[Bilan Manga 2019 ] Ventes en France : l’extraordinaire ascension !

Avant de savoir à quel point l’année 2020 sera une année difficile pour le marché du livre, c’est sans doute peu de le dire, Journal du Japon vous propose  de jeter un regard sur les ventes 2019 de mangas en France, dans le cadre de notre traditionnel bilan de marché. Contrairement à cette période morne que nous vivons actuellement, jamais le manga ne s’est aussi bien porté l’an dernier : avec 14,4% de progression de ventes en volume, notre média favori est plus que jamais la locomotive du secteur de la bande dessinée et atteint un nouveau record historique. Du jamais vu, tout simplement !

Mais est-ce que cette tendance est juste propre au manga ? Comment s’inscrit-elle dans le marché de la BD, du livre voire des biens culturels en France ? Et qui se cachent derrière cette hausse  : de vieux titres, des suites, des nouveautés ? Qui sont les nouveaux blockbusters et ceux de demain, s’il y en a ?

Analyse de marché, meilleures séries et meilleurs lancements : pour tout savoir sur le marché du manga sur l’année écoulée, lisez ce qui suit !

 

Du livre au manga, des marchés à différentes échelles

Dynamique des biens culturels 2019 : le livre VS le jeu vidéo ?

Pour mieux appréhender le marché du manga, il faut le replacer dans son secteur dont il est une brique parmi d’autres. Le manga se classe en effet dans le marché de la bande dessinée, rangé lui-même dans le marché du livre, qui fait partie enfin lui-même du marché des biens culturels. En procédant ainsi, on peut mieux apprécier la vivacité du média manga vis-à-vis de ses concurrents directs de la BD ou du marché du livre ou l’observer par rapport au jeu vidéo, la musique ou encore le cinéma.

Lors d’une conférence réservée à ses clients en février 2020 et désormais disponible en ligne via Livres Hebdo, l’institut de sondage GfK dévoilait un marché du livre toujours numéro un des biens culturels en France en 2019 : 4 milliards d’euros de CA (chiffre d’affaires) soit +1% de plus qu’en 2018. Mais le marché du jeu vidéo lui fait une concurrence de plus en plus nette avec ses 3 milliards d’euros de CA en 2019, avec une progression de 8% !

Marché des biens culturels - GfK 2019

Bilan du livre 2019 – Chiffres © Gfk pour Livres Hebdo

 

À travers ces chiffres qui cumulent aussi bien les ventes en physique qu’en dématérialisé, on constate que la dynamique vidéoludique est forte depuis plusieurs années. Depuis 2010, le livre est en stagnation avec un CA de 4,2 milliards d’euros en 2010 contre 4 milliards l’an dernier. Dans la même période, le jeu vidéo lui a bondi de 1,9 milliards d’euros en 2010 à 3 milliards en 2019. D’ailleurs, selon une autre source, celle du dernier rapport publié par le Syndicat des Editeurs de Logiciels de Loisirs (SELL), le marché du jeu vidéo aurait déjà dépassé celui du livre, dès 2017 ! En 2019, le secteur du gaming représenterait un CA de 4,8 milliards d’euros – en léger recul d’ailleurs de 2,7% – mais toujours porté par le jeu sur mobile.

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Sans chercher à départager les deux instituts de sondages, il faut donc retenir que les deux leaders du secteur des biens culturels sont les marchés du livre et du jeu vidéo. On notera aussi, et enfin, un secteur du cinéma qui fait un bond de 21% par rapport à 2018 et qui rattrape presque son niveau de 2010 après une décennie difficile avec un CA à 1,4 milliard d’euros en 2019 contre 1,5 à l’époque. L’embellie ciné ne profite cependant pas à tout le monde. Elle est poussée par les blockbusters et les franchises. Cela profite donc essentiellement à leurs détenteurs, comme Disney par exemple qui classe 6 de ses films dans le top 10 de 2019. Enfin, le secteur de la musique est lui relativement stable, de 0,8 à 0,9 milliards d’euros de CA, et une progression de 3% de 2018 à 2019 et des évolutions très modérées depuis 10 ans, après avoir été quasiment divisé par 2 dans les années 2000.

 

Une belle année pour le livre ?

