Japan Expo 2018 : le bilan de la 19e édition

Il paraît qu’il est plus difficile de rester populaire que le devenir. A ce jeu là, les dernières éditions de Japan Expo ne s’en sortent pas si mal : le salon continue d’attirer entre 235 et 240 000 visiteurs chaque année, au Parc des expositions de Paris Nord Villepinte. En plus de rester le salon numéro 1 de sa catégorie en Europe, Japan Expo pérennise donc, tranquillement mais sûrement, son statut d’institution immanquable, de grande fête estivale et populaire autour des loisirs japonais.

Qu’en est-il justement cette année ? Qu’est-ce qui a attiré les foules pour la 19e édition ? Quels stands méritaient le déplacement et quelles animations étaient les plus funs ? Quels invités se sont distingués et quels shows ont enthousiasmé leurs spectateurs ? En bref : c’était comment Japan Expo cette année ?

Quelques membres de la team JDJ ont pu se rendre sur place et goûter au 19e impact en visitant les stands, testant les animations, assistant aux shows ou rencontrant les artistes et les artisans venus de l’archipel nippon. Voici, point par point, leur compte-rendu, souvenirs et impressions de cette nouvelle édition !

Japan Expo 2018

Stands et animations : le cœur de la fête à Japan Expo

Manga : le parc d’attraction du Japon !

Depuis quelques années, de nombreux éditeurs ont choisis de dynamiser l’expérience qu’ils proposent aux visiteurs. Comme le dit Ahmed Agne, directeur éditorial des éditions Ki-oon : “Nous ne sommes plus là pour juste vendre des mangas. C’est une bonne chose d’en vendre et de proposer nos sorties, bien sûr, mais nous désirions offrir davantage. C’est ce que nous avons commencé à faire l’an dernier avec des animations My Hero Academia mais cette année nous mettons plusieurs séries en avant pour faire de Ki-oon World une sorte de parc d’attractions autour de nos séries.

Une logique que plusieurs éditeurs suivent désormais et qui permettent de passer de chouettes moments dès l’entrée dans le salon. On retient tout particulièrement :

  • Kana qui nous a offert un Escape Game de 20 minutes à l’intérieur d’un superbe décor de 30 m² pour fêter la sortie du premier tome de Moriarty. Une petite introduction, quelques indices sous-entendus, et hop, on entre dans l’inconnu dans une chambre du 19e siècle à la recherche de cette fameuse porte de sortie. La foule avait disparu autour de nous. Plus aucun tumulte, plus aucune préoccupation autre que trouver des indices. Seul un talkie-walkie nous liait au monde extérieur pour nous mettre sur le chemin quand on tournait en rond. Cette expérience était un succès, et on s’est tous fait avoir comme des bleus : une deuxième pièce nous attendait derrière la première ! Et les gens connaissant le personnage auraient pu s’en douter, mais l’équipe s’en est très bien tirée… certains d’entre nous sont même sortis avec une photo souvenir ! La mode de l’escape game qui déferle ces derniers temps était une très bonne idée pour faire découvrir l’univers du manga et on félicite son concepteur (Artech Deco).

 

  • Kazé Manga pour les animations tournant autour de The Promised Neverland : un mur d’escalade de 5 mètres, un test de QI inspiré de la série et surveillé par une Maman plus vraie que nature et des malles façon escape. Chaque animation pouvait être enchaînée sans grosse attente ou faite indépendamment tout au long de la journée. Une session de test de QI avait lieu toutes les 15 min, et la queue du mur d’escalade allait relativement vite comme deux personnes pouvaient grimper en même temps. Le bonus ? Une photo souvenir à récupérer à la fin. Avec 3 personnes maximum par malles, l ‘attente était plus longue concernant les malles escape, pourtant au nombre de 3 mais où au final 3 personnes maximum pouvaient jouer par malle. Néanmoins, là aussi, comme certains allaient plus vite que d’autres, jamais de réelles attentes. Un bon moyen de promouvoir une série qui prend de l’ampleur et de passer un bon moment sur le salon.

Toutes ces animations s’ajoutent à l’autre tendance de fond : les photocalls aux couleurs de votre série ! De la taille d’une petite chambre, ces espaces ouverts vous permettaient de vous immerger dans l’ambiance d’un manga, d’une série ou d’un jeu vidéo et de se prendre en photo seul ou entre amis, soit avec votre propre appareil, soit via une borne photo qui vous imprimait directement le cliché ou vous l’envoyait par mail. Parmi les plus réussis : celui de Dr Stone, d’une sacré envergure chez Glénat, ou celui de Made In Abyss avec ses personnages en SD vraiment craquants sur le stand Ototo / Taifu / Ofelbe.

Ensuite, on n’oublie pas que Japan Expo est aussi un endroit pour échanger avec d’autres passionnés : sur le stand Doki-Doki ou Kurokawa par exemple, en plus des nombreux goodies vous pouviez prendre le temps de discuter avec l’équipe éditoriale ou les traducteurs de vos titres préférés ! Le contact humain c’est aussi l’arme des petits stands d’éditeurs qui cherchent à se faire connaître, et on en profite pour saluer l’accueil chaleureux du stand de Third Editions.

Jeux vidéo : tu peux test !

Et puisque l’on parle de Third Editions, la transition est toute faite pour aborder une autre partie du salon : les jeux vidéo, qui n’étaient pas en reste. Nintendo, qui venait d’annoncer la sortie de nombreux jeux au cours de l’E3 du mois de juin, était installé en grandes pompes ! Scène entourée de multiples mini-stands de jeux à tester, l’éditeur japonais permettait notamment de tester en avant-première le prochain Super Smash Bros qui se veut mémorable. Et pour ceux et celles qui n’avaient pu se rendre aux ateliers de découverte de Nintendo Labo, leur nouvelle gamme de produit lancée cette année, là aussi un coin lui était entièrement dédiée afin de l’expérimenter et s’y essayer.

Square Enix était également présent sur un stand aux couleurs notamment de Kingdom Hearts, dont le troisième opus est attendu pour le 29 janvier 2019. Le stand était divisé en plusieurs micro entités, chacune dédiée à une licence en particulier. Vous aviez la possibilité de tester les deux derniers primordiaux de Final Fantasy XIV par groupe de 8, le prochain Dragon QuestCaptain Spirit et enfin le tant attendu KH3. Il fallait néanmoins s’armer de patience tant la communauté était au rendez-vous.

Koei Tecmo, Sega Atlus et NIS America étaient également présents sous la bannière de Koch Media. De nombreux jeux de ces éditeurs avaient été mis à l’honneur pour le plus grand bonheur de tous. Vous pouviez facilement changer d’univers en passant par exemple de Labyrinth of Refrain : Coven of Dusk, à Disgaea ou encore YS VIIIPersona, Valkyria Chronicles ou encore Fist of the North Star étaient également disponibles en test. 

Enfin, pour les fans du célèbre jeu de Blizzard : Overwatch, une compétition live a eu lieu durant Japan Expo, permettant aux novices de découvrir le FPS le plus célèbre de l’éditeur américain. Les joueurs invétérés avaient également l’occasion d’observer les tactiques développées par de possibles rivaux in-game. 

Bonus track : c’est le tampon !

Cette année, des rallye-tampons étaient présents à Japan Expo, plus encore qu’auparavant. Ce plaisir typiquement japonais consiste à se faire tamponner un carnet en suivant un parcours touristique prédéfini. Les gens ayant déjà visité le Japon connaissent très certainement ce système, présent dans les gares, les jardins, les musées et sanctuaires.

Le plus impressionnant était celui organisé autour de One Piece. Ce dernier vous proposait de faire le tour de l’espace Saiko tout en superposant les 10 tampons successifs jusqu’à faire apparaître une illustration d’Eichiro ODA. Le résultat ravissait petits comme grands.

Autre nouveauté de l’année qui se rapproche des rallye-tampons, fut la chasse aux jens lancée par Japan Expo eux-mêmes via leur point Animation ! Vous pouviez en effet chaque jour tenter votre chance, en suivant une carte au trésor, récupérer des jens, une monnaie virtuelle créée par le salon. Afin de les trouver, il fallait résoudre des énigmes faisant allusion à certains exposants du salon auprès desquels trouver l’information convoitée, répondre à un rébus, remplir une grille de mots croisés… Les spectateurs avaient jusqu’à 16h : à cette heure-là il fallait avoir rejoint le point Animation, donner tous les indices trouvés, et les jens obtenus permettaient de repartir avec des goodies inédits. Un tirage au sort pour gagner un lot plus gros était ensuite organisé pour les 20 premiers à avoir réussi. Autant dire que, même si cette animation est un peu passée inaperçue au départ du salon, Japan Expo a innové et s’est creusé la tête… car les indices n’étaient pas si faciles !

