Bilan Manga 2019 : 365 jours de nouveautés !

2019 est bien derrière nous maintenant (deux mois plus tard, on ne peut vraiment plus dire bonne année !), mais Journal du Japon continue de résumer l’année passée niveau manga en France. Voici donc toutes les nouvelles œuvres qui ont joué des pieds et des poings en 2019 pour s’imposer dans l’énorme quantité d’œuvres disponibles, et que vous (et nous aussi, avant cet article) avez peut-être raté.

En route pour ce panorama de nouveautés, par éditeur – des gros pourvoyeurs de sorties aux plus petits – mais aussi par collections et thématiques !

Les Grands Paquebots

Pika, un leader au public vaste

Comme chaque année, Pika, avec le soutien de ses affiliés nobi-nobi et H2T, s’impose comme l’un des éditeurs les plus importants de France. Et quand on cumule son nombre de nouveautés en 2019, c’est encore plus flagrant : 51 nouveaux mangas ! Des shônens, des seinens, des shôjos : Pika profite de cette ampleur pour ratisser large dans les genres.

L’éditeur n’a pas proposé les shônens les plus remarquables de 2019, mais on a quand même pu lire les adaptations en mangas des animes ou jeu vidéo Granblue Fantasy et Record of Grancrest War, les trilogies Genocidal Organ et Pitch Black-Ten, un nouveau spin-off du shônen de légende Fairy Tail avec Fairy Tail 100 Years Later, une nouvelle adaptation du classique de William SHAKESPEARE dans Romio VS Juliet, ou encore le manga tiré de l’animé culte Bakemonogatari par le duo NisiOisin/Oh Great !

En parallèle des sorties classiques, Pika a initié une décennie plus sportive (Coupe du monde de Rugby et JO 2020 obligent) avec le shônen de rugby Full Drum, une ode au monde de l’ovalie japonais et premier titre d’une nouvelle collection, Sport Addict. Et si vous n’avez pas eu assez de Hiro MASHIMA en 2019 (c’est que vous devez être fan ! ), il y avait le spin-off Hero’s, qui réunit les héros de Fairy Tail, Rave et Eden’s Zero !

A côté du shônen, la branche shôjo a terminé son année avec 6 nouveautés dont la comédie Mon Coloc d’Enfer, le triangle amoureux mature Sensuel Dilemme, le malentendu amoureux entre jumelles Too Bad, I’m In Love terminé en cinq tomes, le one-shot sur l’auteure prête à tout pour écrire des romances intenses de Love Mission Impossible ?, les héros du cœur de La Destinée de Yuki et enfin la relation par la confidence entre deux adolescents diamétralement opposés dans Our Little Secrets !

Enfin, vous pouvez retrouver des seinens qui ont débuté ET qui se sont terminés en 2019 en raison d’un faible nombre de tomes : le survival game financier Psycho Bank en 4 tomes ou la comédie aussi angélique que démoniaque Divines en 3 tomes, par Kamome SHIRAHAMA (L’Atelier des Sorciers) et le thriller en pleine Allemagne nazi Neun d’un autre mangaka connu en France,Tsutomu TAKAHASHI.

On s’est aventuré avec effroi dans le corps bousillé que doivent tenir en marche les héros de Les Brigades Immunitaires Black, le spin-off des Brigades Immunitaires ! Mais nous sommes aussi revenus aux premiers temps de l’humain avec le récit préhistorique Aku Le Chasseur Maudit, nous avons enquêté avec les chasseurs d’objets hantés de Spirit Seekers, et suivi le destin tumultueux et pleins de créatures impressionnantes de Elin, La Charmeuse de Bêtes.

Pour continuer à viser un large public, nobi-nobi n’a pas arrêté de fournir des nouveautés à ses collections Classiques en Mangas et les Disney. La première s’est vu étoffée de trois one-shots avec Nouvelles Extraordinaires d’Edgar Allan Poe, La Mythologie Grecque et Un Chant de Noel. La seconde a vu ses rangs s’agrandir avec les mangas tirés de Wall-E, Toy Story 1 et 2 et Le Monde de Nemo. Deux collections qui peuvent attirer des gens peut-être peu enclins à tester le manga.

Pour autant les autres gros lancements de l’éditeur jeunesse étaient ailleurs  : il fallait jeter un œil au manga à l’origine du célèbre animé Quand Takagi-san Me Taquine ! Des anciens et nouveaux mangas d’auteurs connus sont arrivés dans l’escarcelle de nobi-nobi avec Blizzard Axel de Nakaba SUZUKI (Seven Deadly Sins), et Astra – Lost in Space de Kenta SHINOHARA (Sket Dance). On a pu profiter d’un nouveau regard sur le film d’animation Le Mystère des Pingouins avec son adaptation en manga, et évidemment, un spin-off de FT avec Fairy Tail – La Grande Aventure de Happy !

Quelques shôjos, avec en tête de file l’immersion dans le monde de la mode Shine, avec comme modèles la comédie mi-vampire mi-humaine Luna Kiss et des aventures voguant de légende en légende dans Contes Imaginaires. Et pour finir des mangas plus mignons, dans la collection Kawaii, avec Les Chaventures de Tai et Mamie Sue, et le diptyque Les Pounipounis.

Sans se limiter au Japon, Pika est l’un des éditeurs qui se consacre le plus aux mangas français et internationaux avec H2T et ses cinq nouveautés qui viennent des quatre coins du monde :  les titres italiens Innermost, Flare Zero et Ashen Memories, le manga brésilien Rasetsu : Primal Hunt et enfin l’auteur argentin de Bloodline Symphony.

