Final Fantasy : quand la littérature s’en mêle

Alors que de nombreux portages et remaster sont attendus, dont celui de Final Fantasy VII, de nombreux auteurs ont également choisi de s’intéresser aux différentes œuvres de la saga Final Fantasy avec un nouveau point de vue. Qu’il s’agisse de Third Editions, Mana Books ou d’autres, ils proposent aujourd’hui de véritables analyses de cet univers légendaire.

Journal du Japon s’est intéressé à ces livres et vous livre ses impressions… 

 

Final Fantasy vu par Third Editions, spécialiste de pop-culture

En plus de ce domaine la maison d’édition Third Editions (que nous avions rencontré, ici) publie régulièrement des livres sur des licences de JRPG. Publiés sous différents formats (First Print, traditionnel, Edition limitée), les livres de la maison d’édition toulousaine ont la réputation d’être très qualitatifs et de ne rien laisser au hasard. Jusqu’à présent, environ une dizaine d’épisodes ont été abordés au travers de différents livres. Le dernier livre publié est sur l’épisode VII Les mémoires de FFVII – Confessions des créateurs.

Les livres de Third Editions abordant les épisodes de Final Fantasy dénotent en comparaison des autres livres disponibles sur le marché. Alors qu’habituellement la mythologie de la saga est régulièrement mise en avant, les auteurs de chez Third Editions s’attachent à nous proposer une analyse globale de chaque épisode. Conçus autour de 3 piliers (la création, l’univers et le décryptage), chaque auteur a eu à cœur d’aborder Final Fantasy en profondeur et d’inciter le lecteur a aller au-delà des apparences.

Les débuts de la saga : de FF à FFIII avec Raphaël Lucas

Le livre s’ouvre tout d’abord sur un chapitre Avant-propos qui nous explique pourquoi ce livre a été conçu de cette façon et non d’une autre. Alors que l’on pourrait s’attendre à une oeuvre abordant la mythologie de Final Fantasy, il n’en est rien. En effet, Third Editions et Raphaël Lucas se positionnent dès le départ comme des guides de l’univers de Final Fantasy.

Ainsi, on découvre une partie sur le contexte de la création de l’oeuvre et sur l’époque car, rappelons-le, Final Fantasy date de 1987 pour le Japon et nous vivons à ce moment-là une véritable course technologique sur le nouveau marché qu’est celui des jeux vidéo. En effet, de nombreux acteurs commencent à se lancer dans le milieu et il ne s’agit pas uniquement d’innover mais également de réussir à faire quelque chose de grandiose.

LA LÉGENDE FINAL FANTASY I, II & III - Third Editions ®

LA LÉGENDE FINAL FANTASY I, II & III – Third Editions ®

Nous n’allons pas vous résumer le livre de Raphaël Lucas point par point, pour ne pas vous gâcher le plaisir. Mais si vous êtes fan de la saga Final Fantasy, ce livre a tout pour trouver sa place dans votre bibliothèque. En effet, au-delà de décrypter énormément de détails à propos de la saga, l’auteur nous incite à voir plus loin et à nous mettre dans la peau de l’équipe qui a conçu ces trois épisodes. Alors que Dragon Quest venait d’être mis sur le marché et connaissait un véritable succès, proposer une licence avec le même potentiel était un véritable défi.

A travers la mise en place du scénario, la création de l’univers Final Fantasy et de sa mythologie, les volontés propres de l’équipe et tout ce qui gravite autour de la création du jeu, l’auteur signe ici un livre qui nous en apprend beaucoup sur les trois premiers épisodes et nous apporte une nouvelle vision sur la licence et ses débuts.

 

La légende Final Fantasy VI

Sorti en 1994, Final Fantasy VI est le dernier à utiliser la 2D et c’est en 2015, soit 21 ans après sa sortie que les éditions Third publient ce livre hommage. Écrit par Pierre Maugeinle livre ne manque pas de faire honneur à l’épisode de la saga. Abordant l’histoire, les personnages, l’univers, le scénario et la bande son, il propose un livre plein d’enseignements sur le dernier épisode 2D de la saga allant jusqu’à la cartographie du monde et ses personnages.

