[Interview] Koré YAMAZAKI & The Ancient Magus Bride : quand la magie transcende !

C’est un peu avant Japan Expo que nous avons eu le plaisir de découvrir The Ancient Magus Bride, un titre empreint de magie, où sorcellerie et modernité s’épanouissent dans une osmose délicieuse. Pendant Japan Expo, nous avons pu découvrir le second tome de la série, mais surtout rencontrer son auteure : Koré YAMAZAKI. Ce mois-ci sort le 3e tome de la série en librairie et c’est à présent à vous d’en savoir un peu plus sur cette petite pépite des éditions Komikku et sa mangaka.

The Ancient Magus Bride - Japan Expo 2015

The Ancient Magus Bride – Japan Expo 2015

 

Le monde fantastique de Koré YAMAZAKI

Cette mangaka, dessinatrice et scénariste, a eu un parcours plutôt atypique et un peu de chance, aussi, à ses débuts « J’ai envoyé quelques-unes de mes illustrations à un site internet où les illustrateurs peuvent publier leurs œuvres, Pixiv. Un éditorialiste a repéré mes dessins, les a appréciés, m’a contacté et m’a demandé de travailler pour lui, c’est ainsi que j’ai fait mes débuts de mangaka. »

ITW YAMAZAKI 002Aujourd’hui, l’auteure a déjà plusieurs titres à son actif : Futaie no Renai Shoka (2012), une romance façon tranche de vie, Mahou Tsukai no Yome (2013), une histoire fantastique entre romance et mystère, ou encore Frau Faust, un josei surnaturel (2014).

Dès le premier tome en 2014, The Ancient Magus Bride donne le ton : on y retrouve toutes sortes de créatures fantastiques tels que les dragons ou les elfes. L’un des personnages principaux est lui-même un sorcier accompagné d’une jeune fille qui sera son apprentie. Elle aussi est une créature étrange et très convoitée par les habitants du monde magique : une Slay Vega ! Lorsque l’on demande à l’auteure d’où lui vient une imagination si foisonnante elle répond : « J’ai grandi dans une famille où l’on aimait beaucoup lire, donc j’ai toujours évolué avec beaucoup de livres. J’ai lu beaucoup de genres différents, mais j’ai toujours eu une préférence pour les livres fantastiques. 

J’aime particulièrement Harry Potter, j’ai donc carrément fait un plongeon dans ce monde et à force de recherches sur l’univers dans lequel se passe Harry Potter, j’ai petit à petit accumulé des connaissances, découvert des choses, des livres anglais de fantasy, on peut dire que mon influence première c’est ça. »

Elle nous parle également de ses influences nippones : « CLAMP, bien connu en France, mais également Minagi Tokuichi, moins connu chez vous et qui a publié beaucoup d’œuvres sur les yokaï, les elfes et autres contres et légendes de différents pays. »

L’univers de Koré YAMAZAKI est en effet rempli d’êtres magiques particulièrement variés, des elfes aux dragons en passant par des petites salamandres tout à fait craquantes. Quand on l’interroge sur ces créatures, l’auteure avoue : « Vous avez remarqué qu’il y a pas mal d’elfes qui portent des noms : ils sont tirés de mes lectures de fantasy. Mais en ce qui concerne le design, c’est de moi, créé selon mon ressenti et de mes nombreuses lectures de livres illustrés d’animaux ». Son animal préféré ? « Je dirais tout simplement le dragon, c’est quand même toute mon enfance ! »                                                                    

© Kore Yamazaki / MAG Garden

© Kore Yamazaki / MAG Garden

Mais la mangaka ne se contente pas de coller ça et là de belles images de créatures fantastiques, elle a également fait un travail de recherche très poussé qui permet une rapide immersion à la lecture de The Ancient Magus Bride. Parmi toutes ces histoires dévorées à droite et à gauche, il y a celle du Black Dog, au centre du second tome : « Il y a une légende anglaise que j’aime bien, celle d’une elfe qui s’appelle Black Dog, « chien noir » et qui aimait bien se réchauffer tous les soirs auprès de la cheminée… Mais, un jour, un soldat serait arrivé et se serait moqué de son aspect de chien noir. Elle aurait été vexée par cette remarque. Le lendemain on aurait entendu un grand cri, un hurlement et on aurait retrouvé le soldat mort. »

The Ancient Magus Bride : la magie est dans le duo

Lorsqu’on observe le travail de Koré YAMAZAKI, l’on remarque d’abord une plume subtile et le trait fin mais ferme de ses dessins. Cela ne s’arrête pas là, l’histoire et la narration sont également très bien ficelés. Un petit travail de fourmi que l’auteur nous décrit : « En général, j’ai une vague idée dans ma tête de ce que je vais pouvoir raconter. Ensuite avec cette vague idée, j’écris le scénario sur ordinateur, avec les dialogues, et ensuite je dessine le story-board et c’est seulement à la quatrième étape que je réalise mes dessins. » On obtient un scénario ponctué d’histoires indépendantes où l’héroïne est initiée à la magie, avec en second plan une trame principale, plus sombre, que l’auteure va étirer avec brio, en prenant soin de nous laisser sur notre faim à chaque fin de tome, en plein cliffhanger !

