À la rencontre de la mythologie japonaise et de ses récits anciens

Dans cet article thématique dédié à la mythologie japonaise et aux récits ancien, l’équipe de Journal du Japon s’est penchée sur des ouvrages sortis récemment, entre fin 2021 et ce début d’année 2022, afin de vous offrir un panel de livres à lire et découvrir. Afin de comprendre la démarche autour de ce sujet, Alain Rocher, agrégé de lettres et docteur d’État, a accepté d’offrir son point de vue sur la question, tout en permettant la découverte de son dernier ouvrage, Les 100 légendes de la mythologie japonaise, qui a donné le ton à cet article. Le sujet étant vaste et riche en informations et en références, il a le mérite d’aider à comprendre et saisir l’essence japonaise. Bonne découverte !

À la rencontre de la mythologie japonaise

Les 100 légendes de la mythologie japonaise d’Alain Rocher (éditions Que sais-je ?)

©Que sais-je ?

Les éditions Que-sais je ?, qui ont fêté leur 80e anniversaire l’année dernière, proposent de plonger dans la mythologie japonaise avec un livre paru le 5 janvier et écrit par Alain Rocher, agrégé de lettres et docteur d’État. Dans Les 100 légendes de la mythologie japonaise, l’auteur présente 100 mythes et légendes de l’archipel nippon en 128 pages.

Alain Rocher, enseignant chercheur en religions et traditions du Japon, se penche sur les récits fondateurs et populaires compilés dans le Kojiki (Chronique des faits anciens) et Nihon Shoki (Annales ou Chroniques du Japon), textes fondateurs du Japon compilés au 8e siècle. Il en explique les détails, les inspirations mais aussi les influences qu’ils ont pu avoir sur le Japon. Il s’agit alors plutôt d’analyses de ces légendes. Par conséquent, le livre s’adresse plutôt à des étudiants et des connaisseurs ou amateurs de la culture japonaise.

Alain Rocher ne s’arrête pas qu’aux mythes fondateurs, mais raconte aussi des légendes plus populaires avec par exemple le yama otoko (similaire au yéti occidental). Cela permet au livre d’être un petit manuel très efficace pour s’accoutumer à plusieurs récits d’ordre différent. La focalisation reste néanmoins sur les kami et héros de la mythologie, et les différentes explications et rapprochements de l’auteur permettent de comprendre davantage le contexte et l’utilité des légendes à l’époque comme aujourd’hui. Dans cet esprit, une généalogie simplifiée des kami est incluse et aide à saisir les relations entre les divinités les plus importantes du folklore et le plus souvent mentionnées.

Le livre, bien que court, peut paraître complexe pour les personnes non habituées à la mythologie japonaise. Mais l’auteur renvoie toujours aux passages du Kojiki et du Nihon Shoki auxquels il fait référence et il explicite les termes japonais ainsi que leur signification. Accompagnés de ces deux ouvrages, c’est une véritable porte d’entrée vers l’étude de la mythologie japonaise qui s’offre à nous.

En bref, Alain Rocher propose dans Les 100 légendes de la mythologie japonaise des récits sélectionnés des livres fondateurs du Japon agrémentés d’une vision analytique et éducative. (Josselin)

En complément, l’interview d’Alain Rocher sur sa démarche

À l’occasion de la sortie de cet ouvrage, Journal du Japon a eu l’opportunité de s’entretenir avec l’auteur au sujet de son livre, son parcours et sur la mythologie japonaise de façon plus générale.

Journal du Japon : Bonjour, pourriez-vous nous raconter votre parcours jusqu’à aujourd’hui ?

