Les éditions Akinomé : voyage en Asie, passion du Japon

Journal du Japon souhaite vous présenter aujourd’hui une maison d’édition qui a mis le voyage en Asie au cœur de ses publications. Akinomé, « bourgeon d’automne », c’est son nom tout droit venu du Japon … et nous avons donc interrogé l’éditrice sur sa maison d’édition, mais également son rapport au Japon. Présentation du catalogue et portrait d’une passionnée.

Akinome Logo (2)

Balade Zen, rituels et traditions : petit carnet de voyage entre temples et nature

Japon, balade zen : couvertureVoici un très beau carnet de voyage qui met en avant le Japon des temples et de la nature, de l’ici et maintenant. Un Japon comme un « présent infiniment varié et précieux ».

Ce livre est une promenade qui commence dès la couverture qui reprend les motifs tracés dans le gravier des jardins zen, avec le mot Japon découpé sur un fond bleu indigo. Puis différentes parties se succèdent, chacune introduite par un motif traditionnel peint à l’aquarelle.

Pavillon d'argent dans Balade ZenDans le silence des temples, le lecteur parcourt différents lieux religieux : temples avec encens et prières, sanctuaires avec ablutions et divinités animales (souris, lapins, renards). Il croise des moines à Koya san, s’émerveille devant la beauté du Pavillon d’Or et ressent l’ambiance étrange du Pavillon d’Argent la nuit.

Honorer la nature permet de découvrir les paysages naturels japonais : Mont Fuji qu’on escalade, forêt de bambous d’Arashiyama, carpes du chemin de la philosphie à Kyoto, cerisiers en fleurs à travers tout le pays, gynkgo couleur or et feu dans les feuillages de l’automne, neige hivernale.

« Quand l’automne ira lécher la pierre
Quand la pierre s’enflammera
Quand le feu prendra le temps
tout le Japon viendra
se nourrir ici de lumière et d’espace
sous une averse drapée de braise
génie, éclaire-nous »

Dans la partie Méditer ici et maintenant, c’est la beauté des lieux qui invite à la méditation, au bonheur d’être dans l’instant présent à admirer un jardin sec au Ryoan-ji, un jardin de mousse au Temple des mousses, un torii ou un pont rouge, un cimetière à Yanaka ou un grand bouddha à Kamakura. Et méditer les yeux ouverts en pratiquant zazen permet de clore ce chapitre inspirant.

Enfin, Le goût des traditions propose au lecteur voyageur de découvrir les arts (ikebana, voie du thé), les plats locaux, les bains Onsen, les auberges traditionnels (ryokan), les geisha, mais également les cerfs sika de Nara, messagers des dieux qui adorent manger les biscuits que leur offrent les touristes.

Ablutions dans Balade ZenLes peintures et les textes poétiques forment un mélange harmonieux. Les lieux sont peints, les sensations sont écrites. Le lecteur s’imprègne alors de chaque endroit grâce aux images et aux mots, grâce aux couleurs lumineuses et aux phrases joyeuses. Il est question d’esprit qui vagabonde, de temps qui passe entre éternité et recommencement. Lentement s’oublier, contempler, attendre, s’endormir. S’abandonner à être.

Ainsi dans le onsen :
« Bavardages chuchotis salutations pudiques
en poissons court-bouillon nous voilà
transformés
L’onsen ou cet inifini plaisir de très lentement
fondre à 42 degrés
on frétille de toute cette peau
nue de nous, c’est chaud
un bonjour au voisin
trois adieux aux tourments
sous les paupières fermées on s’en va
retrouver
la première naissance »

Partez en voyage grâce à ce petit livre carré qui deviendra bien vite votre compagnon sur la table du salon, la table de nuit ou le bureau ! Un bol d’air et de zen à portée de main !

Plus d’informations sur le site de l’éditeur.

 

Kisetsu, les quatre saisons : voyage au pays des couleurs

Kisetsu Les quatre saisons de Barbara Luel, éditions Akinomé : couvertureCet autre très beau carnet de voyage fait plonger le lecteur dans les couleurs aquarelles des saisons japonaises.

Grâce au talent de Barbara Luel, architecte Bruxelloise, le Japon se dévoile au fil des saisons en lignes, perspectives et taches colorées. Un mélange harmonieux entre traits fins et encres diluées. La sensation de plonger dans les pages comme on plongerait dans un bain aux vapeurs multicolores !

Ce livre est avant tout le récit d’une histoire d’amour entre l’auteure et le Japon :

« D’où viens l’envie de partir, de voyager ? Pour satisfaire quel besoin ?
Pourquoi ai-je envie de retourner pour la 4e fois à Kanazawa ?
S’enfuir,quitter l’ordinaire, le train-train quotidien quand « chez-soi » est devenu fastidieux.

Au Japon, tout est différent. C’est comme une renaissance.
Rien n’est « normal ».
Les rues de Kanazawa ne ressemblent en rien aux rues de Bruxelles.
Il faut changer de… presque tout !

Besoin d’incertitude, de changement, devenir la personne qu’on a envie d’être.
Si à chaque voyage je cherchais ce qui manque à ma vie, je n’en retenais rien sinon l’impression d’une sorte de voyeurisme touristique.
Jusqu’à ma rencontre avec le Japon.
C’est un pays qui m’apprend, me guide vers mon devenir.
Dans les villes comme à la campagne, la nature et le cycle des saisons s’infiltrent partout dans la vie quotidienne. Même dans les bonbons,
les distributeurs de boissons ou les gares… »

Kisetsu : page intérieure, printempsLe carnet est donc découpé en quatre saisons, commençant classiquement par le printemps. Une explosion de rose saisit le lecteur dès la page d’annonce de la saison qui est intitulée le rose, les fleurs et l’eau. On y découvre les cerisiers qui ponctuent le chemin de la philosophie à Kyoto, le cerisier signe du renouveau près du dome d’Hiroshima, le cerisier pleureur qui surplombe le jardin sec du Ryoan-ji ou celui qui s’assortit au rose d’un kimono. Le printemps colore également la route de Tsygamo à Magome. Et dans les peintures des rues et ruelles, on sent tout le talent de l’auteure architecte : le rythme d’une succession de façades, le dessin d’un ryokan, l’entrée d’un restaurant, les étages d’une pagode, l’empilement de tonneaux de saké. Les traits de crayon sont précis, minutieux, la ville prend vie dans ces lignes tracées dans les taches colorées.

Kisetsu : page intérieure torii l'étéVient ensuite l’été, Le vert, les tatamis et l’ombre. On s’immerge dans la verdure, celle qui entoure un temple, celle qui inonde les toits de Kyoto. On admire le village d’Ine et ses maisons de pêcheurs sur l’eau. Les façades colorées, le linge qui sèche, les torii du sanctuaire de Fushimi Inari, de vrais feux d’artifice en plein jour ! Et toujours ces détails, fils électriques, stores, murs végétaux mêlant bois, bambou, paille et coton. Des petites échoppes du marché au poisson de Tsukiji à la citrouille de Yayoi Kusama, tout est sujet à émerveillement et à peinture. Avec un gros coup de cœur pour le quartier d’Higashiyama à Kyoto, dans lequel elle revient pour peindre une ambiance intime unique.

L’automne est « Orange et jaune : une explosion de couleurs ». Carpes et feuilles se mêlent dans un étang, les arbres dans les jardins des temples se parent d’ocre, jaune, brun et rouge. Le jardin Kenraku-en de Kanazawa est d’une beauté irréelle. Mais l’automne s’admire également depuis un bain en bois Hinoki avec vue sur le jardin. Ou dans un repas de cuisine Kaiseki. Il suffit aussi parfois de prendre de la hauteur sur l’île de Miyakima pour qu’un décor multicolore se déploie pour le plus grand bonheur de l’aquarelliste : bleu et vert des toits, orange et rouge des feuillages. Même les enseignes d’une rue d’Osaka se parent de rouge, et les bouteilles de thé glacé des distributeurs de feuilles d’érable élégantes.

C’est sur l’hiver que se termine le voyage.  » Le blanc, le bleu et le bois » résume cette saison passée dans les montagnes japonaises à Takayama, ou près du Fuji enneigé. Dans les jardins, on admire plus facilement un vieil arbre nu ou une lanterne de pierre. Les branchages tortueux, les ombres, les perspectives, les lignes de fuite prennent alors toute la place dans les paysages qui invitent à la méditation plus qu’à la tristesse, même si le livre se referme sur la pluie de Tokyo peu avant le retour de l’auteure vers la Belgique, une pluie qui « ressemble à la pluie à la maison »

En fermant le livre, le lecteur a l’impression d’avoir passé une année entière au Japon, à sentir les pétales de cerisier sur sa peau, à plonger dans une verdure estivale rafraîchissante, à sentir l’odeur du bois hinoki tout en admirant les feuilles dorées des ginkgo, ou à regarder par la fenêtre un paysage en noir et blanc dans un cadre de boiserie, bambou et tissu rouge.

L’impression est forte, les explosions de couleurs ont un effet magique sur ceux qui les admirent, comme un feu d’artifice à disposition toute l’année grâce à la magie de ce carnet de voyage ode aux couleurs et aux saisons !

Plus d’informations sur le site de l’éditeur.

 

Nao et ses origamis : poésie et origami pour les enfants

Nao et ses origamis de Baptistine Mésange et Céline Lavignette-Ammoune : couvertureLes éditions Akinomé proposent également de ravissants livres pour enfants. Le petit dernier, Nao et ses origamis, emmène les jeunes lecteurs à la découverte de l’univers imaginaire d’un petit garçon qui s’ennuie. Il habite dans un immeuble très haut, aime regarder par la fenêtre et imaginer la vie des autres gens, comme la voisine d’en face dont il n’aperçoit que l’ombre à travers les stores. Il se met à plier des papiers et à donner vie à des animaux en origami, qui malheureusement s’envolent (comme le papillon vers une branche de cerisier fleurie), s’échappent (chat), sautent dans un coin de la chambre (grenouille) … Mais lorsqu’une grue apparaît, portant la jeune voisine, Nao sait qu’il ne sera plus jamais seul.

L’histoire est donc ponctuée par la fabrication d’animaux en origami, puis par leur « transformation » en animal réel qui prend vie. Les textes sont poétiques et doux, avec une pointe de tristesse, mais qui se transforme ensuite en grande joie. De quoi faire rêver les petits !

Nao et ses origamis : page intérieure

Mais cela ne s’arrête pas là, les tutoriels d’origami pour que l’enfant puisse ensuite créer ses propres animaux de papier sont présents à la fin du livre, des pas à pas très bien expliqués pour que parents et enfants créent ensemble. Et bonus ultime, des carrés de papier pour pouvoir plier sans plus attendre !

Nao et ses origamis : tutos

Un très bel album mêlant poésie et créativité, des illustrations délicates, légères, qui donnent envie de s’envoler sur le dos d’une grue !

Plus d’informations sur le site de l’éditeur.

 

Et pour finir, un livre de cuisine à paraître : Ma cuisine bio japonaise d’Emi Shimizu

Ma cuisine bio japonaise d'Emi Shimizu : couvertureEmi Shimizu est une japonaise passionnée de cuisine, qui est venue vivre sa passion en France il y a vingt ans. Elle tient un blog de cuisine dans lequel elle livre des recettes simples et saines.

Ce livre qui sortira dès que possible en librairie est un recueil de 60 recettes délicieuses, classées par saison. Le but est d’utiliser des produits frais, biologiques et de saison dans des recettes faciles à réaliser. Toutes sont faisables avec des ingrédients disponibles en France, et en particulier avec les algues qui poussent en Bretagne !

Ce sont des recettes à la fois japonaises et françaises, une fusion qui permet de découvrir et préparer une cuisine bien-être, bonne pour la santé, avec une bonne valeur nutritive. Les algues y sont très présentes, ainsi que toutes sortes d’ingrédients disponibles dans les magasins bio. Les recettes sont détaillées étape par étape, avec pour chaque étape une petite photo pour comprendre comment faire. Découvrez comment faire un délicieux Kinoko gohan (riz aux champignons) ou un Sunomono de wakamé et pousses de haricots mungo !

Un livre original, des plats aux couleurs et aux saveurs de saison, qui permettront à chacun de manger sainement tout en se faisant plaisir, entre Japon et Bretagne !

Plus d’informations sur le site de l’éditeur.

Après ce petit tour du catalogue rencontrons-en la créatrice !

 

Rencontre avec Stéphanie de Bussierre, fondatrice des éditions Akinomé

Stéphanie de BussierreJournal du Japon : Pouvez-vous présenter le parcours qui vous a mené à la maison d’édition Akinomé ?
Stéphanie de Bussierre : Je suis une ancienne éditrice du groupe Humensis. J’ai passé la plus grande partie de ma carrière chez Herscher (beaux livres) puis Belin (livres scolaires de géographie). En 2015, j’ai quitté le groupe et j’ai créé Akinomé, spécialisée dans le domaine des carnets de voyage, de la jeunesse et la cuisine bio. Avec une prédilection affichée pour l’Asie, comme lieu d’encrage. Et une passion pour le Japon.
 