Encore une année chargée pour le trio Pika/Nobi-nobi/H2T, qui continue dans sa politique de diversification éditoriale pour mieux étendre son lectorat et tenter de lancer une nouvelle période faste après la fin de son blockbuster Fairy Tail !

 

Kana, mélange de valeurs sûres et de coups de poker !

C’est toujours un nom important dans le milieu du manga en France, et on s’attend logiquement à le retrouver dans les bilans mangas : Kana. Sur l’intégralité de l’année civile, c’est plus de 24 nouveaux titres qui ont atterri dans les rayons des libraires hexagonaux avec le fameux logo jaune sur les couvertures !

On a enfin pu jeter un œil a des œuvres très attendus, et particulièrement une : un certain Samurai 8, le nouveau manga écrit (et uniquement écrit) par Masashi KISHIMOTO, l’auteur de Naruto. Une nouveauté qui a du mal à trouver son public au Japon, mais qui prend ses marques en France depuis octobre dernier. Mais Samurai 8 n’est pas le seul nom connu…

En effet, en plus de cette tête d’affiche, la collection shônen de Kana nous a proposé de reprendre la route des samouraïs de Gamaran dans sa suite directe Gamaran – Le Tournoi Ultime, de découvrir le spin-off sur les méfaits comiques de la fameuse ombre meurtrière de Détective Conan avec Apprenti Criminel, d’accueillir le retour de Slam Dunk de Takehiko INOUE dans son édition Star, d’essayer la quête romantico-funeste d’un tueur de démons avec un cercueil sur le dos de Marry Grave, de suivre la revanche des sidekicks délaissés dans Memesis ou le shônen Made In France issu de la licence MarbleGen !

Dans la collection Dark Kana, on retrouve les aventures du héros de Gotham à la sauce féodale dans l’adaptation de Batman Ninja, le battle royale des héroïnes de contes avec Heroine’s Game, le surprenant récit zombifique qui met la reine déchue Marie-Antoinette face à une horde de zombies révolutionnaires dans Versailles of the Dead, le voyage à travers le temps et les mystères de Time Shadows, et les chasses draconiques épiques des guerriers de Ragna Crimson.

Chez Big Kana, c’était la découverte des titres plus alternatifs comme la comédie sur le premier yakuza au foyer avec La Voie du Tablier, le thriller psychologique sur le viol et la vengeance From End, terminée en trois volumes et la comédie sur le monde du cosplay Sexy Cosplay Doll.

Dans sa collection Made In, ou Kana publie des titres plus matures et plus particuliers. Le public a pu y découvrir l’intégrale de Solanin par Inio ASANO, le one-shot Errance du même mangaka, le one-shot Ma Maman ou Li KUNWU raconte la vie de sa mère dans une Chine qui n’existe plus, et les œuvres graphiques Éveil et Number 5 par Taiyo MATSUMOTO.

Ajouter à ce catalogue déjà bien fourni en genres et en sujets audacieux et intrigants, un petit groupe de shôjos bien plus classiques mais qui ne sont absolument pas à bouder pour autant comme le diptyque Mon Ex, une romcom sur le complexe de la jalousie avec Un Petit Ami Trop Parfait ?, et enfin – car les deux nous ont tapé dans l’œil – la romance au cœur des fleurs Jardin Secret et le yuri Bloom Into You, déjà connu dans sa forme animée en France !

Des titres qui oscillent entre des références connues et des petits OVNIS aussi comiques que glauques : Kana a réussi, avec moins de sorties à proposer lui aussi une offre riche et variée en 2019, pour les béotiens comme pour les connaisseurs… espérons une année 2020 aussi solide et intéressante !

 

Delcourt/Tonkam : de l’amour (mais pas que)

Chez Delcourt/Tonkam, on avait envie de terminer la décennie sur une grosse dose d’amour. C’est en tout cas l’impression qui ressort de leurs 12 nouveautés de l’année, où l’on peut trouver six mangas sur ce thème universel.

La moitié de leur lancements est donc basée sur le plus beau sentiment du monde, avec notamment le recueil d’histoires touchantes Mermaid Prince, la romance au pitch étonnant sur les relations hommes/femmes Switch Love, la comédie qui se joue des apparences Honey Come Honey, l’isekai marital A Fantasy Lazy Life et les dramédies familiales Frère a Louer et Une Drôle de Famille.

Dans la même veine que A Fantasy Lazy Life, on a pu tester l’isekai d’un duo fait pour se détester dans Raisekamika, le shônen français et français Lil’Berry et la traque de tableaux maudits par une œuvre vivante dans La Malédiction de Loki.

On continue avec deux petits thrillers torturés et violents qui veulent vous retourner le cerveau et les tripes : Ice Pig, qui nous parle de trafic d’organes, et Sacrificial Vote, un héritier de King’s Game avec une classe de lycée qui va s’entre-déchirer par la faute d’un étrange jeu mobile. Tout un programme plutôt sanglant et sombre, donc… Et pour ne pas seulement se divertir mais aussi s’instruire, on s’est cultivé avec le premier tome d’Empereur du Japon, un manga biographique qui retrace en dessin la vie de l’Empereur Hirohito (ou Empereur Showa sous son titre impérial) et sur les nombreuses étapes qui ont jalonné son règne.