Alain Rocher : Après une formation en lettres classiques, en France, je me suis intéressé à l’envers du miracle grec et aux liens entre le monde antique et les cultures du Proche Orient. Puis, ma curiosité scientifique a glissé progressivement vers l’Inde, la Chine et le Japon. Je me suis reconverti en japonologue sur le « terrain » et j’ai passé mon doctorat au terme de mes 15 années de séjour japonais. Après les universités de Fukuoka, Kumamoto et Tokyo, j’ai enseigné 5 ans à l’université de Montréal et brièvement au Colegio de Mexico, avant de rentrer en France. J’ai ensuite été successivement professeur à l’Université de Bordeaux (dirigeant le département d’études extrême-orientales) et, à partir de 2007, directeur d’études à l’École Pratique des Hautes Études (EPHE – occupant la chaire des religions et traditions populaires du Japon). Depuis ma retraite en 2018, je suis directeur d’études émérite à l’EPHE et je continue d’encadrer mes derniers doctorants tout en poursuivant mes recherches.

Qu’est-ce qui a éveillé votre intérêt pour le Japon ?

Mon intérêt général pour les cultures anciennes de l’Asie a fini par se focaliser sur la culture japonaise dans laquelle j’ai trouvé une variété et une profondeur historique peu communes. C’est d’abord le bouddhisme qui a suscité mes premières curiosités, puis je me suis orienté vers l’étude de la mythologie et des métamorphoses de la religion shintô.

Quelle a été votre première rencontre avec le Japon ? Comment vous êtes-vous retrouvé à étudier là-bas ?

À la fin de mes études classiques, juste après les concours, on m’a proposé en 1976 un poste mixte (lecteur de français et chercheur en japonologie) à l’Université Seinan Gakuin de Fukuoka. Ce premier séjour, qui ne devait durer qu’un an, s’est prolongé quand j’ai obtenu des postes de titulaire dans plusieurs universités japonaises, Kumamoto, puis une université de Tokyo, et quand j’ai décidé de me spécialiser dans l’étude du Japon de Nara [NDLR : de 710 à 794] et de consacrer mon doctorat au Kojiki et au Nihon Shoki.

Vous avez vécu plusieurs années au Japon. Quelles traditions ou coutumes vous ont marqué pendant cette durée ?

J’ai passé les 4 premières années de mon long séjour japonais dans l’île du Kyûshû, que j’ai parcourue de long en large, étudiant les kagura de la région de Takachiho et de Nobeoka, fréquentant également les pêcheurs des îles Iki et Tsushima. L’accueil chaleureux de ces « méridionaux » d’une part, et la dimension de « musée vivant » de la campagne japonaise m’ont beaucoup marqué. J’ai également apprécié l’atmosphère du temple zen d’obédience Ôbaku où j’ai passé quelques mois, entre Zazen et étude de la peinture « suibokuga ».

Exemple de suibokugaVue d’Ama no Hashidate, SESSHÛ, 1501, Musée national de Kyoto

Vos domaines de recherches se centrent principalement sur les légendes et croyances japonaises. Qu’est-ce qui vous passionne dedans ?

Mes intérêts japonologiques et mes recherches tournent autour de trois foyers thématiques : la mythologie ancienne, la dynamique de la religion syncrétique (shintô-bouddhique, shintô-confucéenne), et la réception-transformation des catégories philosophiques chinoises au Japon. Dans les trois cas, j’essaie de montrer la créativité de la culture japonaise qui, loin d’imiter servilement la Chine, a créé sans cesse de nouveaux systèmes originaux.

Parmi les mythes fondateurs du Japon, quel est votre préféré et pourquoi ?

Tous les mythes japonais sont intéressants, mais le très riche complexe narratif qui met en scène les dieux d’Izumo (Susanoo et Ôkuninushi) me captive tout particulièrement, et cela, pour trois raisons. D’une part, cette « mythologie d’Izumo » reflète indirectement les soubresauts qui ont accompagné la formation du Yamato [NDLR : première entité politique du Japon, qui était située dans l’actuelle région de Nara]. D’autre part, on est frappé par l’archaïsme de certains de ses éléments, qui semblent plonger leurs racines dans les strates paléo-asiatiques des cultures de l’Asie. Et enfin, j’apprécie le mariage entre poésie et narration qui donne cette tonalité si particulière au geste d’Ôkuninushi.