Avec son petit +1%, le marché du livre parait donc morose mais on peut se réjouir de cette progression au vu du contexte : elle se fait dans le cadre d’une production plutôt stable – le marché n’est donc pas dopé – et elle arrive en dépit d’un premier semestre difficile et d’un contexte de grèves et manifestations marquées sur l’année. C’est aussi la première hausse depuis 2015. Cette tendance n’est d’ailleurs pas que française, mais européenne : « Cette évolution positive a été particulièrement évidente en Italie et au Portugal, où le chiffre d’affaires a augmenté de 5,5 % et de 3,9 % respectivement par rapport à 2018. Cependant, les autres pays analysés ont également enregistré une croissance : les Pays-Bas (1,9 % de plus), la Suisse (1,5 %), la France et l’Espagne (1,1 % chacun) et la Flandre (0,8 %) ayant tous augmenté leurs ventes de livres. Seule la Wallonie a connu une légère baisse (1,3 %). » précise pour sa part l’institut GfK dans un article de Livres hebdo. Mais – il y a toujours un mais – cette augmentation en valeur reste à nuancer par une autre variation : la hausse du prix moyen, qui fausse le calcul. En Suisse le volume des ventes a par exemple baissé de 1,6 % tandis que le prix moyen d’un livre augmentait de 3,1 % en un an. On obtient un marché qui progresse donc en valeur +1.5 % alors que le nombre de livres vendus est moindre. Le détail de la variation est encore plus édifiant aux Pays-Bas : les ventes ont chuté de 3,9 % mais les prix ont augmenté de 6 % !

A ce jeu de dupes, les vraies augmentations de ventes en Europe peuvent être attribuées au Portugal et à l’Italie, : +2,5% de ventes de livres pour le premier et +4,0% pour le second. Et en France ? Assez bonne pioche aussi, avec une progression de 0,5% des ventes et un prix moyen qui augmente de 0,6%. On notera d’ailleurs que le livre est un bien peu onéreux dans l’Hexagone si l’on compare avec nos voisins européens. GfK donne une moyenne de 11,16€ en France, au-dessus de 14 euros en Espagne, en Flandres et aux Pays-Bas, et jusqu’à la Suisse qui grimpe à…  21,15 €. Presque le double, ça pique !

Libraire Italienne - Photo domaine public

Libraire Italienne – Photo domaine public

Au-delà des prix, les chiffres globaux peuvent ensuite se détailler de multiples façons : on y trouve par exemple le livre physique en bonne forme (+0,5% et 341 millions d’exemplaires vendus, un CA de 3,9 milliards d’euros sur les 4 milliards du secteur livre !). Dans les thématiques, on note ensuite une bonne forme des ouvrages non fictionnels (les guides de référence, les témoignages et les biographies notamment) alors que le roman recule et les beaux-livres s’effondrent. Enfin, les best-sellers nous apportent la transition parfaite avec le secteur de la bande dessinée : avec 1,573 millions d’albums écoulés, le volume 38 d’Astérix, La fille de Vercingétorix, se place loin devant La jeune fille et la nuit de Guillaume Musso, vendu à 565 237 exemplaires et La vie secrète des écrivains (Guillaume Musso, again !) avec 391 000 copies vendues selon Livres hebdo.

Top 10 ventes Livre 2019

Top 10 ventes Livre 2019 Gfk pour Livres Hebdo

La BD va bien, le manga, encore mieux !

Le Top 50 tous les formats confondus laisse une large place aux BD et aux livres de poche (31 titres). Sur l’année 2019, le marché de la BD en général représente désormais 16 % des ventes de livres en volume selon GfK, soit 48 millions d’exemplaires en 2019 (+11 %), soit la même progression qu’en 2018, qui confirme une dynamique constante depuis 5 ans.

Au sein de ce secteur, le plus dynamique est celui de la BD jeunesse qui constitue 26 % du marché avec une progression de 19 % mais l’effet Astérix joue à plein et, sans lui, la progression n’est alors que de 4 %. Juste derrière, le segment des mangas réalise une progression de 14,4% en volume et constitue le segment le plus important de l’univers BD avec 39 % du marché, devant la BD de genre (28 %, +1 %), la BD jeunesse cité plus haut, et les comics (6 %, +3 %).

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Top 20 meilleures ventes BD 2019 – Chiffres GfK

Dans le Top des ventes annuelles, après La fille de Vercingétorix, GfK note aussi trois albums des séries Blake et Mortimer, Mortelle Adèle, Le Chat de Philippe Geluck et le nouveau Largo Winch, entre autres. Côté manga, on croise le tome 8 de Dragon Ball Super et le 89e de One Piece dans le top 10 mais la proportion augmente rapidement : 8 mangas sont dans le top 20 et 19 titres dans le top 50 des BD les plus vendues de 2019. Avec des hausses de près de 10% depuis 5 ans, on pensait le manga finir par atteindre un palier mais il n’en est rien : l’an dernier, il a plutôt battu un record historique avec cette progression de 14,6%… On note même un +16,4% chez les libraires indépendants ! A ceux qui voyaient, au début des années 2010, la fin du manga, qui n’était finalement « qu’une mode »… On peut les applaudir bien fort !

