GTO Paradise lost : que vaut le grand retour d’Onizuka ?

Le revoilà ! Le meilleur prof du monde, Eikichi Onizuka, a fait son grand retour en 2016 dans une nouvelle série intitulée GTO Paradise Lost, pour le plus grand plaisir de ses fans. Mais est-ce que cette nouvelle aventure est à la hauteur des précédentes ? FUJISAWA réussit-il à renouveler le personnage d’Onizuka ? A-t-il besoin de le faire ?

Avec la sortie du 5e tome aux éditions PIKA, il est temps de dresser un premier bilan de ce nouvel épisode de la saga !

GTO Paradise Lost © Tôru FUJISAWA / Kodansha Ltd.

GTO Paradise Lost © Tôru FUJISAWA / Kodansha Ltd.

Onizuka, un personnage qui a du vécu

Est-il encore nécessaire de présenter le héros de la série ? Il est blond, il a 22 ans, il est toujours puceau et traîne derrière lui un passée de Bosozoku (membre d’un gang de motard japonais). Il s’est donné pour mission de devenir le Great Teacher Onizuka, le meilleur professeur du Japon.

GTO Paradise Lost © Tôru FUJISAWA / Kodansha Ltd.La série initiale, publiée pour la première fois en 1997 au Japon, et en 2001 en France,  comporte 25 volumes qui ont fait le succès de l’œuvre. Par la suite, 9 tomes de GTO Shônen 14 Days sont publiés entre 2009 et 2011 au Japon (et à partir de 2011 en France) et narrent des faits se déroulant durant la trame principale de GTO, au moment où Onizuka s’enfuit de l’hôpital et doit trouver une planque à Shonan !

A côté de ces séries principales sur le Onizuka adulte, on trouve la délirante série Young GTO dont les protagonistes sont Onizuka et son ami Ryuji jeunes, à l’époque où ils formaient le redoutable Onibaku Combi ! Disponible chez PIKA Edition également depuis 2005, cette série date de 1991 et a repris vie grâce au succès de son aînée !

D’autres séries parallèles existent – que nous aborderons d’ailleurs plus tard dans l’article – mais rien qu’avec le héros de la série on cumule déjà un total de 65 tomes… Malgré tout, il semble qu’Onizuka a encore des choses à dire ! La preuve avec la série que nous abordons aujourd’hui, GTO Paradise Lost, qui se présente comme la suite tant attendue de GTO et se situe 2 ans après la conclusion de GTO.

 

Le Great teacher revient-il pour le meilleur ?

L’histoire débute avec un Onizuka en prison qui explique à ses codétenus comment il a atterrit en cellule. Avant d’en arriver là on sait juste que, cette fois, il a hérité d’une classe d’adolescents stars de l’école Kisshô et, qu’une fois encore, notre héros fantasmait sur les bénéfices qu’il pourrait tirer des jeunes starlettes…

GTO Paradise Lost © Tôru FUJISAWA / Kodansha Ltd.

Au fil de sa narration, on replonge dans l’ambiance lycée et salles de classe, avec ses lycéennes sexys et ses profs à bout de nerfs. Les nouveaux élèves d’Onizuka ont tous de sérieux problèmes et notre héros va donc tenter de le résoudre, un par un.

Onizuka est cette fois-ci en charge d’une classe un peu particulière : la Classe G, et ses élèves qui sont tous de jeunes stars, plus ou moins fameuses. Problèmes d’ego, histoires de fans, monde du spectacle… les problèmes abordés ici sont aussi bien liés à l’adolescence qu’à l’univers impitoyable du show biz. Mais notre Great teacher n’a pas froid aux yeux et ses méthodes, qui ont fait leurs preuves dans le passé, pourront peut-être remettre ses petites stars dans la bonne direction.

Le schéma, identique à celui des séries précédentes de Tôru FUJISAWA, est donc déjà un classique : Onizuka débarque, les élèves et les autres profs s’en méfient et il rencontre des problèmes, qu’il finit par résoudre en mettant tout le monde de son côté. Ce n’est pas le Great Teacher pour rien. Cependant, on constate que l’auteur semble avoir quelques difficultés à sortir de ce type d’histoires…

Les tentatives de FUJISAWA de créer de nouvelles séries se soldent souvent pas des résultats en demi-teintes. Des one-shots comme ce fut le cas avec GT-R, une aventure de Ryuji Damna, ou des séries qui ont pris fin rapidement comme Ino-Head Gargoyle (qui conte les aventures du policier Saejima, lui aussi protagoniste de GTO) et qui s’est arrêtée au bout de 5 volumes nous pousse à nous demander si l’auteur est trop attaché à cet univers et ses personnages, ou s’il éprouve quelques problèmes à innover.

On trouve même actuellement un autre spin-off en cours de parution en France, Shônan Seven chez l’éditeur KUROKAWA, qui reprend le cadre de GTO avec le lycée Tsujidô qui accueillit l’Onibaku combi…Une nouvelle génération tente ici de reprendre le flambeau.

Et donc, finalement, est-ce pour autant lassant ? Voyons ce qu’il en est pour ce GTO paradise Lost.

 

Rompre les liens et innover ou au contraire persister ?

On comprend rapidement que Tôru FUJISAWA connaît parfaitement son personnage. Qu’il l’aime tout particulièrement. Ainsi, dans cette nouvelle série, on retrouve le Onizuka que l’on connaît. Provocateur, bagarreur, pervers, mais également héros au grand cœur. Ses amis Ryuji le motard et Saejima le flic corrompu ainsi que le sous-directeur Uchiyamada sont également de la partie. De ce fait, le lecteur est en terrain connu et retrouve avec plaisir les piliers de la saga.

Durant ces premiers volumes, l’auteur arrive à alterner les points de vue, avec notamment quelques chapitres focalisés sur Uchiyamada (et sur un ours… !) et on suit les péripéties qui ont conduit Eikichi en prison avec joie. Les nouveaux élèves sont attachants, bien qu’un peu moins charismatiques que les précédents, mais le milieu dans lequel s’ancre les histoires est vraiment intéressant.

GTO Paradise Lost © Tôru FUJISAWA / Kodansha Ltd.

GTO Paradise Lost © Tôru FUJISAWA / Kodansha Ltd.

C’est donc de ce mélange de baston, d’humour et d’analyse sociale pertinente que GTO tire toute sa force. Si on devait résumer le scénario et la narration de GTO Paradise Lost, disons que la série s’appuie sur les deux premiers ingrédients comme l’on fait ses prédécesseurs et innove en focalisant la critique sociale sur le monde du show-business.

Coté humour, d’abord : on rigole souvent, avec des dessins de visages totalement loufoques, ou des situations cocasses. Le coup de crayon de l’auteur fait mouche, et l’humour, pas toujours très fin, plaira tout de même aux amateurs, comme cette scène où Onizuka recouvre les jeunes Idols de crapauds avant de s’autoproclamer Chef des Crapauds ! Coté baston, ensuite, les phases d’affrontement sont toujours aussi délectables. Violentes et fun à la fois, on assiste à des combats durant lesquels les visages s’écrasent sous les coups de poings du héros, avant que les vaincus ne se mettent à pleurnicher en se confondant en excuses !

Enfin FUJISAWA nous donne donc un aperçu de l’envers du décor du monde des Idols et autres J-pop Band. De cet univers qui nous semble fait uniquement de couleurs, de sourires, dans un style Kawaii généralement très dynamique, on découvre les méthodes ignobles utilisées par certains managers pour vendre leur starlette, les coups bas entre artistes et les crises égocentriques de jeunes propulsés au sommet beaucoup trop tôt.

GTO Paradise Lost © Tôru FUJISAWA / Kodansha Ltd.

GTO Paradise Lost © Tôru FUJISAWA / Kodansha Ltd.

Sans forcément juger, l’auteur dénonce plutôt un monde sale et malsain dans lequel baigne la criminalité organisée et diverses crapules peu recommandables. Il est intéressant de penser que les lecteurs de GTO Paradise Lost peuvent être les mêmes qui écoutent  de la J-pop, et qu’en présentant les choses ainsi, Tôru FUJISAWA fait comme le personnage de sa fiction : il tente de leur ouvrir l’esprit et de leur faire comprendre les notions basiques de bien, de mal, de tolérance ou d’acceptation face à l’inacceptable.

GTO est donc, plus que jamais, un des mangas les plus en phase avec son temps. Dans les thématiques traitées dans le manga, on retrouve bon nombres de problèmes très actuels : les dérives de la technologie avec des informations qui circulent à toute vitesse (qu’elles soient vraies ou fausses, peu importe), le choc générationnel à travers la relation entre le sous-directeur et sa fille, la place des seniors dans la société, et bien entendu le système scolaire et sa rigidité (au Japon en l’occurrence mais la critique peut s’étendre au système scolaire en général).

Ces sujets parlent à plusieurs générations puisque ce sont des thèmes récurrents et nombreux sont les lecteurs qui peuvent s’identifier à l’un ou à l’autre de ces thèmes. Et c’est là ou GTO Paradise lost, comme l’avait fait GTO en son temps, marque des points. En traitant de sujets qui nous touchent au quotidien, dans un équilibre bien dosé entre sérieux et humour qui caractérise ce manga, il réussit à séduire à nouveau.

 

Faut-il suivre les leçons d’Onizuka cette fois encore ?

En continuant à s’appuyer sur des personnages qu’il maîtrise, l’auteur réussit jusqu’ici à développer de nouveaux sujets et à introduire de nouveaux personnages : en bref, des situations nouvelles pour son œuvre. Est-ce suffisant pour convaincre les lecteurs de se plonger dans un univers qu’ils connaissent déjà bien ? Tout dépend le lecteur de GTO que vous êtes…

Si par le passé, vous vous êtes pris d’affection pour Onizuka et sa bande d’amis et de collègues, il y a fort à parier que cette nouvelle saga du Great Teacher vous décroche quelques sourires. Pas de surprises à la lecture mais la sensation agréable de retrouver une vieille connaissance, que l’on suit avec plaisir dans ses nouvelles péripéties.

Pour les nouveaux venus, si vous êtes tentés par les aventures de ce prof aux méthodes particulières, autant débuter la saga avec GTO, avant de lire ce GTO Paradise lost qui en reprend les grandes lignes.

Avec des volumes qui paraissent tous les 2-3 mois, cette nouvelle série reste dans tous les cas un divertissement savoureux qui viendra égayer vos lectures, pour profiter encore un peu du célèbre professeur !

 

Mickael Lesage

J’ai découvert le Japon par le biais d’un tome de Dragon Ball il y a fort longtemps et depuis, ce pays n’a jamais quitté mon cœur…ni mon estomac ! Aussi changeant qu’un Tanuki, je m’intéresse au passé, au présent et au futur du Japon et j’essaie, à travers mes articles, de distiller un peu de cette culture admirable.

1 réponse

  1. 25 juillet 2017

    […] Quest) durant mon enfance, puis j’ai continué sur ma lancée avec de gros succès tels que GTO ou encore Naruto. Aujourd’hui, vu que je travaille pour les éditeurs actuels, je lis tous […]

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