ZenMarket : le service d’achat qui vous livre directement du Japon !

ZenMarket est un service d’achat situé au Japon qui fait de plus en plus parler de lui. Nous l’avions rapidement cité dans notre article sur l’import de produits japonais : souvenez-nous, ZenMarket fait partie de ces intermédiaires qui nous permettent de commander sur certains sites japonais qui nous étaient jusque là inaccessibles en France. Pour aller plus loin sur le sujet et rassurer les plus frileux à utiliser ce système d’achat peu habituel, Journal du Japon a rencontré l’équipe de ZenMarket et vous propose de découvrir plus en détail cette entreprise japonais et le quotidien type d’un employé français. 

Journal du Japon : Bonjour à vous et merci de nous accorder de votre temps. Pour commencer, pouvez-vous vous présenter ?
ZenMarket : Nous sommes quatre co-fondateurs à avoir décidé de créer ZenMarket dès 2013 : Viacheslav Surovyi, Olexandr Kopyl, Naumov Andriy et Margarita Son. Trois d’entre nous sommes nés à Kiev en Ukraine et étions camarades de classe à l’université. Margarita Son est elle née en Russie.

Les 4 fondateurs ©ZenMarket

Les 4 fondateurs ©ZenMarket

Quel a été votre parcours jusqu’à la création de ZenMarket ?
Nous avons suivi des études à Kiev et en Russie et nous avons tous effectué une partie de nos études au Japon dans des universités à Tokyo, Osaka et Toyama. Une fois terminés nos masters et nos doctorats, nous avons décidé de lancer un projet en commun au Japon.

Comment vous est venue l’idée de créer la société ZenMarket ?
ZenMarket était à ses débuts une agence d’achat et un service d’expédition à l’étranger pour la Russie. Il faut savoir qu’au Japon, de nombreux sites d’achat en ligne japonais ne prennent pas en charge les expéditions à l’étranger et par conséquent de nombreux acheteurs internationaux ne peuvent pas acheter de produits japonais. À cela s’ajoute la barrière de la langue qui fait qu’il est difficile de communiquer avec les entreprises ou les vendeurs japonais. Notre objectif initial était donc de répondre à ce besoin et de créer un espace en ligne où les acheteurs russes pouvaient facilement se procurer des produits japonais. Avec mes collaborateurs, nous avons lancé un service à destination de ce marché. Face au succès rencontré, nous avons rapidement été convaincus par le potentiel de ce service à plus grande échelle. En juin 2014, nous avons donc lancé une version anglaise internationale et une version ukrainienne. Aujourd’hui, notre plateforme et notre service client sont disponibles dans 11 langues dont le français.

©ZenMarket

©ZenMarket

Quelles sont les difficultés que rencontrent les entrepreneurs au Japon ?
En tant qu’entrepreneur étranger, le plus difficile dans un premier temps, c’est la barrière de la langue. Même en maîtrisant correctement le japonais, il est très difficile d’effectuer les démarches sans l’aide d’un interprète local spécialisé. Puis vient le problème du manque de confiance des banques et établissements de crédits envers les investisseurs étrangers. Ils sont généralement très réticents à prêter de l’argent aux entrepreneurs étrangers et il nous a ainsi fallu patienter 3 ans avant de pouvoir obtenir un prêt bancaire pour ZenMarket. Les garants doivent également être des locaux et là-aussi, il a été difficile de convaincre des partenaires. Pour le reste, c’est plus ou moins la même procédure que dans d’autres pays.

Pourquoi avez-vous choisi Osaka comme siège plutôt que Tokyo par exemple ?
L’un d’entre nous, Andriy avait déjà une entreprise à Osaka et deux d’entre nous vivaient déjà dans la capitale du Kansai. L’autre raison notable, c’est qu’il est évidemment moins cher d’établir son siège et ses entrepôts dans la région du Kansai qu’à Tokyo. Osaka est également très bien placée par rapport aux infrastructures qui nous intéressent, c’est-à-dire les aéroports et les banques, et il est facile d’y trouver et d’y recruter du personnel compétent.

Combien de personnes comptent les effectifs de ZenMarket ?
Nous sommes désormais environ 180 personnes à travailler pour ZenMarket entre le siège, le personnel dans les entrepôts et nos opérateurs en télétravail dans d’autres pays.

La clientèle visée étant dans le monde entier, la composition de l’équipe doit être internationale et polyglotte, non ?
Oui, effectivement. Nos employés sont en général trilingues au minimum (anglais, japonais et leur langue maternelle). Certains parlent même jusqu’à 7 langues ! Au total, nous comptons plus d’une quinzaine de nationalités différentes au sein de ZenMarket.