Japan Expo 2018 : One Piece Stamp Rally

Alors que pendant des années, Japan Expo avait la réputation d’être un supermarché où il faut payer (cher !) pour entrer puis payer à nouveau à chaque stand, les éditeurs ET le salon étoffent progressivement leur offre pour faire des 4 jours à Villepinte une vraie fête et un véritable parc d’attractions. Ventes et achats sont toujours le cœur de l’événement, évidemment, mais il n’est plus possible de résumer le salon à une grande surface des j-loisirs. Et ça pour le visiteur, c’est tant mieux !

 

La (pop)culture sous toutes les coutures ! 

Des thématiques en demi-teintes…

En 2018, les thématiques stars de Japan Expo n’auront pas forcément marqué les esprits. Japonisme 2018 âmes en résonances, qui célèbre les 160 ans de l’établissement des relations entre le Japon et la France proposait principalement un stand dédié, une conférence et un concert de Taiko et de Shamisen, mais avec la foule d’événements partout en France sur cette année spéciale entre France et Japon, il semble que Japan Expo n’aura été qu’une étape dans le lot. D’un autre côté, le salon proposait une mise en lumière du Space Opera, avec des activités en liens avec les anniversaires des séries cultes Cobra et Cowboy Bebop. Du côté de Cobra on pouvait profiter d’une belle exposition, mais il manquait le principal maître d’oeuvre, le mangaka Buichi TERASAWA, absent pour raison de santé. Pour se consoler et pour les absents sur Japan Expo, on pourra tout de même se faire plaisir grâce à Isan Manga qui a concocté un petit bijou de 300 pages qui retracent 40 ans de carrière de l’auteur, des interviews, des dessins et un récit inédit. On l’a eu en main et on vous le recommande, en allant ici

Japan Expo 2018 : la dream team Cowboy Bebop

Enfin, donc, Cowboy Bebop était à l’honneur pour ses 20 ans, autant dire que, chez les fans nostalgiques, la corde sensible a particulièrement vibré. L’expo a fait le plein d’invités pour des conférences, des dédicaces…et des interviews, à venir ici. Les fans ont en toute logique accumulés coffret collector, artbook et autres supports officiels autour de la série. Ainsi, on peut se poser la question, plus vaste que le simple cas de Bebop, pourquoi donc le festival s’évertue encore (car ça ne date pas de cette année) à imposer comme support de dédicace leur simili-shikishi souple ? Si les demandes étaient malvenues (signatures sur un objet random) ou absurdes (nous avons déjà vu quelqu’un demander à se faire dédicacer le torse) cela serait compréhensible, mais quand des gens font la queue une heure, pour espérer pouvoir tenter leur chance au tirage au sort, et obtiennent enfin le précieux sésame pour une griffe éclair sur l’objet qui canalise leur passion, pourquoi transformer ce moment normalement euphorique en séquence militaire où rien ne doit dépasser et où l’on ne peut pas être accompagné par nos proches ? Si Japan Expo a su faire mieux sur plusieurs points évoqués dans ce dossier, les dédicaces restent donc un point à améliorer.

Japan Expo 2018 Cowboy Bebop

L’artisanat à Japan Expo

Cela dit, le Japon et sa culture ne se résument évidemment pas à ses thématiques grand public comme le manga, la japanime et le jeu vidéo. Pour s’en détourner, on peut généralement bifurquer sur l’aile droite du Hall 5, le long de la verrière, pour pénétrer dans l’espace Wabi Sabi, s’arrêter sur la scène Sakura ou les stands touristiques. En un mot, le coin Japon de Japan Expo ! Refait tout en blanc, l’espace Wabi Sabi avait choisi de se montrer abordable : fini les pièces d’artisanat magnifiques mais hors de prix de 500 à 3000 euros ou plus. Si quelques produits atteignaient encore des sommets, la plupart des stands proposait plutôt de petits objets à quelques euros ou quelques dizaines d’euros pour de l’artisanat plus soigné. Certains, nous permettaient même de nous initier à leur art, pour concevoir nous-même un objet pour une modeste somme. Une exposante nous a d’ailleurs avoué, alors que nous prenions son stand en photo : “Est-ce que vous pouvez ne pas faire figurer les prix sur votre cliché, j’ai dû faire une importante promotion et mes prix ici sont très en dessous de ceux que je pratique au Japon. C’est pour parvenir à vendre, car la clientèle Japan Expo est un grand public pas vraiment habitué à l’artisanat donc si on pratique des prix standards on ne vend rien du tout, malheureusement.

Une analyse intéressante qui semble s’être répandue sur l’espace Wabi Sabi et qui pose l’équation difficile à résoudre entre artiste et artisans de talent qui ont une valeur et donc un prix, surtout en rajoutant le voyage depuis le Japon et la location de l’espace. La nature du public à Japan Expo et de son portefeuille, déjà bien amoché par le voyage, l’hébergement, l’entrée dans Japan Expo ou les achats divers font qu’il ne reste souvent que quelques euros à dépenser dans ce coin culture, pour ramener la petite babiole originale pour soi ou pour une amie absente, ou encore son nom en kanji par un calligraphe qui vend d’habitude ses toiles à plusieurs milliers d’euros.

Néanmoins, au-delà de cette question, Wabi Sabi et la scène Sakura restent une bonne occasion de se plonger dans les shows culturels souvent plein d’humour, ou parfois plus emprunt de poésie… Du ninja violoniste au show de samourai en passant le re-re-retour de Kiré ou par les mascottes (Yuzu Kappa, pourquoi t’étais pas là T_T !!) l’espace culture mérite donc toujours une journée ou demi-journée qui vous changeront du défilé merchandising classique.

 

Le sport puis le réconfort !

Si vouliez vraiment faire une coupure, l’idéal était encore d’aller… Faire du sport ! Cette année, les amateurs étaient servis. D’une part, car le sport a enfin (il était temps !) été déplacé pour être mis beaucoup plus au calme ! Si vous vous souvenez, ces dernières années, les associations et autres club sportifs présents, devaient cohabiter avec la partie jeu vidéo attenante. Mais pas cette fois. Japan Expo leur a ouvert un Hall plus petit, qui initialement ne servait qu’à rejoindre la scène Yuzu. Et d’autre part car le résultat était un espace beaucoup plus grand, plus calme avec des clubs au point pour des ateliers et démonstrations. Petit hic : du coup ils étaient un peu excentrés par rapport au reste du salon. Néanmoins, la jolie nouveauté cette année était la présence de la fédération française de Kyudo, qui n’était pas venue depuis deux ans. Au programme : démonstration et initiation. Mais comme chaque année, n’oubliez pas qu’il faut venir assez tôt afin de vous inscrire aux différentes sessions. En dehors du Kyudo qui était vraiment bien représenté, vous retrouviez les habituels stands liés aux arts martiaux et aux sports de combat : aikido, kendo, jujitsu… Autant dire qu’il y avait du choix.

Japan Expo 2018 : Kyudo

Enfin pour se remettre de cette balade culturelle et sportive, il fallait bien un petit quelque chose à se mettre sous la dent. Cela tombait bien car jamais Japan Expo n’avait proposé autant de stand d’alimentation. Après de longues années où manger était un parcours du combattant au point de sauter un repas ou d’y passer deux heures, voici donc un point noir de moins pour le salon ! Répartis sur une large partie du salon, les Food Court regroupaient à chaque fois quelques enseignes, dont Onigiri-ya avec son trio d’Onigiri basique pour 10 euros ou Ippudo et son petit curry franchement pas mauvais pour le même prix. On citera du côté des onigiri également la nouvelle boutique ayant ouvert en mars : Omusubi Gonbei qui était aussi de la partie avec leur Omusubi thon à la Japonaise (“dont les ingrédients sont secrets ;D” dixit le vendeur !) . Enfin, juste à leur côté se trouvait un petit stand indépendant qui vendait des dorayaki (haricot rouge, matcha/mochi et marron) ainsi que du matcha latte et des karaage.

Certes, les prix salons restent prohibitif mais pas plus à Japan Expo qu’ailleurs et, surtout, avec 5 espaces dédiés à l’alimentaire, les queues interminables étaient cette année de l’histoire ancienne. On se posera dès lors la question de l’intérêt du coupe file dans le billet Zen. Vendredi, notre équipe a pu avoir son repas sans avoir à faire la queue alors qu’il était aux alentours de 12h30, heure de rush, et samedi, Ippudo nous servait en 10 minutes, file de queue comprise, et avec le sourire ! 