LA LÉGENDE FINAL FANTASY VI – Third Editions ®

A travers La légende Final Fantasy VI, l’auteur démontre que cet opus de la saga nippone n’est pas qu’un simple jeu vidéo mais une ode à la protection de la planète et invite ouvertement à faire un parallèle entre l’histoire de Final Fantasy VI et celle de notre propre civilisation et du chemin que l’Humanité a décide de suivre. Au-delà d’une profonde analyse du jeu et de son scénario, Pierre Maugein aborde également les difficultés rencontrées par l’exportation de l’épisode à l’étranger avec notamment les problèmes de traduction et les éventuelles censures.

 

Les trois épisodes Playstation: FFVII, FFVIII et FFIX.

Fin 2018, et pour leur trois ans d’existence, la maison d’édition Third n’a pas manqué l’occasion de faire honneur à leur nombre porte bonheur. Pour fêter ça comme il se doit, ils ont ressortit leur ouvrage «La légende Final Fantasy» en regroupant les trois plus grands jeux de la Playstation : Final Fantasy VII, VIII et IX (tiré en 333 exemplaires, cela va de soit).

LA LÉGENDE FINAL FANTASY VII, VIII & IX – Third Editions ®

Dans ces ouvrages, les auteurs font un travail minutieux de décorticage de chaque histoire des jeux comme s’il s’agissait du synopsis complet d’un film. Des détails sur l’intrigue dans l’ordre chronologique sont donnés, détails que que nous découvrons en avançant dans chacun des scénarios. Mais nous pouvons aussi trouver des anecdotes de fabrications, les noms des personnes impliquées pour faire de ces jeux ce qu’ils sont aujourd’hui, parfois des portraits détaillés lorsqu’il s’agit de personnages clés dans le milieu du jeu vidéo (et principalement au sein de Square Enix).

 

La Légende de Final Fantasy VII

Final Fantasy VII, ça n’est pas seulement un jeu vidéo. C’est aussi une histoire qui s’est développée au travers de trois jeux vidéo en plus de l’original, deux films et plusieurs ouvrages littéraires pour encore ajouter de la profondeur aux différents personnages. Dans La légende de Final Fantasy VII, initialement sorti en février 2016 et écrit par les éditeurs, Mehdi El Kanafi et Nicolas Courcier, il se voit entièrement déshabillé d’Advent Children à Crisis Core, en passant par Dirge of Cerberus ou encore Last Order et Before Crisis, tous classés par ordre chronologique pour établir le scénario complet de cette épopée, ce qui constitue un premier chapitre.

Chaque épisode a le droit à son processus de création, son développement marketing, ses anecdotes ainsi que sa réception auprès du public autant sur l’archipel que dans le reste du monde avant d’être décrypter à leur tour. Après une courte annexe sur les autres médias dans lesquels l’histoire de Final Fantasy VII continue, nous avons droit à une présentation détaillée de Testuya NOMURA, acteur très important de Square Enix et du développement de la saga.

LA LÉGENDE FINAL FANTASY VII – Third Editions ® Visuel de l’édition simple

Regroupés dans un chapitre appelé «Thèmes», chaque personnage à sa fiche de profil (après tout, vous vous lancez dans un RPG) dans laquelle on peut non seulement suivre son histoire passée comme présente mais aussi connaître son caractère et son rôle dans l’histoire. Midgar et Gaïa ainsi que l’univers musical sont eux aussi mis en avant et disséqué comme personnages à part entière, voir même principaux de l’univers.

De la taille des ouvrages La Légende de Final Fantasy VIII et La Légende de Final Fantasy IX mit ensemble, il n’en fallait pas moins pour pouvoir détailler ce monstre du jeu vidéo qui a dépoussiéré et renouvelé les RPG à l’aide de ses graphismes en 3D et ses cinématiques.

La légende de Final Fantasy VII est donc un véritable guide à mettre entre toutes les mains !

 

La légende de Final Fantasy VIII

La Légende de Final Fantasy VIII (mai 2016) est écrit par un fan, Rémi Lopez, pour les fans. Il le dit lui-même, ce livre est un « message d’amour ». Voilà pourquoi, bien que suivant la même ligne directive que La Légende de Final Fantasy VII, La Légende de Final Fantasy VIII s’intéresse aussi au rapport que peut avoir ce jeu avec ses fans.Avec, comme pour Final Fantasy VII, Tetsuya NOMURA aux commandes du chara design, et Nobuo UEMATSU à la musique, Final Fantasy VIII est le deuxième épisode sortie sur la Playstation. Dès sa cinématique d’ouverture, il met une bonne claque aux joueurs !

