Dragon Ball Super : Super Hero… notre critique !

Sorti le 11 juin 2022 au Japon, le nouveau film de la franchise Dragon Ball débarque en France le 5 octobre prochain. Dans cet opus intitulé Dragon Ball Super : Super Hero, Sangohan et Piccolo vont devoir affronter un ennemi bien connu des fans de la première heure et reformer ce duo iconique de la série. Pour une nouvelle aventure palpitante ? C’est ce que l’on vous propose de découvrir dans cette critique ! Attention, SPOILERS ! 

affiche jap dragon ball super super hero

Dragon Ball Super : Super Hero, Affiche Japonaise ©Toei Animation

 

Le grand retour de l’armée du Ruban Rouge

Après le succès colossal rencontré par Dragon Ball Super : Broly en 2019, la Toei Animation souhaite évidemment continuer à surfer sur l’aura de la série Dragon Ball, et tout particulièrement sur son itération la plus récente, Dragon Ball Super, publiée en France chez Glénat depuis 2017. Mais comment parvenir à se réinventer et à susciter l’intérêt des spectateurs pour un nouveau film, quand les héros principaux que sont Son goku et Végéta sont devenus beaucoup trop puissants pour leurs adversaires ? Une problématique que les producteurs de Dragon Ball Super : Super Hero ont affronté avec succès en laissant ces deux personnages en retrait via un habile tour de passe-passe, pour opérer un retour aux racines de la saga avec un ennemi bien connu des aficionados de la première heure : l’Armée du Ruban Rouge !

dragon ball Tao pai pai VS Goku@Toei Animation

Dragon ball : Tao pai pai VS Goku ©Toei Animation

Le film s’ouvre sur une petite rétrospective qui met en scène le jeune Goku, lors de ses affrontements avec l’impitoyable Tao Pai Pai, l’Androïde N°8, le Colonel Black ou le Ninja Murasaki. On nous rappelle ainsi que l’ingénieur principal de cette organisation n’était autre que le docteur Gero, qui s’enfuira lors de la destruction de l’armée par Son goku pour ne revenir que quelques années plus tard lors de l’arc des Androïdes avec les charismatiques C16, C17 et C18 et l’un des méchants les plus emblématiques de la série : Cell. On comprend rapidement que l’armée du Ruban Rouge est de retour avec à sa tête un nouveau personnage, le commandant Magenta qui est le fils du commandant Red, le leader de l’époque. Bien décidé à redonner ses lettres de noblesse à l’organisation criminelle RR (pour Red Ribbon), Magenta décide de se faire aider par le docteur Hedo, génie incompris et petit-fils du Docteur Gero.

C19 et C20 @Toei Animation

C19 et C20 ©Toei Animation

Le scénario est amené de manière suffisamment claire pour ne pas perdre les néophytes, et le film prend le temps de poser les bases, ce qui est appréciable. Bien sûr, les spectateurs les plus perspicaces ne tarderont pas à comprendre qui sera l’ennemi principal de nos héros. Cependant, le plan du commandant Magenta est un peu plus vicieux qu’attendu, puisqu’il parvient à convaincre l’idéaliste docteur Hedo, fan de super-héros, que Goku et son équipe sont des extraterrestres qui veulent prendre le contrôle de la Terre ! Hedo accepte donc de collaborer avec Magenta et il crée Gamma 1 et Gamma 2, deux guerriers nourris à ses idéaux de justice qui semblent sortis tout droit d’un Sentai des années 90.

Dragon Ball Super : Super Hero bascule alors sur des personnages bien plus familiers, qui seront les protagonistes de cette nouvelle aventure : Piccolo et Son gohan !

Piccolo et Gohan, les vrais héros des nostalgiques

Piccolo se sacrifie pour sauver gohan

Sacrifice de Piccolo face à Nappa ©Glénat

Gohan et Piccolo font partie des duos les plus emblématiques de l’histoire du shônen, avec une relation mentor/élève touchante dont le point culminant sera le sacrifice de Piccolo pour sauver le fils de Songoku face à Nappa, avec ce qui reste l’une des plus belles scènes de Dragon Ball. Pour Akira TORIYAMA, Son gohan était destiné à prendre la relève de Goku et la série aurait dû s’achever après la mort de Cell, tué par un Gohan devenu surpuissant. Cependant, face au succès démesuré de Dragon Ball, TORIYAMA a cédé à la pression de son éditeur et il a donné suite à l’histoire, avec la saga Boo, au sein de laquelle Gohan devenu adulte était cantonné à un rôle secondaire. Pire encore, il privilégiait les études à l’entraînement et ne luttait pour la justice que sous son costume de Great Sayaman, le guerrier intergalactique. Une évolution moquée, décriée par les fans, qui annonçait la place prépondérante que prendraient Goku et Végéta par la suite.