©ZenMarket

©ZenMarket

Pouvez-vous nous décrire les activités de ZenMarket ?
ZenMarket vous permet d’effectuer vos achats sur des milliers de sites japonais. Nous nous chargeons ensuite d’envoyer vos colis partout à l’étranger et vous pouvez choisir parmi plusieurs méthodes de livraison. Nous proposons également de stocker vos produits dans nos entrepôts gratuitement pendant 45 jours pour vous permettre de les regrouper et décider vous-même quand vous désirez les faire expédier. D’autres services sont proposés comme le renforcement des emballages, l’assurance colis, un service photo avant expédition, ainsi que des conseils pour l’achat sur les sites japonais, etc. Pour résumer, ZenMarket rend non seulement possible mais aussi facilite grandement le processus d’achat de produits japonais. Nous proposons également deux autres services : ZenPlus et ZenPop. ZenPlus est une plateforme de vente en ligne directe pour les revendeurs japonais sans frais. ZenPop est un service de box mensuelles remplies de friandises, de ramens et d’articles de papeterie japonais à thème.

Justement, à côté de ZenMarket, on vous connaît également pour ZenPop, vos box mensuelles. ZenMarket est née plus tard ?
C’est en fait l’inverse. ZenMarket a officiellement vu le jour en 2014 tandis que ZenPop a été lancée deux ans plus tard en 2016.

Comment vous êtes-vous adapté à la crise du coronavirus ? Avez-vous eu recours au télétravail ?
La crise liée au Covid-19 nous a pris de court car la poste japonaise a décidé d’arrêter les vols et les envois vers la Chine, l’un de nos principaux marché, quasiment du jour au lendemain. Suite à cela, nous avons dû repenser notre stratégie de développement pour l’année 2020 pour les autres versions linguistiques du site. Dès le mois de mars, nous avons massivement eu recours au télétravail pendant plusieurs semaines. Toutes nos sorties et tous nos événements d’entreprises ont également été annulés ou reportés. Nous avons aussi cessé la recherche d’un nouvel entrepôt et nous avons commencé à prendre du retard dans la livraison des colis car la fréquence des vols internationaux a fortement diminué. Le mois de mars a été le pire pour nous car après la Chine, l’Europe puis les États-Unis ont été atteints par le virus et les restrictions. Beaucoup de nos clients se sont donc retrouvés dans l’incertitude concernant leurs livraisons. Cependant en avril-mai, alors que nous pensions que les ventes allaient diminuer, nous avons été surpris par une forte augmentation de ces dernières et nous avons par conséquent pris encore plus de retard dans les livraisons. Depuis septembre, nous commençons à voir une amélioration au niveau de la logistique, même si ce n’est pas encore un retour complet à la normale. Nous avons dû embaucher plus de personnel afin de pouvoir rattraper le retard.

Quelles sont vos attentes pour le futur de votre entreprise ?
Nous sommes confiants car il y a encore peu de concurrence dans notre secteur. Surtout, la conjoncture actuelle nous est favorable. En effet, la population japonaise étant en déclin constant depuis de nombreuses années, il y a logiquement de moins en moins de clients au niveau national. Et cette tendance est bien partie pour durer sur le long terme. Les entreprises nippones doivent donc trouver de nouveaux débouchés pour écouler leurs produits et elles se tournent de plus en plus vers un public international composé de touristes et de clients basés à l’étranger. Et comme la plupart des entreprises et des vendeurs japonais ne peuvent ou ne veulent pas gérer les expéditions à l’étranger, ZenMarket se trouve donc sur un secteur porteur. À l’avenir, nous allons donc continuer à développer nos services (ZenMarket, ZenPlus et ZenPop) à l’international avec des versions linguistiques localisées pour toucher toujours plus de clients étrangers. Notre objectif est de proposer un service client spécialisé par langue pour le plus grand nombres de pays possible, ce qui nous permettra de conserver notre avantage compétitif sur le long terme.

ZenMarket

©ZenMarket

La vie d’un employé français chez ZenMarket

Journal du Japon : Bonjour Emmanuel et merci pour votre temps. Pour commencer, pouvez-vous vous présenter ?

Emmanuel ©ZenMarket

Emmanuel : je m’appelle Emmanuel, j’ai 32 ans et je suis originaire de Rennes en Bretagne.

Quel a été votre parcours jusqu’à votre intégration chez ZenMarket ?
Je suis arrivé au Japon en 2014 avec un Working Holiday Visa [NDLR : Visa Vacances-Travail]. Puis après avoir travaillé quelques années dans l’enseignement en tant que professeur d’anglais, j’ai voulu retourner travailler dans ma branche, le marketing, ce que j’ai réussi à faire cette année en rejoignant ZenMarket.