Statue en bronze d’Ôkuninushi avec une statue du lapin blanc d’Inaba (Pixabay)

Vous avez rédigé plusieurs ouvrages et articles sur la mythologie japonaise. Votre nouveau livre, Les 100 légendes de la mythologie japonaise, est paru en janvier 2022 aux éditions « Que sais-je ? ». Qu’est-ce qui vous a amené à l’écrire ?

Après avoir commis plusieurs publications techniques et assez peu « lisibles » sur le sujet, j’ai estimé qu’il pouvait être utile d’écrire un petit livre de vulgarisation pour donner au lecteur non spécialiste une vision d’ensemble de la mythologie japonaise, qui n’est pas intégrée dans la culture générale de l’Occidental, à la différence de ses « rivales » gréco-romaine, indienne ou germanique.

Cette idée sans corps qui sommeillait en moi a été fort opportunément « réveillée » quand le directeur de la collection « Que sais-je ? » m’a proposé spontanément d’assurer la rédaction du volume consacré aux mythes japonais.

Comment avez-vous opéré pour sélectionner ces 100 mythes ?

Les règles de la collection « 100 légendes de… » imposent un ordre alphabétique qui permet au lecteur de se « promener » dans le texte sans nécessairement respecter la succession des articles. Le premier défi a consisté à compenser cette structure aléatoire par des articles généraux placés soit en début soit en fin d’ouvrage afin de donner un peu d’organicité à l’ensemble. Le deuxième défi a été de répartir les informations contextuelles trop lourdes pour être placées en introduction dans des rubriques dédiées qui sont plus des analyses ethnographiques ou historiques que des résumés de légendes (tombeaux, funérailles, divination, pavillons d’accouchement, noms des empereurs, etc.).

Quant au choix des légendes, il résulte d’un compromis entre la nécessité de présenter les épisodes les plus importants et la volonté de faire la lumière sur des récits ou des personnages peu connus. La collaboratrice du directeur de la collection a fait preuve de beaucoup de compréhension et ses interventions ont permis de donner plus de vie à l’ensemble.

À qui s’adresse votre ouvrage ?

J’ai tenté de rester fidèle à l’esprit de la collection qui exige un équilibre entre vulgarisation et sérieux scientifique. L’ouvrage ne s’adresse évidemment pas aux spécialistes, bien qu’il rappelle à l’occasion certains débats entre experts et présente l’état de l’art actuel : il a vocation à intéresser le lecteur cultivé et à guider l’étudiant qui fait ses premiers pas dans le domaine.

Qu’espérez-vous transmettre à travers celui-ci ?

À la fois un tableau général de la mythologie japonaise et certaines clés de lecture. Je me suis en particulier efforcé de bien marquer la différence entre ce qu’on pourrait appeler la « signification archétypale » d’un mythe et la modulation proprement japonaise de ce sens universel. Car la mythologie se signifie toujours deux fois : en amont, du côté de son origine et en aval, du côté de sa contextualisation locale.

Takemikazuchi chevauchant un poisson géant capable de provoquer des séismes (auteur inconnu)

Lorsque vous parlez de Tsukiyomi no mikoto, vous dites qu’il est présenté à tort comme un dieu de la lune. Ce genre d’erreurs sont-elles le plus souvent dues à la traduction et à l’adaptation, ou sont-elles aussi admises par les Japonais aujourd’hui ?

Certaines erreurs sont en effet dues à des contresens linguistiques : par exemple, dans la traduction française du Kojiki (Masumi SHIBATA), le dieu de l’épée [NDLR : Takemikazuchi, aussi connu sous le nom Kashima] descend dans la province d’Izumo et s’assied DEVANT son épée. Les traducteurs ont mal compris le sens de la préposition « saki » : en fait, le dieu s’installe sur la pointe de son épée pour se manifester aux hommes.

