Rei, une guitariste pop-blues aux Eurockéennes

Les Eurockéennes de Belfort reprennent cette année leur partenariat avec le festival japonais, Summer Sonic. Mais cette fois ce ne sont pas trois groupes nippons qui fouleront nos terres, mais une guitariste : Rei. Avec sa pop colorée aux touches de blues, elle montera sur la scène Greenroom le samedi 8 juillet 2017. L’occasion de découvrir une nouvelle artiste, à travers un interview et une review de son dernier mini-album, ORB.

Rei, auteur-compositeur-interprètre

Rei, une artiste des couleurs et des sens

Rendez-vous était donc donné pour échanger avec la guitariste avec au programme, sa musique, son parcours et ses passions…

Journal du Japon : Bonjour Rei. Vous allez jouer pour la première fois en France lors des Eurockéennes. Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?
Rei : Je suis Rei, une auteur-compositeur-interprète de 24 ans en provenance du Japon. Je chante et je joue de la guitare. Je dirai que mon style musical serait de la Pop avec des touches de Blues et de Rock’n’Roll.

Comment vous êtes-vous retrouvée à jouer du blues et à devenir une artiste professionnelle ?
Je joue de la guitare depuis mes 4 ans et j’ai commencé par jouer de la musique classique. Ma première rencontre avec le Blues était quand j’ai joué quelques morceaux de jazz-blues dans le big band de mon école lorsque j’étais à la maternelle à New York. Puis j’ai continué et petit à petit cela m’a amené à en faire mon vrai métier, je ne pense pas qu’il y ait eu une transition brusque ou un déclic particulier.

Cela a-t-il été difficile en tant que femme de vous faire une place dans le monde des guitaristes professionnels et en particulier dans l’univers du blues ?
Je ne me vois pas moi-même comme une artiste dans le monde du Blues, mais on me dépeint ainsi de temps en temps. Il y a des fois où je me connecte à des auditeurs et des musiciens qui aiment le Blues, et parce que ce n’est pas un genre mainstream au Japon, ça me fait sortir du lot par rapport aux autres artistes… mais il n’y a pas vraiment de difficulté à faire partie de ce milieu, en tout cas rien ne me vient à l’esprit.

Homme ou femme, pouvez-vous nous citer un artiste dont vous admirez la carrière ?
Mon guitariste préféré serait Johnny Winter. Il est si légendaire, sa voix et ses solos de guitare parlent d’eux-même !

Née au Japon et ayant grandi en partie à New York, quels sont les apports de ces deux pays dans vos créations ? Cela a-t-il été difficile de mélanger ces deux influences, ces deux mondes ?
Ça dépend vraiment de ce que la musique/chanson réclame elle-même. Japonais et anglais, les deux ont des aspects sonores plaisants et j’aime les mélanger et les assembler dans mes paroles. Par exemple, une de mes chansons nommée Cocoa a des phrases en japonais et anglais mises pêle-mêle dans les vers. C’est dur à expliquer alors n’hésitez pas à regarder le clip sur Youtube (ajouté ci-dessous, NDLR), de préférence en cliquant sur le bouton des sous-titres (vous pourrez alors voir les paroles) !

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre processus créatif ?
Je trouve beaucoup d’inspiration en voyageant et en allant à des expositions ou en regardant des œuvres d’art. Je trouve que le sens de la vue est ce qui inspire le plus ma musique.

Vous avez pu expérimenter le public américain et le public japonais. Avez-vous remarqué des différences dans leur manière d’aborder votre musique ?
Je dirai que le public américain est plus bruyant ; d’une bonne façon bien sûr. Je les sens plus expressifs. Cependant les émotions qui vont et viennent entre l’artiste et la foule sont les mêmes dans ces deux pays.

Comment voyez-vous le public français ? En avez-vous eu des retours de collègues musiciens ?
C’est ma première fois en France et même en Europe, alors je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre. Je vais faire comme d’habitude, et espérer que tout se passera pour le mieux ! Mes collègues musiciens m’ont en tout cas félicitée quand j’ai été officiellement invitée aux Eurockéennes. Ils semblaient si excités pour moi !

Affiche des Eurockéennes de Belfort

Au fait, quels sont les musiciens support qui vous accompagneront aux Eurockéennes ?
Miyoko YAMAGUCHI, une batteuse, viendra avec moi. Elle a fait de nombreuses tournées à l’Étranger, et elle est une batteuse expérimentée et très chaleureuse.

Suite à votre participations aux Eurockéennes, envisagez-vous de faire une tournée en France, en Europe ? En Citroën peut-être ?
Ça serait génial ! J’aurai aimé pouvoir le faire mais j’ai un gros concert au Japon juste après les Eurockéennes, je pourrai envisager revenir à un autre moment et faire une tournée en Europe.

Rei, la guitariste pop-blues

En parlant Citroën, d’où vous vient cet amour pour ces petites voitures que l’on voit sur votre compte Instagram ?
Ma famille a une 2CV et une Citroën Mehari et elle a servi à me bercer lorsque j’étais bébé. Naturellement, j’en suis venue à les aimer mais comme je n’ai pas le permis, j’ai commencé à collectionner ces petites voitures.