Evolution Ventes Manga France

Evolution Ventes Manga France – Chiffres GfK et éditeurs

Le segment représente désormais 145,3 millions d’euros pour près de 19 millions de volumes vendus soit presque 2 millions et demi de plus qu’en 2018 et presque 4 millions de plus que l’ancien record de 2008, à la fin de son explosion sur le marché français. Avec 350 millions de livres vendus en 2019, le manga apparaît tout petit mais on peut retenir que pour 20 livres vendus en France, il y a désormais un manga dans le lot… ou que sur 5 BD écoulés, deux sont des mangas ! Dit autrement, le marché du manga en France, en valeur, c’est presque 3 fois celui des romans des littératures de l’imaginaire (soit SF + Fantasy + Fantastiques et quelques autres), et ce chiffre d’affaires est plus grand que tout le marché du livre de Belgique… Et 2020 partait déjà sur une nouvelle progression, de l’ordre de 10 %, c’est dire l’extraordinaire ascension du manga en France !

Néanmoins, si l’année 2019 parait explosive sur le plan comptable avec ses chiffres globaux, elle n’est pas signe d’un grand renouvellement de best-sellers et donne plutôt l’image d’une progression solide de séries récentes et d’un bon turn-over de middle sellers. Regardons ça de plus près.

 

Les ventes de manga : les dessous de la dynamique

Top des ventes séries : les papys font de la résistance…

Contrairement à ce que le top des ventes japonaises pourrait laisser penser (voir [Bilan Manga 2019] Ventes au Japon : du neuf ?), One Piece tient toujours bien la cadence et n’est pas encore prêt de se faire dépasser au top des séries les plus vendues en France. Il n’est pas le seul : plusieurs séries qui sont arrivées en France depuis plus de 10 ans sont en assez bonne forme… Voyez plutôt le top ci-dessous :

Top 18 Séries Manga 2019

Top 18 Séries Manga 2019 – Chiffres GfK & éditeurs

Cinq séries de ce tableau ont désormais plus de 10 ans chez nos libraires : elles sont toutes dans le top 10 et occupent notamment les deux premières places avec One Piece et Dragon Ball. Depuis 2017, les aventures de Luffy sont progressivement reparties à la hausse  : +5,3 % en 2018, mais il y avait un tome en plus, et +12,3% en 2019, à tomaison constante. A chaque fois la croissance est inférieure à celle du marché du manga et la série perd donc des parts de marché (alias PDM, pour la suite de ce dossier) : 1 manga sur 10 vendus en France était un tome de One Piece en 2016, c’est environ 1 sur 14 désormais. Néanmoins, dans l’absolu, le nombre de tomes vendus a bien augmenté et il atteint 1,39 millions d’exemplaires pour 2019. On est loin d’Astérix qui vend 1,5 millions d’exemplaires en un seul nouveau tome, mais ce n’est pas négligeable.

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Autre ancêtre très vénérable : Sangoku, présent en France depuis 27 ans, bientôt 28 ! Depuis le retour en anime puis avec le manga de Dragon Ball Super, la licence DB est revenue sur le devant de la scène en progressant de presque 40% et en montant de 4,1 à 5% de parts de marché, soit un petit million d’exemplaires vendus l’an dernier. C’est Dragon Ball Super qui tire les ventes du duo avec 2,8% de PDM (+ 46% du volume de vente par rapport à 2018) contre 2,2% de PDM pour son aîné (dont les ventes progressent aussi, de 31% en un an). De quoi ravir l’éditeur des deux séries, Glénat Manga, qui en possède d’ailleurs une troisième : Berserk, 8e du top, en France depuis 16 ans, qui a réussi à atteindre 2% de PDM et augmenter son volume de vente de 32,3% l’an passé …avec 1 seul nouveau tome paru !

