[dossier] Sakuga, le meilleur de l’animation japonaise 2e partie

Suite de notre dossier sur l’animation sakuga.

Entre influence et innovation

Pour vous faire un bref résumé, nous ne pourrions être exhaustif, voici quelques grands noms qui ont fait de l’animation japonaise ce qu’elle est aujourd’hui.

Les bases de l’animation limitée :

P2 Yasuo OtsukaYasuo Otsuka commence sa carrière d’animateur dans les années 50 et côtoie Hayao Miyazaki et Isao Takahata sur Horus prince du soleil (1968). Après Horus, l’industrie cinématographique japonaise connaît une crise due à l’arrivée de la télévision. C’est à ce moment-là, et sous l’impulsion d’Otsuka, que née l’animation limitée. Le budget d’une série TV n’étant pas le même que celui d’un film, il établit un nombre d’images à utiliser limitant les dessins au maximum, au profit de séries durant plus longtemps (il n’était pas rare de voir les premiers animés faire 100 épisodes). Cette méthode donne aussi naissance à l’animation sakuga, qui voit son quota d’images par seconde s’envoler pour intensifier les climax d’une série.

Pour un marché naissant, il donne ainsi les règles d’or de la japanime moderne, toujours utilisées aujourd’hui.

 

L’émancipation de l’animation sakuga :

P2 Yoshinori KanadaYoshinori Kanada (1952-2009) est sans aucun doute une des figures emblématiques de la japanimation. Il réinterprète complètement le mouvement et laisse libre court à son imagination avec un trait souvent exagéré et stylisé. Jusque dans les années 80, il travaille sur de nombreuses adaptations de Leiji Matsumoto (Yamato, Galaxy Express 999, Harlock) puis cumule les postes (character design, animation clé, direction d’animation) sur l’un des premiers OAV, Birth (1984), où il exprimera pleinement son style. Il créa ainsi les caractéristiques majeures du mouvement, reprises dans beaucoup d’animes actuels : il réussit à repousser les limites qui contraignaient les animateurs d’alors, favorisant l’expression de leur art.

 

De la tension d’une bataille :

P2 Ichiro ItanoIchiro Itano a principalement travaillé sur les sagas Gundam et Macross, introduisant de nouvelles façons de montrer les batailles spatiales autre qu’avec des simples « champ/contre-champ ». Son célèbre Itano Circus est la parfaite représentation de ce qu’il a apporté : un dynamisme dans l’animation au service de la tension dramatique. Le nombre incalculable d’œuvres, auxquelles il n’a pas participé, où l’on retrouve l’Itano Circus (Eureka7 par exemple), montrent bien comment ses ballets aériens sont encrés dans la japanime.

Où les trouver ?

Une séquence sakuga peut se trouver n’importe où si le scénario l’exige et le budget le permet. On peut cependant être sûr d’en retrouver dans certaines productions.

Tout d’abord les courts métrages. Parfois réalisés par une seule personne, ils servent d’une certaine manière à montrer les capacités d’un studio. Vous pouvez donc être assurer d’y trouver une animation de qualité de bout en bout, c’est le but ! Cependant ce sont des matériaux non taillés pour le grand public : sans contrainte scénaristique, ces travaux artistiques sont souvent difficiles à appréhender. N’existant que pour eux-mêmes, ils témoignent de l’univers d’un animateur/réalisateur.En voici une petite liste :

Manie Manie Labyrinthe Story (Madhouse – 1987 – Rintaro, Yoshiaki Kawajiri, Katsuhiro Otomo)

Robot Carnival (1987 – Katsuhiro Ōtomo, Koji Morimoto, Hidetoshi Omori, Hiroyuki Kitakubo, Takashi Nakamura)

Memories (Studio 4°C – 1995 – Katsuhiro Otomo, Koji Morimoto, Tensai Okamura)

Animatrix (2003 – Yoshiaki Kawajiri, Takeshi Koike, Kōji Morimoto, Shin’ichirō Watanabe, Mahiro Maeda).

Genius Party (Studio 4°C – 2007)

La Japan Anima(tor)’s Exhibition (khara 2014), projet créer par Hideaki Anno pour promouvoir l’animation japonaise.

Batman of Shanghai et Kung Fu Cooking Girls, du petit studio Chinois Wolf Smoke.

