Gaming Memories #17 : Super Smash Bros.

Bienvenue dans ce dix-septième numéro de Gaming Memories. Cette fois-ci, nous vous téléportons en janvier 1999 sur Nintendo 64. La destination ? L’un des jeux de combat les plus « collectors » de ces dernières années : Super Smash Bros., le regroupement de tous les plus grands héros de Nintendo. Prêts à coller des bourres-pifs à tout va ? Alors c’est parti !

Smash Bros logo

A deux c’est bien, mais à quatre c’est mieux !

A la base, Super Smash Bros. (Nintendo All Star ! Dairantô Smash Brothers au Japon) est une idée du jeune Game-designer Masahiro SAKURAI (par la suite producteur de tous les autres épisodes de la série, Kirby’s Dreamland sur GameBoy en 1993), seulement âgé de vingt-huit ans en 1998, l’année de développement de ce premier Smash Bros. Il souhaitait créer un jeu de combat à quatre joueurs. A ce moment, il n’avait encore aucune idée de ce qu’il allait en faire, ni même de ses personnages. C’est donc avec des personnages tout simples qu’il présenta son idée à Satoru IWATA (ancien PDG et CEO de la firme) qui l’aida à continuer dans sa lancée. Etant donné que nombre de jeux de combat ne se vendaient pas bien, SAKURAI dut repenser sa création pour qu’elle soit originale.

Le projet s’appelait Kakuto-Geemu Ryuoh (Dragon King : The Fighting Game), lorsqu’il le présenta à IWATA dans cet état. Dans ses premières idées, il souhaitait mettre en scène des personnages célèbres de Nintendo mais n’en parla qu’une fois que cela avait été fait afin d’éviter tout refus. Ce premier essai proposait de jouer avec Mario, Samus Aran (Metroid), Donkey Kong et Fox McCloud (Starfox). Le prototype fut accepté et le développement confié à Hal Laboratory (Mother/Earthbound), une société indépendante mais relativement proche de Nintendo (IWATA lui-même en était un employé avant de rejoindre Nintendo).

Super Smash Bros. sortit le 21 janvier 1999. Il reçut des critiques majoritairement positives (le magazine Famitsu lui donna la note de 31/40, et cela représente bien la moyenne générale donnée par la presse). Il se vendit à 1,97 million d’exemplaires au Japon et devint l’un des « Player’s Choice » (titre attribué à tous les jeux ayant reçu le plus de succès sur une machine de la firme). Cela lui valut bien forcément plusieurs suites, et même de faire partie de ces séries célèbres de Nintendo, puisque des jeux continuent à sortir encore maintenant, comme Super Smash Bros Ultimate que nous testions ici il y a peu.

Un rêve d’enfant… un peu brutal

Quel enfant n’a jamais fait se taper ses jouets ou figurines dessus au moins une fois ? Ce joyeux bazar orchestré par une entité du nom de Master Hand (Créa-Main chez nous) prend ici vie dans sur Nintendo 64 et permet un gros mélange de séries différentes, de personnages qui n’auraient pas pu se rencontrer autrement. Mario, Fox, Donkey Kong et Samus sont rejoints par Pikachu (Pokémon), Link (The Legend of Zelda), Yoshi (Yoshi’s Island et divers autres jeux Mario) et Kirby.

Le concept du jeu est en soi simpliste mais apporte quelques originalités par rapport aux autres jeux de combat : d’une part, le jeu peut se jouer jusqu’à quatre (au lieu de deux dans presque tous les autres jeux du genre sortis jusqu’alors), et il ne faut pas vaincre un ennemi en le frappant jusqu’au K.O. mais en l’éjectant de l’arène de combat. S’ajoutent à cela des mécaniques de jeu de plate-forme dans les décors, ce qui lui permet définitivement de se différencier des autres softs du genre. Super Smash Bros., finalement, ne semble pas payer de mine lorsqu’on le décrit mais s’apprécie surtout manette en main. Voyons donc ce qu’il vaut vingt ans et quatre suites plus tard.

Super Smaaaaaaaaaaaaaaaaash Brooooooooooooooooooooooos… !

Super SMash BrosSuper Smash Bros. est un jeu de combat. Après avoir choisi son personnage, on doit enchaîner une dizaine de stages dans lesquels il faut vaincre un ou plusieurs adversaire(s). Si certains sont de simples affrontements, d’autres sont plus originaux : on peut tout aussi bien être seul contre un adversaire ou accompagné d’un personnage (contrôlé par la machine) contre un duo d’ennemis ; d’autres vous mettront face à une armée de plus de dix personnages qui vous assaillent de toutes parts… les stages surprennent par leur originalité et même si le but est toujours le même, « Smash » a le mérite de se diversifier un peu plus que la moyenne.