Le premier chapitre est destiné à nous raconter l’histoire du jeu au travers de son scénario ainsi qu’au travers des différentes destinations parcourues. Processus de création et gameplay, anecdotes, portraits de chaque personnage, thèmes, musique, réception et public cible; nous trouvons le même traitement que pour La Légende de Final Fantasy VII.

LA LÉGENDE FINAL FANTASY VIII – Third Editions ® Visuel de l’édition simple

L’originalité reste le centre de l’ouvrage, les chapitres 2 et 3 qui nous mettent face au questionnement principal de ce livre : Final Fantasy VIII n’appartiendrait-il pas plus aux fans qu’à Square Enix ?

Le premier indice étant que le jeu se base sur le voyage temporel qui soulève beaucoup d’incohérences et donc, beaucoup de questions au sein des joueurs. Voilà pourquoi, malgré des cinématiques et graphiques irréprochables, Final Fantasy VIII a reçu de la part du publique un accueil mi-figue mi-raisin qui a lancé l’appel aux théories, la faute à son scénario un peu trop bancal pour les mordus de la saga. Rémi Lopez nous fait part des différentes théories qui ont eut le plus de succès auprès des fans et qui surtout, redonnent davantage de logique à l’histoire.

Final Fantasy VIII a suscité tellement de réactions, de théories, d’articles; jusqu’à quel point appartient-il davantage aux fans qu’à Square Enix ? Les changements qui suivront dans Final Fantasy IX sont peut être un début de réponse…

 

La légende de Final Fantasy IX

Écoutant le souhait des fans, Hironobu SAKAGUCHI prend les rennes de ce nouvel (et dernier pour lui avant la fermeture définitive de Square) opus et retourne aux sources des RPG traditionnels.

Présenté comme une pièce de théâtre au travers des sous-titres de ses différentes section, La Légende Final Fantasy IX (écrit par Mehdi El Kanafi et Nicolas Courcier lui aussi, et sortit en juin 2016) nous donne un nouveau décryptage de l’univers du «dernier Final Fantasy à un seul chiffre arabe».

Il fait le point sur ce que sont les bases d’un « RPG à l’ancienne » sur fond de théâtre Shakespearien.

LA LÉGENDE FINAL FANTASY IX – Third Editions ® Visuel de l’édition simple

C’est donc tout naturellement que ce livre se tourne vers les traditionnels chapitres sur l’histoire du jeu, les fiches des personnages, le décodage de l’univers, le processus de création du jeu, le gameplay, la musique.

Les influences restent l’originalité du livre puisque Final Fantasy IX est une savante combinaison du conte de fée et du récit initiatique qui s’inscrit dans une heroic fantasy moderne, cernée par la modernité des machines. Il se détache des autres épisodes en empruntant aussi au théâtre, à notre véritable Histoire et révolutions. Tout comme Final Fantasy VII, nous trouvons en toile de fond un soupçon d’écologie dans ce neuvième épisode au travers de l’utilisation des Cristaux comme source de vie et d’équilibre.

Final Fantasy IX a été l’épisode qui a pu permettre un marketing mondial, la sortie des épisodes suivants sur davantage de support ; l’ouverture vers la fusion entre Square et Enix et un marché occidental.

 

La légende de Final Fantasy X

Sorti en 2015 et réédité début 2019, La légende de Final Fantasy X est écrit par Damien Mecheri. Même s’il ne poursuit pas la tentative old school de l’épisode IX, il conserve la volonté narrative d’Hironobu SAKAGUCHI : conter une véritable histoire dans laquelle tous les joueurs peuvent se projeter.

LA LÉGENDE FINAL FANTASY X – Third Editions ®

Alors que l’époque se voit submergée par des jeux vidéo de tous niveaux, l’ambition de Final Fantasy X est de faire réfléchir voir de  transformer les joueurs. C’est ainsi que s’ouvre le livre des éditions Third. Articulé comme les précédents tomes autour de la compréhension profonde de l’épisode et de l’impact que l’épisode a eu sur toute une génération de joueurs, le livre nous aborde des éléments clés sur la construction du jeu dans son ensemble et de la volonté de l’équipe Square Enix.

