Quand les mangas cuisinent, on les mange à toutes les sauces !

Alors que les barbecues commencent à être de sortie avec l’été qui s’annonce ou que les pizzas accompagnent les soirées foot de certains, Journal du Japon continue de vous parler de cuisine japonaise… Après vous avoir fait bavé sur les ramens des restaurants Ippudo, passons maintenant à la nourriture qui nous est présentée… dans les mangas !

Entre sucré et salé, faite à la maison ou découverte dans un restaurant nippon, voici la gastronomie japonaise à toutes les sauces :  Mes petits plats faciles by Hana, Heartbroken Chocolatier, Les rêveries d’un gourmet solitaire et Le chef de Nobunaga. Quatre cuisines et quatre récits très différents mais qui ont un point commun : vous affoler les papilles… Bon appétit et bonnes lectures !

 

Mes petits plats faciles by Hana par KUSUMI Masayuki et MIZUSAWA Etsuko

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La compétition c’est bien, vouloir être le meilleur cuisinier du Monde c’est bien aussi, mais chez soi, devant son réfrigérateur vide, on voudrait juste avoir une bonne idée pour un bon repas rapide et facile à faire. Pas quelque chose de compliqué, juste quelque chose de simple et de bon.

Quelque soit l’endroit du monde où vous vivez, vous êtes confrontés quotidiennement au délicat problème des repas, et ce plusieurs fois par jour. C’est aussi le dilemme d’Hana. À cause de la mutation de son mari, elle est souvent seule chez elle et a encore moins envie de se décarcasser pour faire à manger. 

Néanmoins, si Hana est parfois paresseuse, elle ne manque pas d’idées ! Au fil des pages, elle nous explique comment réaliser de bons petits plats, rapidement, avec les restes de ses placards et du réfrigérateur. Elle peut aussi compter sur ses voisins et collègues toujours heureux de lui donner un trop plein de poissons ou de légumes. Au Japon il est bien souvent plus simple d’aller faire un tour au conbini à toute heure du jour ou de la nuit pour s’acheter un plat préparé que de faire à manger soi-même. 

Alors oui, c’est vrai, quand notre femme seule déguste un plat, le lecteur aura l’impression d’être dans un manga érotique tant elle en transpire de joie et de ravissement. Mais elle est si kawaii, notre Hana, qu’on lui pardonne. À noter aussi que vous aurez quelques difficultés à refaire les recettes puisque les ingrédients sont typiquement japonais, et pas forcément à portée de main. Mais ces recettes pourraient bien tout simplement vous donner des idées et vous feront découvrir, à coup sûr, des aliments typiquement japonais.

Mes petits plats faciles ce sont donc autant de plats que de tranches de vies, que l’on déguste avec plaisir. Cette série rafraîchissante saura toucher le cuisinier pas toujours très doué ou motivé, mais qui a toujours une multitude d’idées qui sommeillent en lui !

Mes petits plats faciles by Hana © 2011 Masayuki kusumi © 2011 Etsuko Mizusawa (AKITA PUBLISHING)

Mes petits plats faciles by Hana © 2011 Masayuki kusumi © 2011 Etsuko Mizusawa (AKITA PUBLISHING)

Trois volumes – série toujours en cours et disponible aux éditions Komikku

 

Heartbroken Chocolatier de MIZUSHIRO Setona

heartbroken-chocolatier-9-kazeLe chocolat c’est une douceur aussi riche en sensations et saveurs qu’en amertume. C’est l’aliment par excellence en période de dépression parait-il… C’est même une sucrerie non déconseillée en régime ! (en restant raisonnable bien sûr)

C’est aussi un produit plus ou moins difficile à travailler… Mais une fois qu’un chocolat est bien utilisé ou bien mis en avant, c’est un véritable plaisir gustatif et visuel !

Heartbroken aborde ces deux aspects sur fond de relations amoureuses plus ou moins tumultueuses. Le héros, Sohta, a le coup de foudre pour une fille plus âgée lorsqu’il est au lycée. Résultat : il n’arrivera presque jamais à se défaire de l’image de cette fille, Saeko, et du plaisir manifeste qu’elle éprouve à la dégustation de bons chocolats. Une vocation naît ainsi chez lui et il décide d’aller se perfectionner en France avant de revenir pour la séduire, grâce à toutes les facettes que peut prendre le chocolat et la pâtisserie en général.

