Final Fantasy VII Remake : Le retour de la Légende

23 ans après le premier opus, et une attente certaine par de nombreux fans, Final Fantasy VII Remake pointe enfin aujourd’hui le bout de son nez sur Playsation 4. Final Fantasy VII est un de ces jeux qui a su, à sa sortie, marquer littéralement les esprits et l’histoire de la pop-culture de son empreinte maintenant indélébile. Joueurs de la première heure ou nouveau joueur, il est maintenant temps de se replonger dans cet univers, de découvrir ou redécouvrir cette œuvre unique.

Alors, Remake réussi ? Réponse dans ce test.

 

L’histoire d’une légende

En 1997, Final Fantasy est un nom qui parle déjà à beaucoup de joueurs, six épisodes sont alors déjà sorti, sur NES et Super Nintendo, jusqu’alors exclusif à Nintendo. C’est cette année là, que Square sort Final Fantasy VII, septième épisode d’une saga déjà populaire, mais encore jamais arrivé en Europe. Il sera le premier. Cet épisode marque un tournant pour la franchise, et ce pour de multiples raisons.

En effet Sony, en 1995, entre dans le monde du jeu-vidéo avec sa toute première console, la Playstation 1. Sa puissance et son support CD font d’elle un choix évident pour beaucoup de développeur. Square en fait parti. Final Fantasy VII marque la fin de l’ère Nintendo de la saga pour faire place à celle de Sony et de sa Playstation. Le jeu marque aussi l’arriver de la 3D, une grosse révolution pour une série qui n’a connu que la 2D, et qui tient encore une place dominante dans les jeux vidéo, même si Alone in the Dark à ouvert là voie à la 3D vidéo-ludique. Toutes ces nouveautés font monter la curiosité parmi les fans. On retrouve Yoshinori KITASE à la réalisation et au scénario et Testuya NOMURA au character design, qui se fait remarqué pour le côté punk de ses personnages, une rupture avec les itérations précédentes.

FF VII, pour les intimes, met en scène Cloud Strife, un ancien SOLDAT, corps d’élite de la société Shinra. Devenu mercenaire, il accompagne le groupe Avalanche, des éco-terroristes projetant de détruire les réacteurs de la Shinra dans le but de sauver la planète d’un désastre écologique inévitable. En effet, la société Shinra exploite le Mako, l’énergie de la terre. Le début de l’histoire se déroule dans la cité de Midgard, une immense ville divisée en deux : en bas, les bidonvilles, les classes les plus pauvres, et en haut, séparés par un disque de métal, les classes les plus riches. La lutte contre le bien et le mal, la lumière et l’obscurité est un des thèmes récurrents de la saga. Ici la nouveauté c’est cette frontière mince qui s’établit entre les deux, proposant de faire du mal pour faire le bien.

Final Fantasy VII Original

A sa sortie, le jeu comprend pas moins de 3CD, et il fait entrer les cinématiques au sein de sa narration pour une expérience cinématographique inouïe. Cet opus, premier à être importé en Europe, devient alors très vite une référence du genre J-RPG et permet même de le populariser dans le reste du monde. Cela ouvre alors la voie à bien d’autres productions.

Côté musique nous retrouvons les arrangements de Nobuo UEMATSU, déjà à l’oeuvre dans les précédents opus de la série. Les musiques sont marquantes, elles montent en puissance quand il faut, et redeviennent douce… Elles s’adaptent selon le contexte et ont leur part dans l’entrée au panthéon des jeux vidéo  : tout joueur se souvient de « One Winged Angel » pour sa puissance ou encore le thème de Aerith pour sa mélancolie.

Quelques années après le succès retentissant de Final Fantasy VII dans le monde, Square, devenu alors Square Enix suite à sa fusion avec Enix, développeurs de Dragon Quest, continue de développer son univers avec le jeu Final Fantasy VII : Before Crisis, un jeu sorti exclusivement sur téléphone mobile en 2004 ; racontant le passé des Turks, le secteur d’investigation du département des affaires générales de la Shinra. L’épisode ne sort pas des frontières japonaises et n’en sortira d’ailleurs jamais. Il se déroule 6 ans avant l’épisode original.