D’autres erreurs d’interprétation découlent du fait que les Occidentaux projettent sur les mythes japonais des catégories ou des motifs qui n’ont de pertinence que dans les horizons gréco-romain ou germaniques

À travers votre ouvrage, vous comparez plusieurs mythes à des légendes d’autres peuples plus éloignés, comme les germains justement. Pensez-vous qu’il s’agit là uniquement de coïncidences ?

Certains parallèles n’ont qu’une valeur « pédagogique ». Mais il est incontestable que les ressemblances profondes que je relève parfois (surtout lorsqu’elles impliquent toute une série de traits communs) pointent en direction d’une origine unique : la descente dans le Pays des racines, l’épouse surnaturelle et le meurtre du dragon sont des récits trop typés pour être nés simultanément et fortuitement dans des aires culturelles éloignées. Pour prendre un autre exemple, le complexe du « bébé pleurard » se rattache manifestement à une constellation narrative archaïque (paléo-sibérienne) qu’on retrouve dans le monde amérindien… [NDLR : Alain Rocher reprend ici et dans son livre l’hypothèse de Claude Lévi-Strauss qui rapproche le dieu Susanoo du dieu amérindien Baitogogo, cf. p.102]

La mythologie étant un « mille feuilles », les ressemblances entre deux aires se situent à des niveaux différents et à des stades historiques distincts. Il ne faut pas confondre parenté structurelle ancienne et emprunts récents…

Comparé aux autres mythologies, qu’est-ce qui fait selon vous la spécificité des croyances japonaises ?

D’une part, le Japon ancien se distingue de la Chine dans la mesure où il a maintenu en vie une forme de « pensée sauvage » jusque dans la haute culture (la Chine « officielle », confucianisée, pense le cosmos comme un système autorégulé, sans commencement ni fin).

En outre, le polythéisme japonais, grâce à la plasticité de ses métamorphoses et de ses recombinaisons, a mieux résisté à la modernisation que les grands monothéismes : il refait surface dans les sectes néo-shintô, et alimente la littérature fantastique.

Merci beaucoup à vous d’avoir consacré de votre temps pour répondre à nos questions.

Ouvrages complémentaires sur les contes et mythologies japonaises

Afin d’étayer cet article, l’équipe vous propose 3 autres ouvrages afin d’aller plus loin sur le sujet des mythes fondateurs, sur les contes historiques et les récits qui ont formé le folklore japonais au fil des siècles. Trois ouvrages récents s’ajoutent ainsi au précédent afin d’offrir encore un autre regard sur le sujet.

Ohanashi de Yoshimi KATAHIRA (éditions Akinomé)

Couverture de l'ouvrage Ohanashi aux éditions Akinomé

©Akinomé

Ohanashi de Yoshimi KATAHIRA est un très beau recueil de 5 contes traditionnels japonais très connus des enfants au Japon, mais encore relativement méconnus en France, alors qu’ils sont souvent fondamentaux pour comprendre la culture japonaise et qu’on les retrouve dans la littérature, les animés, les mangas, et même les jeux vidéo et les films. C’est donc une belle initiative de cet auteur illustrateur qui a d’abord produit ses dessins pour des expositions, puis qui sont devenus un livre grâce aux éditions Akinomé.

Ce n’est pas un manga, mais une succession de superbes planches en noir et blanc avec un court texte qui permet de découvrir ces 5 contes :