Un éditeur plutôt shôjo seinen, donc, avec peut-être un retour du shônen en 2020 ? Un choix qui n’empêche pas de proposer des titres dont les thématiques suivent les tendances d’hier et d’aujourdhui, du survival game, à l’isekai ou qui aime parler d’amour en tout genre, romantique ou familial.

 

Soleil Manga, du typique au programme ?

Le petit frère de Delcourt/Tonkam n’est pas resté sur le bord de la route en 2019. L’éditeur a rempli ses collections avec des titres convenus mais efficaces afin de continuer à satisfaire son lectorat. 

Pour étendre l’expérience unique qu’est Prison School, on a pu feuilleter le one-shot Prison School – Les Dessous du Meiko, qui se consacre à ce personnage qui a révolutionné le traditionnel quiproquo ecchi. À l’opposé complet, c’est Teacher Killer qui nous a entraînés dans le projet violent d’un professeur qui est aussi un tueur de tueurs (une sorte de Dexter, en somme), qui recrute une de ses élèves dans ses escapades meurtrières.

Loin de l’humour grivois et du thriller sanguinolent, le public français a pu rencontrer un dragon connecté à Stéphane Plaza. Oui, le Stéphane Plaza, avec Jeune Dragon Recherche Appartement ou Donjon, une comédie de fantasy vraiment absurde. La fantasy est prise aussi à revers par L’Imprimerie des Sorcières, un isekai littéraire sur une jeune fille qui arrive dans un monde de sorcellerie ou elle va prendre le rôle d’éditrice de livres magiques.

Figure adulée depuis des décennies, le vampire s’est retrouvé dans deux titres Gothiques de Soleil Manga avec Chocolate Vampire, le duo d’une humaine et d’un vampire qui traque ceux qui partent dans une quête de vengeance et Lady Vampire, le récit d’une jeune femme qui se fait mordre et se retrouve forcée de vivre avec le vampire qui l’a transformé. La sorcière n’est pas en reste mais plus discrète avec le feel-good Sorcières en Formation.

Niveau shôjo, qui est la collection la plus fournie cette année, 5 titres plus matures sur des romances de jeunes adultes avec Come to Me Wedding, Love and Retry, The World’s Best Boyfriend, Mon Homme à Tout Faire et le recueil d’histoires (relativement) torrides Secret Desire Stories.

Sous le Soleil, on pouvait étonnamment trouver des ours polaires et des phoques dans A Polar Bear In Love, et un one-shot sur la race de chien la plus célèbre du Japon avec Un Shiba en Plus ; deux titres de leur collection Pets.

Soleil Manga ne cherche pas forcément à surprendre avec ses nouveautés de 2019, mais il reste fidèle à lui-même et a ses diverses collections existantes depuis quelques années, et a sans doute contenté les amateurs et amatrices de ces genres en vogue, avec sa nouvelle collection fantasy, par exemple !

 

Les Ferrys ambitieux

Ototo, l’heure de grandir ?

Avec le retour progressif de la branche dédiée à l’art du hentai, Ototo a réalisé une année 2019 solide pour la maison d’édition. L’éditeur continue sa petite r()évolution avec 27 nouveautés (sans compter les hentais).

En 2019, la grande famille d’Ototo, composé d’Ototo (logiquement), Taifu et Ofelbe s’est agrandie avec la naissance de Niho Niba, un label dédié aux hentais ! Cette dizaine de titre est donc une partie des nouveautés de la maison, avec une nouvelle mascotte toute mignonne appelée Yum. Niho Niba a lancé précisément 10 one-shots hentais, dont on ne peut même pas vous montrer les couvertures ici (trop explicites) mais que l’on vous laisse découvrir sur leur site web.

Dans les nouveautés d’Ototo, on a pu retourner dans le monde virtuel de Gun Gale Online avec le spin-off Sword Art Online Alternative GGO, continuer l’engouement de la Coupe du Monde de Football Féminine avec Mai Ball, suivre la nouvelle vie humaine d’un dragon dans Goodbye Dragon Life, gratter le vernis d’un monde trop idyllique dans Un Monde Transformé ou encore reprendre les armes avec le chevalier retraité et son acolyte sorcière dans It’s My Life.

Il était aussi possible de feuilleter les pages du prétendu héritier de Hunter x Hunter avec Ultramarine Magmell, suivre les médiations complexes et mystiques de Mythical Beast Investigator, comprendre avec son héros le sens de ces graines qui causent tant de problèmes dans Graineliers et revenir au début de l’aventure magique de The Irregular at Magic High School – Enrolêment.

Chez Taifu, la branche qui accueille les sorties yuri et yaoi, l’année a été assez chargée, surtout du côté yaoi : 3 nouveaux yuri et 15 nouveaux yaoi. Côté yuri, on a pu vite lire la suite de Citrus (qui s’est terminée aussi en 2019) avec Citrus +, la romance lycéenne de Kase-san – Les Belles du Jour et la découverte de sa sexualité pour extirper la frustration urbaine dans Octave. Du côté BL de la frontière, le bilan est de 4 nouvelles séries accompagnées de 11 one-shots. L’amour secret entre un travesti et un yakuza dans Moon and Sun, le (littéralement) démoniaque MADK, une nouvelle vie vampirique dans Good Bye, Red Beryl et une version BL de Fruits Basket dans la trilogie Zodiac Love !

2019 a été une nouvelle année de lancements, avec beaucoup de one-shot mais tout de même, sur des thématiques fantastique / fantasy ou yaoi /yuri qu’ils connaissent bien. A eux de les faire désormais grandir pour continuer à réussir !

