Le Japon en Stop, un récit de voyage insolite !

La pratique du stop et le Japon sont de véritables étrangers. En effet, les Japonais ne sont pas du tout familiers avec ce moyen de déplacement, vivants dans un pays extrêmement bien desservis par les transports en commun et notamment le train, le roi du transport au Japon.
Les seules rares personnes que l’on peut croiser sur les routes à faire du stop sont à 99% des étrangers. Ce fut le cas de Julien Inverno et de sa compagne de l’époque en 2017. De ce voyage un peu fou est né un livre : « Le Japon en Stop », aux éditions Omaké books. Journal du Japon a rencontré pour vous ce voyageur devenu écrivain avec ses anecdotes insolites.

Un récit de voyage atypique

« Le Japon en stop » retrace le récit de Julien Inverno et Eléonore, qui partent tous les deux faire le voyage de leur vie : un tour du Monde. Le premier pays traversé est le Japon, un pays que Julien connaît bien, étant journaliste spécialisé dans les jeux vidéo. L’écrivain a eu l’occasion de s’y rendre avant ce voyage, pour des voyages de presse.
C’est pourtant la première fois que le couple s’essaie à la pratique du stop dans ce pays, non sans appréhension. De leurs premiers chauffeurs à leur première nuit en toile de tente, en passant par la découverte des lieux traversés, Julien et Éléonore vont au fil des 25 chapitres de ce livre découvrir la gentillesse, le sens du devoir et la générosité des Japonais.

La couverture du livre de Julien. Crédits : Omakè books

Le départ se fait à Tokyo puis se déroule vers le sud jusqu’à la très sauvage île de Yakushima.

Un livre qui fait du bien

« Le Japon en Stop » dépoussière les préjugés que les gens peuvent avoir sur le peuple Japonais : ils sont froids, distants et timides.
Ici Julien nous prouve avec son récit et son vécu sur place que, poussés par la curiosité et la fierté de prendre des étrangers en stop, les Japonais se révèlent accueillants, n’hésitant pas à faire de gros détours pour déposer les voyageurs à la bonne adresse tout en s’assurant du confort de leurs passagers en leur achetant de quoi manger et boire. Tout ceci malgré la barrière de la langue.
Ce livre parle de l’aspect humain de ce voyage plus que des visites touristiques ou des paysages… et c’est clairement son point fort.
On aime les anecdotes, la nuit passée avec les énormes cafards, les sources chaudes en fin de journée, le camping sauvage, les konbinis qui sauvent une vie de voyageur, la pluie qui change tous les projets, la Nintendo collector retrouvée dans un lieu insolite, mais aussi toutes ces rencontres qui façonnent un voyage inoubliable.

On aime aussi les conseils aux baroudeurs à la fin de chaque chapitre, qui permet d’éclairer le futur auto-stoppeur pour son projet de voyage.

L’interview de Julien

Journal du Japon : Bonjour Julien, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Julien : Bonjour Journal du Japon ! Je suis Julien Inverno, journaliste depuis 2010, spécialisé en jeu vidéo et culture pop. En 2017, j’ai effectué un tour du monde de dix mois avec mon ex-épouse, dont les trois premiers mois se sont déroulés au Japon. De cette aventure est né un livre, disponible partout où l’on vend des livres depuis le 11 mars 2021.

Comment est né ce projet de livre ?
En 2020, comme pour beaucoup de monde au regard de la crise sanitaire, ma situation personnelle a été considérablement bouleversée. Mais ce marasme m’a donné la volonté de me concentrer sur l’essentiel et de proposer à Florent Gorges, mon éditeur chez Omake Books, un projet que je n’avais jamais vraiment défini avant, mais que j’avais en tête depuis longtemps : celui de raconter au plus grand nombre ces trois mois de stop, de camping sauvage, d’invitations chez l’habitant, vécus au Japon au printemps 2017. Il s’agissait aussi de rendre hommage à toutes celles et ceux qui ont compté lors de ce tour du Japon. Le livre leur est d’ailleurs dédié.

Durant ce voyage, je n’envisageais pas du tout d’y consacrer un livre. Je vivais simplement le chemin. Mais le temps passant, les anecdotes répétées régulièrement dans mon entourage et qui plaisaient, ainsi que ces pratiques (le stop, le camping sauvage, l’invitation à dormir…) demeurant très marginales sur l’Archipel, je me suis aperçu qu’il y avait beaucoup à partager. À la fois la découverte de l’Archipel mais surtout les rencontres qu’elle nous a offertes, ainsi que des conseils, des astuces à ceux qui aimeraient se lancer dans ce genre de pérégrinations hors des sentiers battus et de sa zone de confort. Je voulais aussi revenir sur des éléments typiques de la culture japonaise, pour à la fois la rendre plus familière à ceux qui ne la connaissent pas et approfondir certaines mœurs avec les japanophiles confirmés.