Avec des commandes de sociétés extérieures à l’animation pour un clip, le cinéma ou encore une publicité, nous pourrions citer :
Fluximation, qui se résume à des mini-clips de moins d’une minute réalisés par STUDIO 4°C pour la promo de Flux, un service pour mobile. Chaque clip est accompagné d’un morceau de l’album Exodus d’Utada Hikaru (mention spéciale pour Wonder Bout et Exodus 04).

La genèse d’O-ren Ishii dans Kill Bill 1 par I.G. Production (Shinya Ohira, Sushio, Mitsuo Iso)

Mais aussi dans les jeux vidéo, dont les producteurs commandent parfois des cinématiques, comme cette introduction de Project X Zone réalisé par le jeune studio Trigger.

Les affrontements importants sur les grosses licences sont des instants propice à cette surenchère de celluloids.
Les série fleuves ne peuvent évidement pas être « over the top » pendant 300 épisodes et concentrent leur efforts sur des moments clés, on retrouve ici les règles de l’animation limitée.


Séquences de Naruto avec ralenti, détaillant les images clés
 

Les films d’animation bien entendu. Ghibli monopolise le marché français, mais il existe bien d’autres œuvres qui méritent le détour. Les outsiders sont encore peu représentés au cinéma, mais le dernier Mamoru Hosoda pourrait cependant faire changer la donne grâce à son Ame & Yuki. N’hésitez donc pas à jeter un œil à :

Stranger Mukoh Hadan, connu sous le nom de « Sword of the Stranger » dans nos contrées.
Mind Game de Masaaki Yuasa
– Les productions de Makoto Shinkai
– Les autres films de Mamoru Hosoda (et le sixième film de One Piece 6 qu’il a réalisé)
Redline, le projet pharaonique de Takeshi Koike.

Rajoutons les OAV de type FLCL et Dead Leaves, mettant plutôt l’accent sur la surenchère, l’audace et le délire graphique, quitte à y perdre un public et de l’argent… 

Les AMV qui fleurissent depuis longtemps sur Youtube. Leur nombre étant énorme, il est préférable de passer par un site filtrant les meilleures productions de fans.

À la différence des AMV, les MAD peuvent se concentrer soit :
Sur les travaux d’un animateur clé avec des extraits de différentes œuvres pour illustrer son travail.
Sur une production (film, OAV, épisode) en détaillant tous les animateurs clés ayant travaillé dessus avec une légende au moment de leurs séquences.
Ce sont donc souvent des extraits complets de scènes qui sont montrés, la synchro-labial n’est pas recherchée, et la musique sert juste à donner le ton de l’ambiance. Les MAD les plus documentés vous mettront en légende quel animateur a travaillé sur quelle scène, le nom de la série et le numéro de son épisode. Il convient lors de votre recherche, de faire précéder le nom de l’animateur dont vous voulez voir les travaux de la mention MAD.

En cherchant des vidéos d’« Animatic ». C’est une sorte de story-board en mouvement permettant d’avoir une première idée de l’état des scènes, des angles, de l’animation… Les dessins sont à l’état de Genga.


Animatic de Tetsuwan birdy decode

Pour conclure, et si vous pensez que la qualité et l’originalité de l’animation sont des critères importants, on ne peut que vous conseiller de suivre certains animateurs clés, vous faire un avis sur les studios japonais et trouver ceux que vous préférez. Cette recherche vous amènera peut-être à sortir de l’actualité et regarder des œuvres que le temps a laissé derrière lui, mais non moins recommandables.
Parce que de nouveaux talents émergent en s’inspirant de leurs aînés, forgez-vous une culture et soyez ouvert à toutes formes d’animation, il y a des perles qu’il serait dommage de rater…

Retrouvez tous les dimanches à 20 h, sur les réseaux sociaux de Journal du Japon, une séquence sakuga sélectionnée par notre rédaction.

Sources ayant servies à ce tour d’horizon :
La très complète conférence « That Scene was Awesome: Japan’s Iron Animators (Sakuga Anime) »  à l’Anime Central 2011, présenté par Sean Bires, Colin Groesbeck et Neil Clingerman, traduite en Français par Asiafilm.
Le reportage How Anime is Made de Danny Choo pour Culture Japan.

http://washiblog.wordpress.com, Wikipedia

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