Sekiro, Shadows Die Twice : trop difficile ou simplement exigeant ?

Même sans y avoir joué, vous n’avez pas pu passer à côté de la difficulté légendaire que nous propose From Software dans le domaine du jeux vidéo. Avec la série des Souls (Demon’s Souls en 2009 et la trilogie Dark Souls en 2014, 2011 et 2016), ainsi qu’avec Bloodborne (2015), Japan Studio et From Software ont instauré une nouvelle façon de jouer qui s’adresse aux joueurs les plus audacieux, qui n’ont pas peur de s’arracher les cheveux pour avancer.

Nous avons donc tester pour vous le petit dernier de la bande, édité cette fois par Activision: Sekiro, Shadows Die Twice. 

Direction le Japon moyenâgeux pour aller mourir, encore et encore. 

Fullmetal Shinobi

Japon, ère Sengoku, dans les années 1500. Vous jouez un shinobi déchu, «Loup», qui a juré de défendre un jeune seigneur, dernier de sa lignée, envers et contre tout. Lorsque ce dernier est enlevé, vous décidez de prendre sa défense et y perdez un bras ainsi que votre honneur. Désormais affligé d’une prothèse, vous comptez bien tout faire pour retrouver ce que vous avez laissé derrière et sauver l’avenir du Japon.

C’est donc ainsi que vous commencez votre aventure, vous réveillant après le sauvetage de votre jeune prince qui ne s’est pas terminé comme prévu. Le bras coupé, le corps déjà meurtri par votre passé, le réveil est douloureux dans le temple du sculpteur qui a retiré sa propre prothèse pour vous l’installer. Il sait de quoi vous êtes capable et, pour une raison mystérieuse, vous fait confiance.

Au clair de la lune…

 

Voici donc la première mécanique de jeu qui vous est présentée et vous aidera tout au long de votre aventure au sein du Japon Sengoku: votre bras prothétique. À l’aide d’outils que vous trouverez dans les différents niveaux, vous serez en mesure de le faire changer de forme en ajoutant shuriken, hache, lance flamme, et bien d’autres choses encore… mais aussi de l’améliorer à l’aide d’un arbre de compétences.

Mais il n’est pas le seul à pouvoir évoluer : chaque ennemi vaincu remplit votre jauge d’expérience qui, une fois pleine, vous donne, évidemment, des «points tactiques» à utiliser dans un second arbre de compétences, cette fois basé sur des techniques passives (comme l’amélioration des objets de soins par exemple) ou actives (se tirer plus facilement d’affaire au milieu d’un cercle d’ennemis à l’aide d’une combinaison de touche).

A l’inverse d’un RPG classique, il vous est possible d’alterner entre seulement trois armes sur votre prothèse et d’avoir uniquement une seule compétence active utilisable à la fois. De plus, vos armes de prothèse ne sont activables qu’à l’aide d’Emblème Spirituel que vous trouverez sur certains ennemis, dans certains lieux, ou que vous pourrez aussi acheter (mais à quel prix…?). Plus l’arme fait de dégâts, plus le nombre d’Emblème nécessaire à l’utilisation sera important.

Autant vous dire que vous feriez mieux de bien choisir vos armes selon l’ennemi qui se trouve en face de vous !

Arbre de compétences pour votre prothèse

Ces arbres servent, plus ou moins, à définir votre façon de jouer : plutôt furtif, discret et donc dans l’infiltration ; ou plutôt brut, avec des coups puissants qui déstabilisent l’ennemi. Un conseil est toujours bon à prendre : un subtile mélange des deux est de mise pour ne manquer aucun objet sur votre route mais aussi pour ne pas avoir à recommencer dix fois le même chemin d’ennemis.

Bien sûr, les points de sauvegarde (appelés Idole du Sculpteur) se trouveront sur votre chemin pour vous laisser récupérer votre barre de vie, définir les branches de vos arbres ou faire quelques achats utiles mais ATTENTION, vous reposer ne vous laisse pas à l’abri du retour de quelques ennemis déjà vaincus…

Et nous ne disons qu’une seule chose à la mort. Pas aujourd’hui.

