Be Missed and Remembered : The Letter from Mayoiga – Un Visual Novel de saison émouvant, ça vous dit ?

Le 10 juillet 2026 sortait un nouveau visual novel particulièrement à propos puisqu’il prend place en pleins étés caniculaires au plus profond du Japon : Be Missed and Remembered. Et honnêtement, avec toute cette chaleur et cette fumée, c’est probablement le meilleur genre de jeu à apprécier pour se détendre au frais ! Disponible sur PC (Steam) et Switch !

Be Missed and Remembered - The Letter from Mayoiga ©NEKONEKO-SOFT 2026
Be Missed and Remembered – The Letter from Mayoiga ©NEKONEKO-SOFT 2026

Virée à l’autre bout du Japon…


1972. Un été particulièrement chaud, infernal même. Naofuyu (ou Nao pour faire court), est un jeune lycéen de 17 ans vivant seul avec sa cadette, Risa, et s’apprête à partir passer l’été dans un village minuscule… quatre heures de train, puis une de bus, puis encore une de marche, et à peine une quinzaine de maisons, bref, ce que l’on appellerait communément un trou perdu… et sous cette canicule improbable.

Une légende traine autour du village depuis toujours, de surcroit. Une légende qui raconte qu’un monstre surnommé Susu trainerait par là lors d’étés particulièrement intenses, comme celui de cette même année 1972. On dit que Susu est un monstre totalement noir, avec une aura terrifiante qui surplombe sa tête. On dit que si Susu approche quelqu’un… cette personne mourra immédiatement. C’est la légende que madame Tanaka, charmante voisine de Nao, raconte à son arrivée pour qu’il fasse attention à lui… le garçon, cependant, se sent juste curieux et attiré. Il ne croit pas aux monstres…

Il ira très vite visiter le village, ses alentours, pour se retrouver dans une forêt mystérieuse ponctuée d’un étrange couloir de torii (les portes de temples) décrépis, sinistres que tous les villageois évitent comme la peste de peur d’être maudits. Mais le garçon n’écoute que son courage et, en conclusion de la voie de portes se trouve le temple maudit du Mayoiga, normalement enfoui sous l’eau actuellement totalement évaporée par la chaleur intense. Nao décide d’entrer dans la demeure… pour y rencontrer une jeune fille qui dit s’appeler… Susu, et qui est effectivement ce « monstre » craint de tous une fois à l’extérieur. Comment est-ce possible ? Cette Susu juste en face du garçon est une jeune fille timide, polie et modeste…

Be Missed and Remembered ©NEKONEKO-GAME 2026
Be Missed and Remembered ©NEKONEKO-SOFT 2026

Tous les deux deviennent amis, malgré les contraintes imposées par le Mayoiga : en effet, la personne en charge ne vieillit plus, n’a plus besoin de se nourrir non plus, mais ses portes se ferment définitivement lorsqu’il est submergé, rendant toute sortie impossible. Et aussi… et surtout, même, n’importe quel visiteur autre que Susu oublie y être entré à l’instant même qu’il ou elle aura mis un pied dehors… mais Nao ne s’avoue pas vaincu et continuera à y aller, guidé par son instinct. Lorsqu’il rentre à nouveau dans le temple, tout lui apparaît à nouveau, et il décide de défier les règles pour continuer à entretenir son amitié avec Susu !

Seulement… tout ne se passe pas toujours comme prévu… et le lac ne s’assèche que tous les cinq ans environs… alors, est-ce que Susu manquera à quelqu’un et sera remémorée ?

Un ensemble touchant mais perfectible

Be Missed and Remembered est ce que l’on appelle un kinetic novel, c’est-à-dire un visual novel linéaire, qui ne propose pas de choix. Le joueur en est donc intégralement spectateur et n’influe pas sur la progression des évènements. On y suit principalement Nao tout au long de l’aventure, mais le point de vue change parfois en se centrant sur d’autres protagonistes comme Susu, entre autres. Cela permet de couper un tantinet la linéarité et ainsi apprécier des scènes façon « pendant ce temps… » tout en approfondissant l’histoire.

Cela n’est pas plus mal, au final. Nao n’est pas un personnage désagréable, mais n’importe quel fan de VN se rendra bien vite compte qu’il n’est guère plus que le protagoniste de base, le jeune garçon un peu shônen aux cheveux noirs en bataille et sans grand intérêt particulier, avec son lot de mauvaise foi et de réflexions bien trop nombreuses. On sent en lui un manque assez flagrant de travail qui s’étend jusqu’à son apparence : là où Risa grandit et change au fil de l’histoire, il reste le même, peu importe qu’il se passe cinq ou dix ans. Seule sa garde-robe changera (et c’est tant mieux…). Il n’est pas insupportable, cependant, et même plutôt brave en soi, mais on appréciera tout de même de suivre d’autres protagonistes une fois de temps en temps.

L’histoire en est du coup un peu plus dynamique, même si l’on se demande parfois leur intérêt lorsque plusieurs personnages sont réunis. De plus, on constate assez vite que cela ne fait qu’empirer la répétitivité du jeu : en effet, on lit trop souvent la même chose, les mêmes réflexions des personnages au fil de leurs découvertes. Ce qui a du sens, compte tenu de la perte de mémoire une fois sorti du Mayoiga, mais cela devient juste pénible à la longue – comme si les lecteurs n’étaient pas capables de se souvenir de quelque chose qu’ils ont lu… 20 minutes plus tôt. Le texte est donc un peu maladroit, et cela n’aide pas lorsque Risa change d’âge dans la même scène, comme ça, sans logique… et si l’on devait ajouter encore une pique, ce serait pour dire qu’en dehors de quelques détails, on sent assez peu que ces évènements se passent dans les années 1970, ce qui est assez dommage car cela aurait pu être une particularité parfaite pour démarquer ce titre des innombrables Visual Novels contemporains.