 

Kurokawa, une quatorzième et belle année

Alors qu’il fête cette année son quinzième anniversaire, Kurokawa a vécu une belle et grande année 2019 avec 20 nouveautés et surtout deux nouvelles collections qui ont fait pas mal de bruit dans le petit monde du manga :  Kurotsume et Kurosavoir !

Avant même de parler des nouveaux shônens, shôjos, seinens et autres, et après le lancement de la colelction Kuropop en 2018, commençons donc par la collection Kuro Savoir, La Connaissance en Mangas. Une série d’adaptations d’œuvres majeurs de la littérature et de la philosophie avec notamment Le Capital de Karl MARX, Crime et Châtiments de Fiodr DOSTOIEVSKI, Ainsi Parlait Zarathoustra de Friedrich NIETZSCHE entre autres.

En relation avec les créateurs de figurines collectors Tsume-Art, Kurokawa a aussi lancé une seconde nouvelle collection qui s’appelle KuroTsume ! Cette collection franco-française a lancé ses deux premiers titres fin 2019 avec Ragnafall et Imperium Circus.

Aux côtés de ces deux collections, Kurokawa n’a pas chômé avec des spin-offs et des suites comme Blue Eyes Sword, spin-off mais aussi suite du shônen sanguinolent Red Eyes Sword, Goblin Slayer Year One, le prequel des aventures du Crève-Gobelins, le seinen de ninja Basilisk – The Oka Ninja Scrolls, suite du manga Basilisk que l’on a déjà pu visionner en animé chez Crunchyroll ou encore la sixième saison (oui, déjà la sixième saison, courage a ceux qui n’en manque pas un numéro) du manga culte de boxe Ippo !

Dans les nouveaux mangas originaux, on a pu feuilleter les premiers tomes de l’excellente (pour certains, la meilleur de l’année !) romance lycéenne Blue Flag, le thriller famille VS Yakuza My Home Hero recommandé par Maxime CHATTAM (une référence du roman-thriller américain, vous connaissez sans doute ?), le shônen ésotérique Kemono Incidents qui va être adapté en animé en 2020 d’ailleurs, l’histoire glauque des sorcières contemporaines avec Helvetica (terminée en 4 tomes), l’autre histoire de shinobi avec le sombre Shinobi Gataki et le one-shot épique au cœur de la Chine médiévale Bounder !

Pour boucler la boucle, Kurokawa s’est attelé à nous faire explorer toujours plus loin l’univers manga de l’un des jeux les plus célèbres de l’histoire : Pokemon ! Entre la biographie en manga du créateur de la saga, l’adaptation des films d’animation Pokemon – Je Te Choisis et Pokemon – Le Pouvoir Est En Nous et le diptyque Pokemon Horizon. SI Pokemon Épée et Bouclier sur Switch vous manque déjà, l’aventure dans le monde des mignonnes créatures est loin d’être finie !

En 2019, Kurokawa tentent donc de nouvelles aventures comme le manga français ou le manga pédagogique, tout en s’appuyant sur des valeurs sures comme leur licence Pokémon ou le manga de Samouraï, la fantasy ou le thriller. Une offre équilibrée, toujours finement sélectionnée et qui cherche à se renouveler !

 

Glénat, du mignon et du furyo !

L’éditeur de One Piece et Dragon Ball a évidemment profité de ses licences phares, mais aussi introduire des mangas – soit plus doux, soit plus cogneurs – dans son catalogue. Pour un total de 11 nouveautés !

Vous le savez probablement : Glénat édite Dragon Ball et One Piece (entre autres), l’occasion d’un spin-off comique et absurde avec DB Extra : Comment Je Me Suis Réincarné en Yamcha, un isekai ou un homme normal atterrit dans la peau de notre pauvre Yamcha… Accompagné de One Piece Doors, un must-have pour les fans de Luffy où l’on peut profiter dune compilation des dessins de transition de chapitres d’Eiichiro ODA.

Du OP et du DB, donc, mais Glénat ne s’est pas contenté de ces licences extrêmement rentables et a misé sur des nouveautés très différentes les unes des autres. Ayant fait pas mal de bruit en 2019, le public français a pu lire les premiers tomes de Tokyo Revengers, un furyo vengeur et temporel. Humanitas, un one-shot anthologique sur les vies de combats de plusieurs personnages au travers de l’histoire, le diptyque Blue Phobia, un thriller de SF sur une maladie lié a la couleur bleue et le mélancolique et sombre Ballad Opera sur un jeune homme qui se retrouve dans le rôle d’un Shinigami (Ange de la mort).

Dans le côté plus mignon, on a pu savourer les nouvelles aventures du plus célèbre chaton du Japon avec Chi – Mon Mignon Chaton, le shônen enchanteur et voyageur Ariadne, L’Empire Céleste, le voyage plein de curiosité et d’humour d’une jeune japonaise qui veut rejoindre la France inconnu au cœur du XVIIIe siècle avec La Lanterne de Nyx et la trilogie sur l’alien aux questionnements très humains avec Le Dilemme de Toki. Bouclons la boucle en revenant sur une autre licence de fond de catalogue de l’éditeur avec la réédition couleur du classique Urusei Yatsura !

Glénat n’a pas clairement pas été l’éditeur le plus innovant en 2019, loin de là, mais peut rester serein grâce à ses blockbusters Dragon Ball et One Piece ou des adaptations cinéma comme celle de Gunnm et se contenter (pour le moment !) de quelques coups lancements originaux.