Pendant le développement de Before Crisis, un an après Final Fantasy X-2, Square Enix se met dans la tête de développer un jeu de tir à la troisième personne dans l’univers de Final Fantasy. C’est ainsi que naquit Final Fantasy VII : Dirge of Cerberus, sorti en 2006, un jeu centré sur le personnage de Vincent Valentine. Le personnage, optionnel dans Final Fantasy VII a en effet un fort potentiel qui mérite d’être développé. Hélas, mal mis en œuvre, et malgré la touche nostalgique qu’il peut apporter, le jeu n’est pas une franche réussite. Les décors sont vides, le gameplay n’existe que pour avancer et tirer sur des ennemis, l’IA est peu crédible et le tout est très répétitif. D’autant qu’un certain Devil May Cry était sorti quelques années auparavant et un effet de comparaison inévitable a lieu, en défaveur de Cerberus. Malgré cela Dirge of Cerberus donne naissance au Projet « Compilation of Final Fantasy VII » regroupant les jeux de l’univers Final Fantasy VII, dont le nouveau projet Crisis Core qui fera parler de lui.

Final fantasy VII : Crisis Core

En effet, Final Fantasy VII : Crisis Core, sorti exclusivement sur PSP est un action RPG se déroulant quelques années avant Final Fantasy VII et mettant en scène Zack Fair. Ce jeu est un véritable retour aux sources. Les fans sont comblés et découvrent alors le destin tragique de Zack et le passé de Cloud.

Beaucoup de personnages étaient alors de retour. Sephiroth, Tifa, Cloud, Reno et Rude sont de la partie, ainsi que de nouveaux personnages comme Angeal ou Genesis. Le jeu est une réussite et connaît un très bon succès commercial et critique. Dix ans après le jeu original, Final Fantasy VII continue de faire vibrer les joueurs.

L’histoire de Final Fantasy VII aurait pu s’arrêter là, oui, mais voilà qu’à l’E3 2005, pour vanter la puissance de la Playstation 3, Square Enix dévoile une démo technique reprenant la célèbre introduction de Final Fantasy VII, dans laquelle nous voyons Aerith, plus belle que jamais ainsi que Cloud sautant du train, dans un style se rapprochant du film Final Fantasy VII Advent Children.

L’effet est immédiat, les fans veulent un remake. Les années passent et le projet n’est alors pas encore dans la tête de Square Enix qui voit pourtant l’engouement porté à un Remake. A l’E3 2015, le rêve devient réalité, Square Enix annonce officiellement Final Fantasy VII Remake.

Si vous voulez en connaître d’avantage sur l’histoire de Final Fantasy VII et de son univers, nous vous conseillons l’ouvrage La légende de Final Fantasy VII paru en 2016 chez les éditions Third ou Final Fantasy VII Ultimania publié en 2018 chez les éditions Mana Books qui vous permettrons de découvrir quelques archives et secrets de développements.

Entre nostalgie, émotions et nouveautés

Disponible depuis le 10 avril 2020, et développé par l’équipe d’origine – Yoshinori KITASE prend le rôle cette fois de producteur et Testuya NOMURA de réalisateur et toujours de character designer – c’est après cinq longues années d’attente que le premier épisode de ce Final Fantasy VII Remake, imaginé comme un jeu épisodique, nous refait découvrir le riche univers de Final Fantasy VII et plus précisément de la cité Midgar.

Le jeu inséré dans la console, la cinématique d’introduction commence et l’immersion est immédiate. Tout y est magnifié : les plans sur la ville de Midgar, plus beaux encore que la démo présentée lors de l’E3 2015, un zoom sur le visage d’Aerith, plus belle que jamais, et la musique sublimée et réarrangée du jeu original. Frissons et nostalgie garantie.

A peine le temps de se délecter de cette cinématique que vous voilà projetés directement dans l’action. Le train arrive, Cloud et ses compagnons d’Avalanche sautent de celui-ci, le combat commence.