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Chez un autre éditeur, Kana, Naruto a débuté en France en 2002 et s’est achevé en 2016 mais continue de bien se vendre grâce au même modèle que Dragon Ball : en nous faisant le coup de la suite, du nom de Boruto, qui fonctionne assez bien depuis 2016 : 403 000 exemplaires de vendus en cumulé à fin 2019. Le duo Naruto / Boruto est dans le vert en volume de ventes : sur les 4,1% de PDM de la saga, Naruto représente 3,4% et voit ses ventes progresser de 19,3% contre 0,7% de PDM pour Boruto et un volume de ventes croissant, de 130 000 exemplaires l’an passé. Autre éditeur, Pika édition, mais même modèle avec Fairy Tail qui propose lui aussi sa suite dont nous reparlerons dans le top lancement Fairy Tail 100 Years Quest. Avec un dernier tome publié début 2019 contre 5 d’habitude, la saga d’origine voit ses ventes logiquement chuter en 2019 de 23,7% soit 3,6% de PDM et un peu moins de 700 000 tomes écoulés. Mais avec l’excellent démarrage de 100 Years Quest dont les 3 premiers tomes se sont écoulés à 150 000 exemplaires, l’ensemble de la saga ne perd finalement que 5% par rapport à l’an dernier et présente une part de marché de 4,4%.

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Il sera intéressant de voir sur la prochaine décennie combien de temps Dragon Ball, Naruto et Fairy Tail pourront résister avec leurs suites et autres histoires annexes, car on tient là, indéniablement, un modèle qui a trouvé ses marques, avec quelques variantes possibles. Il y a le modèle de saison 2 avec Tokyo Ghoul / Tokyo Ghoul : Re,  qui a maintenu ses ventes plusieurs années sans fléchir et reste in extremis dans le top 10 séries pour sa dernière année de parution. L’autre cas de figure classique est le spin-off, comme celui de Assassination Classroom avec Koro Quest. Même si nous ne connaissons pas le nombre d’exemplaires vendus sur ce dernier, on peut voir qu’il n’a pas inversé la tendance pour le manga dont il est issu puisque AC, qui s’est achevé en 2018, dévisse de 36 % en 2019. L’attaque des Titans, qui a lui aussi proposé plusieurs alternatives ces dernières années, perd un peu de lecteurs et des parts de marché : 9e du classement et 2% de PDM soit environ 380 000 exemplaires vendus sur 2019.

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Heureusement, contrairement à ce qu’il en était il y a 10 ans, le marché du manga en France n’a pas forcément besoin de s’accrocher à la bonne forme des mêmes leaders plusieurs années de suite…

 

… et les nouvelles générations de manga sont bien là !

Après 2013 – et un peu 2014 – qui ont été d’excellents crus pour le marché français (L’attaque des Titans, Tokyo Ghoul, Assassination Classroom, Seven Deadly Sins), le Japon a continué de nous envoyer d’excellents mangas qui ont trouvé un écho en France avec un dynamisme remarquable. En 2016, seulement deux ans plus tard, 4 nouvelles séries ont emporté l’adhésion d’une génération de nouveaux lecteurs. Parmi elles, il y a l’actuel numéro 3 du marché : My Hero Academia, la locomotive des éditions Ki-oon. Pour la 4e année sur le territoire français, ce shônen continue de recruter des lecteurs et, à nombre de tome constant, il progresse de 25% en volume de ventes pour 4,7% de parts de marché, soit presque 900 000 exemplaires vendus… 50 000 de moins que la saga Dragon Ball, voilà un match qui est serré ! Autre star d’un catalogue, One-Punch Man aux éditions Kurokawa, se maintient à 3% de PDM. Avec un volume en plus en 2019, 5 contre 4 en 2018, la série augmente son volume de ventes de 12%.

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Même s’il est plus loin dans le classement, il faut aussi citer Black Clover, aux éditions Kazé, qui suit la progression du marché (avec un tome publié en plus qui aide bien) et atteint 1,5% de PDM (285 000 exemplaires vendus environ). L’hybride Ki & Hi, le titre du Youtubeur Kevin Tran qui avait surpris tout le monde par son succès en 2016-2017 fait un peu moins bien que le marché en 2019 (+10% en volume de vente) et peine à conserver son lectorat car il réalise ce score avec deux nouveaux tomes de parus contre un l’an dernier.

