[Japanime] The Ancient Magus Bride : quand la magie s’éveille

Amoureux de magie ou à la recherche d’un titre qui vous fasse voyager, The Ancient Magus Bride est le titre qu’il vous faut. En cours de parution en France depuis 2015, et désormais en pleine diffusion sur Crunchyroll, ce manga de Kore YAMAZAKI ne peut vous laisser indifférent, grâce à son monde enchanteur et fantastique. L’auteure a su mettre en place un univers bien à elle, en mêlant magie et réalité. Profitons de la diffusion actuelle de l’adaptation animée pour revenir sur son œuvre, après deux belles années de parution.

The Ancient Magus Bride

 

Un univers fantastique et riche !

Si vous vous intéressez à la série depuis le début de sa parution en France, vous vous souvenez peut être que nous vous avions déjà présenté l’auteure en 2015 lors d’une interview réalisée à Japan Expo. C’est d’ailleurs la seule et unique fois où Kore YAMAZAKI est venue sur le sol français. Aviez-vous eu la chance de la voir ? Depuis, elle a cependant pu revenir en Europe comme en Angleterre où elle a puisé d’innombrables influences. Elle le mentionne avec bonheur, d’ailleurs, dans un de ses volumes. Ce qui transparaît dans son histoire.

©2017 KORE YAMAZAKI/MAG GARDEN·MAHOYOME PARTNERS

En effet, dans The Ancient Magus Bride, on suit le quotidien de Chise, une jeune orpheline japonaise qui choisit d’elle-même de se mettre en vente aux enchères surnaturelles. Dans ces dernières ne se trouvent effectivement que des êtres et des objets venus tout droit du monde fantastique et magique : bêtes monstrueuses ou fantasmagoriques, objets particuliers… Et Chise est si désespérée qu’elle estime qu’elle sera bien mieux ailleurs que seule chez elle. C’est là qu’intervient Elias, un sorcier vieux de plusieurs siècles, plutôt connu mais discret, qui décide de l’acheter pour une somme assez folle. La vie de Chise ne sera plus jamais la même.

Possédant déjà quelques dons de sorcellerie, la jeune fille va finir par suivre un apprentissage à ses côtés et, surtout, découvrir la chaleur d’un vrai foyer. Un paradoxe intéressant quand on finit par en apprendre plus sur Elias, particulièrement asocial. Leur quotidien est ponctué de choses fantastiques : fées, petites bestioles types salamandres, dragons, potions, missions… Autant d’êtres imaginaires et autres actes magiques à réaliser, qui ponctuent leur vie, et qui vont leur permettre de se rapprocher, petit à petit.

©2017 KORE YAMAZAKI/MAG GARDEN·MAHOYOME PARTNERS

Journal du Japon vous présentait donc à l’époque l’univers que Kore YAMAZAKI mettait en place sur ses deux premiers volumes. Aujourd’hui, vous avez la possibilité de lire 7 volumes, le huitième étant attendu pour mars aux éditions Komikku. Mais c’est surtout du côté de l’anime que l’actualité est brûlante. Après 3 OAVs sortis en 2016, qui complètent l’histoire principale en révélant un pan de la jeunesse de l’héroïne, c’est depuis la saison automnale 2017 que l’anime vous est accessible sur Crunchyroll. Avec déjà 15 épisodes disponibles, ce dernier est loin d’être fini et réserve nombre de surprises. Pour information, si vous souhaitez commencer ce dernier, sachez qu’il adapte pour le moment plutôt les 4 premiers volumes dans leur ensemble, soit la moitié des volumes présents en France.

Surtout que depuis le début de la parution, tout le monde attendait cet anime avec impatience. Pourquoi ? Parce que l’univers est suffisamment riche et fabuleux pour offrir de belles images à l’écran. La magie étant omniprésente dans la vie de Chise et Elias, cela crée en effet des scènes inoubliables. L’intrigue principale reste l’apprentissage de Chise et sa caractéristique de slay vega. Une caractéristique qui fait qu’elle emmagasine l’énergie ambiante bien malgré elle, risquant par-là de mettre en péril sa vie. L’histoire de l’anime est ainsi très proche de la version papier.

