Il est l’heure du bilan J-Music 2014 !

Si l’année 2013 fut un grand cru en ce qui concerne la J-Music, on peut dire que 2014 ne fut pas en reste et nous a offerte quelques grands millésimes !  Alors que l’on présageait une certaine baisse car « toutes les bonnes choses ont une fin », les japonais ont une fois de plus étonné en continuant à nous offrir groupes confidentiels et grandes stars, mais avec une nette hausse de qualité ! Fini la « grande aventure » à tâtons, ou le passage éclair « pour le prestige », le pays du soleil levant commence (enfin) à considérer avec plus de sérieux le marché occidental : les jeunes groupes affichent une stratégie cohérente avec nos codes, tandis que les plus vieux tentent de percer … avec plus ou moins de succès.
Ce qui est certains, c’est qu’une fois de plus, les fans de J-Music se sont régalés … et nous n’allons pas nous en plaindre.


Cette année encore, nous avons fait appel à l’équipe JdJ pour connaître leurs découvertes musicales, qu’elles soient au travers d’un anime, ou bien de concerts. Les choix sont, comme vous allez le voir, très éclectiques, du shibuya kei au métal en passant par le concert symphonique.

De découvertes en découvertes : les premières fois

Julien B. : Ma découverte musicale de l’année, je suis tombé dessus récemment par pur hasard, au détour d’un court métrage, ME!ME!ME!, réalisé pour le Japan Animator Expo par le studio Khara (Reboot d’Evangelion). La vidéo, aussi WTF que NSFW, comme seuls les japonais savent le faire, vaut déjà le détour à elle seule. Mais c’est la musique qui l’accompagne qui m’a frappé encore plus. Ce morceau, on le doit à TeddyLoid (ici en collaboration avec Daoko), jeune DJ ayant notamment accompagné Miyavi en concert. Un nom que j’avais déjà entrevu derrière les pistes les plus péchues de l’OST du tout aussi déjanté Panty & Stocking with Garterbelt, anime made in Gainax.
Quant au morceau, collant parfaitement à l’image, il passe par plusieurs phases successives assez différentes. Démarrant par du shibuya kei aux accents de pop légère et sucrée, pour mieux basculer vers une électro plus industrielle, il repart ensuite sur un rap mélodique qui s’accélère pour s’achever en un mélange rap-électro-pop du meilleur effet. À se demander s’il s’agit là de plusieurs morceaux distincts – et combien ? – ou bel et bien d’un seul, ce qui serait peut être plus impressionnant encore. Mais quoi qu’il en soit, cela témoigne superbement de l’éclectisme bluffant de l’artiste. De quoi faire instantanément de TeddyLoid un artiste que je suivrai désormais avec le plus grand intérêt.

Olivier B. :  Ce concert Final Fantasy (A New World – Intimate music from Final Fantasy, ndlr) fut mon premier, et je risque de ne pas l’oublier.
La salle Cortot, bien que superbement aménagée, n’est vraiment pas grande. Loin d’être un désavantage, cette configuration permet, même en étant au centre de la salle, d’entendre les indications vocales du chef d’orchestre pendant que les instruments jouent. La publicité n’était pas mensongère, l’intimité est bien là.
Lorsqu’Arnie Roth rentre sur scène, il se mit directement au pupitre pour commencer un titre.
Cette entrée en matière paraît un peu abrupte, mais ce n’est que pour jouer  le célèbre One Winged Angel de Final Fantasy VII, avant de finalement prendre la parole et échanger avec le public. Le ton est donné, ça sera bon enfant et chaleureux, et le concert peut enfin démarrer.
19 morceaux plus 2 rappels, des medleys Moogle et Chocobo plein d’humour, des rires, plusieurs standing ovations le tout dans une représentation sans fausses notes, je n’attends qu’une seule chose : un second volet de cette édition !