De plus, si un plat salé était désormais assez facile à se procurer, le sucré lui aussi était de la partie, en dessert ou au goûter : les mochis de Bubble Stop étaient vite avalés mais corrects et rafraîchissant pour 4 euros, et du côté de l’espace Washoku on n’oublie pas non plus notre dégustation de kakigori au parfum melon, pastèque, fraise, citron, etc ! Et pour les plus téméraires, du côté du Hall 6 vers la partie des stands amateurs, vous pouviez y trouver des taiyaki (chocolat, nutella ou haricot rouge).

Créateurs et amateurs : 

L’un des bémols de cette édition fut la partie dédiée aux jeunes créateurs et positionnée chaque année du côté de la verrière, non loin de l’espace Washoku. Cette année, la surprise fut de voir qu’il semblait y avoir beaucoup moins d’exposants sur place. Des habitués en effet, pourtant là chaque année, manquaient à l’appel, et les stands créateurs étaient apposés à côté d’un espace de goodies à acheter. Autant dire qu’ils n’étaient pas très bien mis en valeur ni en avant. Un peu déçu de voir que de ce côté-là, rien d’exceptionnel à se mettre sous la dent car finalement peu de choix, ce qui est bien dommage ! Pour les jeunes auteurs et éditeurs, la même chose se produisit puisqu’ils se trouvaient aux côté des éditeurs mangas, dans un espace pas très bien mis en avant et un peu sombre car en retrait.

Résultat : en oscillant entre des stands de produits douteux, et d’autres faits maisons et souvent de qualité, il était parfois difficile de savoir si l’exposant avait tout de l’amateur sincère, de l’artisan authentique ou de l’arnaqueur chevronné. Sans compter que produit douteux ou pas, toutes ces allées étaient souvent bien remplies et peu agréable à visiter. Dans le doute (ou dans la chaleur), on passait son chemin pour retourner vers les espaces stars du salon et les valeurs sûres.

Au chapitre des coups durs on retient forcément cet épisode avec une douane – nécessaire et bienvenue à Japan Expo, c’est important à noter – mais cette année très zélée. Leurs agents ont été poussés par les ayants-droits, de Nintendo et de Shueisha, si on en croit les produits confisqués, pris en photo par la douane ici, à aller plus loin que les produits pirates habituels et à saisir des dessins amateurs du coté des stands amateurs et fanzines, suscitant un ouragan de réactions, sur Twitter notamment :

2018 était donc une année pas vraiment à la fête pour les amateurs et artistes indépendants. Simple mauvaise pioche ou tendance de fond qui veut voir s’écarter les stands à gros budgets de ceux les plus modestes ? L’avenir nous le dira.

 

Bonus : les coups de cœur de l’équipe JDJ

Terminons avec un note positive avec le moment préféré de chacun de nos rédacteurs pendant ces 4 jours de salon !

Olivier : J’ai été agréablement surpris de l’attrait des visiteurs pour les artbooks. Le stand JPT France vendant à 80% des artbooks en import du Japon, et faisant stand commun avec celui de l’Eva Store venu vendre le dernier artbook consacré à Evangelion, était pris d’assaut en continu durant ces quatre jours. L’artbook, un marché difficile en France aujourd’hui encore ? Pas si sûr.

Charlène : Pour ma part, mon véritable coup de cœur du salon restera mon initiation au Kyudo. Après m’être renseignée le jeudi, j’ai suivi Audrey et une amie qui m’ont poussées à m’inscrire et comme j’ai bien fait ! J’ai trouvé le moment véritablement magique car durant 20-30min j’étais entièrement concentrée sur l’instructeur et ce qu’il nous racontait : l’histoire du Kyudo, les anecdotes, l’entraînement qu’on a pu essayer, et les questions/réponses à la fin, un échange, un vrai. Résultat, j’en garde un beau souvenir, m’ayant rappelé mes années où je tirais à l’arc par le passé. Franchement, pour ceux qui hésitent encore, foncez vous inscrire à des séances d’initiations, c’est vraiment passionnant et ça change de l’effervescence du reste du salon !

