont plus difficiles à conquérir et il faut que les points de conquête soient au moins égales au nombre inscrit sur la zone (20 par exemple). Les points de santé représentent le nombre de dégâts maximum qu’une unité peut encaisser avant d’être battu et retiré du plateau. Si une unité a 25 points de santé et que l’adversaire inflige 20 dégâts, l’unité n’est pas détruite : l’unité n’est pas blessée et les dégâts ne sont pas conservés. Il convient donc de protéger les unités avec moins de points de vie avec des unités capables d’absorber plus de dégâts. En effet, c’est le défenseur qui choisit comment répartir les points de dégâts subis : il peut ainsi choisir quelle(s) unité(s) sacrifier ou non par exemple… Les unités détruites pourront réapparaître sur le plateau en utilisant des points de production.

Avec les ripostes et s’il y a plusieurs factions sur une même zone, cela peut donner de belles escarmouches… A l’attaquant de bien calculer pour ne pas se faire annihiler ! Même si toutes les unités en défense sont détruites, les ripostes sont appliquées ! Et les défenseurs choisissent vers qui diriger leur riposte : contre l’attaquant ou un autre défenseur pour ensuite conquérir plus facilement la zone… Dans Tsukuyumi, il n’y a aucune place au hasard ! Et l’apparition des Oni, faction neutre contrôlée à tour de rôle par les joueurs, permet d’ajouter encore plus d’action et de stratégie. Comme les unités des autres factions, elles peuvent se déplacer sur le plateau pour conquérir des zones ou bien annihiler d’autres unités !

Figurines Oni

Figurines Oni ©Tsukuyumi – Full Moon Down / Felix Mertikat 2020

 

Tsukuyumi – Chute de Lune édité par Don’t Panic Games en France, c’est assurément une bonne pioche pour Journal du Japon ! Felix Mertikat a créé plus qu’un jeu de plateau mais bien toute une histoire autour de mythologie japonaise et du kami lunaire. A la réception du jeu, tout est bien rangé dans une grosse boîte avec l’agréable surprise de découvrir pas loin de 100 belles figurines détaillées. Si les nombreuses pièces et règles peuvent paraître difficiles de prime abord à assimiler, après une ou deux parties, on prend plus de plaisir et on comprend mieux les mécaniques du jeu. Loin d’être tout public, il n’en sera que plus apprécié par les adeptes des jeux de capture de zones. Comme un Risk mais sans les dés, le hasard n’a pas sa place et c’est tant mieux finalement ! Complètement asymétrique, avec en plus une faction neutre, les Oni, aucune partie ne ressemblera à une autre ! « Chacun pour soi, mais tous contre Tsukuyumi ! » : rendez-vous au centre de la Lune !

Plateau en cours de partie avec différentes figurines en jeu

Plateau en cours de partie avec différentes figurines en jeu ©Tsukuyumi – Full Moon Down / Felix Mertikat 2020

David Maingot

Responsable Culture à JDJ et passionné de la culture et d l'histoire du Japon, je rédige des articles en lien avec ces thèmes principalement.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *