Étrange Festival 2018 : Nippon Extravaganza !

Chaque année, le moment fatidique de la rentrée se voit repoussé d’une dizaine de jours par une éclaircie, une petite parenthèse enchantée début septembre qui occulte – tout du moins dans nos cœurs – le retour de la grisaille dans le ciel parisien. C’est l’Étrange Festival : grand-messe des cinéphages avides de sensations folles et des amoureux d’un cinéma japonais qui privilégie Seijun SUZUKI et Sion SONO à Yasujiro OZU et Naomi KAWASE. Du cinéma fou et furieux en somme, pour ceux qui ne s’enferment pas dans les salles obscures pour faire la sieste, mais plutôt pour réveiller leurs sens un bon coup !

 

Affiche de l’Etrange Festival 2018

Et comme à l’accoutumée, la 24e édition, qui se tient du 5 au 16 septembre 2018 au Forum des Images, aux Halles de Paris, fait la part belle au cinéma japonais, principalement à travers 2 belles thématiques rétrospectives, mais aussi quelques exclusivités et projections spéciales rares. Étonnamment, sont absentes cette fois-c, les dernières livraisons de Takeshi MIIKE ou Sion SONO, laissant la place à des choses plus surprenantes.

Petit tour d’horizon des festivités à venir.

Killing : le Tsukamoto nouveau !

Au milieu du dix-neuvième siècle, le Japon quitte l’époque féodale pour entrer dans une nouvelle ère. Un ronin vivant auprès de paysans assure la tranquillité du village, jusqu’à ce qu’on lui propose de rejoindre un groupe de mercenaires.

Killing, le nouveau Tsukamoto

C’est à l’Étrange Festival que revient, en effet, l’insigne honneur de présenter sous nos latitudes le dernier opus du Grand TSUKAMOTO, ici présenté dans la compétition internationale. Trois ans après le film de guerre Fires on the Plain qui avait beaucoup plu ici, Shinya TSUKAMOTO s’attaque au Chambara (Ndlr: film de sabres) avec Yu AOI et Sosuke IKEMATSU. On fait déjà la queue pour la séance !

 

 

 

Liverleaf : le vengeance n’attend plus

Nouvelle venue dans un lycée de province, Haruka a bien du mal à s’intégrer. Petit à petit, les choses dégénèrent et elle est de plus en plus harcelée, jusqu’à ce que ses camarades décident d’incendier sa maison. Ses parents et sa sœur y perdront la vie. Haruka décide de se venger.

Affiche de Liverleaf

Un film de vengeance bien énervé, adapté d’un manga et réalisé par Eisuke NAITO. Ce jeu de massacre dont la bande-annonce laisse entrevoir un spectacle sombre et violent, porte sur la revanche d’une jeune lycéenne victime d’un ijime meurtrié à son arrivée dans un lycée de campagne. On est très curieux de cette potentielle bonne surprise !

 

 

Violence Voyager : l’étrange animation

Le jeune Bobby et son ami Akkun vont explorer une montagne aux alentours de leur village. Ils vont y découvrir Violence Voyager, un parc d’attraction ignoré de tous, mais qui semble encore ouvert.

Définitivement, l’OVNI de la sélection japonaise pour cette édition du festival ! Un film d’animation à base de dessins découpés au scénario bien barré, annoncé comme une rencontre entre Jurassic Park et l’Île du Docteur Moreau, réalisé par Ujicha dont c’est la seconde réalisation. Une exploration en montagne entre amis qui se termine dans le gore le plus total. 

 

 

La vengeance est à moi : histoire d’un serial killer

Janvier 1964. Après soixante-dix-huit jours d’une cavale sanglante, le tueur en série Iwao Enokizu est arrêté. Que s’est-il réellement passé ?

Jackie BERROYER a inclus dans sa carte blanche ce film de Shohei IMAMURA, datant de 1979 et s’intéressant à l’itinéraire d’un serial killer ayant véritablement terrifié le Japon en 1964. Grand succès qui marquait le retour d’IMAMURA sur le devant de la scène après une traversée du désert de 10 ans suite à l’échec de Profonds Désirs des Dieux. Polar étrange sur un monstre bien réel, basé sur le roman sensationnel de Ryuzo SAKI, un film qu’on a hâte de (re)découvrir !

 

 

Les funérailles des roses : les nuits chaudes de Tokyo

Les aventures d’Eddie, travesti travaillant au bar Genet tenu par le dealer Gonda. Quand il ne fantasme pas sur la mort de sa mère et de son amant, il discute septième art avec ses amis cinéphiles ou des drag queen rencontrées dans des boîtes de nuit…

Après Une Page Folle l’année dernière, l’Étrange continue d’exhumer de rares gemmes expérimentales avec ce film de 1969, réalisé par Toshio MATSUMOTO et portant sur un personnage de travesti dans le monde de la nuit tokyoïte. Inventif et audacieux, il se raconte que ce film aurait probablement inspiré Stanley Kubrick qui l’a vu un peu avant de réaliser pour Orange mécanique. Présenté ici en version restaurée et copie neuve. 

Les Funerailles des roses

Nikkatsu Extravaganza !

Voici une thématique centrée autour du studio Nikkatsu, qui, avant de se tourner vers le roman porno, fut le chantre, dans les 60′ du Nikkatsu Action ! Le film d’action débridé, classe et ancré dans un Japon un peu surréaliste délicieusement sixties, dont le plus fier représentant fut Seijun SUZUKI. Au programme, de l’action pop, des gangs de filles et Meiko KAJI, le tout dans des versions récemment restaurées et éditées en bluray par Bach Films. De quoi redonner le sourire aux plus grincheux. C’est, à titre personnel, la thématique qui me fait le plus trépigner d’impatience.

Hachimiri Madness : le 8mm à l’honneur

Des films tournés de manière indépendante en 8mm à la fin des années 70 par toute une génération de réalisateurs punks qui allaient par la suite marquer le cinéma japonais et au delà. C’est LE gros morceau de cette édition ! Du très rare, voire carrément de l’inédit chez nous, présenté en version restaurée et nous permettant de découvrir tout un pan quasi-inconnu du cinéma japonais avec des œuvres de jeunesses de grand réalisateurs comme Shinya TSUKAMOTO, Sogo ISHII, Sion SONO ou Nobuhiro SUWA. Folie, liberté, système D et irrévérence garantie pour cette sélection très attendue.

Un programme bien chargé et prometteur donc, sur lequel Journal du Japon reviendra prochainement plus en détail.

Vous pouvez retrouver l’agenda et les détails de la programmation sur le site de L’Étrange Festival 2018

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