Afin de battre comme il se doit ces carnes d’ennemis, vous devez surveiller une jauge appelée «Posture». Cette dernière se trouve au centre, en bas de l’écran et apparaît et se remplit à force des coups que vous encaissez. Attention à vous, dès qu’elle est pleine, vous vous retrouvez sans défense et pouvez prendre un coup mortel de la part du katana d’en face ! Mais, bonne nouvelle, vos ennemis aussi en ont une qui fonctionne exactement comme la vôtre. Mécanique importante pour récupérer des Emblèmes Spirituels, des Sens (NDLR la monnaie du jeu) ou encore pour remplir votre jauge d’expérience, il est très important aussi de réussir à parer les attaques ennemies au bon moment. Et ce bon moment vous sera annoncé par le bruit que fait l’arme de votre ennemi contre la vôtre. Tendez bien l’oreille ! Bien sûr, ce qui marche pour vous fonctionne aussi pour les autres : vos opposants seront eux aussi capables de la parade parfaite. Alors, un symbole rouge se dessinera au-dessus de lui, vous annonçant qu’il n’y a plus qu’une chose à faire : fuir.

Pourtant, même en équilibrant vos arbres ou en devenant un maître de la Posture, une chose est sûre: vous allez mourir, et pas qu’une fois ! Comme prévenu dans l’introduction, Sekiro s’inscrit dans la même lignée que Bloodborne et les Souls: pour réussir, il faut mourir plusieurs fois. Interviennent alors plusieurs autres mécaniques de jeux qui, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ne sont pas là pour vous aider mais juste pour vous tenir la tête à l’intérieur du puits pourvu que vous ne puissiez plus la sortir de l’eau. Dès les première minutes du jeu, vous allez laisser (sans le vouloir, bien sûr) votre Loup mourir encore et encore, jusqu’à ce que le jeu vous incite à le ressusciter. Et c’est là qu’intervient le titre du jeu (NDLR: Shadows Die Twice, « les ombres meurent deux fois »).

Shadows Die Twice and three times and four times and…

C’est en enchaînant plusieurs coups fatals sur des boss ou mini-boss que vous aidez une jauge à se remplir (symbolisée par un rond rose au-dessus de votre barre de vie) [NDLR voir image ci-dessus] ; la jauge vous permettant de ressusciter une seconde, voire même une troisième fois. Mais, Sekiro ne déroge pas non plus à la règle de « l’échange équivalent » pour tirer notre métaphore de l’alchimiste Fullmetal. En effet, pouvoir ressusciter n’est pas gratuit puisque cela déclenche une quête annexe : La Peste du Dragon.

Pour l’histoire, il semblerait que vous puissiez avoir une deuxième chance grâce à l’aide du sang du jeune héritier que vous défendez bec et ongles. Sauf que, puisque vous avez le droit de vivre plusieurs vies, ce sont les habitants qui paient de la leur, à commencer par le sculpteur. Une résurrection pour vous veut dire qu’un habitant (un PNJ) de plus est contaminé par une maladie, La Peste du Dragon. Ressusciter implique donc de renforcer l’influence de la maladie sur le village.

Dans ce cas-là, pourquoi ne pas laisser notre shinobi mourir pour reprendre au dernier point de sauvegarde ? Cela n’est malheureusement pas aussi simple.

La mort étant une règle d’or, elle vient elle aussi avec sa punition : la perte de la moitié de votre expérience ainsi que la moitié de l’or possédé. Déjà que ce sont des denrées rares…

Le jeu vous laisse dix secondes pour vous décider MAIS vous donne aussi une «aide» en la présence de «l’Aide Divine». L’Aide Divine est le pourcentage de chance (que vous pouvez augmenter en tuant un maximum d’ennemis) de ne rien perdre en acceptant la mort. Bien que vous démarriez le jeu avec une aide à 30%, celle-ci tombe bien vite à 15% dès les premiers signes de Peste du Dragon.

Menu de l’idole du Sculpteur

A vous de choisir, votre vie avec un bout de votre expérience et butin, ou la vie d’innocents ?… Ou alors, trouver un moyen de soigner ces pauvres gens…

Un Japon médiéval fantastique très immersif.

Oui, la Peste du Dragon est une partie du scénario qui arrive assez tôt dans le jeu, mais qu’en est-il de l’histoire de Sekiro Shadows Die Twice ? Comme dit plus haut, il s’agit d’éliminer tous les ennemis de la lignée royale afin de sauver l’héritier que vous avez juré de défendre. À part ça, l’histoire n’est pas si facile à suivre puisque notre but premier est surtout de survivre et d’avancer dans les différentes zones pour améliorer la prothèse ou les capacités de notre Loup. Il y a pourtant une petite mécanique de jeu, l’espionnage, qui permet de s’immerger davantage dans l’histoire puisque nous ne pouvons plus faire aucune action lorsque le Loup espionne des gardes ou des habitants. Ces conversations tirées au détour d’un mur ou depuis des hauteurs nous informent de la situation au sein du village ou nous donne parfois des indices sur les ennemis (principalement les boss) qui nous attendent et comment les vaincre.

