A la découverte de la région d’Akita : entre saveurs et traditions

Les 3 et 4 novembre derniers, avait de nouveau lieu le salon Cool Akita, à l’Espace Cinko, dans le 2ème arrondissement de Paris. Ce salon était l’occasion de mettre en lumière une région encore méconnue du grand public : la préfecture d’Akita située dans la région du Tohoku au nord-est de l’île principale du Japon. Ayant pour but de faire connaître les traditions de la ville et de ses alentours, des dégustations, des savoir-faire artisanaux et des animations ont été mis à l’honneur.

Les différents alcools produits dans la préfecture

Cette année, les visiteurs pouvaient titiller leurs papilles grâce aux nombreux sakés proposés à la dégustation. La maison Hinomaru Jozo était notamment présente pour faire découvrir deux sakés, très différents l’un de l’autre : le Junmaï Daïginjo Mansaku No Hana Yamadanishiki 45 et le Tokubetsu Junmaï Umakara Mansaku. Produits avec des riz différents, le premier propose un goût léger et fruité que l’on pourrait consommer en accompagnement de viandes blanches par exemple, tandis que le deuxième est plus sec et conviendrait mieux avec des fruits de mer.

Cool Akita in Paris-1

La ferme Aikawa était également présente avec sa dernière nouveauté, le Sakurando no awa. Il s’agit là d’un alcool pétillant conçu avec des cerises typiques de la région d’Akita, les Beni Sayaka. Cet alcool est le premier alcool japonais réalisé à base de 100% de jus de cerise sans ajout exhausteurs de goût. Très léger en bouche, le goût de la cerise est vraiment présent sans pour autant étouffer la légère amertume de l’alcool.

 

La nourriture typique d’Akita

Il était également possible de déguster de nombreux mets originaires de la région d’Akita comme les Inaniwa-Udon, nouilles fabriquées selon une tradition vieille de 400 ans. Le processus de production dure en tout 4 jours et demande un certain savoir-faire. La dégustation pouvait se faire froide, assaisonnée de bouillon et de sauce de soja créant un léger goût sucré en bouche.

Inaniwa-Udon

Des tsukemono, légumes macérés, produits à Ogachini Kimuraya, étaient également proposés à la dégustation. Dans ce type de production, les légumes sont macérés avec le moins de produits adjuvants possibles afin de conserver toutes leurs saveurs. Il était possible de savourer du radis blanc macéré, appelé Iburigakko, ainsi que des carottes macérés. Derrière le croquant du légume, se révèle une saveur légèrement salée mais très agréable et qui plairait à petits et grands.

Des petits pains, réalisés à base de Shirakami Kodama, une levure récupérée naturellement dans les montagnes Shirakami-Sanchi (site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO) dont le goût pour des Français, s’approcheraient davantage d’une sorte de brioche salée.

Enfin, en exposition-vente, les Hana-maitake, spécialité de la région. Ce sont des champignons séchés réputés pour renforcer le système immunitaire tout en limitant l’absorption de cholestérol. Ils peuvent se déguster notamment cuits au vin blanc et revenus dans des nouilles.

Le travail traditionnel du bois

Cool Akita 2017 proposait également la découverte du travail traditionnel du bois dans la région d’Akita.

La maison Tarutomi Kamata, fondée en 1846, a forgé sa réputation sur sa fabrication de barillets en cèdre d’Akita destinés à la prudction de sauce soja. Elle était sur le salon pour présenter une nouvelle gamme de produit artisanaux allant des coupelles à saké aux mugs de dégustation de bière en passant par des accessoires de cuisine.

Travail de la laque sur bois, spécialité de la préfecture d'Akita

Travail de la laque sur bois, spécialité de la préfecture d’Akita

La maison Jujiro, spécialiste de la laque sur bois, était également présente avec sa collection de verres à saké traditionnels. Produits dans la ville de Yuzawa au sud de la préfecture d’Akita, ces produits sont considérés comme des oeuvres artistiques qui doivent être reconnus et agréés par l’état japonais. Ils sont réalisés à base de bois de marronnier japonais, fumé et séché. Afin d’obtenir l’aspect brillant, une couche de laque pure, répondant au nom de Kawatsura et dont la recette est secrète, est appliquée sur les pièces.