Et c’est ce Gohan devenu professeur, mari et père de famille que l’on retrouve au début de Dragon Ball Super, Super Hero. Piccolo, de son côté, est cantonné à un rôle de nounou de Pan (la fille de Gohan et Videl) et légèrement tourné en ridicule. Toutefois, la dynamique maître/élève est palpable et le respect de Gohan pour Piccolo bien présente. Ce dernier va d’ailleurs profiter des plans diaboliques du commandant Magenta pour rappeler à Gohan le guerrier fantastique qu’il peut être. L’occasion de découvrir de nouvelles transformations pour les deux héros, toutes deux dessinées par TORIYAMA, avec un Gohan Beast impressionnant et un Piccolo orange dont vous pourrez juger du résultat par vous-même !

Si le scénario est sujet à quelques incohérences et que la motivation de Piccolo, aussi noble soit-elle, le mène à laisser les méchants kidnapper la jeune Pan pour déclencher la colère de Gohan, ce qui est assez absurde, la recette fonctionne plutôt bien. Le rythme est soutenu, avec un bon dosage entre les péripéties et les affrontements, l’histoire évite le manichéisme habituel et les nouveaux personnages sont, pour la plupart, suffisamment charismatiques pour que leur sort nous intéresse. Seul l’ennemi principal évoqué tout au long du film et qui fait son apparition dans le dernier quart de l’aventure vient un peu gâcher le sentiment général.

Dragon Ball Super: Super Hero

Dragon Ball Super: Super Hero ©Toei Animation

Une renaissance ratée pour le grand méchant

Les fans de Dragon Ball ont tous un combat favori et l’un de ceux cité le plus fréquemment est l’affrontement final entre Cell et Son Gohan, qui se conclut par un inoubliable Kamehameha père/fils. Cell est un des ennemis majeurs de la série, doté de motivations réfléchies et d’un caractère froid, et l’évocation de son retour a de quoi faire frémir.

Kamehameha père- fils@Glénat

Kamehameha père- fils ©Glénat

L’idée de Magenta et du docteur Hedo est de créer un Cell amélioré – nommé Cell Max – en se basant sur les données de création du Cell du docteur Gero et son apparition devrait donc constituer le climax du film Dragon Ball Super : Super Hero. Hélas, le grand méchant n’est grand que par la taille et il se rapproche plus de l’antagoniste Hildegaard dans le film consacré à Tapion (l’Attaque du Dragon, sorti en 1995), sans la profondeur des antécédents de celui-ci. C’est un androïde monstrueux qui ne semble capable que de beugler et qui ne présente que peu de danger face à nos héros. À cet instant, on comprend qu’il s’agissait simplement de ramener le nom de Cell sur le devant de la scène pour faire un peu de fan service.

Parmi les principales déceptions, il y a le fait qu’à aucun moment on ne retrouve l’intensité qu’on pourrait attendre des retrouvailles entre Gohan et ce Cell Max, qui n’est finalement qu’un androïde parmi tant d’autres. Est-ce pour autant qu’il faut bouder le plaisir ? Pas du tout, car le film à d’autres atouts à offrir !

Un choix visuel discutable ?

Dragon Ball Super : Super Hero est le premier long-métrage de la série réalisé entièrement en CGI (computer-generated imagery, soit une animation en 3D) et le résultat final a de quoi désarçonner les fidèles, habitués aux dessins de TORIYAMA. Lorsque les premières images ont été dévoilées en 2021, les plus sceptiques n’hésitaient pas à partager leurs craintes face à ce rendu très proches de ce à quoi nous ont habitué les jeux vidéo tirés de la saga ces dernières années.

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Piccolo Vs Gamma N°2 ©Toei Animation

Pourtant, on s’y fait rapidement et cela permet même aux équipes de production de proposer quelques plans visuellement très réussis qui rendent honneur aux paysages de l’univers de Dragon Ball et qui confèrent aux combats une puissance nouvelle. Les envols de certains personnages en vue à la première personne et les contre-plongées quand un ennemi attaque renforcent l’impact de l’action, ce qui se révèle très plaisant à suivre pour le spectateur. Enfin, l’aspect cartoon est démultiplié avec cette innovation technique et on s’amuse à voir des BOOM et autre BIM affichés en lettres capitales derrière les héros comme s’ils étaient sur une page de manga.