Véritable ode à Final Fantasy X et aux jeux vidéo en général, La légende de Final Fantasy X nous rappelle ce qui fait un bon JRPG.

 

La légende de Final Fantasy XII & Ivalice

Également écrit par Rémi Lopez, auteur de La Légende de Final Fantasy VIII et sorti en août 2015, l’ouvrage La légende de Final Fantasy XII & Ivalice n’est pas un ouvrage «La légende de Final Fantasy» comme les autres, puisque le jeu Final Fantasy XII n’est pas un Final Fantasy comme les autres.

Plus qu’un simple «roman» du scénario ou du jeu –  là où les autres ouvrages sur la saga tentent de décrypter l’univers, les thèmes, les personnages, etc. –  il s’agit d’établir le profil d’un univers entier digne de Star Wars : le monde d’Ivalice. L’exercice est loin d’être facile puisque, même s’il est utilisé sur différents jeux dont les Final Fantasy Tactics en plus de Final Fantasy XII, Ivalice apparaît aussi dans Vagrant Story, autre chef d’oeuvre de Yasumi MATSUNO. Personnage à part entière des différents jeux, plus de la moitié de l’ouvrage est destiné à conter l’Histoire d’Ivalice en passant par ses religions, sa politique, son écosystème, ses différentes races ou encore sa création

LA LÉGENDE FINAL FANTASY XII & IVALICE – Third Editions ®

Dans la seconde partie, il est donc question de décrypter de but en blanc cet univers, ses différentes inspirations qu’elles soient mythiques ou religieuses, ou même de véritables pans piochés dans notre Histoire.

Au travers d’un portrait de Yasumi MATSUNO, son créateur, nous plongeons dans les nombreux projets vidéoludiques sur lesquels il a travaillé et dans lequel il a décidé d’implanter cet imposant personnage qu’est Ivalice avant de quitter Square Enix. Portrait des personnages principaux de Final Fantasy XII, Final Fantasy Tactics, Final Fantasy Revenant Wings et même Vagrant Story; Histoire de la religion et celle des RPG japonais… Il est même question de savoir si, finalement, Ivalice n’est pas une critique de notre société ?

Une chose est sure, Ivalice est le dernier projet de MATSUNO au sein de Square Enix et, bien que donnant une sensation d’inachevé tant il reste encore des choses à dire à son sujet, son créateur a été clair : il n’y touchera plus. Cela ne veut pas dire que l’aura d’Ivalice ne sera pas présent dans les prochains projets de Yasumi MATSUNO… A suivre !

 

Dans le monde du JV, n’est pas rétro qui veut.

Publié le 13 juin 2019 dans la récente collection KuroPOP de l’éditeur Kurokawa, FF PIXEL est un livre qui a vocation à nous présenter l’histoire du Pixel Art par le prisme de la saga Final Fantasy. Pensé comme une archive graphique, l’ouvrage retrace chronologiquement ce mouvement artistique né avec le retrogaming.
Car le retrogaming ne définit pas simplement la précédente génération vidéoludique, sinon dans 20 ans les derniers blockbusters de cette année seront eux aussi devenu old school. Non, il y a un cap qui a été franchi dans l’industrie du jeu vidéo qui marqua à jamais l’avant et l’après : le passage du pixel à la 3D. Pour l’époque, cette avancée technologique était forcément bénéfique, mais quand on se souvient de certains des premiers jeux 3D il faut constater que la hype était parfois surfaite. Bien sûr, tous les jeux façonnés à coup de pixel ne se valent pas en termes de designs, au même titre qu’avec la 3D il faut savoir tirer le bon grain de l’ivraie. Aujourd’hui plus que jamais, le pixel revient en force. Il n’y a qu’à regarder les stands d’artistes amateurs sur les conventions et leurs créations en bead perler, ou encore les streets artistes comme Invader pour s’en rendre compte.

Comme le dit Kazuko SHIBUYA, designeuse dont vous trouverez une interview dans cet ouvrage, « le moindre point peut faire la différence« . Et l’on s’en rend bien compte en feuilletant la première partie de FF PIXEL, dédié aux trois premiers Final Fantasy : un regard sérieux ou triste se joue à une case près. C’est de la limitation, celle du nombre de blocs autorisés par la machine, qu’est née la créativité. Nous retrouvons ce même discours dans la bouche de Nobuo UEMATSU à propos des la musique 8-bit (qui elle aussi, a son propre charme, et ses artistes).

FF PIXEL Kurokawa

FF PIXEL Kurokawa

Cet artbook est dévolu à la saga Final Fantasy, qui est bien sûr un parfait porte-étendard au Pixel Art, mais d’autres grands noms du RPG japonais ont fait les lettres de noblesse du pixel, et nous ne pourrions pas omettre de citer Secret of Mana, Zelda, et Suikoden.

La part belle est faite aux personnages, que l’on voit en long en large et en travers, mais on regrettera un peu que les monstres et décors ne soient pas autant mis en avant. Si le talent des artistes qui composent des character design en un minimum de case est parfaitement louable, la génération SNES connait une autre facette du pixel art, celle de compositions gargantuesques fourmillant de détails. Car le pixel à lui-même connut sa révolution, à savoir le passage de la NES à la SNES ce qui donna aux joueurs l’occasion de découvrir de véritables tableaux. Le livre propose cependant des incontournables dans ce domaine, à l’image des boss de fin protéiformes de la saga, ou des décors comme le grand pont de FF V, l’opéra et le train fantôme de FF VI. Cet artbook est donc à conseiller aux fans des premiers Final Fantasy, ou tout simplement de pixel art, qui seront ravis d’avoir un ouvrage singulier, et à la finition soignée.

 

Pour une bonne dose de nostalgie

Last but not least, dirigeons nous maintenant du coté de chez Mana Books. Car si le Pixel Art a aujourd’hui de nombreux amateurs chevronnés, la nostalgie, elle, est universelle. Et justement, l’éditeur spécialiste des ouvrages de collection vient tout juste de profiter de la dernière édition de Japan Expo pour sortir le second volume de l’Encyclopédie Officielle Memorial Ultimania consacrée à la saga Final Fantasy.

Un second volume plutôt attendu puisque c’est avec la publication du premier que Mana s’était lancé dans l’édition en 2017. Titrée Final Fantasy 25th Memorial Ultimania dans sa contrée d’origine, il s’agit en fait d’une série de trois livres publiés en 2012 au Japon par Square Enix pour célébrer le 25e anniversaire de la série. Alors que les guides de la collection « Ultimania«  portent généralement sur un seul jeu de l’éditeur (avec souvent même plusieurs livres par épisode), chaque volume de cette série spéciale anniversaire concerne plusieurs épisodes : I à VI pour le premier, VII à IX pour le second et X à XIV pour le troisième. Attention toutefois, en France la numérotation se retrouve décalée, le premier volume sortit par Mana Books étant celui portant sur les épisodes VII à IX. Un choix assez logique puisque chez nous c’est bien le 7e épisode qui est le plus populaire. Le « volume 2 » qui nous intéresse aujourd’hui est donc celui consacré aux épisodes X à XIV, tandis que le dernier volume portant sur les premiers épisodes est encore inédit. Pour les puristes, pas d’inquiétude, Mana a été assez malin pour ne pas numéroter les volumes sur les couvertures, ces changements d’ordre n’ayant donc aucune conséquence une fois les livres sur vos étagères. Ouf, catastrophe évitée !

Memorial Ultimania 1 JP Memorial Ultimania 2 JPMemorial Ultimania 3 JP

Memorial Ultimania 2Si vous nous suivez assidûment, vous vous souvenez peut être qu’à Noël dernier nous vous vantions les mérites d’un certain Final Fantasy VII Ultimania, sorti en octobre 2018 ? Sans surprise, ce Memorial Ultimania se situe tout à fait dans la même lignée, tant sur le fond que dans la forme. On est donc toujours en présence d’un livre haut de gamme qui justifie largement ses 40€, soit un prix identique alors même qu’il compte 336 pages, soit près d’une centaine de plus que le FFVII Ultimania. Le tout intégralement imprimé sur papier glacé avec une reliure collée cousue qui garantira une bonne solidité dans le temps. Quant à l’épaisse couverture, cartonnée, elle jouit d’une finition mat et granuleuse au touché, avec le titre « Final Fantasy » en relief, aussi bien sur la première de couverture que sur la tranche. Autant dire que quand il ne sera pas entre vos mains, ce beau livre sera du plus bel effet sur vos étagères.