 

Ki-oon, l’outsider de choc 

Des noms flamboyants et attendus par le public français : à la table des éditeurs, Ki-oon fait maintenant partie des noms qui comptent dans le monde de l’édition manga en France, et l’année 2019 le confirme avec 16 nouveautés !

Jetons-nous directement dans le bain avec les mangas majeurs que Ki-oon a eu l’honneur de publier avec leur logo sur la couverture : on a enfin pu mettre la main sur le fameux Beastars de Paru Itagaki, l’œuvre anthropomorphe multi-récompensé au Japon, qui a reçu un excellent accueil du public français et dont on vous a souvent parlé dans nos colonnes. On a retrouvé ce cher détective hors-norme de Ryo Saeba dans City Hunter Rebirth, la fausse suite de City Hunter du grand Tsukasa HOJO. L’exubérant Hiroya OKU est lui aussi de retour (peu de temps après Inuyashiki, déjà chez Ki-oon) avec son titanesque et surprenant Gigant !

On a pu vivre un retour, mais dans le temps celui-là, avec Barrage, une oeuvre de jeunesse de Kohei HORIKOSHI, le mangaka de My Hero Academia. La vengeance surnaturelle d’un frère pour son jumeau était au programme dans Echoes, le nouveau Kei SANBE (Erased) et le nouveau thriller anxiogène et étouffant de Shuzo OSHIMI, Les Liens du Sang, nous a glacé le sang toute l’année !

Pour rester en famille mais plus paisiblement, on pouvait lire le diptyque d’une romance complexe et âgée dans Les Temps Retrouvés, crapahuter dans une Japon devenue terre d’accueil d’un bestiaire incroyable et mortel dans Tsugumi Project, être happé par les combats dantesques entre humains et divinités de Valkyrie Apocalypse, découvrir l’alliance unique entre un démon et la mafia dans Dead Mount Death Play.

Dans les autres titres, vous avez sans douté été séduit (et amusé) par la rencontre générationnelle autour du boy’s love dans BL Métamorphose, suivre les journées chargées de la gouvernante Shirley (parce que Kaoru MORI) se plonger dans le monde de la création avec la trilogie Histoires Sans Fin et lire l’ode magique à la littérature de Magus of the Library. N’oubliez pas d’ajouter à ce large menu les deux one-shots Dans L’Abime du Temps et Mirage d’Emanon qui ont vocation à suivre deux œuvres initiées les années précédentes : celle du personnage mystérieux Emanon, et du célèbre écrivain H.P. Lovecraft.

Consacré aux jeux vidéo et aux mangas qui vont avec, on évoquera aussi l’éditeur petit-frère  Mana Books, qui a lancé sur le sol français en 2019 trois adaptations de jeux vidéo : les épisodes 3 et 5 de la légendaire saga de JRPG Persona, et les quatre tomes de l’adaptation de l’excellent visual novel Danganronpa. Mais le titre le plus important de l’année pour la filière, c’est Hi Score Girl, la comédie romantique et vidéoludique dans les années 80, a l’origine de l’animé à succès diffusée sur Netflix !

Mais même sans compter sur Mana Books, Ki-oon s’impose, d’année en année, comme un éditeur majeur capable d’accueillir des titres de tous horizons. Et l’année 2020 risque d’être encore plus intense, avec déjà 2 mangas du Weekly Shônen Jump au premier semestre : Jujutsu Kaisen et Act-Age

 

Kazé, une année calme

L’éditeur Kazé n’a pas trop voulu jouer la carte de la nouveauté en 2019, en limitant les lancements. En cumulant Kazé et sa filière Asuka, c’est un maigre total de 4 nouvelles licences…

Parmi les gros titres de chez Kazé, on retrouve le shônen à succès Black Clover qui s’est étendu en 2019 avec Black Clover Quartet Knights. Ce spin-off est une adaptation de l’histoire du jeu vidéo tiré du manga de Yuki TABATA, avec un Yami revenu adolescent et un Asta toujours aussi héroïque et criard !

Si au bout d’un combat trop violent, ils se retrouvent blessés, ils pourraient atterrir dans le lit d’hôpital de Check Me Up, une comédie romantique hospitalière. Sinon, peut-être constateront-ils leur « immortalité », comme le héros de Hell’s Paradise. Et si Asta manque de cynisme et d’aigreur, il pourra lire les premiers tomes de Jagaaan, le manga fantastique trash et satirique, digne héritier de Gantz.

Asuka, qui est devenu une branche entièrement consacrée au boy’s love, n’a rien de publié de nouveau sur l’exercice 2019. Kazé s’est fait petit en 2019, pour peut-être nous préparer une année 2020 dantesque ou juste se concentrer sur le succès de The Promised Neverland en 2018 ? Qui sait…

 

Akata, l’engagement papier et numérique

Pour sa huitième année d’existence en indépendant, Akata a terminé la décennie comme il l’a toujours fait : par la publication de titres aux thématiques matures et engagés. Et en 2019, c’est 25 nouveaux titres qui ont pu arriver dans nos bibliothèques, dont 5 uniquement en numérique !

En 2019, Akata a su nous faire voguer de genre en genre, en gardant comme ligne directrice cette volonté de parler des sujets forts de notre époque. Que ce soit le féminisme, le sexisme, la transsexualité, l’homosexualité et le rapport aux autres, c’est tout un programme fort intéressant !