Quelle vie d’expatrié français menez-vous ?
En dehors du travail, j’ai des passe-temps assez ordinaires : sorties au cinéma, au restaurant, dans des centres sportifs, etc. En tant qu’expatrié, j’aime bien retrouver d’autres Français ou étrangers. Il y a une petite communauté d’expatriés français sur Osaka et nous nous rencontrons donc assez régulièrement.

Avez-vous le temps de voyager et de découvrir du pays au Japon ?
Oui depuis toutes ces années, j’ai eu l’occasion de voyager dans de nombreuses villes et régions du Japon. L’archipel regorge d’endroits incroyables et je suis donc encore loin d’avoir pu visiter tous les endroits que je souhaite. La région du Kansai où se trouve Osaka comporte à elle seule de nombreux endroits incroyables qui valent vraiment le détour.

Quels sont pour vous les avantages et inconvénients de vivre au Japon, plutôt qu’en France ?
Quand on vit au Japon, on passe malheureusement plus de temps au travail qu’on ne le ferait en France. Les congés payés sont aussi moins longs que chez nous et le coût de la vie est plus élevé ici, surtout dans les grandes villes comme Tokyo et Osaka. Pour les côtés positifs, je dirais qu’au Japon la vie est moins prise de tête qu’en France. Les transports en commun notamment sont très bien organisés et tout est fait pour que le quotidien soit fluide. Les grèves sont rares, peu importe le secteur et la sécurité qui règne partout est également un gros point positif. De mon point de vue, il est aussi plus facile de trouver du travail ici malgré la barrière de la langue.

Les bureaux de ZenMarket ©ZenMarket

Les bureaux de ZenMarket ©ZenMarket

Quelles sont les différences et ressemblances dans le monde du travail entre les 2 pays ?
Au Japon, le cadre professionnel est globalement plus strict. La politesse entre collègues et supérieurs hiérarchiques est très marquée et il faut constamment penser à être poli avec tout le monde. Il est aussi vrai que comparés aux Français, les Japonais font beaucoup plus d’heures supplémentaires, qu’elles soient obligatoires ou volontaires. Les pots d’entreprises sont bien plus fréquents qu’en France et font tellement partie de la culture d’entreprise qu’ils sont parfois même obligatoires dans certaines entreprises. Après, tout dépend bien sûr du type d’entreprise pour laquelle on travaille. Chez ZenMarket qui est une entreprise internationale, le règlement est moins strict. Le code vestimentaire est par exemple plus libre et le costume cravate n’est pas obligatoire.

Comment se passe une journée de travail typique au Japon ?
En ce qui concerne les horaires au bureau, c’est assez classique avec du 9 heures par jour et des pauses d’une heure. On pointe le matin et on dépointe le soir en partant, c’est du métro-boulot-dodo ! Il y a souvent un système de rotation mis en place dans l’entreprise pour que tout le monde s’occupe des corvées et des tâches à tour de rôle (accueillir les clients, préparer le café, sortir les poubelles, etc.).

Qu’est-ce qui différencie un travailleur français d’un Japonais ?
Le présentéisme au travail, je pense. Comme je le disais plus tôt, les Japonais aiment montrer qu’ils s’investissent complètement dans leur travail. Et pour ce faire, ils sont prêts à souvent rester travailler tard et à participer à toutes les activités proposées par l’entreprise. Le travail déborde ainsi plus souvent sur la vie personnelle.

Merci à ZenMarket pour cette rencontre très enrichissante ! Nous espérons que vous en avez appris autant que nous sur le fondement et le fonctionnement de service d’achat qui nous ouvre les portes du marché japonais. N’hésitez pas à nous partager vos futures expériences avec ZenMarket.

Article sponsorisé. Plus d’informations dans nos mentions légales.

Rokusan

Rokusan, 26 ans, passionnée depuis l'enfance par le Japon, je suis UX Designer freelance et grande collectionneuse de produits et de souvenirs du Japon ! @_rokusan

4 réponses

  1. christophe dit :

    Bonjour
    Deuxième phrase sur le site « les prix les moins chères »
    Ça fait mal aux yeux

    • David Maingot dit :

      Bonjour,
      Il s’agit sûrement d’une coquille. Les autres apparitions du mot sont bien accordées. Tout le monde fait des erreurs. D’ailleurs, vous aussi puisque vous oubliez de mettre des « . » à vos phrases 😉

  2. Bloup dit :

    Chouette idée , ça va m’être utile , de puis le temps que j’attendais un truc du genre.

  1. 27 novembre 2020

    […] en octobre 2016 que ZenPop est lancée. L’entreprise est une filiale de ZenMarket que nous avons interviewé il y a peu et qui est né dans le but de partager dans le monde entier des produits japonais au […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *