Shinrin Yoku : les bienfaits des bains de forêt

Entre retour de vacances et arrivée de l’automne, le moral et la santé ont parfois du mal à suivre. Mais saviez-vous qu’il existe une solution : le bain de forêt ? Cette thérapie connue sous le nom de sylvothérapie soigne le corps et l’esprit. Pratique médicale japonaise, elle consiste à se promener en forêt de plusieurs heures à plusieurs jours, à retrouver un équilibre à la fois mental et physique afin de limiter les risques de maladies liées au stress et à l’environnement urbain. Les effets sur la santé ont été constatés scientifiquement par différents chercheurs japonais et sont présentés dans des ouvrages passionnants. Journal du Japon vous fait découvrir ce soin par les arbres.

Shinrin Yoku du Dr Qing Li : l’art et la science du bain de forêt

Grand et beau livre richement illustré avec plus de cent photographies, signé du Docteur Qing Li, médecin immunologiste japonais et membre fondateur de la société japonaise de sylvothérapie, qui dirige les recherches les plus avancées sur le sujet depuis 2005. 

Après une introduction sur le rapport des Japonais à la forêt, la notion de Yûgen – le fait de ressentir intimement la beauté et le mystère de l’univers – , le bouddhisme zen dont les textes sont écrits dans le paysage, le shintoïsme pour lequel les esprits font totalement partie de la nature, les kodama, divinités de la nature qui vivent dans les arbres, hanami ou l’observation les cerisiers en fleur, et tsukimi, concept qui consiste à admirer la lune, l’auteur met en avant les bienfaits des bains de forêt : diminuer la pression artérielle et le stress, améliorer les fonctions cardiovasculaires et le métabolisme, diminuer le taux de glycémie, améliorer la concentration et la mémoire, faire disparaître la dépression, abaisser le seuil de la douleur, donner plus d’énergie, renforcer le système immunitaire via l’augmentation du nombre de cellules tueuses naturelles, accroître la production de protéines contre le cancer, faciliter la perte de poids.

Le livre se divise ensuite en trois grandes parties.

D’un sentiment à une science

L’auteur raconte son séjour à Yakushima, une île avec une forêt dense et des arbres très âgés et les constats qu’il a pu y faire et qui ont lancé sa recherche sur le sujet. L’amélioration du sommeil, de l’humeur, le renforcement du système immunitaire sur la durée sont mis en avant. Un séjour de deux jours et trois nuits auront une efficacité qui durera un mois.

Il explique les vertus des phytoncides, substances chimiques produites par les arbres, de certains microbes. Mais c’est aussi la vue sur la nature qui permet d’améliorer la guérison des malades. Plus d’arbres entraîne plus de bonheur, jusqu’à vous faire sentir plus riche et plus jeune, études scientifiques à l’appui !

Comment pratiquer le shinrin yoku

Dans cette partie, l’auteur donne des conseils pratiques pour mettre en application cette thérapie. Sans téléphone, marcher deux heures au hasard, les cinq sens en éveil. Des activités comme le yoga, les bains (onsen) ou un repas peuvent être pratiquées. 

Les sons de la nature ont un effet apaisant. La vue des couleurs de la nature, de son organisation fractale, fait baisser le stress, bien loin des lumières bleues des écrans et du gris du béton. L’odorat est aussi un vecteur important et certaines odeurs ont un impact fort comme l’odeur caractéristique du bois de hinoki utilisé dans les constructions, celle du pin sylvestre qui permet de lutter contre la fatigue. Il est aussi possible de les respirer sous forme d’huiles essentielles. Le toucher est également positif tout comme marcher pieds nus, profiter des onsen. Quant au goût, il se savoure grâce aux sansai, les légumes sauvages de montagne, et aux infusions d’herbes trouvées en forêt. Et il y a même le sixième sens, celui du bonheur !

Faites entrer la forêt chez vous

Dans cette partie, l’auteur explique qu’il est possible de se soigner en étant chez soi : installer des plantes, des diffuseurs d’huiles essentielles, des bougies ici japonaises et naturelles, sans dérivé de pétrole et sans mèche en fil, des copeaux de cèdre.

Limiter les lumières artificielles, bannir les écrans le soir, séjourner régulièrement en forêt, faire de l’exercice en pleine nature.

Au travail, abuser des plantes, des sons de la nature, faire des micro-pauses dans la nature, dans le parc voisin, par exemple, être pieds nus et pourqoi pas sur un tapis de mise à la terre, humer des odeurs végétales.

Penser à l’avenir

Une dernière partie rappelle l’intérêt de la préservation des forêts et même des arbres en ville. L’auteur insiste sur la nécessité d’emmener les enfants dans les forêts, de leur faire profiter de ses bienfaits sur leur santé physique et mentale.

Des encarts sont présents tout au long du livre pour expliquer des notions fondamentales, mettre en avant des témoignages. Des photographies de toutes tailles permettent au lecteur de se perdre dans des images apaisantes et lui donnent une envie de partir marcher dans les bois !

Un livre riche, instructif et inspirant, à mettre en application chacun selon ses possibilités.

Plus d’informations sur le site de l’éditeur.