Avalanche est un groupe d’éco-terroriste avec à sa tête Barret Wallace, dont les membres, comme dans l’original, sont composés de Jessie, Biggs, et Wedge. Ils sont toujours prêts à en découdre avec la Shinra dans le but de sauver la planète d’un cataclysme écologique sans précèdent. Testuya NOMURA toujours sur le projet en tant que chara-designer, a retravaillé les personnages afin de les rendre plus réalistes tout en restant fidèle à leur premières ébauches.

Cette entrée en matière nous permet de voir le travail effectué dans ce remake : les personnages ont une réelle personnalité, la mise en scène est travaillée avec beaucoup plus de dialogues, insufflant encore plus de vie à cet univers. Chaque personnage, qu’il soit jouable ou non possède maintenant une voix. Vous aurez d’ailleurs le choix entre l’anglais, le japonais ou le français. L’immersion ne cesse donc pas.

 

Un gameplay réussi

S’il y a bien un élément de gameplay qui a engendré le plus de débat parmi la communauté il s’agit du système de combat. Se passer du tour par tour stratégique pour quelque chose de plus moderne sans froisser les joueurs de la première heure attaché au jeu d’origine… Voilà un vrai défi. Et pourtant Square Enix a réussi cet exploit. Le gameplay est dynamique tout en restant stratégique. Nous gardons du jeu original la fameuse ATB (Active Time Battle), qui une fois remplie (quand votre personnage frappe un ennemi) permet d’actionner des compétences, des sorts, ou des objets.

Final Fantasy VII Remake - Cloud combat

Ce nouveau système permet de ne mettre aucune personnages de côté. Chacun d’entre eux possède son propre gameplay, ses faiblesses et ses forces : Tifa, en plus de sa rapidité, est très forte et inflige de lourds dégâts bruts, tandis que Barret possède beaucoup de PV (Point de vie) et encaisse bien mieux en plus de pouvoir attaquer à distance, qu’Aerith est une magicienne et que Cloud, logiquement, est assez équilibré. Il sera important de maîtriser ces différents profils en fonction des situations.

Comme nous le disions, et contrairement à Final Fantasy XV, Square Enix à su conserver une composante stratégique durant les combats. Chaque personnage posséde des compétences qui lui sont propres, des sorts qui, grâce aux matérias, pourront évoluer, et une attaque spéciale qui est disponible sans la barre ATB chargée. Quand les attaques normales infligeront peu de dégâts, alors les compétences et autres sorts en infligeront beaucoup plus. Il faudra aussi prendre connaissance des faiblesses de votre adversaire afin d’en tirer parti. En effet, les principes de fragilité et de choc font leur apparition : utiliser les failles de son adversaire fera grimper sa jauge de choc et quand celle-ci est rempli, l’adversaire s’arrête et vous pourrez vous défouler sur lui avec un bonus de dégât supplémentaire. Cela peut vous être très utile notamment sur les ennemis puissants ou les boss et surtout si vous avez le courage de vous lancer dans le mode difficile qui vous proposera un réel challenge. Il sera ainsi optimal de changer de personnage régulièrement afin de faire monter l’ATB et de profiter pleinement des différentes actions. De plus cela se fait relativement facilement puisqu’il suffit d’appuyer sur la touche « flèche du haut » pour changer de personnage.

Niveau équipement dans ce Remake, il sera possible de collecter un total de 6 armes différentes pour chacun des personnages, ces armes possédant chacune des compétences. De plus, chaque arme possède également un sphérier qui vous permettra d’en améliorer les caractéristiques et ainsi de rendre vos personnages plus forts quand l’arme est équipée. Elles possèdent chacune une ligne directrice de caractéristique : quand certaines augmenteront plus vos statistiques d’attaque physique, d’autres seront plus orientées magie ou défense. Cela permet de parfaire vos différents build et de donner aux joueurs la liberté de construire l’équipe qu’il souhaite. L’arsenal est donc beaucoup plus fourni que dans le jeu de base puisque Cloud n’obtenait une nouvelle arme qu’après l’arc de Midgar. De même que pour les invocations, qui sont également au nombre de 6, sans compter les 3 supplémentaires disponibles avec la pré-commande de la version Deluxe. Les invocations dans le jeu d’origine n’apparaissent également qu’après Midgar.

Spherie ffvii remake

Le sphérier de l’épée broyeuse

Techniquement aboutie malgré quelques défauts

Final Fantasy VII a marqué bon nombres de joueurs, de part son univers, son histoire et sa réalisation technique. Final Fantasy VII Remake a fait le choix de séparer le jeu en plusieurs épisodes pour prendre le temps d’exploiter et de développer cet univers immense. Faire un jeu complet sur un petit morceau du jeu original était osé, mais Square Enix l’a fait. Midgar, qui est au centre de ce jeu, est plus vivant que jamais, beaucoup plus de PNJ (Personnage non jouables) sont présents, avec nombre de dialogues et de détails visuel. Chaque lieu, du secteur 7 en passant par le Wall Market ou même la maison d’Aerith est revisité pour apporté plus de réalisme. Les jeux de lumières sont travaillés et les plans iconiques se succèdent.

L’église du secteur 5

On retrouve également les splendides cinématiques dont seul Square Enix a le secret. Le jeu est magnifique même s’l faut quand même lui reconnaître des défauts. Certaines textures sont juste laides pour un jeu de 2020, et on constate des problèmes de clipping assez gros par moment. On sent que tout n’a pas été travaillé à égale mesure, idem pour les PNJ qui sont inégaux visuellement – certains n’ont clairement pas le même niveau de détails que d’autres – et c’est bien dommage. On pourra aussi reprocher à certains décors d’être peut être un peu trop statiques, un inconvénient pour un jeu qui n’est qu’un long couloir. Car, oui, Square Enix a fait le choix de la narration avant celui de la liberté. C’est un choix compréhensible, mais visiter Midgar à notre convenance aurait certainement apporté un plus. Néanmoins l’intensité de l’action est telle que le jeu ne nous laisse de toute façon pas trop de répit.

Au delà du visuel, en retravaillant son écriture, Final Fantasy VII Remake se veut aussi plus touchant. L’original n’était déjà pas une histoire joyeuse, mais ce remake permet de mieux percevoir les émotions de chaque personnage. Chacun à maintenant sa propre personnalité, son caractère et on sent qu’un gros travail a été effectué car, au delà de Cloud, c’est l’histoire de chaque membre du groupe Avalanche qui vibre et s’imbrique dans un ensemble désormais. Le background de chaque personnage peu développé dans l’original trouve ici une nouvelle forme. C’est par exemple le cas de Jessie qui a subit un traitement bien particulier.

Nous ne pouvions également pas parler de Final Fantasy VII sans évoquer la bande son : tout simplement magnifique. Entièrement réarrangées, les thèmes principaux du jeu donnent des frissons, les mélodies symphoniques sont tantôt puissantes, tantôt douces et calmes, plusieurs variations des thèmes existent selon les situations et le tout s’enchaîne à merveille. Écoutez et vous verrez.

Il vous faudra compter une bonne quarantaine d’heures pour parcourir le jeu avec ses quêtes annexes. Suite à cela il vous sera proposé de refaire les chapitres en mode difficile, qui servira de New Game +. Cela se relèvera être un véritable challenge. On regrettera tout de même le fait de ne pas pouvoir sauter certains passages, qui peuvent avoir quelques longueurs.

Final Fantasy VII Remake est une réussite sur bien des points, il saura vous éblouir par moment, vous faire frissonner, et même vous surprendre, chose rare dans un remake. Le nouveau système de combat fonctionne à merveille et rend le jeu beaucoup plus dynamique. Ce premier épisode a certes des défauts, certaines textures ou modèles ne sont pas très jolis, on regrette de ne pas pouvoir visiter Midgar de façon vraiment ouverte mais cet opus hyper attendu est indéniablement un pari réussi.

On peut alors se demander ce que nous réserve Square Enix pour la suite, car la fin, sans en dire trop, soulève son lot d’interrogations… Vivement !

 

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1 réponse

  1. 2 août 2020

    […] à mesure que les quantités limitées sont épuisées. En ventes flash, nous avons repéré : Final Fantasy VII Remake ; Days Gone ; The Legend of Zelda – Breath of The Wild ; Yoshi’s Crafted World et Super […]

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