En commençant par l’œuvre de Franz KAFKA revisité à la sauce manga par l’auteur de Ladyboy VS Yakuzas avec La Métamorphose, le bel âge face à la jeunesse dans La Vie Devant Toi,  l’œuvre autobiographique Adieu, Mon Utérus sur le combat de son auteure face au cancer, la romance lycéenne et dictée Stand By Me Love Letter, l’amour interdit face à la société japonaise des années 1920 dans Sous La Lune de Taisho, et le regard d’un chat sur une famille japonaise dans Avec Toi : Akata n’a pas lésiné sur les one-shots en 2019 !

Hors de ces récits courts, Akata a aussi lancé des comédies très diverses dans leurs tons : la comédie légère et drôle My Fair Honey, accompagné d’œuvres plus tordues et violentes comme la comédie noire sur les limites de l’amour Aime Ton Prochain, la réunion des fétichistes de Freaks Café, le délire brutal de Mitochon Armageddon et la mutation unique d’un pâtissier en pleine découverte de l’amour dans Gereksiz.

En romance, Akata nous a proposé l’œuvre feel-good Ces Nuances entre Nous, le diptyque générationnel Entre Deux, le tabou de l’inceste dans Tant Que Nous Serons Ensemble, ou l’amour au travers des genres dans Bless You. Des œuvres positives, avec en filigrane des réflexions sur la différence et les apparences chers à l’éditeur, tout comme le cheminement personnel vers la transsexualité de Celle Que Je Suis. Vous pouviez aussi choisir la romance chevaleresque de Duellistes – Knight of the Flowers ou la romance sociale en pleine science-fiction de Kanon Au Bout du Monde, être glacé par le thriller adolescent Himizu ou ému par l’amitié entre une Chinoise et un Japonais à l’aube de la guerre dans Un Pont Entre les Étoiles.

Comme peu d’éditeurs, Akata mise beaucoup sur le numérique (pour tester le potentiel de leurs nouveautés à moindre coût) en sortant le spin-off Magical Girl Site Sept, les romances matures Back To You et Switch Me On, la découverte de l’homosexualité d’un adolescent rêveur dans Our Colorful Days ou encore le combat d’une handisportive dans Running Girl.

Que ce soit en papier ou sur écran, Akata a réussi une année 2019 intense avec beaucoup de nouveautés originales, et souvent riches en émotions ou convictions !

 

IDP, le fer de lance du manga sexy ?

Porté par le succès du seinen phénomène Kingdom, Meian a proposé peu de nouveautés en son sein, seulement cinq… Si l’on ne compte pas les nouveautés de Boy’s Love et Hot Manga, parce que là, les chiffres s’affolent ! 

IDP est divisé en trois branches : Meian qui couvre les mangas « classiques », Hot Manga qui gère les hentais et Boy’s Love qui gère les yaoi. Et en 2019, Meian, habitué à publier peu mais bien chaque année, a accueilli en sa demeure les mangas Jormungand, l’œuvre sur la vente d’armes déjà adapté en animé, le récit militaire inspiré du XXe siècle Baltzar, La Guerre dans le Sang, le seinen des assassins du shogun Ieyasu TOKUGAWA dans Les 7 Ninjas d’Efu ou encore les coffrets d’Ares et de The Swordsman.

Mais à côté de ces quelques titres, on retrouve les 29 one-shots et les six nouvelles séries de Boy’s Love. Plus de 35 histoires différentes qui nous parlent toutes d’amour entre hommes, et qui fait de l’éditeur le fer de lance du genre dans l’hexagone !

Que ce soit le hentai ou le yaoi, ce ne sont pas des genres enclins à lancer de longues séries. Pour son retour en force après des débuts discrets, Hot Manga a ramené sur le sol français 17 hentais, tous des one-shots évidemment.

En plus des titres dits « classiques » de Meian qui sont plus ou moins visibles dans la pléthore actuelle, IDP est surtout la maison d’édition la plus chaude de France, en nombre de lancements, et même s’il se fait plus discret sur cette thématique parfois polémique. Mais les labels Meian et Hot Manga sont encore assez jeunes, nous verrons bien vers quel équilibre se tourne IDP dans la prochaine décennie !

 

Les jolis Voiliers

Doki-Doki, au cœur du manga

En 2019, Doki-Doki s’est évertué à faire vibrer nos cœurs de fans de mangas avec un petit panier de 9 nouveautés pleines d’action, de fantasy, d’humour et de mignonnerie !

Avec une majorité de titres épiques et joyeux et deux œuvres plus sombres, l’éditeur Doki-Doki s’est fait une année 2019 de qualité, qui n’a pas sorti de titres avec des noms prestigieux, mais avec des thématiques tendances et funs !

Pas de noms connus, excepté peut-être celui de Goro TANIGUCHI, le créateur de l’animé Code Geass, qui est au poste de scénariste sur la comédie de SF Atrail. Sinon, on a pu découvrir le nouvel emploi très spirituel de l’héroine de Mes Voisins Les Esprits, un héros de retour sur le banc de l’école dans Classroom for Heroes, et les aventures magiques de Roxy dans le spin-off Mushoku Tensei – Les Aventures de Roxy.

On a aussi pu apprécier (ou pas !) les jeux de mots très français de la comédie Félin Pour l’Autre, ou encore le mélange d’humour et de fantastique avec le rapport passionnel entre une elfe et les frites dans Cinquante Nuances de Gras, l’aventure chevaleresque et contre les conventions de Freya – L’Ombre du Prince, les ninjas contre les divinités dans Buchimaru Chaos et l’enquête sinueuse d’une lycéenne de retour dans sa ville natale dans Strange Fruit.