Shinrin Yoku du Pr Yoshifumi Miyazaki : le fascinant pouvoir guérisseur de la forêt

Dans cet autre livre, c’est un chercheur, professeur et directeur adjoint du Centre pour les sciences de l’environnement, de la santé et de la Terre de l’université de Chiba à Tokyo, qui explique les bienfaits des bains de forêt et son impact chiffré, avec détail des expériences menées, sur la santé humaine.

Ce livre contient de nombreuses photographies, mais également des schémas explicatifs, des poèmes du monde entier et de toutes les époques. C’est donc une véritable immersion dans la nature par la science, la poésie et les conseils concrets que le chercheur présente au lecteur.

Le concept d’écothérapie

L’homme depuis qu’il existe a évolué 99,99% du temps dans la nature. Le stress de la vie urbaine est donc récent et l’homme n’a pas eu le temps de s’adapter à ce milieu. L’écothérapie agit donc sur le système nerveux afin de le réguler, c’est un retour aux sources, à son milieu de vie originel pour l’homme. L’auteur liste là encore les bienfaits du Shinrin Yoku : amélioration de l’immunité, augmentation du nombre de cellules tueuses naturelles connues pour lutter contre les tumeurs et les infections, détente physique due à l’augmentation de l’activité du système nerveux parasympathique, diminution du stress physique due à la réduction de l’activité du système nerveux sympathique, diminution de la tension artérielle dès les quinze premières minutes de sylvothérapie, impression générale de bien-être, diminution de la tension artérielle après une journée de sylvothérapie, qui se prolonge jusque pendant cinq jours.

Le Japon et la nature

L’auteur évoque l’importance physique et spirituelle des forêts au Japon qui recouvrent 69% du territoire japonais. Il évoque les différentes espèces présentes, dont les majestueux cèdres (cryptomeria japonica).

La pratique du Shinirin Yoku

Le but de cette pratique est de calmer l’hyperstimulation quotidienne à travers différentes techniques : méditation, yoga, stretching, repos dans un hamac. Il faut également privilégier le contact direct avec les arbres, les cascades, le ciel, les montagnes enneigées, et le vivre au fil des saisons en profitant des cerisiers en fleur au printemps, des feuilles rouges et jaunes de l’automne, ou des rizières, plantations de thé, et onsentout au long des saisons. D’autres pratiques peuvent être associées comme assiter à des concerts, l’équitation, la zoothérapie. Autant de méthodes qui sont proposées par les différents centres de sylvothérapie qui existent au Japon.

Comment trouver l’écothérapie qui nous convient le mieux ? Ce sera avant tout celle qu’on aime, la relation plaisir et effet détente physiologique étant primordiale. La marche en pleine conscience, la médiation, les étirements, la respiration sont importants. Mais il peut aussi s’agir de jouer et d’apprendre dans la forêt pour les enfants ou de créer avec des activités comme l’écriture, le dessin, la pratique de la gravure sur bois, celle de la poterie.

Les bienfaits de la forêt chez soi

Il est possible de trouver des espaces verts dans les villes, des jardins partagés ou des fermes pédagogiques.

La thérapie par le bois a également prouvé son efficacité : s’entourer de bois est bénéfique à condition qu’il soit le moins traité possible et ait si possible séché de manière naturelle comme le parquet, les meubles, ustensiles et vaisselle, huiles essentielles, baignoires en cyprès).

Mais d’autres trouveront détente et apaisement avec des bonsaïs, des plantes et des fleurs en intérieur ou en extérieur.

Le professeur explique les bienfaits de différentes huiles essentielles et conseille le lecteur sur la façon de les utiliser.

Écothérapie et science

Dans cette partie, l’auteur livre des éléments scientifiques précis, expliqués et chiffrés.

Il explique très clairement comment se mesure le stress, l’activité cérébrale, l’activité du système nerveux autonome, les marqueurs salivaires du stress, le fonctionnement immunitaire. Puis il présente la recherche en écothérapie : les tests pour prouver l’efficacité de la sylvothérapie sont détaillés, les expériences menées sont décrites, les sujets testés sont présentés, les résultats comparés. Les effets ont été testés sur différents publics et dans différentes conditions : hommes souffrant d’hypertension, femmes de plus de quarante ans, employés de bureau, etc, avec à chaque fois le détail du parcours effectué par ces personnes. Des études sur les parcs, les plantes ornementales, le parfum des fleurs ou celui du bois ont également été menées. Et à chaque fois le bienfait sur la santé a été mis en avant.

L’avenir de la recherche en sylvothérapie

L’auteur explique que des étudiants venus au Japon pour étudier la sylvothérapie ont maintenant créé leur groupe de recherche en Corée du Sud. Des recherches sont également menées aux États-Unis. Le besoin grandissant de bien-être, de lutte contre le stress promet un bel avenir à ces bains de forêt et aux recherches scientifiques qui y sont liées !

Plus d’informations sur le site de l’éditeur.

Et le poème de Bashô clôt à merveille cet article et vous donnera probablement encore plus envie d’aller vous perdre en forêt … ou d’acheter une plante verte pour commencer !

Ne sachant pas
le nom de l’arbre,
je me tins dans
le torrent de son doux
parfum.

 

Photo de Une par David Vig. 

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