Et cet intérêt pour les tubes électroniques ?
Ça a aussi été quelque chose de naturel, parce que ces tubes électroniques sont utilisés pour des appareils audio comme les amplis de guitares ou les vieilles radios. J’ai été ensorcelée par la manière dont ils brillaient et étaient transparents comme un « space in a bottle » miniature.

 

from left: AMI, AZU, TRONAL EL84. Recent faves. #citroen #tubes

Une publication partagée par Rei (@guita_rei) le

« Black Banana », « Potato », « Cocoa », « Polpetta ». La nourriture revient souvent dans vos chansons. Vous avez un plat préféré ? Un plat français que vous voudriez essayer ?
J’aime nommer mes chansons avec des noms de nourriture parce que ça apporte un autre « sens » dans la tête de l’auditeur. Comme l’odeur, la température et les souvenirs associés à la nourriture.

Mon plat préféré par dessus tout est le bleu et les fromages à croûte lavée (comme un Mont d’Or affiné bien bad ass), je suis si excitée de pouvoir en manger aussi en France.

Des envies culinaires, mais au niveau de la musique ? Vous avez joué pour les Charan-Po-Ratan, pour Rina Katahira et pour Hana Sekitori, mais aussi avec Roy (The Bawdies) et NAOKI (Love Psychedelico) dans l’unit R’N’R. Pour qui ou avec qui rêveriez-vous de jouer à présent ?
Ça pourrait être un rêve trop grand mais mon rêve absolu serait de jouer avec Sir Paul McCartney. Il est mon idole !

Que peut-on vous souhaiter pour l’avenir ?
Je veux être une musicienne internationale et voyager à travers le globe, interagir avec les gens à travers ma musique et mes concerts !

C’est tout ce que l’on vous souhaite, rendez-vous aux Eurockéennes de Belfort le 8 juillet sur la scène de la Greenroom !

 

Mini-album Orb de Rei

ORB, un album aux couleurs du soleil et des plaines

Après un mini album BLU en forme de présentation et un second UNO plus explorateur, Rei a sorti le 21 septembre 2016 son troisième mini-album, ORB. Passons-le en revue !

L’écoute commence par Pay Day. Ce jour de paie se pare de couleurs psychés. Rei nous entraîne dans les méandres des années 70. Verres colorés, robes fleuris, on se laisse porter par la mélodie camphrée, oubliant qu’il est question du devenir de cette nouvelle paie. Avec Cocoa, le registre change. Les chapeaux de cowboy sont de sortie et c’est parti pour préparer un bon petit déjeuner en remuant du popotin. Le morceau est rythmé, joyeux, entraînant. Idéal pour bien commencer sa journée de bonne humeur. Amateurs de Miyavi, vous devriez être séduit.

En accompagnement d’un déjeuner copieux, rien ne vaut un petit Oo-Long-Cha. Un morceau plus doux que Cocoa pour se remuer après un bon repas. Sa légèreté et sa chaleur promettent un après-midi insouciant et toujours dans la bonne humeur. Après cet après-midi de calme, direction la piste de danse du dîner. Queue de cheval, jupe qui tourne, gomina, jeans, c’est partie pour du rock’n’roll endiablé. Avec Route 246, Rei nous plonge dans la jeunesse américaine des années 50, ce, même si la Route 246 est la route reliant Tokyo à Shizuoka.

The Day (I Fell In Love With You) nous offre la sensation d’un dimanche de printemps. Allongé sur une chaise-longue, pour profiter de la chaleur d’un soleil adoucit par la caresse du vent. Un morceau léger incitant au repos et à l’amour. Quand le soleil se fait plus insistant, les narines s’emplissent des odeurs de basilic, de tomate. Polpetta, le seul morceau instrumental de l’album, nous fait ressentir la Dolce Vita. Une sieste à l’ombre d’un olivier… Une voiture qui démarre ? Serait-ce une Citroën ?

Cette voiture nous ramène dans l’Amérique profonde. Keep on Driving pour une balade à cheval avec son harmonica dans la poche. Ce morceau aux airs de country change régulièrement de rythme pour mieux nous embarquer dans cette promenade dans la plaine entre pas et galop.

Avec son mini-album ORB, Rei nous offre finalement une pop-blues en différentes nuances, chaque morceau a sa couleur, sa sonorité, le tout s’harmonisant pour offrir un mini-album qui rythmera notre journée, notre semaine. Une promesse de joie de vivre en live.

Le mini-album ORB est disponible, entre autres, sur CDJapan et Amazon.jp. Vous pouvez également suivre l’artiste via son site web ou encore sa page Facebook, la suivre sur Twitter et Instagram ou enfin sa chaîne You Tube.

Merci à Rei d’avoir pris de temps de nos questions et à Sheryl de Sony Music pour la mise en place de l’interview.

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