Cool Japan : La Figurine se taille une part du marché des loisirs japonais
La vague manga et animation japonaise a su s’imposer auprès du grand public et permet depuis quelques années aux autres aspects de la Pop Culture Japonaise de faire leur apparition en France et en Europe. Sous l’impulsion de fabricants et de passionnés, un marché de la figurine japonaise émerge peu à peu et pourrait bien connaître un véritable essor en cette année 2012.

Un marché émergeant et une année prometteuse
Les figurines sont des répliques miniatures en 3 dimensions de personnages principalement issus (dans le cas présent) des univers du manga, de l’animation japonaise et du jeu vidéo. Il en existe de toutes sortes, fabriquées à différentes échelles de taille avec une variété de matériaux comme le PVC, pour les versions plutôt bon marché, ou la résine, pour les versions plus haut de gamme. Ces figurines, dites de collection, font partie intégrante de la culture Otaku et représentent une part très importante du marché des produits dérivés provenant de la japanime. Témoin de ce succès, le Wonder Festival réunit deux fois par an amateurs et professionnels de la figurine à Tôkyô, un évènement entièrement consacré à cette passion qui attire en moyenne plus de 40 000 visiteurs à chaque édition. Mais malgré sa popularité au Japon, en France et en Europe ce loisir reste aujourd’hui encore assez méconnu, même auprès des amateurs de manga et d’animation japonaise.

« L’état du marché [en France et en Europe] n’est pas exceptionnellement bon », constate Cyril Marchiol, administrateur de Tsume, l’un des rares éditeurs de statuettes européens présent sur le marché aux cotés des grosses structures japonaises ou américaines, telles que Bandai, Sideshow ou encore Goodsmile Company. Mais loin d’être pessimiste, celui-ci nous explique que « les gens sont réceptifs à [leur] travail » et que Tsume « commence à prendre une place sur ce territoire avec des produits appropriés à ce marché ». Confiant, il se dit sur la bonne voie et fonde beaucoup d’espoir sur l’année 2012 qui devrait être « un gros tremplin pour Tsume ».
Du côté des collectionneurs, c’est le même constat. « En France, je pense que le marché n’est pas encore beaucoup exploité », nous confie Charline Tramier, la rédactrice de www.shadonia.com, site spécialisé dans la Figurine géré par deux passionnés. Mais comme Cyril Marchiol, elle porte un regard positif sur son évolution. « Petit à petit les gens commencent à s’intéresser à la Figurine, notamment grâce à l’apparition d’acteurs du milieu en convention, […] le marché commence à s’ouvrir en France. » En effet, lors de la dernière Japan Expo plusieurs fabricants, dont Tsume et Goodsmile Company, qui projettent de s’implanter en France prochainement, ainsi que le sculpteur Takeshi Miyagawa étaient présents. Ces acteurs du marché semblent avoir bien compris l’importance de ce salon, qui rassemble des milliers de visiteurs chaque année, dans la promotion de la culture pop japonaise en Europe, et donc de la Figurine. À ce propos, le responsable de Tsume nous confie que Japan Expo sera son « plus gros vecteur de communication de l’année » et que son équipe prépare les choses en grand pour la prochaine édition. Si l’on tient également compte des projets de Goodsmile Company qui devraient voir le jour cette année, tout cela laisse présager une véritable mise en lumière de la Figurine en 2012.

