Paroles de Trad’ : Yohan Leclerc, du manga historique à Kaoru MORI

Parce que nos mangas favoris ne le seraient pas si leurs traducteurs n’étaient pas présents pour nous restituer l’essence de leurs récits, Journal du Japon part à la rencontre de Yohan Leclerc, spécialiste en la matière. Free-lance depuis bientôt une dizaine d’années, il est à l’origine de la traduction de titre comme Bestiarius, Brides Stories ou encore Le 3e Gédéon, des œuvres riches autant dans leurs dessins que dans leurs dialogues. C’est avec passion qu’il a répondu à nos questions sur les subtilités de son métier dans une interview fascinante.

Yohan Leclerc, parcours d’un traducteur de manga

Journal du Japon: Bonjour Yohan, merci de nous avoir accordé du temps pour répondre à nos questions. Pour commencer est-ce que tu pourrais nous expliquer un peu ton parcours jusqu’ici ?

Yohan Leclerc: J’ai d’abord fait un master LCE japonais à Lyon, dont la dernière année s’est déroulée à l’université japonaise de Musashi à Tokyo. J’ai ensuite passé une année de licence d’anglais à St Etienne, où j’ai rencontré un très bon prof de traduction qui m’a recommandé pour le master de traduction professionnel d’Aix-en-Provence. À l’époque, c’était la seule formation de traduction qui proposait du japonais. À la fin de celle-ci, j’ai fait un stage de trois mois dans une société de traduction à Shinjuku, à Tokyo. Parallèlement, pendant mon année de licence d’anglais, j’ai commencé à postuler et prendre contact avec des gens de l’industrie dans des maisons d’édition, des boîtes de traduction de jeux vidéo, anime, manga, etc.

Ça n’a pas porté ses fruits tout de suite mais environ un an plus tard j’ai été contacté par Glénat qui voulait traduire des romans de la série Sky Crawlers. Ils m’ont envoyé un test de traduction portant sur les premières pages de l’un d’entre eux. Du coup j’ai commencé ma carrière de traducteur avec un roman entier alors que je finissais encore mes études.

The Sky Crawlers - Le saut vers l'inconnu © Hiroshi MORI 2010 / Glénat

The Sky Crawlers – Le saut vers l’inconnu © Hiroshi MORI 2010 / Glénat

Comment s’est déroulée cette première traduction ?

Comme pour tous les professionnels, c’était un saut dans l’inconnu. J’avoue que, lorsqu’on m’a demandé dès le début de traduire un roman entier, je me suis demandé si j’allais y arriver. J’avais déjà fait de la traduction, j’étais en train de terminer une formation spécialisée là-dedans, donc je traduisais sans arrêt des textes, mais ce n’étaient que de petits extraits. Alors un texte aussi long dès le début, c’était un peu angoissant, mais tout s’est bien passé.

Et ensuite, comment ta carrière a décollé ?

J’ai passé un peu plus de temps à Tokyo par la suite où j’ai traduit le second tome de la série.

La deuxième rencontre importante a eu lieu lors de mon retour en France, au festival de bande dessinée d’Angoulême. Cette année-là, il y avait justement une table ronde sur la traduction et plusieurs éditeurs de mangas étaient présents. Après avoir écouté la conférence, je suis allé les voir et j’ai fait la rencontre des patrons de Ki-oon. Le contact est bien passé, et quelques jours plus tard, toujours après un test de traduction, je commençais une collaboration. Par la suite, j’ai eu des opportunités chez d’autres éditeurs bien connus comme Kazé, Komikku, etc.

Le travail de traducteur était un de tes objectifs professionnels ? Tu pensais dès le départ spécifiquement au manga, ou tu traduis autre chose ?

Je ne sais pas exactement quand je me suis décidé, mais disons que c’était quelque chose auquel je pensais depuis assez longtemps. J’avais déjà décidé de travailler dans un domaine créatif, plus ou moins en rapport avec le manga, le jeu vidéo ou la littérature. J’aimais aussi beaucoup les langues étrangères de manière générale, donc la traduction me semblait un bon compromis entre tous ces aspects. Ado, je faisais déjà attention à qui traduisait les mangas et j’ai très vite remarqué qu’il y avait des noms qui revenaient souvent, et que la qualité d’une traduction pouvait beaucoup influer sur la qualité du manga en lui-même, donc ça me paraissait un domaine intéressant.

