J.O. de Tokyo : Les Jeux de la Reconstruction

Les Jeux Olympiques, évènement majeur qui a lieu tous les 4 ans autour de 41 sports, regroupant les pays du monde entier. Pour l’édition de 2020, c’est le Japon qui fut désigné pour accueillir cette compétition mythique. Il s’agit de la deuxième fois que le Pays du Soleil levant a le privilège d’organiser ces Jeux après 1964 à partir du 23 juillet prochain.

Avant de parler des disciplines présentes, Journal du Japon vous propose de vous retracer le lien entre les J.O. et le Japon puis  de vous dévoiler tous les détails de cette édition particulière !

Les Jeux Olympiques : pour construire demain !

©Afuro

De 1964 à 2020, du monde d’après-guerre à Mario Abe

Les Jeux Olympiques de 1964 de Tokyo ont marqué un tournant décisif pour le pays. Premiers Jeux organisés en Asie, cet évènement a été le symbole de la renaissance du Japon. Ils ont montré au monde la résilience du pays et sa reconstruction après une guerre terrible et l’explosion de deux bombes atomiques. Le Japon a pu donc s’affirmer comme une puissance mondiale pacifiste et avancée technologiquement. D’ailleurs, en collaboration avec la NASA, un satellite de télétransmission a été lancé. Ainsi, près d’un tiers de la population mondiale a pu avoir accès à la diffusion des épreuves grâce à la Mondovision. Sur le plan économique, ces J.O ont stimulé le développement de la ville. Le premier monorail japonais fut mis en place entre l’aéroport et la capitale. Les lignes de métro ont été étendues.

1964 c’est aussi l’année où la ligne de train Shinkansen a vu le jour. Il reliait Tokyo à Osaka en un peu plus de quatre heures, une révolution à l’époque. Le Shinkansen détenait même le record de vitesse avec 240km/h !  

En organisant ces Jeux, le Japon espère une nouvelle fois marquer les esprits comme en 1964. La ligne directrice n’a d’ailleurs pas changée, il s’agit toujours d’aller de l’avant. Pour des raisons économiques et également symboliques une grande partie des infrastructures de 1964 vont d’ailleurs être réutilisées car reconstruire des bâtiments pour qu’ils n’accueillent si peu d’évènement est un gouffre financier. On retrouve logiquement le Stade Olympique qui accueillera les cérémonies d’ouverture et de clôture ainsi que les épreuves d’athlétisme et de football. Il y a également le Gymnase Métropolitain de Tokyo : il accueillera les épreuves de tennis de table. Les compétitions de judo et de karaté se dérouleront, elles, dans le célèbre Nippon Budokan, un des dojo les plus connus au monde. Le dernier lieu emblématique de 1964 est le Stade national de Yoyogi, avec son architecture unique. Il accueillera le handball.

© 2020 – Le Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo.

Ces Jeux se veulent être une réitération de 1964, une époque où le Japon était la deuxième économie du monde : la fameuse période du miracle économique japonais

Des jeux plein d’espoir et d’envie

Symbole de cette envie d’en mettre plein la vue et de miser sur les points forts du soft power japonais, un premier coup d’éclat est venu marqué les esprits à la fin des J.O de 2016, à Rio de Janeiro, lors de la cérémonie de clôture. Une surprise de taille : le Premier Ministre Shinzo ABE arrive sur scène, portant la casquette de Mario pour annoncer les J.O de Tokyo. Cette annonce des prochains jeux, s’est accompagnée d’un spectacle son et lumière très futuriste, signe d’un Japon toujours porté sur l’innovation et sa pop culture qu’il sait appréciée à travers le monde entier.

© 2020 – Le Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo.

Fin 2017, les écoliers japonais ont pu voter pour élire les mascottes officielles des Jeux de Tokyo. C’est l’œuvre de Ryo TANIGUCHI qui a été choisie. Les mascottes s’appellent Miraitowa et Someity. Derrière leurs noms il y a une petite histoire. Le nom de la mascotte bleue est une contraction des termes japonais mirai (未来) et towa (永遠) signifiant futur et éternité. Elle a été crée pour symboliser l’espoir des lendemains meilleurs. 

Le nom de la mascotte des Jeux Paralympiques, vient de la combinaison de somei yoshino, une espèce de cerisier très apprécié au Japon pour ses fleurs, et de l’expression anglaise so mighty. Elle symbolise le courage et la volonté de ces athlètes qui malgré un handicap ont triomphé des épreuves de la vie et sont aujourd’hui des sportifs de haut niveau.

Parachevant ces symboles, le slogan de ces Jeux était « découvrir demain » ! Ce dernier a néanmoins plus ou moins changé au cours de l’année 2020 et 2021 en se chargeant d’une autre signification.