Jean-Baptiste BONDIS : Je ne suis pas très porté sur la musique japonaise, mais cette année a été pour moi l’occasion de découvrir Crossfaith, au détour de la tournée qui les a amenés en France en novembre dernier.
Crossfaith m’a conquis par l’énergie qui déborde de ses chansons, avec leur composante électro qui contraste agréablement avec ce qui se fait habituellement en terme de métal. Quant à la présence des membres sur scène, on sent qu’ils sont là pour s’amuser, et savent galvaniser les foules tout en fournissant une excellente prestation. Reste à espérer que leur récent début en major ne les changera pas trop, comme avec leur nouveau single, Madness, qui, même s’il est très sympathique, tranche un peu avec ce que le groupe faisait avant.
C’était mon premier concert depuis bien longtemps, et je crois que j’ai pris autant de plaisir à les voir jouer qu’eux à jouer pour nous. J’étais un peu comme un gamin qui tient dans ses mains ce qu’il guettait depuis si longtemps à travers une vitrine, au comble du bonheur mais trop confus, dans l’instant, pour réaliser sa chance.

2014, année des confirmés

Tatiana CHEDEBOIS : Si cette année 2015 n’a pas été l’année du visual kei, YOSHIKI a en revanche signé un retour significatif sur le devant de la scène. Il nous a gratifié de deux concerts solos dans l’hexagone et en a profité pour nous  annoncer le grand retour de X-JAPAN pour une tournée mondiale.
C’est au Trianon puis à JAPAN EXPO qu’il a rencontré un fervent accueil de ses nombreux fans. Derrière son piano, accompagné de sept musiciennes et d’une chanteuse, il a interprété des chansons d’ X-JAPAN, de Violet UK ainsi que des nouveaux titres comme Hero. C’était pour lui l’occasion d’être proche de ses fans, de monologuer un peu sur scène, mais paradoxalement d’échanger aussi beaucoup avec eux. Il nous a fait rire, pleurer aussi un peu, il s’est fait plaisir tout en ravissant son public.

Paul OZOUF : En France la J-music ne fait pas souvent de sold-out. En mars 2014, le chanteur guitariste MIYAVI a pourtant réussi à remplir entièrement la salle de la Cigale à Paris, pour un concert rock et endiablé. Mélange réussi d’une bonne promo et d’un artiste talentueux, accompagné d’ailleurs d’un simple batteur, ce concert a fait venir beaucoup de monde et a su tenir ses promesses : MIYAVI a séduit la foule en démontrant tout son talent à la guitare et en offrant une playlist riche et variée issue de ses derniers albums, bien sûr, mais sans oublier ses morceaux emblématiques tels que What’s My Name ou Selfish Love.  Ce concert est également mémorable pour la très bonne ambiance qui l’a caractérisé : d’abord bon enfant – tout le monde ou presque connait et apprécie MIYAVI chez les amateurs de J-Music – , l’atmosphère s’est progressivement transformé en une communion festive et rock. MIYAVI s’est éclaté sur scène, autant que le public dans la salle : voilà ce qu’on peut appeler un  bon concert, une réussite même, qui fait du show à la Cigale un moment marquant de cette année !

Aurélie RENAULT : Si je devais parler du concert qui m’a le plus marquée cette année, ce serait sans aucune hésitation coldrain.
Non seulement parce que je suis ce groupe depuis des années et que les voir en concert fut une joie immense, mais également pour leur prestation en elle-même.
Une musique carrée, un groupe heureux d’être là… Très heureux, même, à la vue de l’émotion du chanteur Masato et des sourires apparemment difficilement contenables de chacun d’entre eux.
Mais surtout, c’était un formidable partage. Que ce soit au sein du groupe lui-même, qui semblait être en cohésion parfaite ; ou encore du public qui se déchaînait au milieu du pit, dans le plus grand des respects (chaque chute était relevée, les coups ont été excusés, et un portable a même été rendu à son propriétaire), ou surtout entre les garçons et leurs fans. C’était explosif… et touchant. Au-delà des chansons qui représentent beaucoup pour moi, le mot « live » a vraiment pris son sens ce soir-là avec coldrain : c’était vivant. Les chansons prenaient vie dans mes oreilles, dans mon corps. La batterie avait remplacé mon cœur, la guitare s’écoulait comme le sang dans mes veines, la basse entretenait mes tripes en les nouant soigneusement, quant au chant, il berçait mon esprit en le nettoyant attentivement. Une douche froide, à proprement parler. Une claque. Un concert que je n’attendais plus, et merveilleusement réussi.
A mon sens, je dirais que coldrain a presque volé la vedette à Crossfaith, si ce n’est pas réellement le cas.

