Une journée culturelle à Paris (1/2) : « Fuji, pays de neige » au musée Guimet

Bien que la crise du coronavirus ait engendrée la fermeture des frontières, il est tout de même possible de voyager au Japon sans quitter la France. Journal du Japon vous donne rendez-vous à Paris pour une journée estivale sous le signe de la culture avec au programme la visite de deux musées, des découvertes gustatives avec deux propositions de restaurants japonais et des boutiques pour flâner et pour faire des emplettes dans le quartier japonais de la capitale…

Dans cette première partie, bienvenue au musée Guimet pour découvrir sa collection permanente du Japon mais aussi son exposition temporaire « Fuji, pays de neige ».

Le musée Guimet et son exposition « Fuji, pays de neige »

(Crédits : Rokusan pour Journal du Japon)

L’un des grands incontournables de tous les passionnés de la culture asiatique, le musée Guimet a fêté ses 130 ans en novembre dernier et propose une programmation pour l’année 2020 alléchante pour les amoureux du Japon avec la carte blanche donnée à Toshimasa KIKUCHI du 1er juillet au 28 septembre et l’exposition temporaire « Fuji, pays de neige » du 15 juillet au 12 octobre.

« Fuji, pays de neige » s’inscrit dans la suite logique des expositions passées, « Les paysages japonais » en 2017 et « Sur la route du Tokaido » en 2019, avec un focus cette fois-ci placé sur l’indétrônable source d’inspiration artistique que représente le mont Fuji.

Véritable symbole de la culture japonaise, le volcan encore actif aussi nommé Fujisan domine autant l’archipel par son incroyable prestance à la symétrie presque parfaite que par son influence sur les arts. Son titre de « lieu sacré et source d’inspiration artistique » au patrimoine mondial de l’UNESCO n’est pas volé et nul ne peut douter de sa légitimité tant il passionne et inspire de nombreux artistes du monde entier depuis plusieurs siècles sans discontinuer.

« Fuji, pays de neige » présente plus de 70 œuvres autour de ces thèmes que sont le mont Fuji et la neige que l’hiver offre au Japon le temps d’une saison placée sous le signe de la poésie. Dit « Yuki » en japonais, la neige, métaphore de la pureté et de la fugacité du sentiment, entretient une relation étroite avec le mont Fuji qui vient l’immortaliser à son sommet qui culmine à 3 776m d’altitude. De son symbolisme à la difficulté technique de les retranscrire, les flocons de l’hiver fascinent les artistes japonais qui s’appliquent à exprimer toutes les variations du blanc sur des estampes où l’on peut observer un moine ou un pèlerin en train d’affronter la rudesse du froid dans une démarche initiatique.

A gauche, 4 vues du Mont Fuji par Hokusai. A droite, la traversée de la rivière Rokugo près du relais de Kawasaki sur le Tokaido de Shotei Hokuju (Crédits : Rokusan pour Journal du Japon)

Du rapport religieux à sa place dans la société et la culture, « Fuji, pays de neige » retrace et contextualise l’influence du Mont Fuji et ses conséquences sur le peuple japonais.

« Cependant, à y regarder de plus près, on assiste parfois à une réelle mise en abyme : en effet le Fuji que l’on aperçoit dans un coin de l’estampe n’est pas toujours le Fuji réel, inscrit dans le paysage, mais sa représentation que cela soit sur un écran ou un panneau décoratif dans un intérieur, un motif sur un kimono, un éventail. Son omniprésence est le signe tangible de sa place dans l’imaginaire collectif du Japon » – Vincent LEFÈVRE, directeur des collections.

Le sanctuaire de Gion sous la neige Utagawa Hiroshige ©Rokusan pour Journal du Japon

Hokusai, Hasui et Hiroshige, les grands noms de l’estampe japonaise, sont bien évidemment au cœur de « Fuji, pays de neige ». L’exposition temporaire présente également aux visiteurs des œuvres de Masanobu, Haronobu, Koryusai, Kiyonaga, Utamaro, Yashima, Hokkei, Toyohiro, Keisai, Hokuju et Kuniyoshi. De quoi découvrir ou redécouvrir des artistes parfois dans l’ombre des plus célèbres, pour notre plus grand plaisir. D’un point de vue personnel, Traversée de la rivière Rokugo près du relais de Kawasaki sur le Tokaido sort du lot et témoigne de la grande maîtrise de la colorimétrie de Shotei Hokuju, l’un des meilleurs élèves de HokusaiUne courtisane de la maison Asahimaruya et Les premiers jours de printemps, deux œuvres de Isoda Koryusai qui représentent des femmes rêvant et admirant le mont Fuji sont une invitation au voyage onirique dont le visiteur peut s’identifier sans peine. Pour finir, La neige à Kaga de Utagawa Kuniyoshi impressionne par ses nuances de bleu et la profondeur de ses reflets.