De la même manière que Street Fighter II (Capcom, 1991), ce premier Smash Bros. propose également des niveaux bonus qui entrecoupent la progression. Ceux-ci ne changent rien au déroulement d’une partie mais offrent un challenge amusant de destruction de cibles ou de course de vitesse (le genre de challenge à maîtriser parfaitement pour faire les meilleurs scores mais rien de bien plus important, à vrai dire). Il est possible de s’y entraîner indépendamment dans un autre menu.

Super Smash Bros.Pour vous défendre, et surtout fracasser vos adversaires, vous aurez à disposition des attaques simples, d’autres dites « Smash » (avec la touche A et une direction pour les Smash) et des attaques spéciales (avec B). Elles peuvent toutes être déclinées et différentes selon la direction vers la quelle vous pointez le stick analogique, il est donc possible de faire des enchaînements. Attraper son ennemi et le jeter au loin ou bloquer des attaques avec une garde est possible, mais ce bouclier faiblit progressivement avec le temps – attention donc à ne pas en abuser. Vos personnages sont capables d’effectuer des sauts simples ou doubles qui peuvent leur sauver la vie (tous les niveaux se passent au dessus du vide, donc une chute peut être fatale) ou continuer à enchaîner vos ennemis en l’air.

Des objets tombent régulièrement dans les arènes de combat. Outre ceux permettant de se soigner, de nombreuses armes aux capacités différentes (et parfois inspirées d’autres productions Nintendo ou studios affiliés) vous permettront de vous amuser différemment. Entre un éventail en papier, un sabre laser ou le marteau Donkey Kong (le jeu sorti sur arcade dans les années 1980, dans lequel Mario était encore charpentier et non plombier), il y a le choix et les adversaires ne se gêneront pas pour tenter de les subtiliser avant vous. On peut s’en sortir sans (un bonus de points est attribué à la fin d’un combat si vous n’avez pas pris d’item), mais ils peuvent inverser la tendance dans un niveau.

La cartouche est un peu plus lourde que les autres… mais est-elle vraiment meilleure ?

Super Smash BrosLa première chose que l’on remarque sur ce jeu est à peu près la même que sur beaucoup de jeux Nintendo 64 : c’est graphiquement joli, avec une 3D de bonne qualité mais les formes arrondies peinent à convaincre. De plus, bien que ce qui se trouve en premier plan soit très correct pour l’époque et toujours convenable de nos jours (la console est sortie entre la PlayStation et la Dreamcast), on remarque toujours que les arrière-plans sont un peu flous. Ne vous méprenez pas pour autant, ce premier Smash reste très regardable !

Les stages reprennent des lieux connus des séries dont ils sont tirés (un vaisseau en vol dans l’espace pour Fox, un niveau rempli d’acide pour Metroid…). On y retrouve  ses marques avec plaisir et c’est sans doute bien l’un des buts recherchés. La vitesse du jeu est satisfaisante et ne ralentit pas, à tel point qu’il est parfois un peu compliqué de savoir où se trouve notre personnage – il arrive de devoir le chercher des yeux pour le retrouver. Et là où Smash se démarque encore plus, c’est par sa cinématique d’introduction : au contraire des autres jeux, elle n’est pas faite dans un rendu pré-calculé mais c’est la machine qui calcule et l’affiche à chaque fois. Ainsi, on peut remarquer que certains de ses éléments peuvent changer. Par exemple, les personnages qui n’ont pas encore été débloqués y resteront affichés en ombre jusqu’à les avoir. C’est, certes, un détail, mais qui fait honneur à la console.

Super SMash BrosEn terme de son, on y retrouve toutes les voix désormais plus que connues des personnages. Ils se débattent et s’expriment vivement en fonction des événements et contribuent à rendre l’action encore plus vivante. Si les thèmes du jeu lui-même ne sont pas désagréables (sans pour être vraiment marquants), c’est surtout du coté des niveaux qu’il faut se pencher, car chacun reprend un thème culte du personnage qui l’habite (on vous l’avait dit qu’il était « collector » ce jeu, au vu de toutes ces références…). Certains ont été réorchestrés pour être plus à jour.

Le jeu contient aussi une voix-off qui, de façon surprenante, a été doublée dans plusieurs langues… si vous mettiez une cartouche du jeu dans une console française, alors cette voix parlerait en français (c’est suffisamment rare pour l’époque pour être signalé) ! D’autres voix simulant un public se font très régulièrement entendre : lors d’une action assez « violente » ou d’une éjection, ce dernier d’exclamera d’un grand « ooooh !! » (bon, c’est plus explicite à l’oreille qu’en texte, c’est vrai). De plus, lorsque vous parvenez à survivre à un certain seuil de dégâts reçus (à partir de 100%, en général), le public commencera à scander le nom du personnage pour l’encourager. Ce simple travail sur les voix achève de rendre le tout vivant et dynamique. En somme, tout est fait pour lui donner une ambiance.