Vient ensuite l’année 2018, seulement deux ans plus tard à nouveau, là où One Piece, Naruto et Fairy Tail se sont sentis bien seuls pendant presque une décennie ! En 2018, le lancement leader fut le retentissant phénomène The Promised Neverland. Le hit fait plus que doubler ses ventes en 2019 avec une progression de +138% et un volume de plus qu’en 2018. Il atteint 3,1% de PDM soit environ 590 000 unités et on se souviendra aussi d’un tome 9 qui a marqué les esprits. Les courbes habituelles de lancement devrait donc voir la série continuer de progresser et passer devant Naruto et Fairy Tail, en 2020 ou 2021, selon l’évolution de la conjoncture économique et sanitaire. Autre succès, d’un auteur cette fois-ci bien connu, monsieur Hiro – Fairy Tail – MASHIMA, qui réussit déjà à placer sa nouvelle série, Edens Zero à la 17e position du top alors qu’elle a débuté chez nous fin 2018. Avec 5 tomes contre 1 seul en 2018 l’explosion des ventes de 405% n’a rien de surprenant mais les 0,9% de PDM soit environ 170 000 exemplaires vendus sont à saluer.

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Si l’on continue avec ces nouveaux nouveaux, vous aurez sans doute vu Dr Stone et Kingdom. Le premier (encore chez Glénat Manga, qui signe décidément une belle année) augmente sa tomaison de 3 à 5 sur un an et fait plus que tripler ses ventes (+233%) avec 1,3% de PDM soit environ 250 000 tomes écoulés, ce qui classe le shônen en 12e position. L’adaptation animée rencontre un certain succès et n’est donc pas pour rien dans cette progression. Avec une seconde saison en 2020, la série du célèbre Boichi arrivera donc, peut-être, dans le top 10 français ! Le cas de Kingdom est un peu différent, exceptionnel même, si l’on observe le nombre de tomes parus : 24 en une année, contre 10 l’an passé. Réputé impubliable sur le marché français, cette série qui cartonne au Japon doit son essor à sa publication effrénée des éditions Meian mais, face au bide annoncé, ses 0,9% de PDM démontre au minimum qu’il n’en est rien et suggère un volume de ventes par tome autour des 5 000 exemplaires en moyenne. La série semble donc rentable pour son éditeur, répond à une demande de longue date de nombreux lecteurs et propose une stratégie innovante d’abonnement qui fera peut-être des émules, qui sait !

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Vous l’aurez compris, la croissance du marché du manga en France ne doit rien au hasard, mais bien à une succession de vagues de nouveautés qui réussissent à s’installer dans la durée, en plus d’une bien meilleure gestion des middle sellers qui se vendent désormais à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires sur une année voire davantage. Et pour étudier ces derniers et d’éventuels hits à venir, finissons cet article avec les meilleurs lancements 2019 !

 

Les lancements : 2019, en attendant de nouveaux hits…

Du côté des nouveautés, le top 2019 est plus un tableau de middle sellers que celui d’une avalanche de nouveaux hits. 5 – 6 premiers tomes sont à 20 000 exemplaires vendus ou au-delà. Comme l’an dernier, on y croise une suite, un one-shot et un titre qui ne dépassera pas les 5 exemplaires. De plus, on ne compte que 16 titres à partir de 10 000 tomes écoulés contre 20 l’an passé, comme vous pouvez le voir ci-dessous.

Top 16 lancement Manga 2019 T1 - Chiffres GfK & éditeurs

Top 16 lancement Manga 2019 T1 – Chiffres GfK & éditeurs

Le numéro 1 de 2019 est également plus en retrait : 60 000 tomes écoulés pour Fairy Tail 100 Years Quest, un peu moins que The Promised Neverland en 2018, au-dessus des 70 000 ou que Dragon Ball Super et Boruto, pour comparer à d’autres suites, qui s’étaient respectivement vendus à 90 000 et 70 000 exemplaires pour leur tome 1, à leur lancement en 2018. En seconde place, le re-lancement de Demon Slayer chez Panini, après l’échec cuisant de la version Rodeurs de la nuit, qui s’appuie sur l’anime pour atteindre des chiffres corrects, même si l’on est encore très très loin du raz-de-marée que connait le Japon, qui en vend quelque chose comme… 100 fois plus ! Néanmoins Demon Slayer a, à priori, vocation à rejoindre le top série en 2020 : l’éditeur a de quoi voir venir avec 20 tomes parus au Japon et 5 publiés par an. Et la saga est devenue en 2019 un phénomène éditorial, au niveau de One Piece au Japon… Il ne reste plus qu’à espérer, pour la série, que Panini fasse correctement son travail.

La concurrence en nouveautés shônen n’est, de plus, pas énorme : le numéro 3 du classement est un one-shot hors série de la saga Dragon Ball, l’assez drôle Comment je me suis réincarné en Yamcha, puis vient Samourai 8, le nouveau shônen du célèbre Masashi KISHIMOTO, qui s’est, une fois n’est pas coutume, vendu de manière comparable en France et au Japon, où il a fait un vrai bide… Ce qui lui vaut d’ailleurs une fin prématurée en 5 tomes en mars dernier au Japon. En France, malgré une sortie en décembre, on constate en tout cas des ventes au-delà des 20 000 exemplaires, une belle performance !