The-Ancient-Magus-Bride-1-komikkuDe plus, Koré YAMAZAKI a développé une singularité dans sa narration : elle aime que ses héros fonctionnent en tandem : « Vous vous êtes aperçue de cela, c’est bien (Rires). En général je n’aime pas quand il y a un seul héro ou une seule héroïne, je préfère quand ce sont des binômes, quand il y a des interactions. ». Et quel duo ! Sous couvert d’un monde où sont mélangés avec harmonie mythes celtiques et sorcellerie, Elias Answorthet, notre sorcier, et Chisé Hatori, son apprentie, forment une paire insolite dont naîtra une relation assez incroyable : un sorcier vieux de plusieurs siècles qui décide de faire d’une jeune fille de 15 ans…et son épouse ! Mais l’aspect peu commun et impressionnant d’Elias, surmonté d’un crâne invraisemblable, ne semble pas déranger la jeune fille. Un étrange chara-design que la mangaka a pense avoir créé entièrement par elle-même, dans une sorte de révélation un beau jour ! Néanmoins, en y réfléchissant, elle nous confie que « peut-être qu’inconsciemment c’est le résultat de mes nombreuses lectures de livres illustrés sur les animaux ».

Aussi extravagante que puisse paraître cette relation (Elias a quand même quelque siècles de plus, le bougre), cela se fait le plus naturellement du monde sous la plume de la mangaka et c’est une douce et étrange complicité qui va prendre forme entre les deux protagonistes. Très rapidement, Chisé décide de s’abonner à cet étranger qui lui a, pour la première fois, montré ce qu’était la chaleur d’un foyer.

Le « Pilum Murialis », comme est parfois surnommé Elias, ne semble cependant pas être le seul sorcier puissant de l’œuvre : d’autres sorciers, mais également des magiciens, se mettrons sur le passage du de notre tandem. En ont-ils après Chisé, ou couvrent-ils des desseins plus sombres ?

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Koré YAMAZAKI au stand Komikku – Japan Expo 2015

Le mystère demeure dans cette œuvre encore très jeune, mais Koré YAMAZAKI a déjà réussi son pari : on se laisse tout simplement ensorceler par le titre, comme envoûté par les personnages autant que les graphismes fins et délicats de l’auteure. Apparemment, cela fait un peu cet effet à tout le monde… l’auteure a d’ailleurs une petite anecdote amusante à ce sujet : « un jour, une amie était venue me voir alors que je travaillais sur mes planches. Alors, comme je devais travailler, je l’ai laissée et elle s’est mise à lire mes mangas de ma bibliothèque… Elle m’a dit que quand elle a levé les yeux elle a vu des objets tout scintillants et dorés planer autour de moi, flotter comme une aura… j’ai trouvé ça tout simplement fantastique ! »

Pour le mot de la fin, la mangaka explique avec poésie son mélange entre un univers vieux de plusieurs siècles et un monde plus enclin à la modernité : « Beaucoup de gens pensent que dans le monde actuel il n’y a pas de magie, mais moi je pense que c’est le contraire qui est difficile à prouver, comment pouvez prouver qu’il n’y a pas de magie dans ce monde ? »  A méditer n’est-ce pas ?!

Retrouvez toutes les informations sur Koré YAMAZAKI et The Ancient Magus Bride en suivant les éditions Komikku sur Facebook et Twitter et rendez-vous le 22 octobre en librairie pour la sortie du 3e tome !

Merci à Koré Yamazaki pour son temps, à Ryoko Akiyama pour la traduction et aux éditions Komikku pour cette interview.

Crédit photo Lōlu Photography

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4 réponses

  1. 25 février 2016

    […] Komikku nous a également offert une flopée de titres parfois qui furent (trop ?) rapidement oubliés comme La Confrérie des lions blancs, Prisoner and paper plane ou Sorcière et Tenèbres, et d’autres nettement plus remarqués, comme Le Berceau des mers ou The Ancient Magus Bride dont l’auteur, présente à Japan Expo, nous avait accordé quelques instants pour répondre à nos questions sur son univers enchanteur et ses personnages. […]

  2. 15 avril 2016

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  3. 2 août 2016

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  4. 27 janvier 2018

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