Je ne traduis pratiquement que des mangas, mais je ne suis pas fermé à la possibilité de traduire d’autres types de textes non plus. Malheureusement, mon emploi du temps rend ça un peu compliqué. Traduire un roman demande plusieurs mois de travail et trouver du temps pour un tel projet dans son planning quand on a déjà plusieurs séries en cours avec des dates de rendu précises, c’est très difficile.

Est-ce que tu as eu besoin d’un adaptateur pendant ton travail de traduction ?

Chaque éditeur a son propre système. Ce qu’on appelle aujourd’hui le travail d’adaptation, c’est une partie du travail de traduction. Il y a certaines boîtes qui vont préférer faire appel à deux personnes différentes, mais normalement, un bon traducteur doit savoir faire les deux. Suivant les éditeurs, certains vont fonctionner avec un binôme traducteur/relecteur, d’autres vont plus ou moins laisser le champ libre au traducteur, mais généralement, il y a toujours au moins une relecture par quelqu’un d’autre. Chez certains éditeurs, ce sera le correcteur qui aura le dernier mot, et dans d’autres, après le travail de correction, on va me renvoyer le texte corrigé pour que je vérifie moi aussi et que je fasse d’autres propositions. Pour moi, c’est toujours préférable d’avoir un feed-back et de pouvoir échanger avec le correcteur.

 

Les difficultés du métier : La tournure de phrase oui, mais pas seulement

Quelle est selon toi la plus grosse difficulté dans ton travail ?

Chaque texte va avoir ses propres difficultés, il n’y a pas vraiment de généralités. L’idée dans une traduction, c’est de donner un texte qui soit naturel en français et qui transmette les idées de fond du texte original. Le japonais va avoir une forme tellement différente du français qu’il va falloir tout reprendre de zéro, on ne peut pas faire de mot-à-mot, et d’ailleurs on ne devrait pas, même avec des langues relativement proches l’une de l’autre, comme le français et l’anglais. 

Avec le japonais, on ne peut de toute façon pas se permettre de calquer la phrase originale, sinon elle deviendra illisible. Il m’arrive souvent de bloquer longtemps sur certains passages pour finalement trouver LA solution magique la veille de rendre le texte. Je suppose que c’est dû au fait que quand on s’immerge dans un ouvrage pendant des jours, le cerveau continue à y réfléchir « en fond » même quand on est au repos.

Tu saurais nous dire LE tome qui t’en a fait baver à la traduction et pourquoi ?

La plus grande courtisane de Kyûshû © Kan TAKAHAMA 2015 / Glénat

La plus grande courtisane de Kyûshû © Kan TAKAHAMA 2015 / Glénat

Je dirais que c’est dur à comparer. Il y a des textes qui demandent plus de travail que d’autres, mais les difficultés sont très variées. Certains textes vont être très bien écrits avec beaucoup de nuances et de subtilités, et le challenge sera de réussir à tout conserver en français.

À l’inverse, il peut y en avoir de très mal écrits, et là le défi sera de donner quelque chose de lisible en français en y apportant pas mal de changements.

Un exemple parmi beaucoup d’autres, Le dernier envol du papillon de Kan TAKAHAMA m’a donné du fil à retordre parce que l’histoire se passait dans le Nagasaki du 19e siècle. Tous les personnages parlaient divers dialectes de Kyushu de l’époque, tous subtilement différents, sans compter le vocabulaire des courtisanes qui leur était propre. J’ai presque eu l’impression d’apprendre une nouvelle langue juste pour ce titre.

Un autre qui a pu me donner beaucoup de travail, c’était le tome 4 de Dilemma de Tatsuya TÔJI et HAJIME. Les personnages principaux étaient confrontés à des épreuves à chaque tome, et l’une d’elles consistait à résoudre une grille de mots fléchés. Tout un chapitre portait sur leur raisonnement pour résoudre cette grille, mot à mot, sachant que ceux-ci étaient représentés à l’image. Il fallait donc réussir à recréer une grille qui fonctionne en français, qui garde des mots qui collent au dessin, et surtout qui se remplisse dans le même ordre que l’original. C’était une sorte de casse-tête logique, très différent de ce qu’on rencontre habituellement dans ce métier.

