Chroniques Hentai : Tenga et objets de plaisir chez les otakus

Vous n’avez pas vu assez de godemichets en jouant à Cyber Punk 2077 ? Parfait, puisque nous allons en remettre une couche ici. Toujours sur les sentiers insondables du marché du sexe nippon, notre rubrique hentai pose cette fois son regard sur les objets de plaisir : les sex toys, et plus particulièrement sur les sex toys pour homme, car la masturbation masculine est aujourd’hui encore tabou. Comme d’habitude nous vous présenterons également plusieurs mangas hentai sortis en France, avec cette fois-ci : Peachy-Butt Girls et Secret Fantasies chez Seiko, Vilaines filles au corps de rêve et Ne te retourne pas de Hot Manga et Cheeky et Chubby ainsi que Louder & Lewder de Niho Niba. Plus que jamais, les images présentes dans cet article sont suggestives, et donc « pas sans danger pour le travail ». À bon entendeur

 

Tenga gamme

©Tenga

Si à la préhistoire les godemichets étaient en pierre, désormais les sex machines sont connectées, mais surtout leur background est bien plus travaillé. L’autre changement majeur de ces dernières années est le développement des sex toys pour homme, un domaine dans lequel la gent féminine était (pour une fois !) mieux lotie. Nous allons donc aborder ici l’évolution des sex toys pour hommes, mais une surprise en fin d’article est présente pour ramener un peu de parité.
Des bagues pour pénis existent au Japon depuis l’ère Edo, et sont déjà décrites dans les « Manuels de l’oreiller », cependant il faut attendre 1998 pour voir l’arrivée d’un vagin artificiel équivalant aux godes : le Fleshlight, du fabricant américain du même nom. Cette « vaginette » est un des premiers masturbateurs pour homme, et celui-ci ressemble à une lampe torche avec un orifice en plastique rose au bout. Pas très glamour, mais c’était alors dans la mouvance du moment, aux côtés des pénis en silicone à la veine apparente pour le public féminin.

Le Japon n’est alors pas en reste et propose ses propres objets siliconés. Appelés Ona Hole au Japon, pour Onanisme Hole, les sex toys masculins ont tout logiquement pénétré la culture otaku. L’industrie du porno américaine propose des moulages du vagin des actrices X les plus célèbres ? Soit, le Japon fera de même, mais avec des personnages fictifs en s’appuyant sur le marché du hentai. Finis l’objet masturbatoire inerte : maintenant il y a une histoire qui vient avec, par sa forme ou l’illustration présente sur le carton. L’idée est donc de créer un personnage type manga, lui donner un nom, une personnalité (timide, entreprenante) et de lui affubler un vagin artificiel. Ceci marche aussi bien sûr avec l’anus et la bouche, mais décernons quand même une mention spéciale pour Whisper of the Penis (quel nom!), qui ravira les fétichistes des oreilles. Ou pas.

L’objet en lui-même ressemble toujours à un bloc de silicone beige, mais l’ajout du personnage sur la boite vient stimuler l’imaginaire d’un public déjà habitué à fantasmer sur des filles en 2D. Les modèles les plus classiques sont de forme tubulaire, mais certains vont jusqu’à reproduire un mini-buste sans bras, ni jambes, ni tête, et avec un vagin hypertrophié. Creepy à souhait…

À ces images d’immersion, nous pouvons ajouter l’utilisation d’odeur corporelle synthétique, ou de la réalité augmentée avec un casque VR. Il est également possible de trouver certains sex toys accompagnés de fichiers audio à télécharger, ces derniers contenant des enregistrements de voix en ASMR (réalisés par des professionnelles du doublage), pour rendre la branlette encore plus intimiste.

 

Tenga, le renouveau du sextoy masculin

Tous ces sex toys ne sont visuellement pas à votre goût ? On vous comprend, et Matsumoto Koichi aussi. Car dans cette débauche de sexes artificiels tous plus suggestifs les uns que les autres, un homme a décidé de placer le masturbateur masculin au rang d’objet design. Après une première vie professionnelle en tant que mécanicien automobile, il décide de tout plaquer à 34 ans pour passer à la création d’objets. Après quelques tâtonnements, c’est finalement dans l’industrie du plaisir qu’il comprend que beaucoup de choses restent à faire. Après des années de recherches, c’est en 2005 que Tenga voit le jour. Dans le même esprit épuré qu’une marque comme Apple, le sex toy est alors devenu tendance, mettant les classiques poupées gonflables au placard.