Niveau contenu, les Memorial Ultimania étant chacun consacrés à plusieurs épisodes de la saga avec dans une optique « anniversaire », on ne peut pas s’attendre à autant d’exhaustivité que dans un Ultimania « dédié ». Ici, le contenu se concentrera donc sur les épisodes principaux uniquement et seulement sur les jeux. Exit donc les suites ou spins off de chaque épisode (X-2, Lightning Returns, Revenant Wings…), de même que les produits dérivés, le marketing, etc, qu’on pouvait trouver par exemple dans l’Ultimania de FFVII. Grâce au sommaire inclut dans l’extrait proposé par Mana Books, vous constaterez également que tous les épisodes ne sont pas logés à la même enseigne. Les épisodes X, XII et XIII se taillent ainsi la part du lion, tandis que les deux épisodes MMO sont traités beaucoup plus rapidement, voire partiellement. L’épisode XIV en particulier ne couvre qu’une petite dizaine de pages, ce qui s’explique par la date de sortie japonaise du livre, qui remonte donc à 2012. Une fois cette petite mise au point prise en considération, il ne reste que du bonheur puisque ce Memorial Ultimania regroupe pour ainsi dire trois types de livres en un.

Memorial Ultimania 2 Extrait 1C’est tout d’abord un Artbook au sens littéral du terme. D’abord parce que pour chaque jeu, on commence par un chapitre consacré aux illustrations promotionnelles, certaines étant bien connues, tandis que d’autres moins, comme celles de Yoshitaka AMANO. Mais aussi parce que quel que soit le sujet des chapitres suivants, l’illustration est toujours au cœur du propos : artworks, croquis, esquisses, screenshots… les images ne cessent de s’enchainer du début à la fin.

Le livre possède ensuite une dimension « Guidebook » puisqu’il présente, commente ou explique différents aspects du jeu tels que les personnages, le monde, le bestiaire… Toutefois, il ne s’agit pas d’un pur guidebook et il ne s’agit pas ici de raconter ou analyser l’histoire du jeu ou de détailler ses systèmes par exemple. Le néophyte aura donc du mal à remettre en ordre les pièces du puzzle. Le joueur, lui, se régalera à replonger dans ses souvenir grâce aux tirades et scènes mémorables, anecdotes, descriptions de lieux, créatures, et plus encore.

Memorial Ultimania 2 Extrait 2 Memorial Ultimania 2 Extrait 3

Troisième et dernier point, l’ouvrage présente aussi une composante de type « Design Works ». D’une part parce que mêlés aux éléments précédents on trouve de nombreux croquis et esquisses de travail souvent annotés. Mais aussi parce que les partie « Bonus » sont également riches de travaux préparatoires, documents de conception, extraits de storyboards et toutes ces choses qui permettent de se faire une idée de l’envers du décors. Enfin, inutile de préciser que tout ce matériel est traduit en totalité, jusqu’à la moindre annotations, avec le souci de rester au plus près de la mise en page d’origine.

D’un point de vue qualité de fabrication, Mana Books n’a donc plus grand chose à prouver, et on peut difficilement rêver plus beau livre consacré à une licence que l’on aime. Quant au contenu, s’il ne vise pas l’exhaustivité, il parvient sans mal à raviver nos meilleurs souvenirs de chaque jeu et remplit parfaitement son rôle de pur concentré de nostalgie !

 

 

En résumé, que vous cherchiez à comprendre l’univers de Final Fantasy et à découvrir les coulisses de la création de la légendaire saga, ou que vous souhaitiez des choses plus légères, vous pourrez aisément trouver ce qu’il faut. La saga Final Fantasy n’est pas devenu une légende par hasard et il n’est donc pas étonnant que l’on puisse encore aujourdhui sortir des livres qui creusent le sujet en réussissant à se démarquer ou à faire un travail qui mérité d’être lu, même s’ils s’adressent forcément plus à un lectorat d’amateur de cette licence ou, plus globalement aussi, au monde du RPG japonais… Dont FF est toujours, même s’il a perdu de sa superbe diront certains, un grand pilier.

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