Laure GHILARDUCCI : Parmi tous les concerts de 2014, il y a beaucoup de must que mes collègues ont déjà évoqués : MIYAVI, le combo coldrain/Crossfaith… pourtant ce n’est pas de ces derniers dont je vais parler, mais d’un concert qui s’est plus apparenté à une expérience mystique qu’à un simple bon moment : SUKEKIYO. Pourtant, la partie n’était pas gagnée d’avance ! Je ne suis pas une grande fan de Dir en Grey, je trouve l’album très moyen, avec des points forts, mais aussi de très grosses faiblesses. Mais je reconnais l’artiste qu’est Kyo, et était tout de même curieuse de voir ce que donnerait son petit bébé sur scène. Grand bien m’en fasse ! Ce fut une grosse claque. Beaucoup de finesse et de force ce sont dégagés de cette prestation, où la passion débordait de chaque note émise. J’ai eu l’impression d’être prise dans une sorte de dimension parallèle ou le temps s’était subitement arrêté. J’en suis sortie bouleversée, mais pas moins heureuse et reconnaissante d’avoir pu vivre pareil moment, une rareté dans le paysage musical actuel. 

REVUE DE PRESSE SPÉCIALE 2014

Si vous voulez en savoir un peu plus sur le court-métrage ME!ME!ME!, ou même le visualiser (attention, pour un public averti), toutes les infos sont dans l’article consacré au projet.

coldrain ont été très présents dans nos colonnes cette année grâce à une actu florissante ! Retrouvez aussi :
Notre interview du groupe lors de leur première venue en Europe en février dernier ainsi que la galerie photo
Notre chronique de leur DVD live, Evolve
Nos photos du concert au Water Rats de Londres
Notre live report de leur passage au Download Festival 2014 (avec Crossfaith et VAMPS)
Notre seconde interview avec Masato, le chanteur, lors de leur tournée avec Crossfaith, ainsi que le live report de la date, et les photos

Crossfaith ont également envahi JdJ cette année : 
Notre interview et live report de leur passage à Eragny en juin dernier
Notre live report de leur passage au Download Festival 2014 (avec coldrain et VAMPS)
Notre live report de leur concert à Nantes en novembre dernier (avec coldrain), ainsi que les photos

Nous rappelons que le groupe a sorti un single en septembre dernier, Madness :

YOSHIKI :
JdJ a eu l’honneur de rencontrer la star lors de son passage à Paris. L’interview se trouve par ici, ainsi que le live report complet de cette soirée (ici) et ses photos ().

SUKEKIYO :
Retrouvez notre interview ainsi que notre live report de cette superbe soirée.

MIYAVI :
Pour les fans présents ce jour-là, vous pouvez prolonger le plaisir avec son dernier mini-album, Real ?, qui mélange quelques nouveaux morceaux avec plusieurs titres live enregistrés à Londres. Vous pouvez aussi retrouver notre live report, nos photos du concert et notre interview de l’artiste.

Enfin, vous pouvez aller faire un tour du côté de notre galerie photo 2014 : tous les meilleurs clichés J-Music de cette année !

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1 réponse

  1. Olivier Benoit dit :

    Et oui, ME!ME!ME! a bien plusieurs morceaux 🙂
    https://itunes.apple.com/jp/album/id950516608

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