Extrait du livre « Le Japon en stop ». Crédits : Omakè books

Pourquoi cette envie de partir faire un tour du monde en 2017 ?
C’est un rêve que j’avais depuis enfant et que mes nombreux voyages personnels mais également professionnels n’ont cessé d’attiser. En décembre 2015, alors en vacances au Cambodge, Eléonore m’a fait une proposition : nous marier et partir ensuite faire un an en tour du monde. Banco.

Pourquoi commencer par le Japon ?
Le Japon est un pays qui nous passionne depuis l’enfance et nous étions extrêmement impatients de le découvrir dans sa (presque) globalité, hors des sentiers battus. Cependant avec un budget très modeste, nous avons préféré commencer par ce pays où le coût de la vie est élevé, en comparaison de nos autres destinations en Asie du Sud-est ou en Amérique latine. Histoire de ne pas se retrouver le bec dans l’eau, sans le sou, à notre arrivée sur l’Archipel. Nous avons aussi profité de billets dits « tour du monde » qui permettent un trajet multi-escales, jusqu’à plusieurs mois entre chaque destination. Dans l’ordre des saisons, avec la suite du périple en Malaisie, en Nouvelle-Zélande ou encore au Chili par exemple, ça collait bien aussi. Et puis bien sûr, nous voulions vivre hanami !

Vous connaissez déjà cette destination, vous y êtes allé plusieurs fois avant le début de votre voyage, qu’est ce qui vous attire tant dans ce pays ?
Tant de choses.. Sa nature, sa culture, son architecture, sa gastronomie, sa douceur de vivre, en tout cas en tant que touriste… Ainsi que le fort sentiment de dépaysement offert par ce pays, surtout quand on ne lit ou ne parle pas le japonais.

Extrait du livre « Le Japon en stop ». Crédits : Omakè books

Vous avez choisi d’effectuer ce voyage en stop, une méthode quasiment inexistante au Japon, aviez-vous des appréhensions ?
Nous n’avions pas d’appréhension dans le sens où nous n’avions pas vraiment idée de ce que nous faisions ! Je suis un urbain, un citadin, je n’avais pratiqué le stop en France qu’à de rares occasions, en particulier il y a une dizaine d’années, alors étudiant, pour rejoindre un ami dans les Landes depuis Paris. Comme pour le camping sauvage, le Japon est le lieu de nombreuses premières fois.

Aviez-vous, avant ce voyage, d’autres expériences de voyages en stop ?
Très peu. Cette semaine vers les Landes donc mais aussi un trajet avec un routier, de Toulouse à Arles afin de s’entraîner avant le grand voyage. C’était d’ailleurs très confortable à l’intérieur du gros camion et notre conducteur était adorable !

Vous décrivez dans le livre, parfois la rapidité avec laquelle les conducteurs vous prennent, parfois les heures d’attente. Quelles sont les difficultés principales du stop au Japon ?
Elles ne me semblent pas vraiment différentes de celles qu’on peut rencontrer dans d’autres latitudes : il faut être sur un bon axe, avoir de la chance et attirer la sympathie. La particularité au Japon, c’est peut-être que cette pratique est bien moins connue qu’ailleurs. Les Japonais ne font pas de stop, ce n’est pas dans leur mentalité. Un de nos conducteurs nippons nous a avoué que nous prendre en stop, c’était pour lui comme un rêve, il avait la sensation d’être dans un film hollywoodien. Le stop au Japon, ça n’existe qu’au cinéma ou presque !

Extrait du livre « Le Japon en stop ». Crédits : Omakè books

Dans le livre, vous décrivez la générosité et le devoir de prise en charge de la part des Japonais. Après ce voyage, démantelez-vous le mythe de la froideur des Japonais ?
Bien sûr. Mais je peux tout à fait comprendre que faire monter deux étrangers dans sa voiture, quand on ne parle pas anglais par exemple, peut être intimidant. Nous avons eu la chance de rencontrer des personnes qui, le temps d’une rencontre, nous ont montré le meilleur d’elles-mêmes. Et puis notre manière de voyager a certainement eu un caractère exotique plaisant et qui a éveillé la curiosité des gens que nous avons rencontrés.

Vous pensez que le fait d’être des étrangers vous a aidé?
J’en suis certain. Un couple de Français en baroude comme nous, ça a un côté exotique, insolite mais également rassurant. Un Japonais ou une Japonaise levant le pouce serait, je pense, plutôt considéré comme un(e) marginal.

La barrière de la langue a-t-elle parfois été un obstacle ?
Non. Bien entendu, il y a eu quelques malentendus, des incompréhensions. Mais globalement, j’ai pu constater avec réjouissement que lorsque des deux côtés, les interlocuteurs sont animés par une curiosité bienveillante, alors la communication s’exprime au-delà des mots, simplement et naturellement. Nous sommes toutes et tous humains avec un socle commun d’émotions fondamentales sur lesquelles partager, quelque soit notre culture. Tout est limpide quand on partage sur l’essentiel.