Le produit phare de la marque est le Vacuum Cup, qui vient remplacer le vulgaire mouchoir en papier contre un réceptacle jetable all inclusive (le lubrifiant est déjà dans la canette). La principale innovation de ces petites bouteilles ? Un petit trou situé à l’extrémité qu’il suffit de boucher à volonté avec son doigt pour créer une force de succion sans pareil. Si les cups jetables font partie de l’entrée de gamme, Tenga propose également toute une batterie d’accessoires motorisés, qui vient se greffer sur vos réceptacles d’un jour pour les upgrader, ou de modèles réutilisables. Parmi eux, le Tenga Spinner munit d’une armature à ressort qui offre la promesse de plaisirs inconnus, ou encore le Tenga Air-Tech qui propose une aérostimulation. Tout un programme !

Dans une volonté d’expansion évidente, la firme ne se limite pas au public masculin. La gamme Iroha propose donc toute une variété d’objets vibrants, respectant toujours les codes d’un design élégant, que cela soit pour les formes comme pour les couleurs. Pour exemple : les Iroha qui ont donné leurs noms à la gamme. Certainement les plus design, ils ressembleraient presque à des Wagashi, ces délicates pâtisseries à base de pâte de haricots. Les Temari reprennent quant à eux les motifs des balles en soie traditionnelles, et n’ont rien d’un sex toy une fois posées sur leurs socles de recharge. Plus classiques, mais tout aussi élégants, les Rin et Iroha Mini gardent cette esthétique propre à la marque.

Mais Tenga dépasse la frontière de sa propre zone d’activité, jusqu’à devenir une référence culturelle. Éditions limitées, collaboration avec des artistes comme Keith Haring : les produits Tenga connaissent un traitement similaire à tout objet cool et innovant. C’est sûrement ce traitement inhabituel pour un sex toy qui lui à valu d’entrer dans la pop culture. Comble de la consécration otaku : l’objet a même eu droit à sa version figurine transformable en partenariat avec Mazinger !

Tenga robo

©Tenga / Go nagai / Dynamic Planning Inc.

Tenga c’est donc une petite révolution en terme de fonction, mais également d’allure. Plus que d’améliorer le sex toy masculin, c’est aussi pour le démocratiser que la marque est adoubée.

 

Repartez avec votre Tenga

Ces produits vous intriguent ? La société Tenga et Journal du Japon vous proposent de repartir avec un exemplaire pour vous faire votre propre avis grâce à un concours qui débutera dès lundi ! Tous les jours, pendant sept jours, un sex toy sera à remporter, et nous avons pensé aux hommes ET aux femmes. Avec 4 produits masculins, et 3 produits féminins, la dotation totale s’élève à 180€. Surveillez donc notre article de demain qui détaillera toutes les conditions de participation, et guettez nos réseaux sociaux.

 

Chroniques sous X

Peachy-Butt Girls par BOSSHI
Dynamite label Seiko
Contenu : soft, vanilla, forte poitrine.

Peachy Butt Girls Seiko

© by BOSSHI / Wani Magazine

Dans notre précédent article nous vous parlions du nouveau label Seiko de Dynamite. Depuis, ses deux premiers titres sont parus, nous permettant de vous les présenter aux côtés de ceux des autres éditeurs pour avoir une vision du marché hentai français plus exhaustive. La première chose qu’on l’on peut aborder, et qui saute aux yeux à l’ouverture, c’est les pages couleurs. C’est quelque chose dont on a l’habitude dans les hentai, mais celles-ci sont imprimées sur un papier mat. Ça n’a l’air de rien dit comme ça, mais c’est toujours dérangeant de lire une page couleur sur papier glacé, car les reflets de la lumière viennent forcément gêner la lecture. On se retrouve alors à bouger les pages dans tous les sens pour ne pas avoir une zone illisible là où notre regard se porte. Ici le problème ne se pose pas et c’est très agréable ! En plus, ce type d’impression rappelle les artbooks japonais qui rivalisent toujours d’originalité en proposant des papiers qui sortent de l’ordinaire.
Concernant les deux premiers titres du label, nous en avons un de 2012, et un de 2020, ce qui montre que l’éditeur garde un spectre large dans ses intentions de publication. Les deux œuvres sont originalement éditées chez Wanimagazine. Nous vous en parlions la fois précédente, depuis que cet éditeur japonais s’est ouvert au marché français, c’est une déferlante de ses titres qui arrive. C’est simple, sur les 6 hentai que nous allons chroniquer, 5 d’entre eux proviennent de Wanimagazine !

Peachy-butt Girls est un recueil assez classique cochant les cases d’un hentai qui se respecte : uniforme, piscine, vestiaire, plage, ryokan, demi-sœur et un peu de tentacules de manière détournée. La quasi totalité des filles sont entreprenantes et mènent le jeu dans ce one shot. La colorisation est très bien faite, et c’est donc une bonne chose que ce soit l’ouvrage qui en compte le plus, avec 40 pages couleur. On sent cependant que l’auteur peut encore évoluer dans son dessin : il serait d’ailleurs intéressant de voir certains de ses travaux récents. La petite galerie en fin de tome réunissant toutes les héroïnes est un plus sympathique.