 

Un invité divin

Lors de cette édition, un invité exceptionnel était parmi nous. Présenté au cours d’une vidéo, le dieu Namahage a fait ensuite sont entrée et réalisé une danse traditionnel devant un public admiratif. En réalité, le dieu Namahage est un démon associé aux dieux propices de la nouvelle année. Un rituel lui est consacré en hiver dans la préfecture d’Akita. Chaque année, un groupe de jeunes hommes du village se déguisent en Namahage et partent visiter les maisons à la recherche des « mauvais » enfant dans le domicile. Le but du Namahage est de remettre les enfants dans le droit chemin, de façon à ce qu’ils aient un comportement irréprochable plus tard. Cependant, considérant un décès comme une mauvaise augure et afin d’éviter de contrarier les esprits déjà présents, les Namahage n’entrent pas dans les maisons des familles ayant vécu un décès dans l’année écoulée.

 

Les danses traditionnelles

Un danseur originaire de la région d’Akita, Yoshitaka SUZUKI, était également présent. Il explique dans une vidéo diffusée lors de la rencontre, son parcours personnel et professionnel et nous raconte que dans sa jeunesse, il avait une mauvaise opinion de sa région d’origine et que c’est pour cette raison qu’il a choisi de partir et de parcourir le monde. Devenu danseur professionnel, il est revenu à Akita il y a quelques années, et a découvert sa région d’origine sous un nouvel angle. Réalisant alors que sa région regorgeait de trésors et de traditions magnifiques. Il nourrit, depuis, sa passion pour la danse avec les danses traditionnelles de sa région. 

Yoshitaka SUZUKI a notamment appris la danse  traditionnelle du sabre qu’il a pu exécuter sous les yeux du public venu le rencontrer. Concentré, ces gestes étaient précis et maîtrisés. Proposant un jeu de jambe d’une vitesse impressionnante, ce jeune danseur a su captiver son public. Yoshitaka SUZUKI parcourt actuellement le monde afin de faire découvrir les traditions de sa région d’origine, Akita.

Cool Akita est un salon plus spécialisé qui permet un véritable focus sur une région du Japon. La préfecture d’Akita, peu touristique encore, possède ses charmes qui raviront notamment les amoureux de la nature et du bon et du beau. c’est définitivement un salon noter dans vos agendas en complément de celui du Cool Japan

Juliet Faure

Tombée dans la culture japonaise avec le célèbre "Princesse Mononoké" de Miyazaki, je n'ai depuis jamais cessé de m'intéresser à ce pays. Rédactrice chez Journal du Japon depuis 2017 et Responsable de la section Jeux Vidéo depuis peu, je suis devenue la yakuza de l'équipe. Plutôt orientée RPG et Seinen, je cherche à aiguiser de nouvelles connaissances aussi bien journalistiques que nippones.

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1 réponse

  1. 28 octobre 2018

    […] A Akita, dans le nord de l’archipel, notons l’existence du célèbre rituel du Namahage (生剥) la vieille du Nouvel An. Tels des pères fouettards nippons, des jeunes gens du village se masquent en Oni rouges et bleus et menacent d’emporter les enfants qui n’écoutent pas leurs parents. Sake et gâteaux de riz (mochi) leur sont offerts pour apaiser la colère des démons. Appréciant l’hospitalité, ils quittent les lieux tout en bénissant le foyer et leurs habitants pour qu’ils passent une année dans la santé et dans la prospérité grâce à des récoltes très fructueuses. Vous pouvez en savoir davantage en lisant notre article dédié à la cuisine et aux traditions d’Akita. […]

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