Et le tome dont tu es le plus fier ou celui que tu t’es le plus amusé à traduire ?

Globalement, c’est toujours plus enrichissant de traduire un texte difficile. Et plus satisfaisant quand on parvient à trouver une solution élégante. J’aime beaucoup l’activité de la traduction en soi, donc même un texte que je n’aime pas trop, je vais quand même réussir à m’amuser sur des difficultés de traduction et des tournures. Mais bien sûr, c’est toujours plus agréable et motivant de bosser sur une œuvre qu’on aime.

Est-ce que tu es plus spécialisé dans un type d’œuvre à traduire et qu’est-ce qui t’intéresses particulièrement dans ce domaine ?

Pas vraiment, mais ces derniers temps je me suis retrouvé, un peu par hasard, à traduire un certain nombre de mangas historiques comme par exemple Le couvent des damnées, Le 3e Gédéon ou les œuvres de Kan TAKAHAMA chez Glénat, Divci Valka chez Komikku même Bestiarius chez Kazé, un shônen au style un peu plus fantasy mais situé dans un contexte historique précis, même si c’est très romancé.

Chacun de ces titres va demander beaucoup de recherches, que ce soit pour le fond ou la forme des dialogues. On ne peut pas faire parler les personnages avec un langage contemporain, il faut faire attention aux anachronismes. Le 3e Gédéon par exemple, traite de la révolution française donc un contexte très spécifique et qui plus est familier du lectorat français. Quand j’ai un doute sur un mot, je consulte un dictionnaire étymologique pour vérifier la date de son apparition et s’il était utilisé à l’époque. Et vu que la série met en scène des personnages historiques, comme Robespierre par exemple, je suis allé voir les discours qu’ils avaient écrit, pour m’inspirer de leur façon de s’exprimer.

Même travail pour Divci Valka, qui parle de guerres de religion dans la Bohême du XVe siècle avec même des pages documentaires en plus. J’ai donc dû lire énormément sur les événements historiques, les sociétés de l’époque, etc. Il y a un gros travail de documentation sur ces titres, pour les auteurs comme les traducteurs.

La finesse des mots © Taro NOGIZAKA 2015 / Glénat

La finesse des mots © Taro NOGIZAKA 2015 / Glénat

De manière générale, es-tu plutôt traduction fidèle des références culturelles ou adaptation en fonction du lecteur ?

Ça va dépendre du contexte de l’œuvre. Quand il y a une référence culturelle mais qu’elle a surtout un but humoristique, comme un petit gag par exemple, on aura plus tendance à adapter pour conserver l’effet comique et privilégier la compréhension instantanée de la blague. Par contre, s’il s’agit d’une référence plus ancrée dans le récit et dont les personnages vont discuter en détail, il sera souvent nécessaire de la garder avec une note en bas de page pour pouvoir conserver toutes les nuances.

Au grand air chez nobi nobi !, par exemple, parle de camping dans la région autour du mont Fuji. Du coup, il y a énormément de passages dédiés aux spécialités locales ou encore aux lieux touristiques célèbres. Ces passages incluent beaucoup de termes spécifiques, mais étant donné qu’ils constituent en partie le sujet de la série, on est obligé d’inclure des notes sinon on perd l’essence même de l’œuvre.

De même, comment gérer les explications et leur nécessité en tant que traducteur : c’est toi qui choisis plutôt le lexique, la note de bas de page… comment ça marche ?

En général je rajoute les notes au fil de ma traduction, quand j’estime que c’est nécessaire, mais j’essaie toujours d’en mettre le moins possible. J’en mets quand je vois que c’est vraiment indispensable et que ça ajoute vraiment quelque chose à la compréhension.

Selon les éditeurs, j’aurai peut-être un feed-back qui me signale la nécessité d’apporter une explication en plus ou au contraire d’en enlever. Ce feed-back est vraiment utile, surtout quand on est immergé dans cette culture au quotidien.

 

Traducteur et auteur: quel lien?

