Sélection manga, à la rentrée on va s’gaver

Comme partout ailleurs, après la pause estivale, les affaires reprennent chez nos éditeurs préférés. Et comme toujours à cette période, plutôt deux fois qu’une. En effet, la rentrée fait traditionnellement partie des 2 ou 3 périodes les plus prolifiques en sorties de l’année, et encore une fois ce fait ne se dément pas. Car si 12 petits tomes se battaient en duel sur les 2 premières semaines d’août, c’est pour mieux concentrer près de 130 nouveaux volumes en 10 jours à la fin du mois. Et septembre n’est pas en reste, avec ses 160 sorties.

Bref cette année la rentrée manga c’est pas loin de 300 sorties et 36 nouvelles séries (hors one-shot) sur les étals !!! L’équipe de Journal du Japon s’est donc retroussé les manches pour pour plonger dans ce raz de marée, et vous en tirer sa sélection : 15 titres qui valent le détour, dont les 10 nouvelles séries qui nous font envie.
Profitez bien des beaux jours et bonnes lectures.

Paul : Pour ce retour de vacances, me voilà avec des envies de shônen, mais pas n’importe lesquels : du shônen sportif avec Haikyû chez Kazé Manga et un shônen forcément atypique puisqu’il sort chez Akata, Prisonnier Riku.
Le premier commence à être bien connu depuis que son adaptation en anime est diffusée en France chez Wakanim. De plus, pour ce 5e volume, nous arrivons à un moment clé classique du shônen sportif : se relever après la défaite. Même si l’équipe de volley-ball de Karasuno possède des joueurs plein d’avenir, elle est encore jeune et doit désormais s’étoffer et grandir en tant que groupe.
Voici aussi l’occasion de savoir comment cet excellent shônen de Haruichi Furudate va se sortir de ce tournant narratif hyper connu et parfois rébarbatif. Est-ce que le dynamise de la série sera toujours présent, est-ce que les entraînements et la progression vont durer et laisser la place à l’introspection ou retournerons-nous dès les prochains chapitres des deux cotés du filet ? Réponse le 20 août chez vos libraires !

Le second titre est une nouveauté qui nous vient du magazine Shônen Weekly Champion(Saint Seiya Lost Canvas, Baki) de l’éditeur nippon Akita Shoten. Cette première série de Shinobu Seguchi débute dix ans après qu’une météorite se soit écrasée sur Tokyo, séparant la mégalopole en deux : d’un côté, une ville réservée aux riches, de l’autre, un terrible bidonville, véritable zone sinistrée et de non-droit. C’est là que le grand-père du jeune Riku est assassiné et que ce dernier est accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis. Il finit en prison de haute sécurité, rapidement maltraité par les chefs de gangs. Mais sa rage, son envie de survivre et son désir de vengeance pourraient bien lui permettre de changer son destin !
Akata a choisi de faire de cette série son premier shônen et marque le coup en sortant les deux premiers volumes le 11 septembre, puis un tome tous les mois, la série, encore en cours, en comptant déjà 18 au Japon. On a donc hâte de voir ce que Prisonnier Riku a dans le ventre !

Romain : Pour ma part c’est du coté de Tonkam que je ferai mes courses de la rentrée, avec 2 grands classiques : Kimagure Orange Road et Jojo’s Bizarre Adventure.
Il aura fallu attendre 2011 avant que Tonkam ne se décide à republier l’un des shônen de romance phare des années 80 : Kimagure Orange Road. D’abord paru chez feu J’ai lu en 1998, KOR est avant tout connu pour être le manga où est née Madoka, une icône longtemps restée le personnage préféré des Japonais pour sa beauté, son arrogance et sa fragilité, à contre-courant des héroïnes de l’époque.
Cette nouvelle édition aura bénéficié de nouvelles jaquettes et traductions plus proches de la version originale, alors on salue Tonkam pour l’effort car cette série ne leur aura sûrement pas rapporté grand-chose, en dépit de ses nombreuses qualités. Ce 18e volume signe la conclusion quelque peu brusque des frasques de l’indécis Kyôsuke : il faut qu’il assume enfin ses choix. Que va-t-il advenir de l’amitié entre Hikaru et Madoka ? Comment notre héros va-t-il gérer sa décision ? Nostalgie assurée !

Quant au second, après l’arrêt de sa publication en 2006 à son 4e arc également aux éditions J’ai lu, les nouveaux fans de la célèbre série de Hirohiko Araki (initialement publiée en 1987 au Japon) désespéraient de pouvoir mettre la main sur les premiers volumes de la saga. Après avoir repris la publication de la cinquième partie (Golden Wind, 1996), puis poursuivit avec la sixième (Stone Ocean, 2000) et la septième (Steel Ball Run, 2004), Tonkam nous faisait le plaisir de republier la troisième et plus plébiscitée, Stardust Crusader (1989).
C’est le succès de ces éditions qui a permis, enfin, la réédition de la première partie, Phantom Blood (5 tomes, 1987) dont le second tome sortira fin septembre. L’histoire se passe en Angleterre et nous retrouvons le premier Jojo, Jonhatan Joestar, qui fera face à son vil frère Dio. Cette partie visuellement old school est proche du style de Buronson, mais possède déjà les bases qui feront de ce shônen une légende. Un grand cru ! Tous à vos librairies, ORA ORA ORA ORA !

Julien : Pour se consoler de la fin de l’été, quoi de mieux qu’un peu d’action. Mon regard se tourne donc d’un coté vers Dimension W, excellente série que j’ai dévoré pendant mes vacances, et de l’autre vers Red Eyes Sword, une des nombreuses nouveautés de la rentrée.
L’auteur nous l’annonçait au tome précédent : le 4e tome de Dimension W fera place à l’action. Le 3e volume démarrait en effet une nouvelle obscure affaire liée aux coils. Pour varier les plaisirs, il était cette fois question d’une enquête sur fond de mystère esotérico-scientifique, qui laissait la jolie Mira dans une position des plus dangereuse. Et maintenant que le mystère s’éclaircit, la résolution de l’énigme devrait être musclée !
Heureusement, Ki-oon a le bon gout de ne pas nous faire poireauter. Alors que le 6e opus vient à peine de sortir au Japon, l’éditeur a opté pour un rythme de sortie étonnamment rapide pour la dernière série de Yuji Iwahara. Un choix sans doute calculé pour mieux accrocher les lecteurs. Car bien qu’ayant souvent séduit la critique, les précédents titres de l’auteur n’avaient malheureusement pas connu le succès qu’ils auraient mérité auprès du public.
Une injustice que Dimension W a toutes les qualités pour réparer.

Du coté de Kurokawa, maintenant que Soul Eater est terminé, c’est une place de blockbuster shônen qui s’est libérée et qu’il va falloir combler. Une place à laquelle Blood Lad, dont le 10e tome sort déjà fin aout, pourrait bien déjà prétendre. Mais l’éditeur ne mettant pas tous ses oeufs dans le même panier, il ne sera pas seul sur les rangs puisqu’un certain Red Eyes Sword, alias Akame ga Kill !, se porte d’ores et déjà candidat.
Or, comme en matière de shônens Kurokawa nous a habitué à sortir des sentiers battus, ça vaut toujours le coup de jeter un oeil. Et ce nouveau titre semble bien ne pas déroger à la règle, en nous promettant une ambiance sombre et morbide où les personnages risques vraiment leur vie à chaque page, à la mannière de L’Attaque des Titans.
Quoi qu’il en soit, avec 10 tomes au Japon (et toujours en cours), déjà un spin-off au manga, mais aussi une adaptation animée débutée depuis peu (diffusée chez nous par ADN), la licence Akame a clairement conquis le public japonais. À notre tour ?

Alice : « La rose trémière », une bibliothèque pour enfants, et son responsable à lunettes et à la coupe de cheveux en forme de champignon. Voilà une belle entrée en matière pour cette nouvelle œuvre originale que nous proposera Komikku, qui sortira les 2 premiers volumes du même coup à la fin du mois d’aout. Un éditeur qui n’arrête décidément pas de nous surprendre après Sakamoto et Le nouveau Tom Sawyer.
Dans Le Maître des livres, Umiharo Shinohara nous présente un véritable « sommelier des livres ». Clui-ci réussit à trouver le bon livre au bon moment pour chaque personne, adulte ou enfant, qui vient dans sa bibliothèque, tout comme l’héroïne du roman d’Ito Ogawa (Le restaurant de l’amour retrouvé) savait trouver le plat qui comblerait les papilles et le cœur de chaque convive.
Donc une énorme envie de découvrir cet univers qui m’est cher et de me replonger dans les grands classiques de la littérature enfantine !

Jean-Baptiste : Dans cet océan immense que sont les nouveautés de la rentrée, mon attention s’est portée sur deux œuvres radicalement différentes : Tokyo River’s Edge et Parapal.
Tokyo River’s Edge reprend un pitch de base assez classique : l’agence Okawabata, forte de trois détectives, est prête à tout pour répondre aux demandes de ses clients, quels qu’ils soient. Bon, jusqu’ici, ça ne promet pas quelque chose de transcendant. Par contre, savoir que le dessinateur de Coq de Combat, Akio Tanaka, travaille également sur ce manga offre bien plus d’espoir : entre la finesse de son coup de crayon, reconnaissable entre mille, et la violence morale de son autre série, Tokyo River’s Edge a tout de suite plus d’atouts qu’il n’y paraît ! La série a d’ailleurs connu suffisamment de succès pour être adaptée en drama, dont la diffusion a commencé sur TV Tokyo en avril. Il ne reste plus qu’à attendre le 10 septembre pour juger si l’agence Okawabata est « on the case. »

Parapal, de son côté est une valeur sûre. Injustement stigmatisée par Animeland lors de sa sortie, cette série nous emmène aux côtés d’un groupe de lycéens se retrouvant chacun avec un sens développé à l’extrême à cause de parasites extraterrestres qui squattent leurs cerveaux. Cette altération change leur perception du monde, et met surtout en exergue ce qui caractérise le plus la période du lycée dans la bande dessinée japonaise : les relations amoureuses. Ishida Takumi dépeint une adolescence plus perdue dans sa quête de valeurs que décomplexée, le tout sous un léger vernis de science fiction en guise de fil rouge. Dans un genre qui manque cruellement de bons représentants, Parapal propose une histoire d’excellente facture, qui promet encore bien des surprises.

Olivier : Pour cette rentrée, mes attentes portent sur 2 mangas qui ont en commun la région méditerranéenne, mais sur des sujets opposés.
Dans Altaïr à paraitre chez Glénat Manga, il sera question de guerres, un peu à la manière d’un CESARE ou d’un Ad Astra, les personnages historiques en moins. Mais si l’œuvre se situe dans un monde fantaisiste, il est évident que Konoto Katô conserve de grosses influences, notamment autour de la Turquie. Il suffit de lire le synopsis de l’éditeur pour sans rendre compte :
« Mahmut est le plus jeune homme à accéder au rang de pacha, général de haut rang dans la stratocratie de Türkiye. Accompagné d’Iskandar, son fidèle aigle royal, ce pacifiste sillonne le pays pour déjouer les conflits. Malheureusement, tous ses compatriotes ne partagent pas ses convictions et l’empire Balt-Rhain guette la moindre occasion pour étendre son territoire. »
La série, démarrée en 2007 au Japon, culmine à 14 tomes. On notera que son précédent manga, Anastasia, est un one-shot qui se déroule pendant la Révolution russe, marquant ainsi un goût prononcé pour l’histoire non-japonaise. En résumé, voici un titre entre conflits et stratégies sur fond historique, aux illustrations qui fourmillent de détails : que du bonheur.

De son côté, si comme mon premier choix Fatima, déesse de la vie prend place vers les terres arabes, c’est dans un registre empreint de romance et de féerie que Raika Mizushima nous transporte grace aux édtions Komikku. Déjà plus proche des 1001 nuits, ce seinen aux allures de shôjo expose le périple de Fatima, déesse de son état, et d’Utarid qui tombe sous son charme alors qu’il a pour mission de veiller sur elle. Tâche d’autant plus ardue que Fatima, convoitée pour ses pouvoirs capitaux, est enlevée au sein même du palais !