Avec son mélange de manga décalés et de suivi des tendances du moment du manga d’action et d’aventure, Doki-Doki a connu une année 2019 dans ses habitudes avec des séries intéressantes et majoritairement courtes !

 

Komikku, au cœur de la tempête

2019 n’a pas été la plus heureuse des années pour Komikku. Une fin de décennie en forme de galères financières et de nouveaux titres qui ne prennent pas auprès du public. Un message alarmant sur leurs réseaux sociaux, la fermeture de leur librairie dédiée à Paris : de difficulté en difficulté, la maison d’édition n’a pas lâché la barre et a tenu le cap avec neuf nouveaux titres !

Dans ces neuf nouveautés, on a pu lire trois one-shots : Kiriko Kill, la suite du one-shot vengeur et horrifique Kiriko sorti en 2014 ; Le Patron Est Une Copine, une comédie anthropomorphe sur le travestissement imaginé par NAGABE, l’auteur de L’Enfant et le Maudit ; et l’anthologie Instants d’Après, un recueil d’histoires courtes sur notre rapport à la technologie de Daisuke IMAI.

Dans les six autres nouveautés, Komikku a amené en France des œuvres fantastiques et matures comme la « saison 2 » de L’île Infernale, suite du premier succès de Komikku en 2012, puis la romance aérienne Blue Thermal, les traques de livres mortels dans Le Livre des Démons, les aventures vétérinaires et surnaturelles de Créatures Fantastiques. Mais aussi  et enfin des shônens plus légers comme l’isekai (il en fallait bien un, quand même) Noble New Adventures, et la comédie sur la garde d’une divinité dans Divine Meteor.

Komikku va devoir continuer à miser sur de nouveaux titres pour tenter de garder la tête hors de l’eau, pour peu qu’ils rencontrent leurs publics…réponse en 2020 !

 

Vega, place à la nouveauté !

Petit éditeur qui est en train de faire son trou dans le manga seinen en France, Vega nous a offert une année 2019 qui était fixé sur la nouveauté avant tout. Sur les 12 opus sortis sur l’exercice passée, neuf sont des nouveautés !

Pour sa troisième année d’existence, la toute jeune maison d’édition Vega s’est habilement servi des 365 jours passés pour se forger un vrai catalogue de mangas seinen. Et on y retrouve quelques jolis noms en plus !

On a pu notamment s’attacher au duo père/fille de Kakushigoto, le nouveau manga de Koji Yumeta (Sayonara Zetsubou Sensei), qui va très bientôt être adapté en animé au Japon, monter sur Le Bateau de Thésée, le polar à succès du magazine japonais Morning, revivre la chasse aux sorcières hollywoodienne dans The Red Rat In Hollywood, ou encore les péripéties comiques d’un garçon zombie dans Zozo Zombie.

Il était également question de se plonger dans les affres de la conception du saké avec Natsuko No Sake, de prendre la route 66 d’une Amérique dévastée dans le trash Bandit 7, de se plonger dans les souvenirs de l’auteur de Journal d’Une Vie Tranquille, vivre les combats du tokukatsu historique Kamuya Ride d’Hisa MASATO (auteur d’Area 51 et Nobunagun) et  de retrouver Yuki KODAMA (auteur de Kids On The Slope) aux commandes du one-shot Chiisako Garden un recueil de cinq histoires sur la relation entre un Chiisako (une petite créature féerique) et les humains.

Dans l’optique de montrer la diversité du seinen, Vega est paré pour se lancer dans sa première décennie complète. Et il l’a attaqué 2020 sur les chapeaux de roues avec l’attendu Birdmen

 

Black Box, la demeure de l’old school

Spécialisé dans la réédition de mangas anciens ou jamais sortis en France, Black Box a ramené dans sa besace des petites pépites de toutes les époques, et dans des versions collectors !

Éditeur particulier dans le paysage manga français (par sa méthode de financement et sa politique éditoriale), Black Box continue de faire découvrir des titres d’un ancien temps dans des versions restaurés. Et en 2019, ce sont 14 nouveautés que le public a pu lire avec notamment 6 one-shots et 8 petites séries !

Dans les one-shots, on a pu notamment lire la romance lycéenne Mes Tendres Années, les débuts cinématographiques d’une jeune femme capable de devenir une kaiju dans Monster Kinematograph, le recueil d’aventures étonnantes d’Histoires Courtes de Rem Sakakibara, le départ d’un jeune homme pour devenir scénariste dans L’Avenir Nous Appartient, la passion de la photographie animalière dans Mon Instant d’Éternité, et l’enquête troublante d’une scientifique face aux origines du monde dans Kamunabi.

En série, les lecteurs et lectrices se sont aventurés dans le futur catastrophique de Moon Lost, la carrière flamboyante du Petit Chef, le combat d’un soldat surhumain face à une immense organisation dans Ragnarok Gai, la quête d’un père pour retrouver sa fille unique dans Ces Jours d’Allégresse, la mission d’un agent de probation face à un jeune criminel dans A Mon Très Cher M, la double vie vampirique d’un joueur de baseball pro dans Cura, le recueil d’histoire sur le rapport entre l’animal et l’humain dans Noah’s Ark et le hentai torride La Blue Girl !

En 2019, Black Box à respecté sa ligne éditoriale avec plein de titres de toutes les époques du manga, des années 80 à 2015, et souvent atypiques !