  • Le conte de la grue : un jeune homme sauve une grue blessée et l’année suivante une belle jeune femme s’installe chez lui et tisse de sublimes kimonos… Mais l’harmonie se brisera lorsqu’il voudra regarder dans sa chambre la nuit alors qu’elle le lui avait interdit.
  • Hoitchi le joueur de biwa : c’est un Kaidan, conte d’horreur, que l’on découvre ici. Un jeune garçon aveugle et pauvre joue admirablement du biwa. On vient le chercher un soir pour qu’il vienne raconter d’anciennes histoires à un seigneur dans son palais… Mais les esprits rôdent et le maître bouddhiste du jeune aveugle écrira le sutra du cœur sur son corps pour le protéger de ces esprits malfaisants. Mais cela sera-t-il suffisant ?
  • La montagne katchi-katchi met en scène un tanuki qui mange les légumes du champ d’un vieux couple. Capturé, il réussit à s’échapper et se venge cruellement. Mais un lapin bienveillant lui fera payer son crime odieux. Car le lapin peut être plus malin que le tanuki affamé !
  • Yamamba et les trois amulettes : là encore, on découvre un démon des montagnes que le jeune Kozô doit affronter. Mais malgré les amulettes que lui a donné son maître bouddhiste, Yamamba est difficile à contenir. Peut-être que le maître aura la solution…
  • Taro Urashima : c’est peut-être un des contes que l’on connaît le plus en France car il a fait l’objet de plusieurs publications souvent superbement illustrées (chez Issekinicho, chez Nobi nobi ! aussi par exemple). On retrouve donc ici ce jeune homme qui sauve une tortue maltraitée par une bande d’enfants. Celle-ci pour le remercier l’emmène dans les profondeurs de l’océan dans un superbe palais où vit la princesse Otohimé. Mais lorsqu’il voudra rentrer chez lui, il comprendra que le temps s’est écoulé beaucoup plus vite qu’il ne le pensait…

Le livre est remarquable par beaucoup d’aspects :

  • les dessins en noir et blanc sont magnifiques : ils utilisent aussi bien l’encre de Chine que le marqueur noir, le crayon papier, la gouache blanche et le fusain pour un résultat jouant sur la finesse des traits (la jeune femme du conte de la grue est d’une finesse et d’une beauté à couper le souffle), les ombrages, les motifs, les formes fantomatiques. Il est impressionnant de voir comment on peut créer autant d’effets avec du noir et du blanc ! Ainsi dans Hoitchi le joueur de biwa, le noir se pare de mots écrits et de motifs que l’on découvre en s’approchant du papier, en le mettant à la lumière, c’est impressionnant ! Parfois les traits sont simples mais très expressifs comme ceux du lapin et du tanuki. Parfois, les détails sont impressionnants comme ceux du kimono du conte de la grue. Un travail d’artiste qui émerveille !
  • les notes explicatives permettent de connaître l’histoire de chaque conte, son origine, ses symboles, la différence d’approche par rapport aux contes occidentaux (les contes japonais finissent souvent « mal »), la source d’inspiration qu’ont été ces contes pour les films du studio Ghibli entre autres.
  • le livre comporte un lexique spécifique à chaque conte, ainsi qu’une version bilingue de chaque conte très intéressante pour ceux qui apprennent le japonais.

Un très beau livre qui permettra aux petits et aux grands de découvrir les plus grands contes traditionnels japonais. Attention cependant avec les plus jeunes car les personnages peuvent être vraiment effrayants ! (Alice)

Fables et légendes japonaises de Ippei OTSUKA (éditions Ynnis)

©Éditions Ynnis

Fables et légendes japonaises est une série d’ouvrages de l’auteur Ippei OTSUKA aux éditions Ynnis . Le premier tome est paru il y a tout juste un an, et on vous l’avait présenté dans un article dédié. Cette année, l’auteur revient avec le deuxième tome paru le 9 février. Dédié aux créatures fantastiques, cette fois-ci, c’est l’occasion pour Journal du Japon de vous présenter à nouveau cette collection que l’on affectionne tout particulièrement.

Fables et légendes japonaises sont des recueils de contes connus et méconnus qui ont marqué la culture japonaise : le premier ouvrage présente de grands incontournables, tels que La légende de Taro Urashima, ainsi que des moins connus, comme Daidarabotchu le géant tyrannique, le tout sans thème particulier si ce n’est de plonger le lecteur dans le monde mystique de l’imaginaire japonais ; tandis que le second ouvrage se concentre sur les contes qui impliquent des créatures fantastiques comme des yôkai, avec Okon le renard filou, ou des kami, avec Le Dieu du Tonnerre et le mûrier.