Contrefaçon et sensibilisation
La Statuette japonaise est avant tout une affaire de passionnés et le développement de son marché en Europe et en France passera par un travail d’information de la part des amateurs et des professionnels. Il s’agit de construire une relation de confiance entre acheteurs et fabricants car l’un des principaux freins est sans conteste le problème de la contrefaçon, qui reste présente dans les conventions et même chez certains revendeurs peu scrupuleux.
« Certaines boutiques ne jouent pas le jeu et ont entaché la réputation de cette passion en vendant de la contrefaçon, déplore Charline Tramier. Au final, ce sont les collectionneurs qui en font les frais et je pense que ça peut leur laisser une impression assez amère du milieu. » De moins bonne facture, les fausses figurines possèdent généralement des défauts dans les finitions et sont conçues avec des produits de moindre qualité qui s’abiment plus vite. Des détails que le connaisseur saura reconnaitre mais comme nous l’explique la rédactrice de Shadonia, « pour les néophytes il est difficile de distinguer le vrai du faux ». Charline Tramier nous avoue s’être elle-même fait avoir au début.
Une communauté engagée, véritable acteur du marché
Aujourd’hui, c’est elle qui donne les bons conseils. Elle a d’ailleurs consacré un article à ce problème, paru dans le « deuxième numéro de Shadonia Magazine disponible gratuitement au format numérique. Ce nouveau projet de l’équipe de Shadonia a été lancé en septembre 2011 dans le but d’informer et de promouvoir cette passion, près de trois ans après la création du site shadonia.com. « On voulait marquer le coup, proposer quelque chose de nouveau aux lecteurs et l’idée du magazine est née. Nous espérons que le magazine permettra de toucher un public plus large que le site, en offrant une autre façon de s’informer sur la Figurine. » Composé d’une trentaine de pages, ce magazine est l’outil parfait pour découvrir l’univers de la statuette, à travers des interviews, des dossiers, des conseils et des présentations des nouvelles sorties des éditeurs. L’initiative a reçu un bon accueil sur la toile et devrait en convaincre plus d’un de se lancer.


Il existe de nombreux sites où les fans partagent cette passion. On peut citer la communauté très active de collectionneurs francophones présentes sur le forum du site Figure Maniax, qui fait référence. Plus que des simples lieux d’échanges, ces sites sont des sources d’informations fiables. Pour Cyril Marchiol, « C’est une aide très précieuse si vous voulez entamer une collection et que vous êtes débutant. » Charline Tramier, va même plus loin et pense que « tous les passionnés peuvent devenir acteurs de ce marché et le promouvoir, il suffit juste de partager et de faire découvrir ce milieu au plus grand nombre ».
Des professionnels présents et ambitieux
Certains professionnels du milieu sont également très présents sur Internet et utilisent les réseaux sociaux comme moyen privilégié pour interagir avec leurs clients. À l’image de Goodsmile Company qui anime une page Facebook et un compte Twitter en français pour préparer son arrivée, mais surtout de Tsume qui a su construire une relation de confiance avec les amateurs de figurines depuis son lancement en 2010. Dernièrement, l’éditeur proposait un concours permettant de gagner une invitation pour voir les coulisses de la fabrication de leurs statuettes.


Rassurer sur la qualité des productions, point essentiel pour les fans, est le principal objectif. Même si le fabricant lance également des collections de figurines en PVC, Tsume a d’abord choisi de mettre en avant son savoir faire à travers sa gamme HQS (high quality statues), composée de figurines produites en résine en édition très limitée. « Arriver sur un tel marché sans être connu nécessite de faire une belle présentation. Trop peu d’acteurs sur le marché se donnent les moyens d’aller au maximum et nous voulions marquer les esprits à travers des produits différents, adaptés à une certaine clientèle européenne un peu oubliée », nous explique l’administrateur de Tsume.
Mais pour cette jeune entreprise qui travaille sur des grosses licences japonaises du monde du manga dont Naruto, Bleach et Soul Eater, les clients ne sont pas forcément les plus durs à convaincre. « Les relations sont bonnes, ils voient bien notre envie de nous dépasser […] dans un premier temps nos choix sont limités et on nous impose beaucoup de choses. Une fois que les résultats sont là, tout devient envisageable », nous raconte Cyril Marchiol, à propos des relations avec les ayants-droit. Une motivation de plus à la hauteur des ambitions de son entreprise. Tout reste à faire sur le marché de la Figurine en Europe, mais on peut compter sur Tsume pour le marquer de sa griffe.
Un grand remerciement à Charline Tramier et Cyril Marchiol, ainsi qu’à Sebastien Agogué, pour leur disponibilité et leur participation.
Pour aller plus loin :
Tsume : http://www.tsume-art.com, Facebook
Shadonia : http://www.shadonia.com/site/magazine, http://www.shadonia.com/site/, Facebook