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Les autres shônen du top, avec des ventes de tome 1 sous les 20 000 exemplaires sont : City Hunter Rebirth (6e, 15-20k), Ragna Crimson (7e, 15-20k), Hell’s Paradise (9e, 14 k), GrandBlue Fantasy (10e, 10-14k), Classroom for Heroes(13e, 10-14k), Heart gear (14e, 10-14K, mais lancé en octobre) et Marry Grave, en 16e place et vendu à 10 000 exemplaires. Onze shônen dans ce top 16, une importante proportion plutôt bon signe car c’est ce secteur qui a toujours porté le marché du manga. Le public français a donc, encore, de l’appétit pour ce genre de récit.

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Du côté du seinen, les éditions Ki-oon mène la danse, comme souvent : Magus of the Library (5e, 20-30k) et Beastars (11e, 10-14k) ont reçu un bon accueil critique et commercial, tout comme les excellents My Home Hero (8e, 15-20 k) aux éditions Kurokawa et La voie du Tablier (12e, 10-14k) aux éditions Kana. Kana et Ki-oon se partagent d’ailleurs le plus grand nombre de séries de ce top lancement, 4 chacun. Enfin, chez Kazé, on pourra aussi citer Jagaaan, en 15e position, un peu au-dessus des 10 000 exemplaires.

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Après un rebond du marché en 2014 puis deux vagues de nouveaux hits en 2016 puis en 2018, l’année 2019 est donc assez logiquement une année plus calme en terme de lancements, même si sur le papier Demon Slayer et Samurai 8 ont tout de même largement fais parler d’eux sur la fin d’année. En 2020, une nouvelle vague leur a déjà succédé, avec 3 titres à fort potentiel : Jujutsu Kaisen et Chainsaw Man, deux mangas du mythique Weekly Shônen Jump qui ont débarqués en mars et le hit surprise dont on vous parlait dans le bilan 2019 des ventes au Japon, The Quintessential Quintuplets qui a lui posé ses valises en février dans l’Hexagone… Et on attend aussi Spy X Familly pour la fin de l’année.

 Couverture du tome 1 de Jujutsu Kaisen chez Ki-oon Couverture de Chainsaw Man chez Kazé manga Couverture du tome 1 de The Quintessential Quintuplets chez Pika spy-x-family-1-jp


Pour autant, l’année 2020 marquera forcément une pause dans cette dynamique : le marché du livre perdait plus de 50% de ses ventes en première semaine du confinement et l’explosion du livre numérique qui double ou triple son marché sur la fin mars ne suffit pas à compenser la perte… Preuve en est, dans un article récent, le constat inquiétant fait par nos confrères de Livre Hebdo  : sur la période du 16 mars au 12 avril, les ventes de livres ont chuté de 66% en valeur et de 58,5 % en nombre d’exemplaires.

La crise économique qui suit dans son sillage la crise sanitaire frappe aussi le secteur de la culture et la bande dessinée ne fait pas non plus exception. Après un bon début d’année à +11% en volumes de ventes entre janvier et mi-mars, le nombre d’exemplaires écoulés en bande dessinée a chuté de 69% pendant les quatre premières semaines de confinement. Le manga, espérons-le tirera peut-être son épingle du jeu, mais il faudra compter sans Paris Manga, le Salon Livre Paris et Japan Expo reportés à l’année prochaine… Un véritable casse-tête pour redonner du dynamisme au marché à la sortie du confinement, trouver un planning cohérent et supportable de sorties et y placer les grands lancements prévus… 

C’est pour cela que Journal du Japon leur consacrera le dernier volet de ce bilan 2019 du marché du manga : de l’explosion des ventes au coup d’arrêt brutal, quel regard sur 2019 et comment se réinventer en temps de crise pour 2020 ? Rendez-vous cet été pour une dernière partie passionnante !

 

Dossier Bilan Manga 2019

* Ventes au Japon : du neuf ?

* Publication : 365 jours de nouveautés !

* Sélection : 6 nouveautés qu’il ne fallait pas rater en 2019

* Ventes en France : l’extraordinaire ascension !

Et retrouvez nos bilans des années 2010201120122013201420152016, 2017 et 2018 du marché français du manga. Tous les chiffres présentés ici sont des estimations et donc, comme toujours, ils sont à prendre avec du recul et à titre de comparaison entre les différentes années ou les différents secteurs du marché… surtout pas comme des valeurs ou vérités absolues.