Be Missed and Remembered ©NEKONEKO-SOFT 2026

Cependant, et malgré tout, on s’attache à cette ambiance un peu mystique, ce village de seulement 30 habitants dans lequel Nao et Risa reviendront plusieurs fois. On s’attache à l’ambiance qui s’en dégage, et on finit par se sentir aussi touché par Susu, qui ne demande rien, qui accepte son destin d’être seule au monde malgré son désir de connexion avec Nao et les autres. On se sentira happé par les tentatives successives de ne plus avoir à subir les contraintes du Mayoiga, jusqu’à ce que tout s’arrête et que l’oubli prenne le relai à nouveau, non sans laisser se dire « hé mais pourquoi ils n’ont pas pensé à faire ça ?! ».

L’histoire fonctionne bien, malgré la fragilité de son intérêt visible par rapport à moult autres productions bien plus poussées et marquantes. Juste, on passe des étés chauds, pleins de légèreté et d’espoirs pour cette pauvre jeune fille seule au monde, Susu. Et parfois, on sera aussi peinés d’apprendre son histoire et son sombre destin, la raison pour laquelle elle est devenue la nouvelle maîtresse du Mayoiga, et de comprendre la signification du nom du jeu – be missed and remembered, une formule mortuaire que l’on peut retrouver gravée sur des tombes.

On appréciera aussi la bande-son. Entre instrumentations traditionnelles et lentes, mélancoliques et touchantes, on aura aussi parfois des thèmes plus contemporains, plus adaptés à la jeunesse des protagonistes, mais toujours, et sans vraiment d’exceptions, on se laissera porter par les mélodies plaisantes qui accompagnent les différentes scènes du jeu. Qui est d’ailleurs intégralement doublé (si l’on excepte bien sûr les pensées qui ne seront qu’en texte) ! Ces voix crachotent cependant un peu, et pour une raison inconnue, les personnages bougent les lèvres lors de leurs participations… parfois non, sans aucune logique cohérente. Mais dans tous les cas, cela donne un caractère plus vivant toujours appréciable dans un Visual Novel.

Le jeu propose de très beaux visuels.
Be Missed and Remembered ©NEKONEKO-SOFT 2026

Be Missed and Remembered offre une aventure large, de plus de vingt chapitres pour une bonne dizaine d’heures passées. Il prend un peu de temps à décoller mais finit par s’envoler, aller jusqu’au fond de ce qu’il a à proposer pour sa conclusion, avec de plus en plus de visuels alors que le nombre de protagonistes augmente, comme si les choses devenaient plus vivantes lorsque le trio Nao, Risa et Susu est enfin réuni et prêt à se joindre à d’autres. C’est malheureusement une production parlée intégralement en japonais et écrite en anglais (mais on commence à avoir l’habitude). Pas de termes techniques ou difficiles cependant !

Il est appréciable que les chapitres ne soient pas trop longs, permettant de petites sessions sans aller à l’overdose. Le jeu a été programmé sous le moteur Unity et, d’ailleurs, est compatible Windows 10 et 11 (la page Steam ne nomme que W11). Pour qui y jouerait sur PC avec un grand écran, il accepte les manettes. Toutes les fonctions classiques d’un jeu de ce genre y sont donc disponibles, sauvegardes en grand nombre, quick saves, illustrations qui se débloquent au fur et à mesure et peuvent être revues à volonté…

Be Missed and Remembered ©NEKONEKO-SOFT 2026

Au fait, qui est derrière Be Missed and Remembered ?

Grand nombre de Visual Novel traités sur nos pages sont signés Idea Factory. Mais ce n’est pas le cas ici ! On doit Be Missed and Remembered à NEKONEKO-SOFT, un nom probablement obscur pour le grand public malgré sa création en 1999. Et pour cause, cet éditeur indé au nombre impressionnant de productions est spécialisé dans les… romans graphiques pour adultes. On est donc agréablement surpris de se retrouver face à une production tout public, sans fioritures compromettantes.

C’est pourtant un éditeur qui a pris suffisamment de forces pour être capables d’avoir des produits dérivés en vente sur une boutique officielle ou leur place dans certaines conventions japonaises. De nos jours, d’autres studios s’y sont ralliés, tels que Stage-nana, connu dans le domaine pour Narcissu. C’est d’ailleurs Tomo Kataoka, son scénariste, qui est en charge des aventures de Nao et sa troupe.

Be Missed and Remembered – A Letter from the Mayoiga est donc, en soi, loin d’être parfait. Il semble être un effort majeur pour un studio auparavant indé et centré sur un public bien précis. Cependant, et malgré son écriture un peu maladroite et répétitive, il s’avère être une œuvre touchante, qui ne manque de susciter l’envie de voir la suite grâce à un chapitrage bien dosé. À essayer si vous avez une quinzaine d’euros à lui consacrer.

Risa, Susu et Nao… qui n’a pas vieilli d’un pouce en cinq ans.
Be Missed and Remembered ©NEKONEKO-SOFT 2026

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