Juliet : De mon côté, je n’ai pas forcément eu d’énorme coup de cœur si ce n’est la présence d’attractions pour rendre Japan Expo aussi mémorable que possible. De plus, de part que le jeu vidéo se professionnalise de plus en plus avec notamment la présence de Third Editions ou la possibilité de tester des jeux vraiment attendus par la communauté, aura vraiment été impressionnant ! Même si Japan Expo n’est pas forcément une convention dédiée uniquement aux jeux vidéo, elle leur accorde une place de choix !

Aurore : Si je devais choisir un coup de cœur dans cette édition, ça serait l’espace Wabi Sabi pour ses petits stands d’objets traditionnels. N’ayant pas assisté à une Japan Expo depuis près de 7 ans, j’ai été ravie et surprise de voir autant de Japonais présents pour vendre des produits typiques. Ce petit coin m’a beaucoup rappelé l’année que j’ai passée là-bas et si certains ne parlaient pas forcément français ni anglais, le japonais permettait de s’immerger encore un peu plus dans ce petit coin de pays. Je trouve ce corner culturel essentiel pour les visiteurs amoureux du pays, même si le côté manga et jeu vidéo domine la convention.

Audrey : Japan Expo, c’est une bulle incroyable qui, une fois par an, me connecte tellement à ma passion du Japon. C’est donc forcément difficile de ne choisir qu’un coup de cœur, quand on ressort de ces 4 jours avec des souvenirs plein la tête… Si je ne devais retenir qu’une chose, ça serait cependant cette année la présence lumineuse de Mika Kobayashi, une chanteuse découverte par ses anisongs épiques et captivants (L’Attaque des Titans, Guilty Crown, Blue Exorcist…) et que j’écoute depuis quelques années déjà. Pouvoir assister à deux de ses concerts (dont un en piano-voix très émouvant), me faire dédicacer un album et prendre en photo avec elle, c’était un moment merveilleux… J’ai en plus eu la chance de la rencontrer pour Journal du Japon, et donc hâte de vous faire lire cette interview !

Paul : Pour ma 10e année à Japan Expo coté pro, c’est une fois de plus les rencontres avec auteurs qui me passionne et j’en retiens 3 tout particulièrement… Sohei Niikawa tout d’abord, le créateur de Disgaea avec son bonnet Prinny sur la tête, sa bonne humeur et ce passage de l’interview où nous avons pu discuter de lien entre le jeu vidéo, Docteur Slump, le caca et un pénis de cheval  : ça ne s’invente pas ! Vient ensuite le duo d’auteur de Horion, Aienkei et Enaibi, délicieusement anti-confirmistes et avec une vision passionnante du shônen. Et impossible de finir sans cette longue entrevue avec Yoshitoki OIMA, que je n’aurais raté pour rien au monde et qui m’a permis de rencontrer une mangaka pas comme les autres, complexe, réfléchie et très intrigante. On a vraiment hâte de vous proposer tout ça cet été et de partager, avec vous cette fois, ces superbes moments !

On s’était dit rendez-vous dans 20 ans ♫

Voilà, ce compte-rendu se termine sans être, évidemment, exhaustif. Très loin s’en faut. Mais l’équipe de JDJ en ressort avec un avis assez positif, des souvenirs plein la tête, et aussi l’impression d’une évolution de fond, pour une fois aussi bien des exposants qui innovent – et emmènent plusieurs confrères avec eux, concurrence oblige – que de Japan Expo lui-même. Peut-être que trois années de fréquentation en deçà des objectifs ont-ils fait réfléchir les instances du festivals, difficile à dire, mais de toute façon avec des prix en hausse continue, il était temps pour Japan Expo de tenter de rénover son image de supermarché, de foire à la contrefaçon ou encore d’un salon qui ne bouge plus et se sclérose. Il y aura probablement de la casse, forcément des déçus et comme toujours des erreurs, mais à l’orée des 20 ans du festival le chemin emprunté est très intéressant et donne déjà, quelques jours seulement après la fin de l’édition 2018, l’envie de savoir ce que nous réserve la grande fête des 20 ans de Japan Expo ! Et d’y aller nous amuser une fois de plus, évidemment !

Rendez-vous donc en 2019, sans faute, pour fêter l’événement !

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Retrouvez nos deux albums photos Japan Expo 2018 : Stands, animations et cosplayArtistes, show et artisanat.

 

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1 réponse

  1. 13 juillet 2018

    […] vitesse de la lumière! C’est parti! 😀 (Et en parallèle, n’hésitez pas à aller lire notre compte-rendu global sur Journal du Japon! […]

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