West Side Festival 2014 : bilan des courses

Après le succès d’estime de la première édition, il était normal que Journal du Japon se refrotte au West Side Festival, en Vendée. C’était d’autant plus légitime que cette année encore, le Japon était le pays mis à l’honneur, avec cinq artistes et formations invités. Alors, quel bilan retenir de ce deuxième essai ?

Warm-up

Le festival s’ouvre vendredi 6 juin. Le site est le même qu’en 2013 : un petit champ aménagé dans le centre de Notre-Dame-de-Monts. Plusieurs stands de merchandising, l’habituel spot Ajinomoto (sponsor, cette année encore, du festival) où l’on pourra se rassasier de yakisoba et d’onigiri végétariens, une caravane où de jeunes Montois enregistre une émission de radio, une buvette (on ne serait rien sans ça) et, bien entendu, deux scènes. Un festival à taille humaine en somme.

 

West Side Festival
Yosi Horikawa
Photo Thomas Hajdukowicz

 

Mais pas le temps de tergiverser. Le premier concert va commencer. Yosi Horikawa a la lourde tâche d’ouvrir le festival devant un public encore clairsemé – il est 19h00 et on compte une petite centaine de festivaliers sur le site pour le moment. Cependant, le DJ originaire d’Osaka ne se dégonfle pas et nous livre un set laptop impeccable. Sa musique, mêlant bruits du quotidien mis en boucle et beats électroniques, envoûte.

Ce ne sera hélas pas suffisant pour mobiliser les foules, qui attendent déjà patiemment devant l’autre scène l’arrivée de La Maison Tellier en formation réduite. Yosi Horikawa quitte la scène discrètement. C’est le seul artiste nippon à jouer ce soir. Cependant, après les sets de La Maison Tellier (qui s’autorise une reprise de Royals, de Lorde), des jeunes branleurs de Vundabar et de Shannon & The Clams, le temps est à l’orage. L’organisation décide d’annuler les concerts suivants. Pas de Yamantaka / Sonic Titan, ni de Duchess Says. C’est un peu la douche froide – stricto sensu. En attendant, les Salut C’est Cool s’en foutent et jouent au jokari sur la place de l’Eglise, avec leurs dégaines d’un autre temps et d’un autre monde.

 

Montée en puissance

Le samedi s’annonce différent. Les nuages de la veille sont loin. Le soleil brille, ébloui et fait rougir les touristes à la peau claire. Le premier concert est donné par Emiko Ota et sa formation, le KiriSute Gomen (composé uniquement du guitariste/bassiste Julien Omeyer pour l’occasion), dans l’amphithéâtre du Jardin du Vent. Le cadre est parfait : la percussionniste/batteuse/chanteuse ouvre la performance avec des fûrin, ces carillons japonais que l’on suspend en été, et que le vent fait tinter. Débuté devant un public d’abord clairsemé (la digestion, sûrement), le concert attire peu à peu les curieux en ballade. Le mélange des chants traditionnels dans une langue que finalement peu de festivaliers comprennent à des sonorités surf/psyché/punk rock et rockabilly intriguent et plaisent. Ajoutez à cela des musiciens en yutaka pour un dépaysement complet.

 

West Side Festival
Emiko Ota & KiriSute Gomen
Photo Thomas Hajdukowicz

 

Peu de temps après, on poursuit l’après-midi devant la création chorégraphique et musicale du duo Keiko Sato (à la danse) et Kengo Saito (au sitar). Ce dernier est accompagné par Antoine Morineau aux percussions. Le mélange est étonnant : la musique est résolument orientale (du Proche comme de l’Extrême-Orient, par ailleurs) et contraste avec la danse énergique contemporaine de Keiko Sato, qui joue avec son environnement. Mais il y a bel et bien harmonie entre les deux arts : on ressent la grâce tant dans les sonorités aériennes de l’instrument à cordes que dans les mouvements de la danseuse. Les deux éléments se répondent et se complètent. Le public, mis à contribution, est conquis.

 

West Side Festival
Keiko Sato et Kengo Saito
Photo Céline Maxant

 

Le temps de retourner sur le site du festival pour voir les concerts des truculents Octopus Project, des sympatoches Absolutely Free, de l’incroyable Kid Congo et des Irlandais de Girls Names, et c’est l’heure de la dernière performance japonaise de la journée : le set de NHK Koyxen. Le public, bien plus important que la veille, s’est massé devant la scène pour voir et écouter cet inconnu portant d’improbables lunettes stéréoscopiques. Les boucles électroniques et abstracts du DJ japonais expatrié en Allemagne ne tardent pas à soulever un public très enthousiaste. Les basses puissantes et les rythmes hypnotiques tabassent pendant 50 trop courtes minutes.

La soirée se poursuit avec les très attendus et très locaux Von Pariahs, Holograms (des Suédois, il paraît) et surtout les dingues de Kap Bambino. On s’endort les oreilles bourdonnantes et le sourire aux lèvres.

 

West Side Festival
NHK Koyxen
Photo Thomas Hajdukowicz

 

 

Conclusion

Comme l’année dernière, les concerts du dimanche, donnés sur la plage de Notre-Dame-de-Monts, laissent la part belle à la relaxation, après deux soirées pleines de musique bougeante. Après la cold wave du one-man band Jessica93, Tujiko Noriko ferme la marche avec sa musique céleste.

Alors, quel bilan ? Ben encore une fois, c’était bien chouette. Manifestement, le public de l’an dernier a fait passer le mot : on avait clairement le sentiment que le nombre de festivaliers de cette seconde édition était plus important que l’an dernier. La programmation japonaise était cependant plus confidentielle : pas de grosse tête d’affiche à la 5.6.7.8’s. Ca n’est pas plus mal : le public a pu une nouvelle fois se rendre compte que la musique japonaise, ça n’est pas que la J-Pop ou le visual kei, mais bien une multitude de genres. On ne sait pas encore si le festival sera reconduit pour une troisième édition. Si tel est le cas, le pays invité ne sera pas le Japon. Pas grave : on y reviendra, histoire de surprendre une nouvelle fois nos oreilles.

Japan in Motion : Et vous, quel Japon préférez-vous ?

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