[Anime/Manga] Servamp : le mythe vampirique revisité façon 7 péchés capitaux !

Et si on sortait des sentiers battus pour découvrir le vampire autrement ? C’est ce que vous propose Servamp, avec la rencontre entre un lycéen comme les autres et le vampire de la paresse qui s’avère être un véritable tire-au-flanc. Une association improbable qui va pourtant faire des étincelles au sein d’une guerre civile… entre vampires. Action, amitié, rivalités… Découvrez une série qui surprend de plus d’une manière !

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Mythe du Vampire et 7 péchés capitaux : un combo qui marche !

sur-les-traces-de-dracula-volume-2-bram-stoker-1719402Avant de parler à proprement dit de Servamp, il est nécessaire de faire un point sur sa thématique principale. On connait tous le mythe du vampire, le plus célèbre étant bien sûr celui de Dracula, avec son histoire particulièrement horrifique. Avec lui s’initiait une première vague d’histoires sur le sujet où l’on mettait le vampire sur le devant de la scène… fantasmagorique. Car oui, ces derniers ne supportant pas la lumière du jour, on les décrivait essentiellement comme des êtres sanguinaires vivant la nuit, limite fantomatiques. Le film Entretien avec un vampire le démontrait bien, surtout avec le personnage de Lestat. Un seul tabou subsistait : ne pas transformer d’enfant. Et c’est à ce moment-là notamment que les célèbres préjugés selon lesquels les vampires craignaient l’eau bénite, l’ail, les crucifix, et qu’il fallait les tuer à coup de pieux en bois en plein cœur apparurent !

couv_142892Mais depuis quelques années, ce mythe classique du vampire a évolué. Bien souvent désormais celui-ci peut vivre au grand jour ! Eh oui, ce bon vieux vampire est devenu plus résistant, notamment à la lumière du soleil. Il suffit de voir la saga Twilight pour s’en rendre compte, avec les Cullen qui par ailleurs ne se nourrissent que de sang animal. Idem dans le comics American Vampire (chez Urban Comics), où une nouvelle souche de vampire émerge : plus puissante, et résistante à tous les artifices ou presque qui permettaient jadis de s’en débarrasser (mais rassurez-vous, toujours aussi sanguinaire !).

Et bien Servamp, c’est encore une autre façon de revisiter le mythe du vampire tant célébré à travers le monde !

© TANAKASTRIKE / MEDIAFACTORY, INC

© TANAKASTRIKE / MEDIAFACTORY, INC

Pourtant niveaux mangas, on a déjà vu de nombreuses séries exploitant le mythe du vampire. Dans Vampire Knight, bien qu’affaiblis par le soleil, ils pouvaient déjà se déplacer à la lumière du jour, tout en gardant les caractéristiques de base (se nourrir de sang ou assimilé, craignant quelque peu l’eau bénite, la mort par un pieu dans le cœur…). Et bien d’autres séries reprenaient également, plus ou moins, certains aspects vampiriques : Hellsing, Sennen no Yuki, Vampire Chronicles, Blood Lad

Mais Tanaka STRIKE change la donne totalement et nous en offre une version toute personnelle, car il ne se focalise plus seulement sur le vampire lui-même. Il lui ajoute une relation particulière avec un humain et une affiliation à l’un des sept péchés capitaux. Et c’est bel et bien là LE sujet de la série au final. Il n’existe ainsi que sept grands vampires, créés par un homme au passé encore bien mystérieux (leur « père »). Et tous sont caractérisés par leur défaut : gourmandise, acédie (ou paresse), orgueil, luxure, avarice, colère et envie… Auxquels va se greffer un petit nouveau : la mélancolie. Et c’est à partir de là que l’histoire part en vrille…

Servamp ou la danse mortelle des péchés capitaux

© KADOKAWA/SERVAMP PROJECT

© KADOKAWA/SERVAMP PROJECT

Shirota Mahiru, est un lycéen qui semble mener une vie tout à fait banale. On apprend néanmoins assez vite qu’il est plutôt manuel, qu’il vit seul avec son oncle pas souvent présent, et qu’il a un sens de la justice plutôt exacerbé. Par bonté d’âme, il sauvera un petit chat noir semblant mourir de faim dans la rue. En le recueillant et en lui donnant un nom, Kuro, il ne s’attendait certainement pas à faire en réalité entrer chez lui un vampire, un « servamp » même : celui de la paresse. Par la force des choses, Mahiru va se retrouver embarqué dans une situation qui le dépasse : il se liera malgré lui avec Kuro, devenant ainsi son maître, avant de se lancer dans une sorte de conflit entre servamp initié par un inconnu pour les sept d’origine, qui s’avèrera être le vampire de la mélancolie. Ils s’apercevront alors qu’ils ne peuvent plus s’éloigner l’un de l’autre sans effet néfaste pour eux… car leurs âmes sont à présent liées.

Mais les inquiétudes et la justice morale qui dirigent Mahiru vont poser quelques problèmes pour gérer Kuro, ce qui va le mettre dans une situation difficile. D’autant qu’il fera la rencontre d’autres servamp et de leurs maîtres, chacun arborant des caractéristiques propres à son péché : la paresse pour Kuro implique qu’il traîne la patte sans arrêt, rechignant à se bouger les fesses et à combattre, la luxure ne cesse de vouloir se déshabiller et exhiber son corps superbe, l’orgueil se comporte de façon hautaine, tandis que le vampire de l’avarice essaie d’obtenir ce qu’il recherche depuis des décennies, quitte à se salir les mains. Chacun personnalise donc à merveille son péché, et tire son pouvoir de ce dernier. Un pouvoir qui se matérialise par ailleurs en fonction de l’imagination du maître, ce qui peut aller du simple balai, au fouet, en passant par un cercueil, etc.

En plus de ces traits de caractères, l’auteur agit aussi de façon originale puisque les servamps ne se transforment pas tous en chauve-souris mais chacun en un animal totem différent. Cela permet d’offrir un aspect tranché insolite tout en cassant à nouveau le célèbre mythe. Car qui penserait que les sept vampires infernaux sont en réalité des petites boules de poils toutes mignonnes ? Un chat, un hérisson, un serpent, un papillon, une chauve-souris, plus deux qui restent encore inconnus, et enfin un « renard » pour la mélancolie… Autant dire que la kawai attitude flirte avec le sanglant dans cette histoire ! Surtout quand chaque servamp peut prendre cette forme à volonté.

Les servamp sous leur forme animale

Les servamps sous leur forme animale

Enfin pour clôturer ce joli tableau, chaque servamp peut créer une petite armée de vampires, appelés des « Seconde classe ». Ils sont là pour le servir lui, mais font également office de puissance et d’énergie (si l’un d’eux disparaît, le servamp perd en énergie vitale). Et ces vampires de seconde classe vivent parmi les humains, incognito. Peut-être en côtoyez-vous sans le savoir !

Alors, le mythe revisité, vous voyez où on veut en venir ? Les fondations mêmes de l’apparition du vampire et ses caractéristiques sont remises en questions. Et au final, c’est une guerre entre les vampires fondateurs qui va créer un sacré bazar dans ce train-train quotidien.

Adaptation anime VS manga originel

En France, vous pouvez vous intéresser à la série de deux manières : soit par l’anime, fini en 12 épisodes et diffusé en toute légalité chez Wakanim en cet été 2016, soit par le manga, toujours en cours avec neuf volumes chez nous (et dix au Japon) et publié chez Doki Doki depuis 2013. Et l’on peut sans problème voir l’anime avant de se pencher sur le manga, ou vice versa.

© KADOKAWA/SERVAMP PROJECT Volume 9 français Volume 10, Japon

Pour ce qui est de l’anime, on le doit au studio Brain’s Base, connu pour avoir entre autres réalisé les anime de Blood Lad, Durarara!! ou encore l’OAD d’Assassination Classroom, pour ne citer qu’eux. Ce studio existant depuis une vingtaine d’années maintenant (fondé en 1996) n’a plus vraiment à faire ses preuves et cela se ressent assez dans l’animation de Servamp. Tout est vraiment fluide : les scènes de combat sont suffisamment réalistes et bien faites pour ne jamais se dire que c’est confus. Et grâce à la bande sonore de Kenji KAWAI (Barakamon, Fate Stay Night, Mob Psycho 100…), on se retrouve véritablement au cœur de l’action et des méandres de l’esprit de nos héros. Car le studio arrive parfaitement à faire ressortir le côté tordu de la série, avec tous ces vampires aux caractères bien différents : on perçoit très bien le malaise qui prend Kuro lorsque son passé ressurgit, tout comme on saisit à merveille la folie de Tsubaki, le servamp de la mélancolie, et de ses secondes classes. D’autant que le travail remarquable des seiyuu apporte un vrai plus aux personnages : on valide par exemple la nonchalance de Kuro, ou la tension qui habite Mahiru, et cela devient un plaisir de suivre l’anime.

© KADOKAWA/SERVAMP PROJECT

© KADOKAWA/SERVAMP PROJECT

Enfin, en plus de l’animation, on sent que le studio maîtrise son sujet sur le plan visuel. L’anime reste en effet très similaire graphiquement au manga, dont il respecte bien le chara design. On remerciera donc Junko YAMANAKA (ReLIFE, Divine Nanami…) qui livre une adaptation fidèle de celui de l’auteur. Et les aspects oniriques, représentant le passé ou les pensées des vampires, sont tout aussi bien rendus que dans la version papier.

Niveau contenu, la version animée reprend environ les sept premiers volumes du manga. Pour ceux qui connaissent ce dernier, quelques différences apparaissent, mais elles ne sont pas flagrantes. Toutefois, avec seulement 12 épisodes, l’anime ne peut pas se permettre d’aborder en détails certaines parties. Il va ainsi occulter un passage sur le vampire de la Luxure par exemple, ou une organisation secrète de l’ombre que l’on apercevra seulement à la fin de l’anime. Mais comme dans le manga on suivra la rencontre de Mahiru et Kuro, leurs premiers contacts avec les sbires de Tsubaki, le vampire de la mélancolie, leurs rencontres avec leurs alliés, en abordant les passés du vampire de la paresse et de l’avarice. La trame de fond est donc identique, avec la zizanie mise en place par Tsubaki.

La différence majeure, étant donné que le manga est toujours en cours, viendra donc du dénouement, puisque l’anime fait le choix de la fin alternative. Celle-ci est, on vous rassure, largement suffisante. Elle n’amène pas de regrets, ou très peu, et répond à toutes les interrogations qu’on se pose tout au long de la série. Et on arrive même à ce genre de questions légitimes sur sa propre vision du vampire : doit-on les laisser vivre ou les détruire ? Ont-ils de vrais sentiments ou ne sont-ils que de simples monstres ? Autant de questions soulevées par différents protagonistes qui sont certes beaucoup plus visibles dans la version papier mais auxquelles l’anime sait donner une ouverture qui n’a pas besoin d’une suite. D’autant plus que cela permet justement de faire ressortir le ressenti mélancolique de Tsubaki, qui est le vrai fil rouge du manga comme de l’anime.

© namco

© namco

Et pour ceux qui auront apprécié la série sans connaitre le manga, la fin ouverte de l’anime pourra les pousser vers la version papier, afin d’aller un peu plus loin. Celle-ci offre logiquement une dimension supplémentaire, en étoffant certains personnages et en présentant de façon plus poussée certaines situations apparaissant dans l’anime. On ne pourra éventuellement lui faire qu’un petit reproche : le dessin paraît parfois brouillon sur les scènes d’action… Mais mis à part ce détail, le manga permet de mettre encore un peu plus en lumière la relation qu’entretiennent Mahiru et Kuro, même si elle était déjà bien détaillée. On comprend tous les tenants et les aboutissants, on découvre les différents mœurs de tous les personnages, alliés comme ennemis… Et bien sûr, si vous souhaitez en apprendre d’avantage sur les personnes qui interviennent à la fin de l’anime, vous le découvrirez en poursuivant la série papier !

En somme, fan de Servamp ou simple curieux, la série peut se regarder facilement, ou se lire simplement. Même si vous en avez marre de voir des vampires à tous les coins de pages, cette revisite complète du mythe pourra vous séduire par son côté hilarant, grâce aux personnalités des différents servamp, et à Kuro en particulier. Et une fois pris dans la toile, l’intrigue principale, avec un nouveau vampire sortant presque de nulle part pour semer la zizanie, est suffisamment entraînante pour pousser la curiosité jusqu’au bout. Reste à choisir votre format de prédilection, sachant que les deux versions peuvent se compléter à merveille comme se suffire à elles-mêmes. À moins d’être à ce point mordu que vous pousserez le vice jusqu’à dévorer les deux !

Pour aller plus loin, vous pouvez suivre les sorties des nouveaux tomes sur le site des éditions Doki-Doki. Et pour plus d’informations sur la version animée, direction le site officiel de la série.

Charlène Hugonin

Rédactrice à Journal du Japon depuis deux longues années, je suis un peu une touche-à-tout niveau mangas, anime et culture. Mais j'ai une jolie préférence pour tout ce qui a trait à la gastronomie japonaise, et ce qui tourne autour ! Peut-être pourrons-nous même en parler ensemble ?

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