[Live Report] VAMPS : Chroniques Vampiriques

VAMPS, c’est LE groupe japonais qu’on ne présente plus. Après une apparition timide en 2010 qui faisait office de phase de test, le duo diaboliquement rock a décidé que l’année 2013 marquerait sa réapparition sur le Vieux Continent, histoire d’afficher officiellement sa volonté d’expatriation. Un retour en grande pompe, accompagné de la sortie d’un best-of du nom de la devise du groupe : « SEX, BLOOD, ROCK N’ ROLL ».

VAMPS - Photo Lōlu

La semaine dernière fut donc chargée pour VAMPS et ses aficionados. Barcelone, Paris, Berlin et Londres, le groupe n’a pas chômé, offrant l’une des plus grandes tournées qu’un groupe japonais de renom n’ait jamais faite en Europe. Mais malgré une attente certaine de la part des fans comme du groupe, seule la date londonienne était sold-out, mettant en évidence un dysfonctionnement dans des rouages qui semblaient pourtant parfaitement huilés. Journal du Japon a pu suivre en exclusivité le groupe sur une partie de cette tournée. Récit d’une cavalcade à 100 à l’heure.

 

Ven a Barcelona !

Nous n’allons pas vous le cacher, chez Journal du Japon, on aime beaucoup VAMPS. Alors quand le groupe a annoncé, à la surprise générale, une tournée européenne pour ce mois d’octobre, une partie de l’équipe était déjà dans les starting block : impensable pour nous de manquer l’un des événements majeurs du « J-Music grand cru 2013 ». Mais évidemment, comme nous sommes un peu gourmands, la date parisienne ne suffisait pas, et c’est donc le cœur en joie (et les valises sous les yeux) que notre équipe s’est rendue à Barcelone.

La Sala Apolo, qui accueillait le groupe pour la seconde fois de leur carrière, est une petite salle d’une capacité d’environ 1000 personnes à l’atmosphère calfeutrée, ambiance cabaret. Situé dans un quartier où souffle un air de décadence, le lieu rougeoyant incarnait parfaitement l’âme vampirique de VAMPS.
Petite scène, espace réduit, proximité avec le public, autant d’atouts qui font de ce concert une exception en soi : la salle et son public transpirent le rock, cette Arlésienne si chère au cœur de Hyde qu’il peine à retrouver dans son pays d’origine. Pourtant, alors que les premières notes de Vampire Depression raisonnent, on sent comme un malaise sur scène, une distance palpable. Le groupe semble quasiment éteint et Hyde, à grand renfort de gestes dignes de la commedia dell’arte, essaie tant bien que mal de nous persuader qu’il est encore habité par ses chansons.
Peine perdue.
Les regards sont vagues, les sourires ternes. Les tubes, sans aucune fausse note malgré le son catastrophique de la salle, s’enchaînent à une vitesse folle, et le public répond présent. Néanmoins, VAMPS ont du mal à se dérider, et s’enferment dans leur routine japonisante qui a fait d’eux une parodie. À force d’abuser et de surconsommer les concerts depuis plus d’un an au Japon, les membres semblent définitivement usés, à la limite de la raillerie face aux danses auto-contemplatives de Hyde.

Pour autant, le public, trop heureux de ce retour inespéré après trois ans de sevrage, n’est pas prêt à lâcher nos cinq acolytes, et, à force de cris, d’encouragements, de headbangs et de sauts, parvient à ses fins : sur « Get Up »:http://youtu.be/MvNJ8YyKpRc, la barrière se brise, le groupe tombe le masque, et le show peut enfin commencer. S’en suit alors une course poursuite contre le temps, que VAMPS semblent vouloir rattraper : exit le gâchis des premières chansons, le corps et le cœur ne forment maintenant plus qu’un, et après une petite pause dégoulinante avec Memories et My First Last, les affaires reprennent.

L’enchaînement épique qui est offert au public, dont le point d’orgue restera sans nul doute Trouble, retourne complètement la Sala Apolo … mais également nos Japonais. Cette fois, on peut lire sur leur visage la joie d’avoir retrouvé, trois ans après, un amour perdu. Sur Love Addict, Hyde et K.A.Z se placent timidement l’un en face de l’autre pour entamer la mythique intro. Un geste plutôt routinier, mais qui a l’air de prendre une dimension totalement inattendue pour le duo, celle de la renaissance. Une renaissance qui s’ancrera définitivement lors de Sex, Blood, Rock n’ Roll, épuisant les derniers soubresauts de vie que le public tentait vainement de conserver.