Car l’horizon de ces J.O. s’est petit à petit assombri ces deux dernières années… 

Un passé récent gênant, un présent guère plus encourageant

Le fantôme de 2011…

© Kyodo News.

L’annonce du tracé du passage de la torche olympique par le Comité International Olympique (CIO) suscita la controverse. Elle devait commencer le 25 mars dans la préfecture de Fukushima. Des habitants ont alors manifesté leur mécontentement vis à vis de cette décision. Qu’on s’entende bien, ces personnes auraient adoré que la torche passe dans leur département, ce qui les dérange c’est le contexte autour de ce choix. De leur point de vue, organiser les Jeux en prônant la sortie de la crise de 2011 est hypocrite car la situation reste toujours préoccupante et ils déplorent une décision avant tout politique.

On ressent la fracture parmi la population directement touchée par la catastrophe. Une partie accueille cet évènement afin que personne n’oublie le 11 mars 2011 et l’autre est plus sceptique. Selon elle, il reste encore tellement à faire entre le démantèlement, le traitement des déchets que ce relais n’est que de la poudre aux yeux. Ces personnes ont le sentiment d’être exclues du slogan de ces Jeux.

Des dérapages embarrassants

L’organisation des Jeux a également soulevé son lot de polémiques. Les deux principales ont concerné deux membres responsables de l’organisation des J.O.. Le premier a inauguré le bal fut Yoshitaka SAKURADA, ancien Ministre en charge des J.O. : il a déclaré qu’il ne savait pas pourquoi il avait été nommé à ce poste. Forcément cela a crée du mécontentement, car la classe politique japonaise est connue pour les conflits d’intérêts et le copinage. Ce n’est pas à la suite de cette bourde qu’il démissionnera mais après un commentaire sur la reconstruction du Tohoku, lieu le plus durement touché par le tsunami de 2011. 

Le second à s’être illustré est Yoshiro MORI, ancien Premier ministre (de 2000 à 2001). Il fut vivement critiqué par sa déclaration jugée par l’opinion publique extrêmement sexiste. Il a déclaré que les discussions dans des conseils d’administrations avec beaucoup de femmes prenaient énormément de temps et que dans le CIO cela allait car elles savaient rester à leur place. Malgré des excuses publiques il est contraint de démissionner et a été remplacé Mme Seiko HASHIMOTO  le 18 février dernier. 

La cacophonie de la crise sanitaire

Sur l’année 2020, il y a eu une véritable cacophonie autour de la compétition à cause de la crise sanitaire. Alors même que le globe entier était à l’arrêt, le comité essayait envers et contre tous de maintenir ces Jeux. Finalement ils ont été contraints de reporter d’un an la tenue de l’évènement. La situation mondiale ne s’éclaircissant pas assez, deux questions se sont posées : « Les J.O se dérouleront-ils sans public ? » et « les athlètes doivent-ils être vacciner ? ».

Le CIO a répondu et il n’est pas envisageable pour eux que des J.O ait lieu sans qu’il y ait du public. Malheureusement la pandémie n’étant pas sous contrôle l’annonce a été faite en février qu’aucun étranger ne pourra se rendre au Japon pour assister aux épreuves. 

Ensuite depuis l’arrivée des vaccins, le comité met à disposition des doses pour les athlètes. C’est bien entendu facultatif. Mais étant donner que les athlètes rêvent plus que tout de participer, il est fort probable que tous le fasse. La mesure clé pour garantir à tous les athlètes une certaine sécurité ce sont les test Covid. Ils seront réalisés chaque jour. De plus les déplacements des athlètes, par exemple jusqu’au stade, seront très encadrés pour éviter toute propagation. Le Japon met tout en œuvre pour la tenue de ces Jeux.  

Malgré toutes ces précautions, un sondage réalisé par l’institut Kioicho, de février 2021, révèle que 70% des japonais sondés ne sont pas favorables à leurs tenues cet été. 

©THE MAINICHI NEWSPAPERS.

Avec le report en 2021 les J.O de Tokyo se tiendront 10 ans après la catastrophe de Fukushima. A cette occasion, ils ont été renommés les Jeux de la reconstruction. L’objectif, montrer au monde que le pays a su gérer la catastrophe et se relever après ce drame. Le Japon attend beaucoup de ces Jeux depuis 2016. La compétition a toujours été un moyen de stimuler l’économie d’un pays et d’y attirer des investissements. La crise sanitaire a grandement impacté le monde et le pays a grandement besoin de repartir sur un bon pied. Il espère donc réitérer le succès des jeux de 1964. Il ne reste aujourd’hui plus que 87 jours avant le début de la compétition. Malgré tout le public attend cet évènement, cela permettra de donner à chacun une bouffée d’air. 

 

Sources :

https://www.asahi.com/olympics/

https://english.kyodonews.net/

https://www.olympic.org/fr

https://tokyo2020.org/fr/

https://www.reuters.com

 

 

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