De nombreux rebondissements, et un fil rouge qui se révèle intense !

On en parle dans la première partie, mais c’est bien ici que se situe la richesse de The Ancient Magus Bride : la relation qui se tisse petit à petit et inlassablement entre nos deux héros. Parce que oui, c’est ce duo qui fait la force de cette série. Comment réagiriez-vous si un être plutôt bizarre (avec une tête d’animal squelettique et un statut de sorcier, tout de même) indiquait que vous alliez devenir son épouse ? Étrange, n’est-ce pas ? Et pourtant, c’est ce qu’il se passe. Mais, curieusement, Chise ne refuse pas la proposition, ni ne l’accepte immédiatement. De plus de nombreux obstacles se mettent sur leur chemin et leur relation, qui peine à s’installer.

©2017 KORE YAMAZAKI/MAG GARDEN·MAHOYOME PARTNERS

Et côté embûches, elles sont sont diverses. Les péripéties peuvent aussi bien être une mission qui tourne mal (l’apparition d’un magicien plutôt glauque et sans limite), qu’un coup de pouce du destin sous forme d’un cadeau pour le moins original (un item permettant de devenir un animal le temps qu’il est porté)… Aussi bien dans le format papier que l’anime, ces derniers sont vraiment mis en valeur. Au format papier tout d’abord par le graphisme particulièrement onirique et poétique de la mangaka, qui met en valeur à merveille les expressions de ses personnages. Et dans l’anime, ensuite, grâce à WIT Studio, qui a su magnifier l’ambiance de The Ancient Magus Bride.

En somme, l’auteure met réellement en avant l’omniprésence de la magie. Qu’il y a toujours une raison fantastique derrière un problème ou une fin heureuse. Et ce n’est pas Chise qui vous indiquera le contraire, tant elle ré-apprend à apprécier son quotidien clairsemé de choses surnaturelles. Car depuis l’enfance, elle est seule à percevoir des choses bizarres et invisible aux yeux des autres. Et cela lui a créé tellement de problèmes, même au sein de sa propre famille, qu’elle avait perdu confiance. Seul Elias et ceux qui l’ont accueilli lui ont redonné cette foi perdue. Donc, à l’instar de Chise, on découvre l’univers de la série : ses bons côtés, comme ses moins bons.

Et c’est usant de cet aspect sombre que le fil rouge se tisse. Un jour, un magicien d’aspect juvénile fait surface. D’abord dans les souvenirs transposés par des êtres fantasmagoriques lors d’une mission, puis ensuite, de façon physique lors d’une autre mission à laquelle Chise et Elias assistent. Chaque fois, les mœurs de ce dernier sont mises en avant, et ne sont pas si innocentes qu’il y paraît, même avec un grand sourire sur le visage. L’intrigue semble tourner quelque peu autour de ce magicien qui connaîtrait Elias. Mais cela se fait toujours de manière parallèle au récit principal, le plus important étant la relation chaleureuse qui continue de s’étoffer entre nos deux héros. Tous deux étant quelque peu asociaux, on prend plaisir à les voir évoluer et s’ouvrir l’un à l’autre. La magie est juste là pour finir de les lier entre eux. Et la trame sombre est un bon moyen de pouvoir éprouver cette relation naissante.

De l’inédit et de l’approfondissement avec l’anime !