Il est possible aussi de parler avec certains PNJ qui vous donne de courtes missions au cours de l’exploration d’une zone.

Inutile de visiter les zones dans l’ordre, au contraire ! Peut-être aurez-vous besoin d’une arme qui se trouve ailleurs afin d’éliminer un boss dans la première zone. Par contre, il est important de jongler entre l’immersion et le combat pour ne manquer aucun objet qui pourrait bien être utile à l’avancement dans votre quête.

Les décors donnent envie de s’arrêter une seconde pour les contempler

L’immersion se fait surtout au niveau des décors : champs de batailles dont le sol est jonché de cadavres, maisons en feu sens dessus dessous par les assaillants… Mais aussi à l’aide de l’ambiance sonore qui nous laisse comprendre que nous sommes repéré par un ennemi et qui, même dans les moments de calme, oppresse complètement le joueur. Très bon point pour la bande originale qui propose aux joueurs d’avoir les voix des personnages en japonais avec des sous-titres en français ! Voilà qui est d’autant plus appréciable que l’action se passe au Japon. Outre les noms des personnages, les maisons et bâtisses typiques ou encore des morceaux d’histoire qui nous font bien comprendre que nous nous trouvons dans l’ère Sengoku, certaines créatures folkloriques prennent leur essence dans les yokai, ces démons du quotidien japonais.

Parce que Sekiro s’inscrit dans un univers médiéval fantastique (avec un soupçon de steampunk), nous trouvons donc toutes sortes d’ennemis qui nous paraissent insurmontables tant leur taille dépasse de trois ou quatre bonne têtes voire même d’un homme entier le héros de l’histoire. Cela peut surprendre de voir un homme en dépasser autant un autre de prime abord, mais au final, cela annonce la couleur sur la difficulté d’éliminer certains ennemis alors que d’autres, finalement, ne sont que des hommes.

Nous déplorons un peu la facilité de character design sur les ennemis les plus basiques qui se promènent simplement d’un point A à un point B alors qu’un soin tout particulier a été apporté dans la confection des mini-boss et boss, ou encore dans ces espèces de poulets géants qui, à la manière d’un Zelda, ne manqueront pas de vous sauter à la gorge si vous osez toucher l’un des leurs !

Oups. Je crois qu’il m’a vu


Des décors et graphismes splendides malgré quelques bémols sur certains ennemis qui se retrouvent affublés de bugs de texture (ou qui marchent simplement dans les murs…). Un choix artistique bien défendu qui nous fait très habilement ressentir le chaos dans lequel se trouvait l’ère Sengoku bien qu’il y ait quelques ratés sur l’association action/commandes (NDLR sur PS4, le bouton action est placé sur carré et sert à s’agripper, grimper, ou ramasser les objets), rien de bien méchant.

From Software nous apporte avant tout ici un niveau de difficulté qui a même fait polémique sur la toile, au sein de la communauté vidéo ludique : ce nouveau jeu qui suit l’exemple de ses grands frères doit-il avoir un mode facile ? C’est pour dire à quel point ils n’y ont pas été de main morte sur leurs exigences. Voici notre avis : si vous avez déjà expérimenté Bloodborne ou les Souls, sans doute ne serez vous pas dépaysé par Sekiro: Shadows Die Twice. Mais si ça n’est pas le cas, il vous faudra un petit temps d’adaptation, beaucoup de patience et un soupçon de persévérance avant de comprendre les subtilités du jeu.

Non, il n’est pas utile de jeter la manette par la fenêtre pour réussir à avancer !

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1 réponse

  1. Drossart dit :

    Bonjour,

    Pour moi, ce jeu est fait pour le « hardcore gameur » doué (genre, VRAIMENT doué) qui passera quelques semaines dessus,
    ou, »le joueur lambda régulier » comme moi… mais qui est au chômage et qui passe au moins 8h par jour (s’il est persévérant) sur ce jeu!

    Si vous n’avez que 5 à 6 heures à consacrer sur votre console par semaine… …. Laissez tomber !!!.. sauf si vous vous laissez quelques années pour finir le jeu.

    Pour ceux qui pensent que je suis un noob du jeu vidéo et qui se demande, pourquoi, alors, il a été bien quoté !?

    … Bonne chance !

    PS :Tenchu est mon jeu culte et ma came c’est l’univers japonofeodalofantastique! (Weeboo?) mais ça n’a pas suffit.

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