 

Secret Fantasies par Yahiro Pochi
Seiko
Contenu : soft, vanilla, girls power, amour naïf.

Secret Fantasies seiko

© by YAHIRO Pochi / Wani Magazine

Le titre français reprend celui de la version originale : Himichu, qui veut dire secret (himitsu, prononcé de manière taquine). Et cette notion de secret va se retrouver dans chaque histoire du recueil. Cela peut être lorsqu’un personnage couche avec la sœur de son ami dans Touche-touche en secret, quand un autre trompe sa copine avec la petite sœur de celle-ci dans Tu ne lui diras rien, dis ? (encore), lorsque la grande sœur d’un gars un peu naïf saute sur son meilleur ami dans C’est un secret et Ma petite amie secrète (décidément), ou quand un petit caïd fait du chantage sexuel à la grande sœur d’un de ses camarades avec La grande sœur qui allaite (bon il y a un truc avec les sœurs là !). Bon, vous l’aurez compris, le tome aurait pu s’appelait « Secret fantasies with the sister of my best friend« .
L’autre point en commun entre ces histoires est que ces relations secrètes se passent souvent non loin du dindon de la farce, rajoutant une touche de danger aux ébats. Les dessins sont plutôt jolis sur l’ensemble des fictions, mais Touche-touche en secret et Tu ne lui diras rien, dis ? tirent un peu plus leur épingle du jeu.

 

Vilaines filles au corps de rêve par Mizuki Mikuni
Hot Manga
Contenu : soft, amour et respect.

Vilaines filles corps reve Hot manga

© by YOTSUBA Makoto / MIKUNI Mizuki / Wani Magazine

Souvent, les dessins des couvertures sur lesquels l’auteur apporte plus de soin sont plus beaux que dans les pages intérieures. Sans vouloir dévaluer ses illustrations couleur, Mizuki MIKUNI révèle vraiment tout son potentiel dans le noir et blanc, où il place beaucoup plus de détails, et dessine des expressions vraiment convaincantes.

Il ne faut pas non plus se fier au titre de cette couverture décidément « menteuse », car les filles en question ne sont pas si vilaines. Elles sont même plutôt attendrissantes. En faite, presque tous les couples présentés ont des dialogues et des situations auxquels ont à envie de croire, ce qui fait qu’on se plonge agréablement dans l’ambiance.
L’emphase est vraiment faite sur les sentiments, et tous les personnages masculins sont très attentifs à ce que ressentent leurs partenaires. C’est certainement un titre à conseiller pour un public de non-initiés aux mangas hentai. Si vous êtes une femme et que vous n’avez jamais lu de hentai (sans aucun préjugé, nous constatons simplement que le public du hentai est essentiellement masculin), celui-ci est peut-être fait pour vous. Et en plus vous profiterez de magnifiques dessins ! Car nous tenons vraiment à insister sur la beauté de ceux-ci, avec une attention particulière faite sur les cheveux et les vêtements.

Une peste bien convaincante, qui en trois chapitres est l’histoire la plus longue, est celle qui propose évidemment le meilleur développement de ses personnages. Mais il ne faut pas sous-estimer les autres chapitres solos : Mizuki Mikuni sait très bien mener sa barque, même sur seulement 20 pages. Tremblement est peut-être une histoire plus réaliste qu’on ne le pense, qui a le mérite de libérer la place des femmes dans les relations, et leur conférer la mainmise sur leurs choix, quels qu’ils soient. Le seul bémol serait le dernier chapitre Listen – Lesson, qui est clairement un cran en-dessous de tout le reste. Certainement un des premiers travaux de l’auteur, mais c’est heureusement le plus court du recueil.

 

 

Ne te retourne pas par Iwasaki Yuki
Hot Manga
Contenu : hard, violent, orgie, monstre.

Ne te retourne pas Hot manga

© by IWASAKI Yuki / Bunendô

Vous aimez les histoires de fantômes ? En voici d’un genre particulier. Que ce soit des légendes urbaines ou un monstre bien plus pastoral, le ton oscille entre rêve dangereux et cauchemar meurtrier. L’auteur le précise d’ailleurs en postface : le recueil mélange érotisme et horreur.

