Venez découvrir les kokeshis, ces adorables poupées en bois venues du Tohoku !

Journal du Japon vous emmène à la découverte des kokeshis, ces petites poupées en bois créées par des artisans passionnés dans la région du Tohoku, au Nord-Est du Japon. Cette découverte se fera grâce à un livre qui leur est consacré, mais également en compagnie d’une française passionnée qui vit au Japon et leur a dédié un site, et enfin d’un français qui en fabrique directement dans notre hexagone !

kokeshi

Mais qu’est-ce qu’une kokeshi ? C’est une poupée en bois, sculptée et peinte. Les kokeshis existent depuis plus de cent ans. Si elles étaient au début des jouets pour les petites filles, elles sont vite devenues un souvenir que l’on rapportait des stations thermales, très nombreuses dans la région du Tohoku où elles sont fabriquées. Cette fabrication nécessite un long apprentissage de plusieurs années auprès d’un maître kokeshi. Si l’engouement a été très fort dans les années 1950, avec l’apparition de nouveaux modèles plus modernes, celui-ci est vite retombé et de nombreux ateliers ont fermé. Mais il reste tout de même des artisans passionnés pour continuer à faire vivre cette très belle tradition.

Kokeshi, From Tohoku with love : ces hommes qui les fabriquent

New-Tohoku-Kokeshi-book-850Voici un très beau livre indispensable pour tout amoureux des kokeshis, tout curieux qui veut découvrir cet univers enchanteur. Le texte est en anglais, mais les nombreuses photos des ateliers et des kokeshis, en cours de fabrication ou finies, justifient à elles seules l’achat de cet ouvrage de grande qualité (250 pages environ, solide reliure, photographies de grande taille et de grande qualité). L’auteur est une journaliste japonaise spécialiste de la culture populaire japonaise et elle a mené un énorme travail, à la rencontre de nombreux artisans, pour écrire ce livre.

Le livre s’ouvre sur une présentation culturelle des kokeshis, suivie par une explication détaillée de la fabrication illustrée de nombreuses photographies (des outils nécessaires notamment). Puis les 11 types de kokeshis traditionnelles sont présentés avec des photographies (formes, couleurs et motifs spécifiques). Les kokeshis contemporaines sont également mises en avant. Les collectionneurs sont ensuite ravis de découvrir les pages “comment acheter des kokeshis”, avec une carte des kokeshis du Tohoku et des adresses à ne pas manquer. Des éléments indispensables à bien noter avant de partir en voyage !

Des interviews d’artisans, humbles et passionnés

atelierLa plus grosse partie du livre est celle consacrée aux interviews des artisans : il y en a 23 ! Chaque interview est illustrée de photographies d’ateliers toujours débordants d’outils pour sculpter, peindre, de copeaux de bois, de poupées brutes ou peintes … avec un homme souvent âgé penché sur son ouvrage à la lumière d’une lampe. C’est émouvant, fascinant, on sent presque l’odeur du bois. Les kokeshis de chaque créateur sont également photographiées et une légende les accompagne pour expliquer leur genèse.

Les interviews des créateurs mettent en avant le long processus d’apprentissage et l’humilité qui les caractérise tous face à leur travail. Comment s’est passé leur apprentissage, quel bois travaillent-ils, quels modèles créent-ils, qu’est-ce qu’ils ressentent en travaillant ? On retiendra ainsi la réponse d’Akira Suzuki à la question “Quand vous travaillez sur une kokeshi, qu’est-ce qui vous passe par la tête ?” : “Les kokeshis sourient tout le temps, et je veux aussi faire sourire la personne qui les achètent. Donc quand vous en créez une, vous vous efforcez de la rendre jolie.”

Un apprentissage très long, un métier prenant, un soucis de l’équilibre, de la beauté, une passion au service du destinataire de la kokeshi.

La fin du livre est consacrée à la culture de la région : culture des sources chaudes Onsen (présentation des Onsen de Tsuchiyu, Kuroishi, Naruko, Iizuka) et culture au sens plus large (les fêtes et festivals, la musique, les kokeshis lanternes de papier éblouissantes, le saké, les poissons).

Un livre indispensable pour apprendre, comprendre et s’émerveiller !

Kokeshi, From Tohoku with love est disponible sur différentes plate-formes d’achat, comme Price Minister ou Amazon.

 

Laetitia HEBERT : passion kokeshi !

LaetitiaHebert

Nous sommes ensuite allés à la rencontre d’une française au Japon, pour nous parler de sa passion pour ces figurines en bois !

JDJ : Bonjour Laetitia, pouvez-vous nous raconter votre “première rencontre” avec les kokeshis ?

Laetitia HEBERT : Je ne m’en souviens pas très clairement ! Je pense que c’était au Japon, peu après mon arrivée il y a 4 ans et demi, à Asakusa. Asakusa est un quartier très touristique, et certaines boutiques de souvenirs vendent quelques kokeshis. Mais la rencontre vraiment significative a eu lieu quelques mois après, en visitant l’atelier, le musée et la boutique Usaburo, dans la préfecture de Gunma. Voir rassemblés plusieurs dizaines de modèles, dans toutes les tailles, c’est cela qui a déclenché mon intérêt pour les kokeshis.
Usaburo fabrique des poupées kokeshi appelées « créatives » ou « modernes ». Je suis venue aux poupées traditionnelles plus tard.

JDJ : Comment vous est venue l’envie de leur consacrer un site internet (très bien fait et très complet d’ailleurs !) ?

folkeshiLaetitia HEBERT : (Mercii !) Lorsque j’ai commencé à réellement collectionner les kokeshis, c’est-à-dire avec une démarche de recherche, j’ai naturellement voulu trouver de l’information en français, et je me suis rendue compte qu’il était difficile de trouver des renseignements précis et fiables. C’est donc ce que je m’efforce de faire sur folkeshi.com. Je suis dans une position plutôt privilégiée, car j’ai physiquement accès aux ressources en japonais, je suis en mesure de visiter les ateliers… Donc j’essaie de partager ce que j’apprends.

JDJ : Avez-vous rencontré des artisans ? Pouvez-vous nous expliquer ce qui vous fascine dans leur travail ?

Laetitia HEBERT : Oui, j’ai rencontré une quinzaine d’artisans l’an dernier, visité leurs ateliers – c’est toujours un moment spécial, voir l’endroit où ils travaillent, les kokeshis qui traînent ici et là… J’adore ça ! Parfois ils font une démonstration du processus de création sur le tour à bois. C’est très impressionnant car c’est un travail de précision, où chaque geste peut compromettre l’ensemble de la réalisation. Mais, plus que cette maîtrise de leur art, c’est la démarche qui me parle, spécialement celle des artisans traditionnels. Les artisans s’appliquent à reproduire et réinterpréter les modèles créés par les générations précédentes de leur lignée. C’est une idée que je trouve fascinante : un modèle créé, par exemple, début 1900, repris par 4 générations successives…

JDJ : Les modèles sont très nombreux, avez-vous des préférés ?

kokeshiLaetitia HEBERT : C’est vrai que le terme kokeshi recouvre une grande variété de designs ! J’ai une préférence pour les kokeshis traditionnelles, et parmi les 11 styles traditionnels, j’apprécie tout particulièrement le style Naruko et le style Zao. Les poupées Naruko ont une forme très équilibrée, et Shouichi Ito peint des visages très expressifs – c’est mon artisan favori dans ce style.

JDJ : Cet artisanat est essentiellement localisé dans la région du Tohoku, région magnifique qui a été touchée par le tsunami de 2011. Est-ce que cela a impacté l’activité des créateurs de kokeshis ? Est-ce que des jeunes prennent encore la relève des maîtres (se former prend  plusieurs années) ?

Laetitia HEBERT : Le tsunami et l’accident nucléaire ont impacté cet artisanat de plusieurs façons – en bien et en mal, si l’on peut dire. D’une part, la disparition soudaine du flux de touristes locaux et internationaux a rendu la situation des artisans kokeshi, déjà pas évidente, très précaire. Mais d’autre part, il y a eu des volontés, au Japon comme ailleurs, de promouvoir le Tohoku. C’est ce mouvement qui a aidé à renouveler un intérêt pour les kokeshis traditionnelles. Des artisans ont fait le déplacement jusqu’au Louvre pour faire des démonstrations de tournage de kokeshi ! Au Japon aussi, cette mise en avant a encouragé l’apparition d’une nouvelle génération de collectionneurs – des femmes d’une trentaine d’années, vivant dans les grandes villes, et qui favorisent les kokeshis adaptées à leur goût pour le kawaii.

La relève… est peu nombreuse, et certains styles semblent voués à disparaître. Mais ces nouveaux artisans sont peut-être mieux armés que leurs maîtres et savent utiliser les réseaux sociaux (par exemple) pour se faire connaître.

JDJ : Vous vendez des kokeshis dans votre boutique en ligne, comment dénichez-vous ces trésors ?

Laetitia HEBERT : Les kokeshis anciennes que je vends sont chinées au Japon, où je vis, sur les brocantes et marché aux puces, parfois dans les magasins d’occasion… En mars, je vais aussi commercialiser des poupées neuves, commandées directement aux artisans. Elles sont difficiles à trouver, même au Japon ! Cette démarche me permet de soutenir les artisans directement, et j’espère, de faire apprécier leur travail à l’étranger.

JDJ : Avez-vous quelques bonnes adresses à transmettre aux lecteurs de Journal du Japon qui envisagent un voyage au Japon ?

usaburoLaetitia HEBERT : Le meilleur plan, où que vous soyez au Japon, c’est de vérifier si un temple local tient une brocante le week-end. Sinon, il existe quelques boutiques spécialisées ; je recommande particulièrement Tohoku standard Market, dans la Sky Tree à Tokyo, très facile d’accès (traditionnel, neuf) ; et Kokesh-ka (traditionnel, neuf et ancien) à Kamakura, une belle ville en bord de mer, au sud de Yokohama.

Si vous aimez les kokeshis modernes, faites plutôt un tour, si vous le pouvez, à Usaburo factory (photographie ci-contre). C’est faisable en une petite journée depuis Tokyo !

 

Planète Kokeshi : quand un français fabrique de poupées japonaises …

planetePour finir notre tour d’horizon, nous revenons en France, avec Planète Kokeshi !

JDJ : Bonjour… Pouvez-vous nous raconter votre première “rencontre” avec les Kokeshi ? 

Planète Kokeshi : Ma première rencontre avec les kokeshis fut par l’intermédiaire d’une amie. Il y a quelques années , à son retour d’un de ses voyages au japon, elle m’avait offert une kokeshi en cadeau et c’est de là que l’aventure a commencé.

JDJ : Comment est née l’envie de créer vos propres modèles ?

Planète Kokeshi : L’intérêt de créer mes propres poupées vient du fait que, il y a quelques années, il était difficile de se procurer des kokeshis et c’est ainsi que l’envie m’a pris de débuter la création de mes propres modèles de poupées.

boisJDJ :  Avez-vous suivi une formation pour la sculpture, la gravure, la peinture ? Quel bois travaillez-vous ? Comment est votre atelier ? 

Planète Kokeshi : A la base, j’ai suivi une formation de dessinateur illustrateur. Pendant quelques années, j’ai travaillé comme maquettiste. J’ai fait quelques essais dans la bande dessinée, mais sans résultat malheureusement. J’ai aussi essayé la sculpture et d’autres techniques mais surtout pour des travaux personnels.

Pour ce qui est de la création de kokeshis, j’ai appris un peu sur le « tas », à partir de vidéos d’artisans et de sites japonais traitant de l’art de la Kokeshi.

Le bois que j’utilise, en général, est de l’érable ou accessoirement du bois de tilleul. Mon atelier est plutôt banal. Il comporte diverses machines à bois et mon bois que je stocke.

pkJDJ : Quelles sont vos sources d’inspiration ? 

Planète Kokeshi : Mon inspiration vient surtout sur le moment et selon mes envies. Mes poupées gardent une petite touche de mon passage dans la bande dessinée.

J’essaye d’avoir mon propre style tout en gardant un peu une touche traditionnelle des modèles que l’on peut trouver au Japon.

JDJ : Parmi tous les types de Kokeshi qui existent au Japon, avez-vous des préférences ? 

Planète Kokeshi : Je n’ai pas vraiment de style en préférence car j’adore toutes les formes de Kokeshi, mais peut-être une préférence sur le style « Vintage ou Créative »des années 50 à 70. Un de mes artisan préféré et Mr Sansaku SEKIGUCHI , une référence pour moi .

Plus d’informations sur la page facebook de Planète Kokeshi.

Dans les livres, sur les sites internet, chez un artisan français ou dans les boutiques lors d’un voyage au Japon, vous ne résisterez pas à ces adorables poupées emblématiques de l’artisanat japonais. En avez-vous déjà chez vous ? Envoyez nous vos photos !

 

Remerciements à Laetitia HEBERT et PLANETE KOKESHI pour leur disponibilité et leur gentillesse.

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5 réponses

  1. Hacot dit :

    Bonjour,je rentre du japon et souhaite m’acheter un livre sur les kokeshis.que me conseillez-vous?
    Merci

  2. Laurent dit :

    bonjour moi aussi je voudrai aussi acheté un livre sur les kokeshi pouvez vous me donner un titre merci

    • Alice Monard dit :

      Bonjour,
      pour le moment il n’existe pas de livre en français sur les kokeshi, le livre que je présente dans l’article est en anglais mais avec beaucoup de photos et donc très intéressant, vous pouvez vous le procurer sur internet (amazon ou autres). Il existe aussi des livres en japonais que vous pourrez également trouver sur internet. Je vous informerai si un livre en français sort sur le sujet.

      Alice MONARD

  3. Karine Michel dit :

    Peut- être pouvons nous aussi trouver cet ouvrage ou le commander dans une VRAIE LIBRAIRIE ?

  4. Soulportal dit :

    A good book on Traditional Kokeshi is From Tohoku With Love by Manami Okazaki there are some great interviews with craftsman. For Creative dolls the book Kokeshi Wooden Treasures of Japan by Michael Evans and Robert Wolf has plenty of pictures and information about creative Kokeshi.

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