Niveau ambiance, WIT Studio a fait appel à l’équipe ayant travaillé sur Hozuki no reitetsu pour réaliser le design de la série, soit Hirotaka KATÔ (réalisateur) et Norihiro NAGANUMA (chara-design). Le résultat est une fidélité agréable à la série initiale, avec une belle atmosphère fantastique comme on les apprécie, un peu à la Harry Potter. Voir tous les personnages étonnants créés par l’auteure à l’écran ensuite est un vrai plaisir tant leur représentation est juste. L’action est fluide quoi qu’il arrive, les jeux de lumière et les décors sont cohérents et même attirants. On ne peut nier qu’un certain soin a été donné à cet anime, et le spectateur le ressent bien assez vite. Enfin la musique, composée par Junichi MATSUMOTO un petit nouveau dans le milieu semble-t-il, est particulièrement bien choisie et dosée. Elle se fond parfaitement avec les images, ne les minimisant pas, bien au contraire. Elle est suffisamment présente pour ne pas la trouver invasive, et en même temps en retrait pour pouvoir l’apprécier à sa juste valeur. Résultat, l’immersion dans l’univers de l’auteure est totale et on valide ! Encore une bonne pioche pour WIT Studio et Production IG.

©2017 KORE YAMAZAKI/MAG GARDEN·MAHOYOME PARTNERS

De cette réussite, les 3 OAV sortis en amont de la série – pour un récit inédit – en donnaient un bon avant-goût. Ces trois épisodes auraient pu être diffusés comme un seul petit film : on y découvre une petite partie de la jeunesse de Chise, une fois livrée à elle-même suite au décès de sa mère. On y aperçoit donc ses premiers jours d’orpheline, recueilli par un membre de la famille qui ne s’en occuperait peut-être pas comme il le faudrait. Et on y distingue surtout les difficultés de supporter ce qu’elle est : une slay vega. Elle voit ce que les gens normaux ne voient pas, et elle attire ces êtres parfois maléfiques.

Effrayée, elle se réfugiera dans une bibliothèque pas tout à fait comme les autres où elle sera acceptée et non jugée. On n’en dira pas plus pour ne pas vous spoiler, mais on y remarque peut-être l’une des rare fois où notre héroïne réussit à prendre sur elle et à avoir foi en quelque chose. Bien avant, donc, de rencontrer Elias. Par ailleurs, le lien est parfaitement réalisé avec l’anime vu que ces trois épisodes pourraient très bien s’ajouter aux trois-quatre premiers épisodes de la série où Chise raconte en effet ses souvenirs. Au niveau du format papier, cela pourrait probablement se positionner à la fin du second tome. Au Japon ces trois OAV sont sortis respectivement avec les volumes 6, 7 et 8… Autant dire que l’anime devient alors une jolie plus-value !

The Ancient Magus Bride est donc un bel anime qui permet de voir se tisser progressivement une relation de confiance, entourée de maladresse, entre nos deux héros. C’est particulièrement flagrant à l’écran, et la touche d’humour parfois présente à droite à gauche, permet d’alléger l’atmosphère et de dévoiler, derrière leurs maladresses, leurs vrais sentiments. Un anime qui sait donc inciter le spectateur à découvrir une histoire pas comme les autres, où deux êtres à l’exact opposé mais avec une solitude commune se rapprochent en tentant de devenir meilleurs, jour après jour. Le tout ponctué de personnages tout aussi haut en couleur et de magie ! Que rêvez de mieux ?

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Vous l’aurez donc compris : Koré YAMAZAKI a mis en place un univers qui oscille entre magie et réalité dans un bel équilibre. L’atmosphère est onirique à souhait, avec l’apparition des êtres surnaturels pour guider nos héros, et l’aperçu de ce magicien mystérieux commence à jeter une certaine obscurité sur l’avenir de nos héros, conférant ainsi davantage de profondeur – et de tension – à l’histoire. Si vous vous devez de tenter cette excellente série, le choix s’offre donc à vous : l’anime en cours, ou le papier qui va un peu plus loin niveau intrigue ?

Retrouvez des informations sur l’anime via le site dédié ou celui du manga, le twitter de l’auteur ou celui dédié à l’anime.

Charlène Hugonin

Rédactrice à Journal du Japon depuis deux longues années, je suis un peu une touche-à-tout niveau mangas, anime et culture. Mais j'ai une jolie préférence pour tout ce qui a trait à la gastronomie japonaise, et ce qui tourne autour ! Peut-être pourrons-nous même en parler ensemble ?

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