VAMPS is back.

 

J’ai faim !

VAMPS - Photo Lōlu

Si Barcelone fut la mise en bouche de la tournée européenne, Paris en était la pierre angulaire. En effet, dans leur conquête de l’Occident, nos Japonais ont cru bon d’avoir la folie des grandeurs en voulant inscrire leur nom aux côtés des légendes du rock. Ainsi, les lettres capitales rouge sang de VAMPS ont brillé sur la façade de l’Olympia, montrant aux yeux de tous à quel point leur volonté de s’ouvrir au monde est grande.

Un défi à la hauteur des exigences de Hyde, et relevé haut la main par les quadragénaires. La scène est plus grande, plus prestigieuse, avec un décor et un son digne de ce nom. Ce qui faisait défaut à Barcelone semble ici ne plus pouvoir exister, et rien, mis à part une salle à moitié pleine, ne pourrait entacher le point d’orgue de la tournée.
Accompagné d’un lightshow explosif, les membres de VAMPS apparaissent cette fois détendus, le regard plein de détermination. Enfourchant fièrement sa guitare, K.A.Z frappe fiévreusement ses cordes, son pied battant frénétiquement les rythmes endiablés d’Arimatsu. Hyde de son côté virevolte sur la scène, moins théâtral mais toujours dans l’emphase, chantant avec une impétuosité certaine le tube qu’est Devil Side . Ju-Ken quant à lui n’en finit plus de chauffer à blanc les premiers rangs avec sa basse.

La tension est à son comble, et dès le début du concert, on sent s’installer ce que le profane appellera « l’osmose ». Une harmonie qui ne se démentira pas tout au long du concert, en témoigne la réception plus que positive des nouvelles chansons du groupe, Replay et Ahead.

Et alors que l’extase rock n’ rollesque semblait être atteinte, Hyde hurle « j’ai faim !!! Qui je vais manger ?!? LET’S HUNTING !!  ». « L’ivresse prend la salle »:http://youtu.be/PLOATqi9YvA.
Saturé en hormones vampiriques, le public n’en finit plus de sauter, de hurler : à peine sortis de scène, VAMPS sont déjà réclamés à corps et à cris. Du sol au plafond, l’Olympia s’embrase et exige le sang de ses idoles en scandant «  BANG ON ! STOMP EVERYBODY !  ». Très rapidement vaincus, les musiciens immortels écourtent leur pause et reprennent le slogan, entamant ainsi une ardente « REVOLUTION »:http://www.youtube.com/watch?v=clRa7DqFVUo .
L’exaltation est palpable, et comme pour Barcelone, Sex, Blood, Rock n’ Roll clôturera d’une main de maître ce concert qui restera pour beaucoup de fans, « d’anthologie ».

La suite, elle coule de source : des concerts bien remplis, voire complet pour Londres, un très chaleureux accueil, et la promesse d’un rapide retour. Ainsi, malgré des problèmes techniques ou de santé pour certains membres, VAMPS ont donné des prestations sans accroc, professionnelles jusqu’au bout du médiator.
La setlist, unique pour toute la tournée, donnait la part belle aux chansons du best-of, offrant une seconde jeunesse à certaines musiques qui ont déjà cinq ans. Les remixes, bien que douteux en version CD, prennent beaucoup plus d’ampleur en live, notamment REVOLUTION II. Enfin, l’interprétation en anglais de la plupart des morceaux, bien qu’étrangement gênante pour les fidèles, n’entache en rien leur beauté : ils ne perdent rien au change.
Au final, on peut donc dire que VAMPS ont rempli leur part du contrat, à savoir des concerts enivrants dévoilant une large palette de leur répertoire musical et scénique.
Pourtant, force est de constater que dans les faits, cette tournée n’a pas été aussi idyllique qu’il n’y paraît, et cela dû principalement à une promotion quasiment inexistante.

 

VAMPS, histoire d’un rendez-vous raté

Les professionnels du milieu ne diront pas le contraire : la venue de VAMPS s’est faite « à l’arrache ». Annoncée après les poids lourds de 2013 que sont ONE OK ROCK, The Gazette, ou Perfume, la date parisienne de VAMPS est arrivée comme un cheveu sur la soupe, alors que les fans de J-Music étaient déjà en banqueroute. De plus, face au prix assez conséquent des places, ajouté au fait que la date était en pleine semaine, certains des plus addicts ont vite abandonné l’idée de revoir Hyde et K.A.Z sur scène. Plusieurs aspects qui ont donc découragé une bonne partie de leur public principal, notamment ceux qui auraient fait le déplacement « par curiosité ». Ainsi, quelques minutes avant le début du concert, l’Olympia n’était qu’à moitié plein, et ce n’est qu’à l’aide d’une considérable distribution d’invitations que la salle a pu, tant bien que mal, se remplir. Un cache-misère.