Commence alors une cour amoureuse aussi tordue qu’adultère, et indéniablement passionnelle. Sohta joue avec les textures, pour notre plus grand plaisir, les saveurs aussi, et ce manga transmet tout ce qu’il faut pour avoir les arômes en bouche. Le résultat visuel est à tomber par terre, avec des chefs d’oeuvre dignes des plus grands chocolatiers ! De plus, chaque sentiment est analysé et retranscrit en pâtisserie chocolatée : entre la bouchée classique, la bûche de noël ou le chocolat de Saint Valentin, tout est là pour vous donner envie d’explorer les méandres et mystères du cacao. L’histoire douce-amère de Sohta en est une preuve : le chocolat peut véritablement vous faire perdre pied avec la réalité, tout comme il peut renforcer une passion contenue pour lui permettre, un jour, de mieux s’épanouir. Il peut ainsi vous faire goûter à des choses hors du commun, et vous permettre d’oser.

Heartbroken Chocolatier c’est donc à la fois un plaisir pour les yeux et des envies assassines de manger du chocolat ! Cette série fait donc preuve d’une belle richesse et explore les méandres des sentiments humains d’un point de vue inédit, en interagissant autour d’un met : le chocolat. Peut-être y reconnaîtrez-vous le quotidien d’une boutique proche de chez vous ?

Heartbroken Chocolatier - SHITSUREN CHOCOLATIER © 2009 Setona MIZUSHIRO/SHOGAKUKAN

Heartbroken Chocolatier – SHITSUREN CHOCOLATIER © 2009 Setona MIZUSHIRO/SHOGAKUKAN

Série achevée en neuf tomes, disponibles aux éditions Kazé Manga

 

Les rêveries d’un gourmet solitaire de TANIGUCHI & KUSUMI

Les reveries d'un gourmet solitaireOn dit souvent que les arts de la table sont une occasion de partager et de communier avec son prochain. Certes. Mais manger est aussi, parfois, un plaisir personnel qui ne nécessite pas forcément d’être accompagné… Et c’est très bien comme ça. 

Le gourmet solitaire de Jirô TANIGUCHI et Masayuki KUSUMI est de retour pour nous conter les surprises et les plaisirs de ce voyage en solo : direction le restaurant inconnu, celui qui vous attend au coin de la rue. Guidé par ses envies du moment, notre homme d’affaires toujours en déplacement déambule à chaque fois dans un quartier dont il n’a que quelques vieux souvenirs ou dont il foule le sol pour la première fois : la devanture sera bien souvent son seul repère… Avec le menu, s’il est affiché.

Comme lui, vous laisserez-vous tenter par la simplicité du lieu ou par le mystère qui s’en dégage ? Est-ce le plat sur lequel vous fantasmez depuis plusieurs heures ou un autre totalement différent mais tout aussi alléchant qui vous fera passer la porte ? À moins que ce ne soit la tête que font les clients en sortant de l’échoppe vous fera changer d’avis, qui sait ?

À l’image de L’homme qui marche du même auteur, le sel du voyage vient aussi d’un certain lâché prise avec les contraintes de temps ou les idées préconçues du plat qu’il nous faut : il faut accepter de se perdre un peu, pour mieux se laisser surprendre… Même si la réussite n’est pas automatique. Mais, à ce jeu, notre gourmet est toujours des plus téméraires, puisque tout l’intéresse et que tout le tente. Dès qu’il s’est assis au comptoir ou à la table de sa destination du jour, il veut tout essayer et tout goûter, ce qui le fait souvent repartir l’estomac bien gonflé !