Tu fais beaucoup de traduction de l’auteure Kaoru MORI (Emma, Bride stories). Est-ce toi qui as fait la demande de la traduire la première fois ?

Dans tous les cas, en tant que traducteur, il est très rare que je choisisse les titres à traduire. Ce sont les éditeurs qui vont proposer des titres, si ceux-ci m’intéressent et que je suis disponible, j’accepte. Même si c’est très appréciable, il est très rare qu’on me laisse le choix entre plusieurs ouvrages. C’est vrai que je n’ai pas choisi de traduire Kaoru MORI, mais j’étais super content qu’on me l’ait proposé parce que j’étais déjà très fan de l’auteur avant même de devenir traducteur.

Qu’est-ce qui t’a particulièrement attiré chez elle ?

Son magnifique style de dessin et sa façon d’immerger le lecteur dans un contexte spécifique dans les moindres petits détails. On ressent toujours énormément d’empathie dans ses mangas, on sent une très grande humanité, une grande tendresse envers ses personnages. Elle ne se contente pas d’un univers historique froid, elle va toujours chercher à faire ressentir les moindres détails de la vie quotidienne. La façon qu’avaient les gens de s’habiller, de manger, la préparation d’un repas ou encore le travail du bois… Et ce point de vue curieux de tout et très ouvert sur le monde se retrouve aussi bien dans le dessin que l’approche narrative.

Un sens du détail exceptionnel © 2009 Kaoru MORI / Ki-oon

Un sens du détail exceptionnel © 2009 Kaoru MORI / Ki-oon

En tant que traducteur, c’est un gros challenge de traduire ses titres parce qu’ils contiennent des dialogues qui paraissent simples et naturels, mais comportent en fait beaucoup de subtilités. Sans compter l’énorme documentation derrière tous les sujets qu’elle aborde, que ce soit l’Angleterre Victorienne, ou l’Asie centrale du XIXe siècle. Et tout ça sans prendre un ton didactique avec de gros dialogues explicatifs. Tout le travail de documentation est infusé dans l’œuvre, on ne le verra même pas. Du coup, il faut que je me documente moi aussi pour saisir ces petites choses qui ne sont pas forcément visibles à la première lecture, mais qu’il est nécessaire de comprendre si on veut traduire correctement. Pour Emma, je me suis retrouvé à lire pas mal d’œuvres de la période Victorienne, des pièces de théâtre, des opéras… Pour Bride Stories c’était plus compliqué parce qu’il y avait relativement peu de documentation en français sur l’Asie centrale. J’ai dû chercher un peu partout : bibliothèques, articles universitaires…

Mais je suis curieux de plein de choses, et un des plaisirs de mon travail, c’est que chaque titre amène à se documenter sur des sujets totalement différents.

Est-ce qu’il y a un moment dans ton travail où toi, en tant que traducteur, tu es amené à échanger directement avec l’auteur ? Ou est-ce que tout se fait par le biais de l’éditeur ?

Il faut savoir que la règle d’or quand on veut parler à l’auteur, c’est qu’on passe toujours par l’éditeur. Moi, je vais contacter l’éditeur français, qui lui-même va contacter l’éditeur japonais, qui contactera l’auteur si les responsables éditoriaux ne sont pas en mesure de répondre. J’aurai rarement un contact direct avec l’auteur. Et dans les faits, on travaille souvent seul parce qu’on n’a pas forcément le temps ou les moyens de faire remonter les questions. Ça m’est cependant arrivé à quelques reprises. Par exemple avec l’auteur Tsutomu NIHEI (BLAME!, Knights of Sidonia), dont les univers sont toujours extrêmement élaborés. Il a souvent un vocabulaire inventé qui demande autant de temps à traduire que les dialogues. J’ai pu le faire avec DODOMA ou Rudolf TURKEY chez Komikku aussi. C’est toujours formidable d’avoir des réponses claires, même si les questions concernent des détails que pas un lecteur sur dix ne remarquera.

Que peux-tu nous dire du statut de traducteur freelance ? Est-ce une bonne situation selon toi ? 

Pour le domaine spécifique du manga, je pense qu’à partir du moment où les gens sont satisfaits de ton travail, ils feront régulièrement appel à toi. Sans compter qu’il y a beaucoup de bouche à oreille entre les éditeurs. Inversement, si le traducteur n’est pas bon, ça va vite se savoir aussi.