©Éditions Ynnis

Au total, ce sont pas loin de 18 contes répartis en deux livres qui plongent le lecteur dans ces histoires japonaises qui ont marqué le peuple, l’art et les mœurs.

Bien que les deux tomes de Fables et Légendes japonaises ne soient quasiment pas illustrés (seule la première page du chapitre présente une illustration du ou des personnages principaux du conte), ce qui démarque ces recueils et fait toute la différence est un petit plus non négligeable : la contextualisation du récit qui suit chaque conte ! En effet, après avoir présenter la fable avec ses mots, l’auteur s’attarde à parler de tout ce qui l’entoure et de l’impact de cette réflexion sur la société japonaise. Une analyse simple et efficace, qui permet de mieux saisir l’importance du récit.

Enfin, il faut noter le prix abordable de ces ouvrages : à 12,90 euros le livre, les Éditions Ynnis proposent à un large public de découvrir le folklore japonais à travers des textes simples et accessibles même aux plus jeunes. Un cadeau idéal pour tous les amoureux du Japon ! (Roxane)

Histoires japonaises – Contes traditionnels de monstres et de magie de Kotaro CHIBA (éditions Nuinui)

Couverture de Histoires japonaises contes de monstres et de magie aux éditions Nuinui

©Editions NuiNui

Vous l’aurez compris avec le premier livre de cet article thématique, et avec les suivants, avec le reste de l’équipe, on vous propose de vous pencher de façon plus abordable dans le folklore japonais, la mythologie japonaise, les contes oraux ou écrits qui font le sel de la culture japonaise et les légendes qui continuent d’alimenter aujourd’hui encore les artistes d’aujourd’hui (illustrateur, mangakas, réalisateurs…).

Avec Histoires japonaises – Contes traditionnels de monstres et de magie, vous pourrez compléter à merveille les différents récits abordés précédemment. Vous retrouverez le récit du fameux joueur de biwa, mais vous retrouverez également des récits plus iconiques ayant inspirés nombre d’artistes à l’instar du célèbre conte de Momotaro ou de la jeune fille du clair de lune née dans un bambou (repris dans un film du studio Ghibli). L’ouvrage est de belle facture et possède de belles illustrations d’avant récit et de double-pages illustrées représentant le thème à venir. Histoires japonaises est en effet séparé en trois grandes thématiques : le voyage, les monstres et fantômes et pour finir, la justice. Ainsi dans le premier thème vous retrouverez les récits de voyages initiatiques tel celui de Momotaro née d’une pêche ou celui de L’Heureux Chasseur et l’Habile Pêcheur. Le second thème donne la part belle à des récits comme celui de la Yuki-Onna ou du Rokurokubi. Enfin le dernier thème offre un regard juste par des récits aux morales acérées tels ceux du Fermier et du blaireau ou encore celui du Miroir de Matsuyama.

Autant de récits différents et variés qui sauront ravir petits et grands. Pour certains, cela sera une piqûre de rappel. Quand pour d’autres, ce sera un réel émerveillement de découvrir toutes ces histoires ne finissant par toujours si bien. Un bon moyen de découvrir la culture japonaise autrement, d’en comprendre les tenants et aboutissants et connaître les inspirations de nombreuses autres histoires par la suite. Un livre à la mise en page épurée et simple qui fait mouche, tout en couleurs pour les illustrations réalisées par Kotaro CHIBA et au fond orangé qui donne un aspect ancien sympathique. Une jolie immersion dans ces textes anciens qu’on vous recommande chaudement. 15 textes vous attendent ainsi permettant de compléter les deux ouvrages précédents. Le bonus le plus intéressant étant les sources présentes à la fin du titre qui permet de savoir d’où proviennent les références ici présentées, et peut-être qui sait vous pousser à en découvrir encore davantage sur ce sujet si vaste ! Un bon moyen de s’immerger dans la culture japonaise ! (Charlène)

1 réponse

  1. ght dit :

    Chouette merci

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