Loÿs : Ce fut une lutte longue et acharnée, pour chacun des nouveaux titres qui pointeront le bout de leur nez en cette fin d’été.
Et le premier titre qui a attiré mon attention est Gokusen de Kozueko Morimoto, la prochaine nouveauté de Kaze Manga. Celui-ci ne vous est peut-être pas étranger car il a également été adapté en anime et en drama. Mais ne vous laissez surtout pas distraire par les lignes qui parlent d’un GTO au féminin : certes le personnage principal est aussi cool que notre Onizuka international et dans la catégorie « kakoi » elle n’est pas en reste ! Mais Kumiko Yamaguchi, gentiment surnommée Yankumi par les charmants bambins que sont ses élèves, possède une particularité pour le moins hors du commun.
En effet cette jeune professeure de mathématiques est également l’héritière d’une puissante famille de Yakuza. Alors quand elle doit concilier ce côté « gangster » avec sa profession d’éducateur, les fous rires et autres situations épiques sont assurés. Bien sûr, les clins d’œil à Great Teatcher Onizuka sont surement inévitables, mais le petit plus apporté par ce titre est l’identité secrète de Yankumi.

Last but not least, voici Kid I Luck la dernière petite pépite des éditions Ki-oon ! Dessiné par, tenez-vous bien, l’auteur de Runday Burst, ce titre qui nous avait tous ébloui par sa fraicheur et son humour détonnant. Aujourd’hui, Yuko Osada revient avec un titre tout aussi frais qui saura toucher nos petits cœurs.
Kinjiro Yaoi délinquant notoire aime la baston. Mais c’est un bagarreur au grand cœur et quand son amie d’enfance Kuriko vit une tragédie, il décide de faire tout ce qui est en son pouvoir afin de rendre son sourire à celle-ci qui, désormais traumatisée à la suite d’une agression, ne sors plus de chez elle. Il prend alors la grande décision de devenir le meilleur comique qui soit et de redonner la joie de vivre à son amie. Seulement voilà, il semble que ses qualités humoristiques n’égalent pas ses talents de bagarreur !
J’avais beaucoup aimé le dessin de Yuko Osada et la fraicheur qui se dégageait de Runday busrt. Je suis certaine que ce titre nous réserve de belles surprises et qu’il saura nous envelopper dans une flopée de belles émotions. Et le petit plus qui pourrait séduire les plus indécis : Kid I Luck est une série finie en 3 tomes !

Marion : Septembre annonce la rentrée, mais pour essayer de penser à autre chose rien de mieux que les nouveautés du moment.
Ce mois-ci je m’occupe donc de ma collection boy’s love, avec une nouveauté attendue depuis pas mal de temps par les fans du genre : Ten Count de Rihito Takarai, mangaka que certains ont pu apercevoir lors de la dernière édition de Japan Expo. L’éditeur Taifu tente une nouvelle fois l’expérience Takarai, qui met en scène ici Shirotani, un jeune majordome atteint de mysophobie, à savoir la peur de la contamination par des microbes et de la saleté qu’ils représentent. Il va rencontrer Kurose, un jeune conseiller dans une clinique psychiatrique qui va lui proposer une thérapie personnalisée : établir la liste des dix choses qu’il répugne à faire au quotidien, puis les affronter avec lui pour tenter de soigner son mal. Toujours abordées avec un trait fin et gracieux, les histoires de Rihito Takarai promettent de la poésie empreinte de nostalgie, à l’image de ses précédents travaux comme Seven Days et Seule la Fleur Sait.

L’autre volume me faisant de l’œil est le tome 4 d’Acid Town, de Kyûgô, toujours dans le thème du BL et de nouveau chez Taifu. Cela fait un peu plus de deux ans qu’aucun volume n’était sorti, et je dois bien avouer que je commençais à trouver le temps long. Nous retrouverons Yukio et l’univers sombre et malpropre des bas-fonds de la ville, ou s’entrechoquent divers clans mafieux se disputant son contrôle. À l’image du titre, cette ville sous acide nous promet des péripéties tumultueuses, et un approfondissement du passé de certains personnages tels que le père de Yukio ou encore Nakamoto. Toujours en cours au Japon, la série y compte également 4 tomes pour le moment, mais comme on dit, mieux vaut privilégier qualité à quantité. Sortie prévue le 11 septembre !

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