Vous êtes partis de Tokyo pour descendre vers le sud. Pourquoi cet itinéraire en particulier ?
Nous avions des amis qui vivent à Tokyo à qui rendre visite. Il était plus simple pour nous de nous acclimater quelques jours dans la capitale à notre arrivée, plutôt que de nous lancer directement dans le grand bain. Et puis il nous semblait naturel de descendre vers le sud, dans le sillage des températures qui augmentent et des cerisiers en fleurs qui se montrent plus vite qu’au nord…

L’île de Yakushima est le point le plus au sud qu’ont visité Eléonore et Julien dans ce livre, mais aussi l’endroit le plus sauvage de leur aventure ! Crédits : pixabay veronica111886

Un départ de Tokyo pour aller vers le nord est-il dans vos projets futurs ?
C’est vrai que le nord du pays, ce qui est au-dessus de Tokyo, Hokkaido par exemple, est absent de notre périple. Il ne fait aucun doute que j’irai à sa découverte un jour, et pourquoi pas en voyageant de la même façon en effet ! Il faudra juste se caler sur une période de l’année durant laquelle la météo sera plus clémente. Le froid et surtout la pluie, c’est vraiment l’ennemi du voyageur vagabond.

Quel a été le lieu que vous avez préféré au cours de ce voyage ? Un coup de cœur ?
Les bons souvenirs sont évidemment très nombreux. Je me suis senti très à l’aise à Kyushu, la grande île du sud, avec son ambiance méridionale. Tout comme à Okinawa, à la personnalité bien affirmée et paradis tropical. Mais en y pensant de but en blanc, l’île de Yakushima au sud du pays ainsi que la ville d’Onomichi, dans le département d’Hiroshima, me viennent immédiatement à l’esprit. Yakushima, c’est la forêt de cèdres millénaires telle qu’on la retrouve dans Princesse Mononoké, mais aussi le lieu de rencontres marquantes pour nous, et de péripéties avec des bestioles, la police et une nuit, rescapés, passée dans un bar où le proprio nous laisse les clefs ! Un récit à découvrir dans le bouquin, tout comme la rencontre avec Kazu, un retraité plein d’énergie qui après nous avoir trouvé un emplacement pour notre tente, nous a organisé un barbecue sur l’embarcadère des ferrys à Onomichi, rien que pour nous ! Un moment extraordinaire. On le connaissait seulement de la veille, tombé du ciel à notre arrivée à Onomichi. C’est la vraie magie de ce genre de voyages où l’on doit improviser en permanence : la vie nous réserve très souvent d’exceptionnelles surprises dès lors que l’on est prêt à les accueillir.

Et celui qui vous a déçus ?
Notre manière de voyager hors des sentiers battus nous a sans aucun doute rendus moins tolérants envers le tourisme de masse. Au printemps, en haute saison, certains aspects de Kyoto ont certainement été gâchés par cette sensation d’être coincés dans un troupeau de chasseurs de selfies toutes identiques. De même, à Miyajima.

Miyajima, une île au large d’Hiroshima, fait partie des circuits touristiques classiques au Japon. Elle est très prisée toute l’année. Crédits : pixabay dennislin

Quel est le plus beau souvenir de votre voyage ?
Mon plus beau souvenir, c’est de pouvoir regarder une mappemonde et d’associer les noms des villes que j’y vois avec les prénoms des amis que je m’y suis fait. Au Japon, comme au Paraguay, en Indonésie, en Nouvelle-Zélande…

Avez-vous gardé des contacts avec les personnes rencontrées sur place ?
Oui. J’interagis avec certaines d’entre elles via les réseaux sociaux et je partage mes vœux de bons d’année, par courrier, avec Kazu d’Onomichi et ceux moins à l’aise avec l’informatique.

Quels sont les conseils que vous donnez aux personnes qui souhaitent tenter le stop au Japon ?
Si au final il ne devait y en avoir qu’un, je donnerai le conseil d’être toujours souriant et patient. Ce qui me semble être un bon conseil de vie aussi. On va moins vite quand on dépend des autres, que rien n’est planifié, mais c’est aussi comme ça que la vie nous surprend, fait apparaître des personnes inattendues qui subliment tout.

Aujourd’hui vous vivez au Portugal, avez-vous d’autres projets de voyage ?
Je vis en effet à Lisbonne depuis l’été dernier, une ville formidable. Oui, évidemment, car le voyage est désormais indissociable de mon existence. Mais il va falloir patienter encore un peu, recouvrer plus de liberté… Et qui sait, peut-être qu’avec de nouveaux voyages, de nouveaux ouvrages suivront. Aujourd’hui, Le Japon en stop est en librairies et je remercie chaleureusement celles et ceux qui parcourront le chemin à travers mes mots.

Pour acheter votre exemplaire, vous pouvez directement vous rendre sur le site de Omaké books ou vous rapprocher de votre librairie.

Vous aussi vous avez voyagé de façon insolite au Japon ? Racontez-nous vite votre voyage ou vos anecdotes en commentaire !

Madeline Chollet

@mad_ctravel

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