Le premier chapitre Sur le chemin du retour sert d’entracte, et si la victime potentielle s’en sort indemne, on nous fait comprendre que la fin aurait pu être tout autre…S’il ne faut pas se retourner, c’est pour ne pas tomber sous le regard d’une abomination et être pris dans une spirale infernale.
Sans faire partie des hentai les plus extrêmes publiés au Japon (et croyez-nous, certains vont très loin dans les visions cauchemardesques), vous aurez ici un petit aperçu de ce qui peut se faire quand on sort du cadre des histoires classiques. Pour cela, Les dévoreurs de rêves, le second chapitre, nous met dans l’ambiance : plusieurs partenaires masculins et un peu d’étranglement lors d’étreintes qui se font un peu plus brutales. Puis vient Derrière toi, qui enfoncera le premier clou.
Une rumeur à la mode court parmi les étudiants : si l’on compose « le numéro de Mary » celle-ci nous répondra « je suis derrière toi » avant de nous rendre visite à domicile. Évidemment, la jeune Megumi va tenter le coup et rencontrer Mary. Bon, alors Mary a plutôt des allures de grand monsieur chauve au souffle rauque qui vous viole contre le plancher sans autre forme de procès. Oui ça surprend sur le coup. Autant que lorsque trois autres Mary tout aussi énergiques surgissent et occupent Megumi de toutes parts. Pas de répit pour les braves, et nous enchaînons tout de suite sur Yamatsumi – Le dieu de la montagne, qui s’inscrit dans la même veine, mais avec comme nouveau venu ledit dieu, sorte de sans-visage aux jambes bovines. Dans cette ambiance, Iwasaki YUKI dessine des corps qui se tordent de plaisir et sa mise en scène colle parfaitement à son propos.

Vous l’aurez compris, en plus de la partie hentai du titre, vous aurez ici droit à quelques situations fantasques, voire carrément gores. Étrangement, ce n’est pas aussi dérangeant que cela puisse paraître, car les victimes y trouvent toujours du plaisir, les scènes sont plus de l’ordre de l’orgie énergique, et les monstres pas si abominables que ça. On a vu pire, mais ça reste pour ceux en quête de sensations fortes.

 

Louder & Lewder et Cheeky & Chubby par MEME50
Niho Niba
Contenu :

Louder and Lewder

© by Meme50 / Wani Magazine

Cheeky and Chubby

© by Meme50 / Wani Magazine

C’est intéressant d’avoir un auteur publié plusieurs fois chez le même éditeur, car cela permet de garder une homogénéité dans la collection. C’est le cas de MEME50, dont deux titres font partie du label Niho Niba.

Louder & Lewder : Nous avons ici un tome très classique dans sa construction et qui mise avant tout sur la variété des situations et des personnages. Les quatre amis de Louder & Lewder et Louder & Lewder encore! forment une bande sympathique. Le louder correspond aux héroïnes qui en demandent toujours plus, et le lewder certainement à la partie urologique qui fait parfois son apparition comme dans La bête en moi. Avez-vous remarqué le Onahole en haut à gauche de la couverture qui rentre parfaitement dans le thème de cet article ?

Cheeky & Chubby : Ce one shot est sorti au Japon en 2014, soit un an après Louder & Lewder, mais a été publié en France avant (en 2019, contre 2021 pour Louder). Si nous prenons la peine de le mentionner, c’est parce que des histoires de Cheeky & Chubby font suite au précédent recueil. D’ailleurs le duo présent en première de couverture est celui qui donnait son nom à l’autre livre (vous suivez ?). Dans ce N°2 donc, l’auteur se lâche un peu plus, notamment dans To steal or to be stolen 1 & 2 qui reprend le personnage de Tachigawa. On y aura droit à une petite note d’humour, ce qui n’est pas de refus dans le hentai. To marry or to be married 1 & 2 fait de même avec Maho, en prolongeant son histoire sur deux chapitres. Au bout du compte, cela nous fait passer un long moment avec ces deux couples, et il nous paraît donc très intéressant de prendre ces tomes ensemble et de les lire dans leurs parutions initiales.
Seul Un secret souillé dénote du reste en étant plus trash. Dommage, car cela casse un peu l’ambiance créée jusque-là.

 

Voilà pour ce numéro. Nous espérons que cette rubrique continue de vous plaire et que le concours que nous organisons avec Tenga ne froissera personne. Même si notre volonté est de parler de tous les sujets sans tabou, nous savons que l’intimité de chacun est précieuse et ne doit pas être outre-passée. C’est pourquoi, même si la participation se fera en laissant un commentaire sur nos réseaux sociaux, les noms des gagnants ne seront pas divulgués publiquement, et ces derniers seront seulement contactés par message privé.

Toutes les images de produits Tenga sont ©Tenga

Olivier Benoit

Présent sur Journal du Japon depuis 2013, je suis un trentenaire depuis longtemps passionné par l'animation traditionnelle, les mangas et les J-RPG. J'écris dans ces différentes catégories, entretiens également la rubrique hentai, et co-gère le pôle gastronomie. J'essaie de faire découvrir au plus grand nombre les choses qui me passionnent. @oly_taka

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