Sources : GfKManga-newsActua BD, Manga Conseil le blog du Mangachat, le Hors-série : L’Année Manga d’Animeland, Livres Hebdo et les éditeurs et libraires.

 

Paul OZOUF

Rédacteur en chef de Journal du Japon depuis fin 2012 et fondateur de Paoru.fr, je m'intéresse au Japon depuis toujours et en plus de deux décennies je suis très loin d'en avoir fait le tour, bien au contraire. Avec la passion pour ce pays, sa culture mais aussi pour l'exercice journalistique en bandoulière, je continue mon chemin... Qui est aussi une aventure humaine avec la plus chouette des équipes !

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14 réponses

  1. 7Blu dit :

    Gros gros boulot. Chapeau (j’imagine que l’on a la tête comme un tableur Excel après ça lol).

    – C’est dommage que l’on ait pas accès aux « mini mini middle sellers » pour avoir une idée de la santé des plus « petits éditeurs » (Soleil, Akata etc.) et des nouveaux comme Vega (je suis curieux de savoir comment s’est porté le bateau de Thésée). Mais bon, peut-être des interviews à venir…

    – Au fait, le top 5 éditeur est toujours Glénat/Pika/Kana/Ki-oon/Kuro? En tout cas chapeau à Kana de réussir à tenir malgré on va dire…la perte de leur « label jump » (pour ne pas polémiquer). Mais ça va être dur sans nouvelle locomotive. D’ailleurs, surpris de ne pas voir « Fire force »

    – J’avoue être surpris par Kingdom. Je m’attendais à plus vu le tintamarre de ses fans sur les réseaux (je ne le dis pas méchamment). Ce sont certes des estimations mais ça m’étonnerait que ça passe du simple au double en chiffre exact.

    En fait, je dis ça aussi parce que je pensais comme toi et me disais que son système par abonnement serait intéressant pour les genres qui ont du mal à se vendre en France comme les mangas de sport. Mais bon, ça n’a pas l’air gagné. D’ailleurs ça pourrait être une question pour les autres éditeurs sur ce qu’ils en pensent de ce système, maintenant avec le recul, non?

    Encore merci et bravo.

    (*Juste 2 petites coquilles que j’ai vu: « le marché n’est pas PAS dopé », il y a un « pas » en trop j’imagine; et « le hit fait plus DE doubler ses ventes »)

    • Paul OZOUF dit :

      Bonjour 7Blu (marrant comme pseudo ça !)

      Paul OZOUF, redac chef et auteur de l’article. Ravi que ça vous ai plu !
      Pour les chiffres en fait c’est de base très dur d’en avoir. GfK communique avec les éditeurs, Livres Hebdos et ses clients en général sur les grosses tendances mais après il faudrait partir à la pèche pour chaque série en fait et en plus sans pouvoir toujours les comparer aux chiffres GfK car en général c’est 20% en dessous de la réalité (GfK ne compte pas les ventes en salon par exemple). Donc pour partir sur une base commune on ne peut rester que sur le haut de tableau… Mais oui dans la dernière partie on aura des infos sur chaque éditeur (pour peu qu’ils acceptent de nous en donner mais rare sont les avares globalement).

      Le top éditeur je garde l’info au chaud mais cela dit en fouillant sur le net, on trouve ;).

      Fire Force était dans les lancements de l’année mais déjà pas hyper fort, et il est donc resté un middle seller. Mais oui comme Dr Stone on aurait pu imaginer voir le titre dans le top séries, surtout qu’il a plutôt une bonne tomaison je crois.

      Kingdom en fait moi c’est l’inverse, je suis agréablement surpris. Faut se méfier du bruit sur les réseaux, comme le disait un ancien de chez Ototo, ça veut pas dire que ça va exploser pour autant, beaucoup d’auteurs y sont encensés et demandés mais quand il s’agit d’acheter ce n’est pas aussi simple de fédérer voir de créer une communauté autour d’un titre. Kingdom avec une moyenne autour de 5000 honnêtement c’est un bon résultat, les éditeurs fr ne s’y étaient pas lancés car il craignait sans doute des chiffres beaucoup plus faible que ça. Mais là avec la sortie rapide, ça maintient une bonne dynamique. On essaira d’avoir Meian pour en parler avec eux… Et oui carrément, je pense que c’est tentant comme système pour des séries fleuves jamais arrivé chez nous.