Tu travailles avec plusieurs éditeurs, quelles sont les différences dans leur façon d’aborder la traduction ou dans le travail qu’ils te demandent ?

Chaque éditeur aura ses propres consignes et spécificités. D’un pur point de vue pratique, lors de la numérotation des bulles et des cases, certains vont préférer l’utilisation de lettres ou de chiffres, d’autres vont vouloir mettre les onomatopées et les bulles séparément…

La plupart d’entre eux ont aussi un cahier des charges regroupant les questions de style (quel degré de vulgarité permis dans les dialogues, par exemple) ou de ponctuation et d’orthographe, parfois très spécifiques (est-ce qu’on doit écrire une interjection « eh » ou « hé », par exemple). En dehors de ça, on a généralement une bonne marge de manœuvre.

Est-ce que c’est un métier concurrentiel d’ailleurs ?

Il y a sans doute une concurrence, mais elle sera indirecte. C’est-à-dire que l’éditeur proposera le titre à un traducteur, et si ce dernier décline, il ira faire appel à quelqu’un d’autre. Bien sûr, si on refuse continuellement des projets à l’éditeur, il ne fera plus appel à nous. Aussi, tous les traducteurs de manga n’en font pas leur carrière. Certains font aussi de la traduction d’anime, de jeux vidéo, de roman ou de tout un tas d’autres domaines éditoriaux ou techniques et le manga n’est qu’une partie de leurs activités. Certains traduisent quelques titres puis passent à autre chose, par manque d’intérêt ou d’opportunités… Au final, ceux qui ne font que du manga sont assez peu nombreux, je pense. On tiendrait sans doute tous dans une seule salle de classe.

Yohan Leclerc – Traducteur freelance spécialisé dans le manga

Comment se décide la rémunération ?

En ce qui concerne la traduction littéraire en général, et le manga en particulier, c’est l’éditeur qui propose son tarif. Selon les cas, il y a parfois moyen de négocier. Évidemment, plus on est capable de traduire vite et bien, plus on va pouvoir accepter de titres dans une année, et donc plus on va être rémunéré., mais il y a toujours une limite. La rémunération se fait un peu comme pour les auteurs, concrètement on va toucher des droits d’auteur sur un titre avec une avance sur ces droits au moment de rendre la traduction. Souvent, cela correspond à un tarif fixe par tome. Par la suite, si le tome se vend assez bien pour rattraper et dépasser cette avance, on recevra des droits d’auteur en plus. Mais il y a peu de titres qui se vendent assez bien pour que ces droits d’auteur soient conséquents. Les best-sellers ne représentent qu’une petite partie du marché.

Un petit mot pour nos lecteurs qui seraient intéressés par le métier, un conseil ?

Lire beaucoup, et pas que du manga. Écouter beaucoup aussi. Il faut être capable d’imiter toutes sortes de styles, de façons de parler, de registres de langage… Être un peu caméléon, en somme. Être capable d’identifier et de reproduire les éléments de langage qui font le style d’un roman d’aventure ou d’une comédie du XVIIe, d’un texte administratif, publicitaire ou mystique, d’une présentatrice télé, d’un enfant de cinq ans, d’un militaire ou d’une vieille dame. Tout ce que vous lisez ou entendez peut potentiellement vous servir. 

On en redemande ! Un très grand merci Yohan et très bonne continuation !

N’hésitez pas à le suivre sur Twitter !

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1 réponse

  1. Bery dit :

    Bravo pour cette interview que j’ai dévoré d’une traite. J’ai eu la chance de connaître Yohan depuis plus de 15 ans et d’avoir suivi son évolution. Il était de nous tous à la fac de japonais l’un des meilleurs et des plus passionnés pour tout type de textes. Il était comme tres justement souligné dans l’interview: curieux de tout! Aussi bien d’un conte pour enfant que d’un texte historique hyper complexe. Et puis je crois aussi qu’on a eu la chance d avoir 3 professeurs qui sortaient du lot et qui on dû le contaminer sur les subtilités de la langue japonaise. Yohan. Je suis très fiers de toi et de ton parcours . Un grand bravo!

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