Mais le groupe l’affirme haut et fort, il veut toucher le plus grand nombre. Plus de focalisation sur les besoins de ce public de niche, il faut s’ouvrir au monde !
Oui, mais comment ? Live Nation, qui est pourtant une pointure sur le marché, a débuté trop tardivement la promotion de notre duo nippon, laissant la majorité du travail à Replica Promotion, engagé pour l’occasion par la maison de disque de VAMPS … Universal.

VAMPS enregistre "Une dose 2 Métal" - Photo Lōlu

Un transfert chaotique, mais saluons l’effort : dans le peu de temps qui leur était imparti, l’équipe promotionnelle a notamment réussi à caser un passage en radio sur OUÏ FM et un passage TV sur l’Enôrme TV, respectivement dans deux émissions honorables et de qualité (« Bring The Noise »:http://bringthenoise.ouifm.fr/ et « Une Dose 2 Métal »:https://www.facebook.com/EnormeTvMetal) dont la cible est résolument plus métal. Un choix stratégique judicieux, et qui va dans le sens de la promo en Angleterre avec plusieurs publications dans le célèbre KERRANG! .

Il n’empêche, que s’est-il passé dans la tête des organisateurs pour ne pas profiter des concerts européens et faire une promo digne de ce nom ? Qui est a blâmer dans l’histoire ? Car même en s’adressant à des professionnels du milieu, la tendance peine à décoller. Le problème ne viendrait-il pas alors des Japonais qui, encore trop méfiants, se mettraient inconsciemment des bâtons dans les roues ?

Mais la vraie interrogation est la suivante : quels sont les médias qui, de nos jours, pourraient parler d’un groupe comme VAMPS ? Avec la crise de la presse papier qui n’a pas épargné le secteur musical, ces magazines connus de tous qui ferment les uns après les autres, quel serait LE média qui pourrait apporter une vraie crédibilité artistique à notre duo, ou à tout autre groupe japonais désireux de s’exporter ? Au delà des habitués du genre, n’y a t-il pas une vraie stratégie marketing à repenser autour de cet épineux problème ?

Autant de questions qui méritent d’être posées, mais qui n’auraient pu être soulevées sans la venue de L’Arc~en~Ciel en 2008, ni même aujourd’hui sans cette façon si décomplexée qu’a Hyde de traiter le problème : il veut conquérir le marché international, et fera tout ce qui est possible pour y parvenir, même s’il faut tailler dans le vif.
Qu’on se le dise, VAMPS ne risque pas de disparaître de sitôt, et cette année 2013, riche en venues de tous bords, pourrait changer définitivement le paysage J-Music de nos contrées. 

VAMPS  - Photo Lōlu

Setlist de la tournée européenne :
VAMPIRE DEPRESSION
DEVIL SIDE
REDRUM
THE PAST (version anglaise)
REPLAY
MEMORIES (version anglaise)
ANGEL TRIP (version anglaise)
Life On Mars? (reprise de David Bowie)
SECRET IN MY HEART
MY FIRST LAST
TROUBLE
HUNTING
GET UP
AHEAD
MIDNIGHT CELEBRATION
—-
REVOLUTION II
SWEET DREAMS (version anglaise)
LOVE ADDICT
SEX BLOOD ROCK N’ ROLL

 

« Retrouvez toutes nos photos du concert sur ce lien « :http://www.journaldujapon.com/vamps-a-lolympia-paris/ , ainsi que « notre interview du groupe par ici. »:http://www.journaldujapon.com/2013/10/interview-vamps-une-conquete-brutalement-sexy-de-l.html
 

Vous pouvez retrouver l’actualité du groupe sur leur « site »:http://www.vampsxxx.com/main.html, leur page « Facebook »:https://www.facebook.com/VAMPS.UniversalInternational.DeliciousDeliRecords?fref=ts mais aussi en suivant la « street team française »:https://www.facebook.com/VAMPSOfficialFR.

Remerciements à Olivier Garnier de Replica Promotion, l’équipe d’Une Dose 2 Métal pour leur professionnalisme et leur passion, ainsi qu’à l’ensemble d’Hydeist France pour leur disponibilité et leur fraîcheur.

Photo Lōlu ©journaldujapon.com – Tous droits réservés

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