[Interview] Mutant Monster : à bas le No Future!

En marge de la scène métal envahie (elle aussi) par les idols, un autre type d’extraterrestres tente de coloniser son pays : ceux du punk rock féminin. Encore marginalisé, des groupes comme Mutant Monster veulent faire éclater au grand jour ce style qui remet d’actualité la rebel attitude des années 70, en allant à l’encontre du marketing et de l’aseptisation générale.

A l’occasion de leur passage à Japan Expo Sud, nous avons donc eu l’occasion de rencontrer Be (basse), Meana (guitare) et Chad (batterie). Depuis 2008, elles écument les live houses pour diffuser leur message revendicatif teinté de féminisme. Nul doute que le trio n’a pas froid aux yeux et compte bien montrer à la France qui elles sont !

Mutant Monster

Journal du Japon : Bonjour mesdemoiselles ! Comment vous-êtes vous rencontrés et comment est né le groupe ?
Be:
Nous sommes sœurs avec Meana et avons commencé au collègue avec une amie qui était à la basse. Nous avons fini par nous séparer de Naru (anciennement à la batterie de 2008 à 2012). Ce sont des connaissances qui nous ont parlé de Chad, nous nous sommes rencontrées et elle a définitivement rejoint notre groupe il y a 3 ans.

D’où vient le nom du groupe ?
Meana :
Nous sommes de grandes fans du groupe américain The Ramones. Il y avait un comics et un dessin animé qui avait pour héros les membres du groupe et cela se nommait Mutant Monster Beach Party. Le nom de notre groupe est un hommage direct à ces deux œuvres, que nous avons concis en Mutant Monster.

Quel était le concept au départ, que vouliez-vous apporter de plus à la scène punk japonaise ?
Meana :
En ce qui nous concerne ma sœur et moi, il s’agissait d’un rêve d’adolescent assez commun : devenir une star. Nous nous sommes mises dans un premier temps à imiter les chansons préférées de nos artistes favoris. Puis peu à peu, nous avons fini par construire notre propre univers et à avoir l’envie de transmettre nos propres messages.

Chad : C’est à peu près la même chose pour moi, j’ai toujours rêvé de faire de la scène et j’avais une adoration pour le punk.

Pourquoi le punk d’ailleurs ? Quels sont vos références en la matière ?
Meana :
Nous n’avons pas choisi le punk par défaut, c’était quelque chose de naturel pour nous. Nos parents n’écoutaient que du punk et nous avons grandi avec cette musique subversive, sans avoir conscience au départ de ses enjeux ou ses messages. Notre passion pour ce genre musical n’a fait que grandir avec le temps et c’est la raison pour laquelle nous jouons du punk. Si je devais choisir des références, je dirai qu’il y a The Clash qui nous a toutes les trois marqué, ainsi que The Ramones qui a déterminé le nom de notre groupe (rires).

Chad : C’est un petit peu similaire de mon côté, la seule différence étant que je me suis vraiment éveillée à ce style musical à l’adolescence.

Le mot punk peut avoir de nombreux sens, ça veut dire quoi être des artistes punks au Japon ?
Meana :
C’est une question à laquelle il est difficile de répondre… Je n’ai qu’une réponse en tête : être des artistes punk au Japon, c’est se rapprocher autant que possible du groupe  The Star Club. Ils n’ont pas hésité à s’aventurer dans certaines variantes du punk (punk hardcore par exemple) et Hikage, le chanteur, a une voix extraordinaire. Ils ont influencé le punk japonais moderne… Etre des artistes punk au Japon, c’est tenter d’atteindre leur niveau d’excellence. Nous avons d’ailleurs eu la chance de les accompagner durant une  tournée, ce qui n’a fait que confirmer l’image parfaite que l’on a d’eux.

Vous formez un trio féminin : Etait-ce voulu dès le départ, comme pour revendiquer le « girl power », ou bien est-ce une coïncidence ?
Be :
Il n y a pas assez de groupe de filles dans notre genre musical au Japon. Les idols sont autant éphémères que légion… Il y a bien entendu une volonté, celle de montrer que nous pouvons êtres aussi énergiques et douées qu’un groupe masculin. Il y a aussi une raison plus pragmatique : être à trois, c’est la base pour la plupart des groupes. Sans Chad, nous n’aurions pas la même « puissance » sur scène et serions plus limitées en termes de composition ou de mise en scène.

Le punk est un style très revendicatif, donc quels sont les principaux messages de vos morceaux ? Que voulez-vous transmettre à travers votre musique ?
Be :
Comme nous l’avons dit, nous sommes une minorité de groupe punk féminin au Japon… Nous avons à cœur de revendiquer haut et fort le Girl Power. Nous avons d’ailleurs organisé un évènement qui s’appelle le LADIES FIRST au Japon et où seuls les groupes féminins sont autorisés à se produire. Ce que nous voulons transmettre avant tout, c’est la force de la femme moderne, trop souvent cantonnée au rôle de la simple ménagère. Le punk est aussi un moyen d’expression, qui permet de dire en chanson ce que l’on ne dirait pas forcément à voix haute.

Est-ce qu’il y a d’ailleurs un morceau qui vous représente plus qu’un autre, que l’on pourrait conseiller à notre public pour vous découvrir ?
Meana :
Si on devait en choisir parmi tous, sans hésiter : Girls Fight. C’est celui qui représente ce que nous sommes, qui condense l’essence du principal message que l’on veut faire passer. Il faut se battre les filles ! (Rires).

Cela fait plusieurs années, depuis 2008 donc, que vous arpentez la scène indie japonaise, quels sont vos souvenirs les plus marquants ?
Be :
Notre tournée avec The Star Club a bien sûr été un évènement, mais la Japan Expo Sud restera notre souvenir le plus marquant. Nous avons été échaudés par le public du vendredi, peu réceptif, mais tout s’est très bien passé le samedi et le dimanche.

Votre scène musicale n’est finalement pas très connue en France, auriez-vous des groupes, des collègues à vous, à nous conseiller ?
Be :
Nous vous conseillons The Lips, il s’agit d’un groupe qui nous ressemble tant musicalement que dans nos thématiques… Il s’agit évidemment de filles ! (Rires) Mais c’est un duo, très dynamique. On les admire car elles ont une pêche et une alchimie que nous n’avons pas à trois.

Pour finir, pourquoi avoir voulu venir jouer ici et qu’est-ce que vous attendez de cette venue ?
Nous avions envie d’exporter notre scène musicale outre atlantique et la Japan Expo était l’occasion rêvée pour nous de faire découvrir cela aux français ! Ce que nous attendons est un gain de popularité, mais nous avions aussi très envie de voyager en France.

Ce sera avec plaisir, à bientôt alors !

Vous pouvez retrouver Mutant Monster sur leur site web, mais aussi sur You Tube, Facebook et Twitter !

Remerciements au groupe pour leur accueil, à notre interprète du jour et à Japan Expo Sud pour l’organisation de cette interview.

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17 réponses

  1. 11 mai 2015

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