Rendez-vous culturel immanquable de cette année 2020, « Fuji, pays de neige » ne se limite pas qu’aux estampes mais s’élargit également aux objets et à la photographie qui entretient, elle aussi, une relation étroite avec le Fujisan. Photographié pour la première fois dans les années 1860 par Felice Beato, c’est ainsi que les Occidentaux ont pu enfin découvrir cette montagne sacrée par un autre biais que les estampes. Le mont Fuji est d’ailleurs aujourd’hui l’un des sites les plus photographiés du pays.

À travers cette collection d’estampes, de photographies et d’objets aussi raffinés qu’inspirants, le musée Guimet offre à ses visiteurs un voyage dans le temps et l’espace, dans le Japon de l’époque Edo jusqu’à nos jours que l’équipe de Journal du Japon vous invite vivement à vivre.

(Crédits : Rokusan pour Journal du Japon)

Informations pratiques :

Pour découvrir « Fuji, pays de neige », rendez-vous au musée Guimet du 15 juillet au 12 octobre 2020. La réservation est conseillée en semaine et est obligatoire les samedis et dimanches à partir de 13h en raison des mesures sanitaires prises pour enrayer la propagation du coronavirus.

Tarifs : 11,50 € (plein tarif) / 8,50 € (tarif réduit). Rendez-vous sur la Billetterie pour réserver vos places.

Pour ceux qui n’auraient pas l’occasion de découvrir « Fuji, pays de neige », vous pouvez vous procurer sur la boutique officielle du musée Guimet le catalogue de l’exposition pour ainsi profiter de toutes ces œuvres chez vous.

Kisin : la bonne adresse pour déguster des udon maison rafraîchissants

Kisin Udon Paris

Kisin ©Rokusan pour Journal du Japon

À seulement 15 minutes de marche du musée Guimet, aux abords des Champs-Élysées, se trouve le restaurant Kisin : une adresse validée et conseillée par Journal du Japon pour déguster d’excellents udon chauds ou froids.

Kisin se distingue par la qualité des produits utilisés : une farine importée du Kyūshū, un kombu d’Hokkaidō et un soja artisanal.

La carte propose plusieurs plats (avec un plus large choix pour le service du soir) de 12 à 20 euros, ce qui est assez raisonnable et abordable. Comme en témoigne la photo ci-contre, n’ayez pas peur de ressortir la faim au ventre ! Les plats sont à la fois goûteux et copieux, de quoi vous faire réfléchir à 2 fois avant un dessert.

Informations pratiques :

Adresse : 7-9 Rue de Ponthieu 75008 Paris
Métro : Franklin D. Roosevelt (M1, M9), Saint-Philippe-du-Roule (M9)


« Fuji, pays de neige » est une exposition à ne pas rater, qui donne également l’occasion de découvrir tous les trésors du musée Guimet. Prévoyez une bonne demie-journée sur place pour profiter du moment et des belles collections exposées (du Japon mais pas que). Une halte au restaurant Kisin pour déguster de bons udon et nous revoilà en route à la découverte du musée Cernuschi et de nos bonnes adresses dans le quartier japonais de Paris. Rendez-vous dans le second volet de cette journée culturelle dans la capitale française pour découvrir la suite !

Rokusan

Rokusan, 26 ans, passionnée depuis l'enfance par le Japon, je suis UX Designer freelance et grande collectionneuse de produits et de souvenirs du Japon ! @_rokusan

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1 réponse

  1. 16 août 2020

    […] une matinée sous le signe de l’hiver avec « Fuji, pays de neige » au musée Guimet, nous continuons cette journée culturelle à Paris avec la visite du musée Cernuschi suivie par […]

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