Erased, réécrire le passé et sauver le présent

Erased Planche

© 2013 Kei Sanbe / KADOKAWA CORPORATION, Tokyo.

Impossible de passer à côté de ce thriller qui fait sensation ces derniers temps : Erased, une histoire où le temps est le personnage principal et où le lecteur est baladé d’époque en époque. Le premier tome sorti en 2014 nous promettait un polar d’exception : deux ans après et avec une adaptation animée au compteur, le récit de Kei SANBE continue de nous surprendre.

Le maître du mystère

Kei SANBE est un mangaka qui ne nous est pas inconnu, puisque nombreuses sont ses œuvres qui sont éditées chez nous. Au début des années 2000, nous le découvrions avec Testarotho (Soleil Manga) puis Kayamidori (Kurokawa), mais c’est un peu plus tard avec l’arrivée de L’Île de Hozuki aux éditions Ki-oon que le monsieur commence véritablement à se faire une réputation. Quelques points communs dans ces mangas : des ambiances mystérieuses, des jeunes femmes plantureuses, mais aussi une maîtrise du récit qui nous porte jusqu’à la fin.

 ile-de-Hozuki-ki-oon-1 Le-berceau-des-esprits 

Le mangaka est donc un habitué des séries (et des seinen d’ailleurs), puisqu’il enchaîne ensuite avec Le Berceau des Esprits (Ki-oon), et enfin avec Erased, sa plus longue série à ce jour, qui se conclura prochainement avec son huitième volume. Le manga a d’ailleurs été second aux Manga Taishô Awards en 2014, ce qui fait gage de qualité indéniable.

Marquées par une patte graphique intéressante quoi qu’un peu inégale, ses œuvres restent souvent originales et intenses.

Quand passé et présent s’entremêlent 

Planche Erased

© 2013 Kei Sanbe / KADOKAWA CORPORATION, Tokyo.

La publication d’Erased débute en 2012 dans le magazine Young Ace édité par Kadokawa Shôten. Au fil des pages, nous apprenons à connaître Satoru, un jeune mangaka amateur qui a du mal à se faire un nom dans le milieu. Son travail « manque d’émotions » d’après les professionnels, alors en attendant Satoru livre des pizzas avec sa collègue Airi. C’est sans compter un de ses autres passe-temps qui consiste à éviter les catastrophes : lorsque l’une d’elle est sur le point de se produire près de lui, un phénomène surnaturel créé une boucle temporelle qui permet à Satoru d’empêcher tel ou tel accident, sans que personne d’autre ne s’en aperçoive.

Il ne sait pas d’où lui vient ce don particulier et incontrôlable, mais il encaisse parfois pas mal de dégâts en jouant au héros blasé. Peut-être aurait-il pu sauver Kayo, sa camarade de classe lorsqu’il était enfant, s’il avait eu une meilleure maîtrise de cette capacité.

D’ailleurs, lors d’une cascade d’événements à l’issue tragique, il se retrouve de retour en 1988 : direction son école primaire, là où la taciturne petite Kayo respire encore. L’occasion lui est alors donnée de changer les choses…

Erased Planche

© 2013 Kei Sanbe / KADOKAWA CORPORATION, Tokyo.

 

Un thriller temporel prenant

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© 2013 Kei Sanbe / KADOKAWA CORPORATION, Tokyo.

Kei SANBE plante ici les bases de son récit temporel en nous en expliquant les règles. Nombreux sont les mangas qui ont pour thème le temps et sa manipulation… on peut noter pour les dernières sorties Orange de Ichigo TAKANO ou bien encore Kokkoku de Seita HORIO, qui ont tous deux une manière différente d’aborder les choses, le premier admettant l’existence de plusieurs dimensions quand le second implique l’arrêt pur et simple du temps. Kei SANBE est plus classique avec un bon vieux retour dans le passé comme on les aime. Mais ce retour dans le temps n’est finalement qu’une excuse pour aborder le véritable but de l’histoire : la traque du meurtrier de Kayo.

Car Erased, c’est aussi de l’action, de l’instinct de survie, un peu de rage de vaincre, et beaucoup de désir de vérité. Le mangaka dénoue au fil des pages une véritable pression psychologique, qui nous fait exploser lorsqu’il y ajoute des cliffhangers parfaitement introduits et qui soutiennent une intrigue toujours plus intense. Le suspense est manipulé par des mains de maître… et l’on est embarqué sans vergogne exactement où l’auteur souhaite nous mener.

© 2016 Kei Sanbe/KADOKAWA/Bokumachi Animation Committee

© 2016 Kei Sanbe/KADOKAWA/Bokumachi Animation Committee

© 2016 Kei Sanbe/KADOKAWA/Bokumachi Animation Committee

© 2016 Kei Sanbe/KADOKAWA/Bokumachi Animation Committee

C’est à l’hiver 2016 qu’Erased a droit à la diffusion de son adaptation animée produite par les studios A-1 Pictures, qui ont travaillé par exemple sur Aldnoah Zero ou bien encore Ano Hana. Sous son nom japonais « Boku Dake ga Inai Machi »,  l’anime se permet de lisser un peu les graphismes originaux tout en conservant le style de l’auteur (un peu à la manière de L’Attaque des Titans pour Hajime ISAYAMA). La série est composée de 12 épisodes et est licenciée par Wakanim.

À savoir aussi qu’une adaptation en film live est sortie en mars 2016 au Japon, avec Tatsuya FUJIWARA dans le rôle de Satoru.

Que ce soit en passant par la version papier ou directement par l’anime, nul doute qu’Erased soit devenu un classique, une case à cocher pour tous les fans de thriller, mais aussi pour les férus de voyages dans le temps. Ce petit chef-d’œuvre dont on attend la conclusion papier avec impatience mérite amplement que l’on s’y intéresse, ayant l’avantage, en plus, d’être une série courte. Le dernier tome est à prévoir dans les prochaines semaines !

 

Retrouvez toutes les infos sur le manga sur le site des éditions Ki-oon et pour la version anime rendez-vous sur le site de Wakanim.

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3 réponses

  1. Emilie dit :

    Bien d’accord, c’est une histoire très bien menée et bien réalisée du moins pour l’animé car je n’ai pas lu le manga. J’aime beaucoup la relation entre le personnage et sa mère aussi, très bien écrite et décrite. La seule chose qui m’a gênée est la toute toute fin : je sais pas, même s’il ne se passe rien, ça m’a gâché un peu le plaisir vécu le long du film. Mon côté vieux-jeu ou réac, peut-être.

  1. 8 novembre 2016

    […] cette même fonction sur diverses séries comme Un Drôle de Père, Haikyû !! ou plus récemment Erased. Le design des personnages est le fruit du travail de Tomohiro KISHI qui avait lui aussi travaillé […]

  2. 14 août 2017

    […] genre, qui fait que nous nous attendons au pire. Ce procédé peut par exemple être retrouvé dans Erased ou bien La Tour Fantôme à une moindre […]

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