À l’inverse, les personnages manquent d’expression lorsqu’ils sont figés et certaines scènes secondaires – notamment le bref passage avec Goku, Vegeta, Broly, Whis et Beerus – sont un peu moins réussis. On perd également en émotions, avec des expressions faciales peu détaillées qui feront regretter les animations manuelles aux plus anciens.

On sait que l’utilisation de la CGI dans les animés japonais a ses amateurs et ses détracteurs et ce n’est certainement pas Dragon Ball Super : Super Hero qui mettra tout le monde d’accord.

L’humour d’Akira TORIYAMA !

Qu’on se le dise : la grande force de ce Dragon Ball Super : Super Hero, c’est l‘humour omniprésent de TORIYAMA, qui a tant manqué à son œuvre ces dernières années ! L’aventure est ponctuée de clins d’œil, de traits d’humour et de références variées qui feront sourire les fans et qui divertiront les plus jeunes. On sent que le mangaka s’est impliqué dans ce film, peut-être bien plus que dans les précédents, pour ce qui pourrait être l’opus le plus amusant de la série et on ne peut qu’être ravi de retrouver le TORIYAMA des années Dr Slump ou Dragon Ball !

À plusieurs reprises, le film prend à revers les critiques formulées à l’encontre de Dragon Ball Super et de la profusion de nouvelles transformations, avec des Goku God, Bleu, Rosé, Noir, et des qualificatifs qui font toujours dans la surenchère (super, ultra), et il s’en moque gentiment, notamment lorsque Piccolo doit nommer sa nouvelle forme. C’est d’ailleurs notre Namek favori qui hérite du rôle de comique dans le film, avec des interactions amusantes avec Pan, Videl ou Bulma. Mais bien que Piccolo ne soit plus, depuis bien longtemps, le guerrier impitoyable de ses débuts, ses apparitions ne se limitent pas à ce rôle de gai luron et certaines scènes sont pensées pour lui rendre hommage. L’équilibre entre le comique et le sérieux du personnage est maîtrisé et les fans peuvent être rassurés.

dragon ball super super hero critique

Piccolo et sa façon particulière de tenir un smartphone ©Toei Animation

Le traitement de Gohan suit la même tendance et là aussi, on oscille entre un profond respect pour son mentor, une attitude parfois assez ridicule qui prête à sourire (notamment quand il peine à supporter le poids de la tenue d’entraînement que lui fournit Piccolo), et des explosions de rage terribles quand on s’en prend à l’un de ses proches, ce qu’on n’a pas vu depuis…son combat contre Perfect Cell.

Bulma dragon ball super Super Hero

Bulma fière de ses voeux ©Toei Animation

Dragon Ball Super : Super Hero va même jusqu’à répondre avec une bonne dose de second degré à des questions que les fans de Dragon Ball se sont peut-être posées, notamment celles concernant l’usage des boules du dragon en temps de paix. Comme vous le découvrirez, Bulma n’hésite pas à y avoir recours pour des requêtes futiles, qui font rougir Piccolo de honte face à un Shenron bien trop conciliant. C’est hilarant !

Tout au long du film, on a le sourire aux lèvres et les connaisseurs de la série ne pourront qu’être ravis de ces allusions bien placées. On apprécie également le traitement réservé à certains personnages au cours de leurs brèves apparitions, souvent ponctuées de traits d’humour bien sentis. Et quand le générique défile, on se rend compte que malgré ses quelques défauts, ce Dragon Ball Super : Super Hero est un film attachant qui se savoure sans déplaisir. N’est-ce pas exactement ce qu’on demande à Dragon Ball ?

Pour apprécier ce Dragon Ball Super : Super Hero, il faut surtout avoir su garder votre âme d’enfant. Les néophytes passeront un agréable moment grâce à la réalisation et au rythme général sans forcément saisir toutes les subtilités du scénario, alors que les fans de la première heure s’amuseront de certaines scènes et pesteront devant d’autres. Le résultat n’en reste pas moins très amusant et la touche TORIYAMA, plus marquée que dans les précédents films, fait toute la différence !

Mickael Lesage

J’ai découvert le Japon par le biais d’un tome de Dragon Ball il y a fort longtemps et depuis, ce pays n’a jamais quitté mon cœur…ni mon estomac ! Aussi changeant qu’un Tanuki, je m’intéresse au passé, au présent et au futur du Japon et j’essaie, à travers mes articles, de distiller un peu de cette culture admirable.

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