Manette 64

Une manette de N64

Et cela tombe bien, car le jeu s’apprécie encore plus à plusieurs. Seul, il est assez « sympathique » mais montre assez vite ses limites avec ses modes de jeu et nombre de personnages très restreint (douze au total). Cela ne serait pas tant un problème si le mode Un Joueur n’était pas tout le temps « la même chose » (là où les autres jeux de combat changent d’adversaires de partie en partie avec un même personnage, ici on les affronte toujours dans le même ordre). On en a donc vite fait le tour tout seul, mais on peut s’amuser jusqu’à ne plus en pouvoir à quatre. Cependant, qui a envie d’acheter un jeu (à 60€ environ) seulement pour inviter ses amis… ?

Bien heureusement, la maniabilité est bonne, même si elle est un peu difficile à appréhender (la faute aussi à un stick analogique de moins en moins agréable pour le pouce au fil du temps). Utiliser une gâchette pour activer son bouclier fonctionne bien, et même si cela reste surprenant, la possibilité de sauter avec les boutons C (les quatre jaunes au dessus de A et B) est plus agréable que de le faire au stick. La manette de N64 n’est pas des plus faciles et intuitives à utiliser, mais son utilisation a été assez bien pensée. Un tutoriel se lance de toute façon si vous n’y touchez pas après le lancement.

Super Smash Brossolefun.frEn soi, ce premier Smash s’avère être une bonne surprise (un peu « fanservice » ? Mais avec légèreté) ; bien qu’il soit particulièrement limité en intérêt tout seul une fois terminé, les différents modes de difficulté et la possibilité de jouer jusqu’à quatre le font rejoindre les rangs de ces jeux indispensables à des soirées entre amis (ou famille s’il y a des joueurs, et contrairement à d’autres jeux de combat, celui-ci peut être joué avec les plus jeunes aussi). Pas parfait, il reste un produit de bonne facture dans la moyenne des bons jeux de Nintendo 64.

Après la bataille… une autre bataille

La série Super Smash Bros. ne s’est pas arrêtée là, en si bon chemin. C’est devenu un rendez-vous presque obligatoire pour les consoles Nintendo (au même titre que la série Mario Kart). Super Smash Bros. Melee en 2001 sur GameCube, SSB Brawl sur Wii en 2008, SSB for 3DS et for Wii U en 2014 et enfin Super Smash Bros. Ultimate sur Switch en 2018 ont fait suite à l’épisode fondateur. Chaque nouvel épisode apportait plus de personnages, plus de décors et de thèmes principaux remixés (entre autres, bien sûr). Au fil des épisodes, on a aussi pu voir des collaborations apportant Sonic the Hedgehog (SEGA) et autres Solid Snake (Metal Gear/MGS, Konami) faire une apparition comme personnages jouables.

Bien que ce soit Hal Laboratory qui ait créé la série pour Nintendo, ils n’ont développé que sa suite. C’est la société Game Arts (Grandia) qui a réalisé Super Smash Bros. Brawl et c’est désormais Sora Ltd. (fondée par… SAKURAI lui-même) qui produit la série. Plusieurs grands compositeurs ont aussi participé : on retrouve bien forcément Koji KONDO (compositeur attitré des séries Mario et The Legend of Zelda depuis le premier de chacun) et autres Jun SENOUE (Sonic), Noriyuki IWADARE (Grandia), Sakuraba MOTOI (Tales of). Ce sont au total plus d’une centaine d’artistes qui ont contribué aux bandes-sons de cette série ! Bien entendu, ces OST sont sorties en CD pour certaines.

La popularité de la série n’a cessé de croître : Melee est devenu le jeu le plus vendu de la console GameCube avec les ventes les plus hautes en un temps record. C’est le dix-neuvième jeu le plus vendu de l’année 2001 ! Brawl, lui, a eu 1,4 million de copies écoulées en une seule semaine… le premier Super Smash Bros. a été porté sur la Console Virtuelle de la Wii en 2009 par la même occasion. « Smash Bros » est quasiment devenu un nouveau genre à lui seul, ce qui lui a aussi valu plusieurs « enfants illégitimes » (Medabots Metabee et Rukosho sur GameBoy Advance, les Jump Super Stars qui faisaient s’affronter des personnages publiés dans le magasine Weekly Shônen Jump sur Nintendo DS, …).

Sorti d’une idée simple mais accrocheuse, Super Smash Bros. est devenu une licence phare de Nintendo qui peut être appréciée par un grand nombre grâce à des listes de personnages de plus en plus généreuses. Bien qu’il soit un peu léger en contenu solo, le premier épisode reste une valeur sûre de sa console de naissance, la Nintendo 64, et ce ne sont sans doute pas ses suites qui viendront témoigner d’un manque d’engouement !

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