      Les coquilles sont corrigées, merci de la vigilance et à bientôt !

      • 7Blu dit :

        Désolé. Je voulais répondre et je me rends compte que je ne l’avais pas fait. Désolé et merci pour les réponses au passage. J’attendrai donc l’article sur les éditeurs.

        Pour « Kingdom » et ses chiffres de vente, j’entends bien qu’il faut se méfier des bruits sur les réseaux, mais en fait, le truc c’est que l’on sait tous très bien (sans vouloir polémiquer) quelle activité « fan/illégale » fait la communauté qui est derrière et qui a poussé pour le titre. Or, quand je vois qu’un « Marry Grave » inconnu au bataillon au Japon (et qui en a pourtant lui aussi de la « disponibilité » sur internet) a fait pratiquement le double (et en plus toutes les bonnes critiques qui vont avec), je me refuse à croire qu’il n y a « que » 5-7K fans de Kingdom en France. Et quand je vois sur les réseaux, certains membres (très peu, certes) de cette même communauté pousser un peu maintenant pour que la même « activité de fan » soit mené pour un titre de basket dont il y a un anime en ce moment et dont tous les tomes sont disponibles chez Glénat (Ahiru no Sora/Dream team pour ne pas la nommer) bref…

        Alors, après, peut être qu’acheter tous les tomes d’un coup est compliqué. Je l’ignore. Mais C’est surtout que je me dis que si un titre avec une telle communauté et réputation fait ce chiffre, je doute que les titres fleuves moins cotées puissent intéresser les autres éditeurs. Mais bon, je ne veux pas sembler faire une fixette sur ce titre.

        Désolé encore pour la réponse tardive et merci encore

        • Paul OZOUF dit :

          Bonjour,

          Intéressant cette analyse, surtout qu’à titre personnel je suis totalement en dehors et loin des communautés de ces œuvres tout comme des communautés de scan en général. Après au delà du bruit je me suis toujours demandé si des communautés ne demandent pas un titre à la recherche d’une forme de reconnaissance et déconnecté d’un désir d’achat à proprement parler ou de la réalité que leur demande implique leur action et leur achat derrière. Et oui il y a cette contradiction de demander un titre que vous avez déjà lu par ailleurs, et donc que potentiellement, vous n’allez pas acheter, vu que vous l’avez déjà lu. Comme si cette demande était un peu faite pour d’autre parce qu’il faudrait que ce soit un hit chez nous vu que « c’est tellement trop bien ». Je me dis qu’il ne faut vraiment pas se fier à ça ou alors avoir un public fidèle à ses choix éditoriaux, qui vous font confiance, pour se lancer dans un achat de licence dans ce genre de cas de figure. Du fait de sa jeunesse, ça ne pouvait pas être le cas avec Meian en tout cas.

  2. Azul dit :

    Merci pour le bilan manga. Vous êtes le seul site à le faire. Chapeau pour ce gros boulot.

    • Paul OZOUF dit :

      Bonjour,

      Paul OZOUF, rédacteur du papier. C’est un plaisir et un challenge chaque année, donc ravi que ça trouve son public, et c’est d’autant plus important que ça manque en effet de confrères sur le sujet.

      Rendez-vous juillet ou aout pour le dernier volet.

  3. Maneki dit :

    Bilan toujours aussi intéressant ! Merci pour tout votre travail, d’autant que vous prenez le temps de poser des nuances, c’est agréable. Je suis surprise par les scores de certains mangas, en bien ou en mal ^^
    La dernière partie de ce bilan promet d’être passionnante, j’ai hâte !
    Je rejoins le commentaire plus haut qui parlait de curiosité par rapport aux succès plus relatifs, comme les petits éditeurs en effet, ou les shojo, qui apparaissent rarement dans les meilleures ventes… Quels sont les titres qui se vendent le mieux ?

    A bientôt pour la dernière partie

    • Paul OZOUF dit :

      Bonjour,
      Paul OZOUF, rédacteur de l’article.
      Un grand merci ! La dernière partie se prépare, mais s’avère au moins autant chronophage (et autant au moins intéressante, donc c’est pas grave.) Pour le reste, les bonnes ventes des middles sellers disons, nous n’avons en fait pas de chiffre du tout. Nous en glanons généralement dans des interviews, donc j’espère pouvoir dessiner des tendances plus affinées dans la dernière partie. Heureusement nous avons la chance d’avoir peu d’éditeur qui pratiquent langue de bois, donc croisons les doigts !

      Cordialement, et à bientôt !

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