 

Casterman, à l’équilibre entre Japon, Chine et France

En 2019, Casterman, éditeur historique de BD, a réussi un calcul parfait en termes de nouveautés : 8 nouveautés, 4 one-shots, 4 séries ! L’équilibre, je vous l’ai dit, mais surtout l’éclectisme !

Avec des titres discrets et méconnus mais aussi des noms prestigieux, Casterman se place comme un acteur discret mais toujours intéressant du manga en France. Son année 2019 se résume par un mix entre manga, manhwa et global manga (le terme technique du manga français).

Dans les one-shots, on a pu se laisser glisser dans le Paris curieux et fantaisiste de Rêveries, l’histoire bretonne de Anne de Bretagne : Intrigues au Château, ressentir de l’intérieur la terrible occupation japonaise de la Corée durant la Seconde Guerre Mondiale dans Le Monde de Jessie, et feuilleter la lettre d’amour à nos animaux du regretté Jiro TANIGUCHI avec l’anthologie Nos Compagnons.

Mais il y aussi eu des séries comme la sanglante (et scientifique !) vengeance contre les Vampires devenus dominants sur Terre dans Soft Metal Vampire de le thriller en mode Léon de Luc BESSON (mais dans des rôles inversés) avec Candy et Cigarettes, la libération de l’oppression par le ciel dans Sky Wars et le voyage candide et déjanté du duo de Quenotte et le Monde Fantastique.

Équilibré dans les chiffres mais éclectique dans les œuvres, Casterman ne mise pas sur les genres en vogue et préfère se démarquer tranquillement. Et il va sûrement continuer dans cette nouvelle décennie…

 

Le Lézard Noir, les one-shots dans la tête

Éditeur exigeant, Le Lézard Noir propose, depuis 2014, des nouveautés particulières, plus graphique et sombre que ses congénères. Des œuvres artistiques qui prennent souvent la forme de one-shot, comme les 6 one-shots inédits de 2019 qui ont accompagnés tout de même deux petites séries.

Comme les années précédentes, Le Lézard Noir ne veut pas faire comme les autres, et privilégie le peu pour mieux tirer des titres qui ont quelque chose à dire.

Sur l’exercice passée, le lecteurs ont pu tester l’adaptation en manga du film L’île Aux Chiens de Wes ANDERSON, être amusé par l’amour adolescent et bossu de Tongari Thanatos, illustrer les angoisses de la vie avec l’anthologie Eisbanh – Sentiers Verglacés, être horrifié par les œuvres du maitre de l’Ero-Guro Suehiro MARUO, Docteur Inugami et Gichi Gichi Kid, et s’aventurer dans Nagasaki, l’adaptation du roman français récompensé d’Eric FAYE illustrée par Agnès HOSTACHE.

A côté de ces tomes uniques, une nouvelle adaptation des Fleurs du Mal (terminée en deux tomes) et le polar sobre Zenkamono – Repris de Justice sont venus jouer les rôles de séries.

Destiné à un public plus mature et connaisseur, Le Lézard Noir sait mettre en avant des titres uniques, et l’année 2020 sera sans doute sur le même ton !

 

Panini Comics, l’année de la renaissance ?

Demon Slayer

En 2019, Panini Comics n’a même pas sortie une nouveauté. Ou pour être précis, sa seule nouveauté est le retour d’un manga dont la publication avait déjà commencé, mais qui s’était vu stoppée. Ce manga est devenu LE nom le plus entendu dans le monde du manga et de l’animation, et c’est Demon Slayer (alias Kimetsu No Yaiba) !

Après l’énorme succès de l’adaptation animé disponible sur Wakanim, Panini a su surfer sur la vague et se relancer avec la licence ! L’éditeur va devoir continuer à user intelligemment de cette locomotive qu’est Demon Slayer pour relancer ses séries en pause (Tokyo ESP, Trinity Seven…) et nous proposer des nouveautés !

 

2019, une publication diversifiée

En arrivant au bout de ce bilan des nouveautés mangas, le premier constat est que 2019 n’est pas une année de gros blockbusters ! Beaucoup de succès critiques et publics comme Beastars et Blue Flag étaient bien là, la relance de Demon Slayer n’est pas passé inaperçue, mais pas de mega-hit comme Promised Neverland ou My Hero Academia. La tendance de l’isekai est toujours aussi importante, mais elle ne semble pas grignoter la place des autres genres, que ce soit les nombreuses romances, matures ou adolescentes, des seinens aux thématiques très diverses et même des titres atypiques qui ont trouvé un certain écho en France.

Certains éditeurs historiques se sont offerts une année « plus calme » comme Glénat et Kazé (et d’autres n’ont malheureusement pas eu le choix, comme Komikku) mais pour plusieurs, 2019 fut l’occasion de lancer de nouvelles collections ou d’étoffer celles lancées il y a peu, tentant de profiter à plein du rebond des ventes de manga qui dure depuis quelques années.

Car au-delà de la grande variété de choix de nouveaux mangas en France en 2019 dont on peut se réjouir, il sera bientôt l’heure de savoir si ces lignes éditoriales ont portées leurs fruits ou non. Tout ceci est à lire dans le futur bilan des ventes 2019, qui arrive en avril sur Journal du Japon !

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1 réponse

  1. Maneki dit :

    Comme tous les ans, c’est un plaisir de retrouver ce (début de) bilan !! Et force est de constater que, comme d’habitude, plusieurs titres sont passés sous le radar ^^ » Merci donc de me permettre de me rattraper ! Vivement la suite, à bientôt 🙂

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