Quand et comment avez-vous rencontré le Japon (cinéma, littérature, « en vrai » lors d’un voyage) ?
Tout est arrivé grâce à ma mère, disparue en 2005. Elle est née au Japon, près de Tokyo, à Karuizawa. Une jolie petite ville en altitude, sur les contreforts des Alpes japonaises, là où les Tokyoïtes prennent leurs quartiers d’été pour fuir la chaleur. La première fois que je suis allée au Japon en 2011 j’ai visité ce lieu de villégiature, où l’on admire les immenses cèdres du Japon, dans une quiétude absolue. Et j’ai pensé à ma grand-mère qui avait mis au monde sa troisième fille, là, en 1940. J’avais le cœur serré.
 
Qu’est-ce qui vous fascine le plus au Japon ? 
Je pense que mon admiration pour le Japon est venue de ma grand-mère qui a vécu là-bas comme expatriée et a conservé toute sa vie un goût immense pour la culture japonaise. Comme elle, je suis éblouie par le raffinement visible partout : d’un simple ustensile de cuisine en bois pour râper le gingembre à l’art de l’ukiyo-e qui me comble d’émotion. Il y a à peine 4 semaines que je suis rentrée de mon 6e voyage au Japon, j’y pense encore avec la gorge serrée : je suis passée entre les gouttes… Cette fois-ci j’ai voulu voir les grues sur la neige, et Hokkaido en hiver nous a comblés de bonheur, Emmanuel et moi.
 
Collection de tasses japonaises de Stéphanie de Bussierre, fondactrice des éditions AkinoméEnsuite, j’ai passé deux semaines dans les préfectures d’Oita et de Saga (Kyushu) à la recherche des villages de potiers. Et j’avoue qu’en visitant Onta, Arita, Okawachiyama etc. je reste à chaque fois stupéfaite par la beauté de ce matériau si pur et si naturel. C’est l’union parfaite de l’homme et de la nature. Quelle diversité du design, des couleurs, des matières. Je suis devenue une vraie collectionneuse de tasses à thé…
 
Pourquoi une maison d’édition dédiée aux voyages et à l’Asie ?
Tout simplement car je suis très attachée à l’Asie depuis mes études de géographie (spécialité de ma licence).
La vie est faite de circonstances et de convergences… J’ai rencontré Simon (auteur de Voyages d’encre – Carnets de Chine) au bon moment et son livre, doublement primé, a été le point de départ d’Akinomé.
 
Il existe beaucoup de carnets de voyage, comment les choisissez-vous, comment vous distinguez-vous des autres maisons qui en proposent ?
J’ai toujours aimé éditer des beaux livres. Et je suis à la fois passionnée par les beaux arts et par l’écriture de voyage. Les deux combinés constituent le carnet de voyage, et ce qui m’intéresse c’est ajouter ma pierre à l’édifice en mélangeant les ingrédients et en les sublimant. Mon travail se situe aux antipodes du fac-similé ! Je me distingue peut-être parce que je suis quasiment la seule femme dans le petit milieu fermé des éditeurs de voyage. Ensuite, je cherche toujours à établir un fil rouge qui ait du sens. Mon slogan c’est « Akinomé, éditeur passionné de voyage et d’écologie« . Tous mes livres ont un lien avec les enjeux environnementaux, le voyage aujourd’hui n’est plus un bien de consommation comme un autre, la planète a besoin de nous pour la protéger. Et la crise sanitaire que nous vivons actuellement résonne chez moi comme une alerte de la Nature.
 
À l’heure où tout le monde partage ses voyages sur les réseaux sociaux, qui sont vos lecteurs, que voulez-vous leur transmettre ?
Nous faisons beaucoup de salons du livre avec Emmanuel, et souvent Simon, qui nous accompagne pour dédicacer ses livres. J’aime beaucoup les rencontres que nous faisons avec nos lecteurs. Des baroudeurs qui prennent le temps, qui ont un regard différent sur le voyage, une attitude moins consommatrice. J’ai envie de continuer à publier des livres pour faire découvrir l’oeuvre de nombreux auteurs de carnets de voyage. Pour moi, ce sont de vrais artistes et souvent des écrivains hors pair qui font vibrer. Les carnets de voyage ont une âme et le voyage dessiné est la meilleure façon de découvrir un pays.
 
Journal du Japon remercie Stéphanie pour sa disponibilité et vous invite à découvrir les différents livres de cette maison, qui invitent au voyage, à la découverte, à la cuisine et au rêve pour petits et grands !
 
Retrouvez les éditions Akinomé sur leur site internet ou sur les réseaux sociaux : Facebook, You Tube et Instagram.

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