Mais, cela dit, comment le blâmer ? TANIGUCHI nous propose des merveilles visuelles avec les dizaines de plats qui parsèment les treize restaurants de l’ouvrage : on a beau avoir des plats en deux dimensions et en noir et blanc, on en ressent presque les odeurs, la texture ou la générosité en bouche. La cuisine japonaise est à l’honneur et on bave d’envie devant des classiques comme des ramens et des odens, qu’on redécouvre parfois dans leurs versions locales (les su-ramen de Tottori, par exemple). Quelques pointes d’exotisme chinois, coréens et même un couscous algérien viennent parfaire ce tableau éclectique de bons petits plats. Ces derniers sont à l’image des restaurants qui les proposent et se veulent essentiellement populaires : des plats simples mais bons, des mélanges ingénieux parfois ou plus basiques à d’autres moments, dans de petites adresses simples et sans prétention. Les lieux sont parfois déserts, parfois emplis d’une ambiance très familiale… On s’y sent bien rapidement comme chez soi, dans un havre de paix, dès que la félicité trouve le chemin de notre estomac.

Les rêveries d’un gourmet solitaire se résume très bien dans son titre et vous nourrit donc aussi bien le corps… que l’esprit !

KODOKU NO GURUME © 1997 by Jiro Taniguchi and Masayuki Kusumi / Fusosha Publishing Inc.

KODOKU NO GURUME © 1997 by Jiro Taniguchi and Masayuki Kusumi / Fusosha Publishing Inc.

Les deux one-shot de notre gourmet sont édités aux éditions Casterman dans la sobre et plutôt classe collection écritures.

 

Le chef de Nobunaga de Mitsuru NISHIMURA et Takuro KAJIWARA

chef-nobunaga-1-komikkuCela fait désormais un peu plus de deux ans que nous pouvons découvrir un manga mixant habilement la cuisine et l’histoire du Japon médiéval aux éditions Komikku Le Chef de Nobunaga.

Comme son titre l’indique, cette œuvre scénarisée par Mitsuru NISHIMURA et dessinée par Takuro KAJIWARA nous propose de découvrir les aventures du cuisinier personnel de l’un des unificateurs du Japon, Oda NOBUNAGA (1534-1582). Son nom est Ken et il n’est pas un chef comme les autres : il vient en effet de notre époque, mais pour une raison encore inconnue puisqu’il est amnésique. Il se souvient toutefois des événements historiques du siècle qu’il vient de rejoindre, et ses talents de cuisinier sont restés intacts.

C’est dans ce contexte que nous allons apprécier de nombreux plats de notre époque mais venant aussi du passé, le tout sous différentes formes puisque Ken doit les adapter en fonction des ingrédients qu’il a à sa disposition. Là où les choses deviennent particulièrement intéressantes et pourraient bien chambouler l’Histoire, c’est que Nobunaga va se servir du talent de son chef cuisinier pour motiver ses troupes, pour semer la pagaille dans les camps adverses ou encore pour faciliter des négociations avec certains hommes importants.

Le Chef de Nobunaga est un manga qui devrait donc plaire aux amateurs de cuisine, grâce aux explications sur les plats et leur contexte ou de par l’originalité culinaire : il faut dire que les bananes ou l’utilisation du levain ne sont pas vraiment choses courantes dans le Japon du XVIe siècle ! Ce seinen démontre également toute l’importance que peut avoir un repas dans la société très codifiée du Japon moyen-âgeux où le shintoïsme et la hiérarchie militaire peuvent s’inviter jusque dans le déroulement d’un dîner.

Il plaira, enfin et aussi, aux lecteurs intéressés par le passé du Japon. Nous y retrouvons en effet beaucoup de guerriers ayant réellement existé, avec moult détails sur leur rôle stratégique ou leur personnalité, et on assiste donc à de véritables guerres. Mais se dérouleront-elles comme le disent les livres d’Histoire, c’est là toute la question !

Le chef de Nobunaga © 2011 Mitsuru Nishimura / Takuro Kajikawa / Houbunsha

Le chef de Nobunaga © 2011 Mitsuru Nishimura / Takuro Kajikawa / Houbunsha

Dix volumes sont disponibles en France aux éditions Komikku et quinze au Pays du soleil levant, avec une série toujours en cours.

Tout ceci n’est qu’un infime aperçu de ce que la thématique du manga culinaire a à vous offrir, mais nous espérons vous avoir ouvert suffisamment l’appétit pour enfiler le tablier ou partir à la recherche d’encore plus de saveurs avec de nouveaux titres… On vous invite à venir partager le tout avec nous, dans les commentaires !

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